No 2010/84 - New York, États-Unis - Le 23 septembre 2010
Sous réserve de modifications
Je suis très heureux de prendre la parole devant le Caucus des démocraties des Nations Unies. Cette réunion, organisée en partenariat avec le Conseil mondial des femmes dirigeantes, constitue une excellente tribune pour discuter de certaines des questions cruciales qui se posent aux pays démocratiques.
Le rôle des femmes dans le développement et la promotion de systèmes démocratiques, ainsi que la réduction de l'espace accordé à la société civile dans le monde, sont des questions qui intéressent particulièrement le Canada.
Cette réunion se tient alors que la démocratie est remise en question dans le monde. En notre qualité de membres de la Communauté des démocraties, nous ne pouvons tenir nos valeurs et principes fondamentaux pour acquis.
La démocratie doit en effet être protégée et renforcée. Elle permet une qualité de vie sans égal et la participation de nos citoyens, hommes et femmes, à la prise de décisions qui les concernent et pour lesquelles ils peuvent tenir leurs gouvernements responsables.
C'est la raison pour laquelle la promotion de l'égalité entre hommes et femmes guide la politique canadienne, au pays comme à l'étranger.
Nous sommes déterminés à encourager le leadership des femmes et leur participation active à la prise de décisions dans nos institutions démocratiques, nos entreprises et partout ailleurs dans nos sociétés. La participation des hommes comme des femmes à l'élaboration des politiques et aux décisions relatives au budget et aux programmes permet d'assurer une meilleure gestion des ressources économiques et sociales.
Le Canada finance un certain nombre de projets dans le monde afin de concrétiser sa vision. Nous appuyons, par exemple, la formation des femmes en matière d’élections, l’amélioration de l'égalité entre les sexes en Afrique ainsi que la capacité des secrétariats à la condition féminine en Amérique latine.
Nous sommes tous conscients que, pour qu'elle s'enracine à l'échelle mondiale, la démocratie et l'égalité entre les hommes et les femmes, doivent être appuyées avec ardeur, et de façon collective. Ainsi, la Communauté des démocraties est une institution-clé qui favorise une collaboration efficace entre États démocratiques. Nous saluons la formation d’un nouveau groupe de travail sur l'égalité entre les sexes et les droits de la femme en son sein.
Le Canada prend part à la Communauté des démocraties, en assurant la présidence du groupe de travail sur l’habilitation et la protection de la société civile. Il s’agit d’un comité qui examine l’émergence, hélas grandissante, de lois visant à restreindre la société civile.
Ces dix dernières années, l'espace intellectuel et juridique qui permet à nos partenaires de la société civile de jouer leur important rôle dans le monde démocratique a fait l’objet de nombreuses attaques. Nous sommes préoccupés par le fait qu’un nombre croissant de pays adoptent et appliquent des lois qui bâillonnent les défenseurs de la démocratie et restreignent leurs activités.
Une société civile dynamique et pluraliste est essentielle au bon fonctionnement de la démocratie; en effet, la société civile permet aux citoyens de participer plus efficacement à la vie politique.
Au-delà de son rôle de contrepoids face au gouvernement, la société civile jette des ponts entre celui-ci et les citoyens.
Les lois restreignant la société civile portent atteinte aux droits de la personne.
En tant qu'États membres de la Communauté des démocraties, nous devons être unis dans notre opposition à ces empiètements sur les droits fondamentaux. Il faut que notre message soit clair : la restriction de la liberté d’association et d’expression affaiblit ces deux piliers, essentiels, de la démocratie.
La présidence du Groupe de travail sur l’habilitation et la protection de la société civile est pour le Canada un moyen concret et pratique de collaborer avec d’autres États afin de mettre fin aux attaques contre l'espace démocratique.
En terminant, j'aimerais remercier la Lituanie de son excellent travail à la présidence de la Communauté des démocraties et plus particulièrement Mme Dalia Grybauskaité [présidente de la Lituanie] pour avoir dirigé et organisé l'importante séance d'aujourd'hui.
Je vous remercie.