Discours du ministre d’État Kent à l’assemblée annuelle de la Banque interaméricaine de développement

No 2010/12 - Cancún, Mexique - Le 22 mars 2010

Sous réserve de modifications

Je tiens tout d’abord à offrir mes plus sincères condoléances aux représentants du Chili et d’Haïti. Nos pensées accompagnent tous ceux et celles qui ont été touchés par les désastres qui ont récemment frappé vos pays respectifs.

Je me souviens de l’atmosphère plutôt sombre qui régnait lors de notre dernière rencontre à Medellin [Colombie], au plus fort de la crise financière. Une année plus tard, même si les perspectives sont incertaines et que des risques subsistent, je sens que la confiance gagne tranquillement chacun d’entre nous. La consolidation des cadres de politiques ainsi que l’amélioration des finances publiques ont permis à la plupart des pays de la région de s’adapter, ce qui permettra à l’hémisphère d’entreprendre cette nouvelle décennie sur des bases économiques nettement plus solides. Ce vent d’optimisme tranquille a gagné le Canada, qui s’attend à se classer premier parmi les pays du G7 au chapitre de la croissance économique cette année.

Cette année a déjà été fort occupée pour le Canada, et cette tendance devrait se maintenir à mesure que nous irons de l’avant. Les Jeux olympiques d’hiver à Vancouver ont pris fin récemment et le Canada soulignera cette année ses 20 ans d’adhésion à l’OEA [Organisation des États américains]. Au cours des prochains mois, le Canada sera l’hôte des Sommet des leaders du G8 et du G20. L’an prochain, nous vous accueillerons tous à Calgary pour la tenue de l’assemblée annuelle de la BID [Banque interaméricaine de développement]. Nous espérons que vous pourrez tous profiter de l’hospitalité des Canadiens et des Canadiennes, de leur accueil chaleureux ainsi que de la beauté de nos hivers.

Au cours de la dernière année, la BID a dû relever des défis de taille et je vous félicite, Monsieur le Président Moreno, ainsi que votre équipe, pour les efforts que vous avez déployés et le dévouement dont vous avez fait preuve. Le Canada a été heureux de contribuer à la reprise économique de la région en offrant temporairement à la BID un prêt de 4 milliards de dollars américains. Nous avons joué un rôle qui, nous l’espérons, s’est avéré constructif au cours des délibérations visant l’augmentation générale du capital, dans le cadre desquelles le Canada a coprésidé un groupe de travail technique avec mon ami Oscar Zuluaga de la Colombie [ministre des Finances et du Crédit public].

Je suis ravi de constater que tous ces efforts acharnés ont porté leurs fruits, puisque nous sommes en mesure de présenter, ici, à Cancún, un accord de principe visant à accroître les capitaux de la Banque et à libérer complètement Haïti de sa dette. Cette augmentation permettra à la Banque de disposer d’un volume de prêts de 12 milliards de dollars, d’assurer le maintien des ressources destinées aux fonds d’opérations spéciales, de garantir un mécanisme de subventions solide pour aider Haïti et de permettre la production de connaissances et d’outils qui renforceront les capacités pour répondre à la demande régionale. Il appartient maintenant au Conseil de la BID de rendre le réel esprit de l'accord et à la Banque d’utiliser ces ressources judicieusement.

Nous sommes heureux que la nouvelle stratégie institutionnelle fasse en sorte que la réduction de la pauvreté et de l’inégalité et la croissance économique durable soient au cœur des efforts de la Banque. La direction doit désormais mener cette stratégie à bien et respecter le cadre des résultats qu’elle a mis en place. La Banque ne doit jamais oublier que le but premier de ses stratégies, de ses outils et de ses ressources consiste à venir en aide aux plus démunis. La Banque doit en outre continuer à déployer des efforts pour bâtir une institution plus solide et plus efficace en mettant en œuvre le programme d’amélioration qu’elle a élaboré. Non seulement nous devons obtenir des résultats dans le cadre du processus visant à accroître le capital, mais nous devons également déployer des efforts de tous les instants.

Nous nous réjouissons des progrès accomplis à ce jour à propos du cadre sur l’efficacité du développement ainsi que des cadres de gestion des risques et de l’adéquation du capital. La Banque a également accompli un travail de taille pour la mise en œuvre d’une stratégie de lutte contre la corruption. Monsieur le Président [Luis Alberto Moreno, président de la BID], la réorganisation que vous avez entreprise a permis de rehausser la pertinence de la Banque aux yeux de tous ses membres.

Au cours de l’année qui vient, le Canada s’est donné pour priorité d’accomplir davantage de progrès dans les domaines clés. En premier lieu, j’attends avec intérêt la mise en œuvre d’un cadre de gestion du résultat ainsi que l’achèvement de l’examen qu’a entrepris la Banque de ses instruments financiers et de ses politiques sectorielles. En deuxième lieu, en raison de l’augmentation des prêts garantis d’États non souverains, la Banque devra démontrer le lien étroit qui existe entre ses activités à l’égard du secteur privé et le développement socio-économique, notamment le soutien des principes de la responsabilité sociale des entreprises. Enfin, grâce à l’approbation du cadre sur l’efficacité du développement et à l’élaboration du cadre des résultats, la Banque dispose désormais d’outils qui lui permettront d’assurer un meilleur suivi, de mesurer les résultats obtenus et d’en rendre compte de façon plus efficace. Il est essentiel que la Banque continue de rendre compte intégralement de ses actions à ses actionnaires. C’est avec intérêt que nous accueillerons le rapport de la Banque sur les résultats atteints dans les secteurs prioritaires à l’occasion de l’assemblée annuelle qui aura lieu l’an prochain à Calgary.

Si vous me le permettez, je voudrais revenir sur la situation qui prévaut en Haïti. Le redressement du pays nécessitera une forte collaboration sur les plans régional et international, et il va sans dire qu’il s’agira d’un travail de longue haleine. Le Canada a accueilli la Conférence ministérielle préparatoire sur Haïti à Montréal. Au cours de cette rencontre, nous avons établi un ensemble de principes et déterminé notamment le rôle de premier plan que devra jouer le gouvernement d’Haïti dans la reconstruction du pays.

En cette fin de rencontre et à l’approche de la conférence sur la reconstruction d’Haïti qui se tiendra à New York, je rappelle à tous et à toutes que notre engagement à l’égard de la reconstruction d’Haïti repose sur une mobilisation coordonnée et constructive. Nous devons travailler de concert avec nos voisins haïtiens pour assurer la stabilité du pays à long terme et établir un fondement propre à susciter l’espoir de toutes les Haïtiennes et tous les Haïtiens. Monsieur le Président, la Banque a un rôle important à jouer pour y arriver.

Merci à tous, et je vous rappelle que le Canada se fera un plaisir de vous accueillir à Calgary l’an prochain.