Allocution prononcée par le ministre Cannon à la conférence de presse qui a suivi la réunion des ministres des Affaires étrangères des États côtiers de l’Arctique

Nº 2010/15 - Chelsea (Québec) - Le 29 mars 2010

Sous réserve de modifications

La région de l’océan Arctique est sur le point de connaître de grands changements. Elle n’a jamais suscité autant d’intérêt à travers le monde.

Aujourd’hui, nous avons débattu des nouvelles réalités avec lesquelles nous devons tous compter dans la région.

En vertu de notre souveraineté, de nos droits souverains et de notre juridiction sur de grandes parties de l’océan Arctique, nous sommes dans une position idéale pour saisir de nouvelles occasions et relever de nouveaux défis dans la région.

Nous sommes déterminés à le faire dans le respect du cadre juridique international général qui s’applique à l’océan Arctique.

En tant qu’États côtiers de l’océan Arctique, nous avons des rôles et des responsabilités tout à fait singuliers en ce qui a trait à l’intendance de l’océan Arctique.

Il importe qu’en tant que représentants de ces États, nous nous attaquions aux questions qui relèvent de notre sphère de compétence.

Nos citoyens et les habitants du Nord s’attendent à ce que nous continuions à faire preuve de leadership relativement aux enjeux de l’Arctique, et c’est ce que nous faisons.

Nous comprenons bien les potentialités du Nord, vaste trésor magnifique dont nous sommes dépositaires pour les générations à venir.

Nous ne réagissons pas au changement, nous l’influençons.

Notre leadership dans de l’océan Arctique repose sur la consultation, la collaboration et, dans certaines circonstances, le règlement de nos différends avec nos voisins.

En tant qu’États côtiers, nous effectuons en collaboration les travaux scientifiques et techniques nécessaires afin de déterminer les limites extérieures de nos plateaux continentaux respectifs.

Bien que ces travaux soient difficiles à réaliser dans cet environnement couvert de glace, ils sont de même type que ceux auxquels se livrent les autres États côtiers du monde, et suivent les mêmes méthodes.

Les cinq États côtiers de l’Arctique souscrivent tous au vaste régime juridique international qui anime ces travaux et s’engagent à résoudre de façon ordonnée tout recoupement éventuel entre leurs revendications.

L’élargissement de l’accès à la région arctique à la faveur des changements climatiques risque de susciter de nouveaux problèmes de sécurité publique, notamment au chapitre des opérations de recherche et de sauvetage, de la protection civile et de la gestion des catastrophes.

Dans bien des cas, ce seront les États côtiers de l’Arctique qui seront à la fois les premiers concernés et les mieux placés pour intervenir.

Nous travaillons, dans le cadre du Conseil de l’Arctique, à la préparation d’un traité sur la recherche et le sauvetage dans la région. Le Conseil est l’instance centrale de la coopération internationale dans les affaires arctiques.

Nous travaillons aussi, sous l’égide de l’Organisation maritime internationale, à la mise au point d’un régime exécutoire qui favorisera une sécurité accrue dans nos eaux arctiques.

On estime que le cinquième des réserves mondiales restantes de pétrole se trouve dans l’Arctique, relevant principalement de la compétence des États côtiers.

Le potentiel des ressources naturelles de l’Arctique est immense.

Ces ressources, si elles sont gérées selon les principes du développement durable, peuvent contribuer au développement économique et social de notre région, y compris les populations autochtones, pendant de nombreuses générations.

La protection de l’environnement est une priorité.

Nous sommes résolus à appliquer les Lignes directrices du Conseil de l’Arctique sur l'exploitation pétrolière et gazière de manière que le développement respecte l’environnement marin de l’Arctique.

Bien que la pêche commerciale à grande échelle ne soit pas imminente dans la plus grande partie des eaux arctiques, les États côtiers ont un intérêt tout particulier envers la conservation et la gestion des stocks de poissons de la région  et un rôle tout particulier à jouer dans ce domaine.

À cet égard, il existe déjà un vaste régime juridique qui s’applique à l’océan Arctique.

Nous convenons que des recherches plus poussées sur les stocks de poisson et sur leurs écosystèmes nous permettront de mieux comprendre l’évolution des stocks et les mesures qu’il faudrait prendre pour y réagir.

Il faut que nos actions reposent sur les meilleures connaissances dont nous disposons actuellement, c’est-à-dire aussi bien les connaissances scientifiques que le savoir traditionnel.

C’est pourquoi nous avons beaucoup investi dans la science polaire, notamment à l’occasion de l’Année polaire internationale. Nous voulons que les retombées en soient durables.

Les retombées de la science sont directes et tangibles.

L’hydrographie, par exemple, nous apporte des informations essentielles à la sûreté de la navigation en nous faisant mieux comprendre les caractéristiques des océans et des littoraux.

Nous convenons tous de l’utilité de créer une Commission hydrographique régionale pour l’Arctique.

Nombreux sont les États et les institutions qui ne s’intéressaient nullement à l’Arctique dans le passé et qui se découvrent tout à coup une passion pour le Nord.

Certains ont fourni des conseils mal éclairés au sujet de la gouvernance de nos populations, de nos terres et de nos eaux, et ont démontré une insensibilité aux intérêts et aux vues des États et des peuples de l’Arctique.

Permettez-moi d’être parfaitement clair — notre gouvernement n’a jamais dérogé au principe selon lequel nous défendrons toujours les intérêts et les vues des peuples et des États de l’Arctique, et je crois que mes collègues approuvent ce principe.

C’est pourquoi nous agissons fermement et clairement.

Notre leadership dans la région est basé sur un esprit d’ouverture, de consultation et de collaboration.

Nos actions et nos décisions s’accordent avec le rôle qui est le nôtre en tant que nations souveraines et en tant qu’États côtiers dans cette importante région.

Je vous remercie.