Discours du ministre Baird à l’occasion des consultations des intervenants relatives au Bureau de la liberté de religion

Nº 2011/34 - Ottawa (Ontario) - Le 3 octobre 2011

Sous réserve de modifications

Mesdames et Messieurs, je suis heureux de me joindre à vous ce matin et de profiter de l’occasion pour échanger des idées sur une grande priorité de notre gouvernement, soit l’établissement d’un Bureau de la liberté de religion.

Nous avons annoncé notre intention de mettre sur pied un tel bureau dans le discours du Trône du 3 juin. Et, plus récemment, j’ai réitéré notre engagement devant l’Assemblée générale des Nations Unies, la semaine dernière à New York.

Ce bureau sera créé pour promouvoir et défendre la liberté de religion et les croyances conformes aux valeurs canadiennes fondamentales que sont la liberté, la démocratie, les droits de la personne et la primauté du droit. Mais surtout, le bureau démontrera que le Canada est sans contredit une société libre.

Les Canadiens jouissent des droits et privilèges qui découlent du fait de vivre dans une société libre et démocratique où les droits de la personne sont respectés. Nous sommes aussi parfaitement conscients des difficultés auxquelles sont confrontées les minorités religieuses partout dans le monde.

C’est pourquoi, quelles que soient les circonstances, le Canada continuera de s’exprimer haut et fort, en prenant des positions de principe. Comme je l’ai mentionné dans mon discours à l’Assemblée générale des Nations Unies, le Canada ne se contentera pas d’être accommodant juste pour éviter de faire des vagues. Les positions que nous défendrons seront fondées sur des principes et considérées comme justes, peu importe qu’elles soient ou non populaires, commodes ou opportunes.

Tous les droits de la personne sont essentiels, évidemment, mais aujourd’hui, nous nous réunissons dans un but bien précis.

L’histoire nous a montré que la liberté de religion et la liberté démocratique sont indissociables.

Comme l’avait fait observer Franklin Roosevelt à la veille de la Deuxième Guerre mondiale :

« Toutes les fois où la liberté de religion est mise à mal, c’est par des opposants à la démocratie.

« Toutes les fois où la démocratie est réprimée, la liberté de religion disparaît également.

« Et toutes les fois où la religion et la démocratie disparaissent, la bonne volonté et la raison dans les affaires internationales cèdent la place à une ambition effrénée et à la force brute. »

Une société qui protège la liberté de religion est plus susceptible de protéger toutes les autres libertés fondamentales. Il s’agit habituellement de sociétés plus stables et plus prospères. Ce point de vue a d’ailleurs été renforcé à l’occasion des consultations que j’ai menées partout dans le monde jusqu’à maintenant.

Je crois sincèrement qu’il est essentiel que le Canada se serve de sa position unique pour protéger et promouvoir la liberté de religion dans le monde entier.

Le Canada compte plusieurs groupes ethniques et religions, mais nous partageons la même humanité, caractérisée par la tolérance, l’acceptation, la paix et la sécurité.

Le Canada s’est élevé contre les atteintes à la liberté, partout dans le monde.

J’ai fait part de mes vives préoccupations face aux graves violations des droits des chrétiens à pratiquer leur religion en Iran, y compris ceux accusés d’apostasie. J’ai défendu la communauté bahá’ie, qui en Iran continue d’être persécutée et dont les chefs sont emprisonnés à la suite d’accusations non fondées.

J’ai dénoncé la discrimination à laquelle s’adonne le régime birman à l’encontre des musulmans et des bouddhistes.

J’ai soutenu les prêtres catholiques romains et autres membres du clergé chrétien, ainsi que leurs fidèles, qui ont été poussés à pratiquer clandestinement leur culte en Chine alors que leurs chefs sont détenus. Et notre gouvernement a soulevé auprès des Nations Unies le cas des Tibétains, des Ouïghours et des membres du mouvement Falun Gong.

Nous avons manifesté notre solidarité lorsque Shahbaz Bhatti et Salman Taseer ont été assassinés au Pakistan, par des extrémistes, pour s’être élevés contre les lois injustes de leur pays relatives au blasphème.

Nous avons réclamé que les auteurs des violences exercées à l’encontre de la communauté ahmadie dans diverses régions du monde soient tenus responsables de leurs actes.

Nous avons été le premier pays d’importance à dénoncer les attaques dont les coptes d’Égypte ont été victimes à la suite des événements de Nag Hammadi, comme nous avons déploré les attaques survenues la veille du Jour de l’An à Alexandrie.

Et en Iraq, où al-Qaïda a chassé de nombreux chrétiens et autres minorités, nous avons mis en œuvre un programme pour relocaliser les réfugiés.

Plus tôt cette année, notre gouvernement a créé le prix John Diefenbaker pour la défense de la liberté et des droits de la personne, pour honorer les personnes qui font preuve d’un leadership exceptionnel dans la défense de la liberté et des droits de la personne.

C’est l’ancien premier ministre John Diefenbaker qui, pendant qu’il était en fonction, s’est fait le champion des droits de la personne au Canada et dans le monde. Le jour de la présentation de la Déclaration canadienne des droits au Parlement, il a dit ceci :

« Je suis un Canadien […] libre de m’exprimer sans crainte, de servir Dieu comme je l’entends, de défendre ce qui me semble juste, de contester ce qui me semble mal ou de choisir les dirigeants de mon pays. Cette tradition de liberté, je m’engage à la perpétuer, pour moi-même et au bénéfice de l’humanité tout entière. »

À mon tour, je m’engage à préserver cette tradition. Mais je ne peux évidemment pas y arriver seul.

Et nous devons, en tant que pays, nous engager dans cette voie correctement.

C’est pourquoi je suis heureux que vous soyez tous ici afin de partager votre expertise, vos points de vue et vos expériences.

Je suis extrêmement ravi que soient rassemblés ici aujourd’hui des gens de votre calibre.

Je sais que la tâche n’est pas facile mais, encore une fois, les Canadiens défendent ce qui est bon, non ce qui est facile. Et je ne doute donc aucunement de notre capacité à relever aujourd’hui ce défi.

Il est de notre devoir de défendre les droits des affligés et de donner une voix à ceux qui n’en ont pas.

Nos positions resteront fermes tout comme notre détermination, et nos voix s’élèveront tant et aussi longtemps que tous les citoyens ne jouiront pas des droits et libertés que nous estimons devoir être universels et vrais.

Grâce à nos efforts concertés, je suis convaincu que le Bureau de la liberté de religion pourra accomplir ce devoir.

Je vous remercie tous de votre présence.

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