Discours du ministre Baird à la Conférence de Londres sur la Somalie

Le 23 février 2012 - Londres, Royaume-Uni

Sous réserve de modifications

Si le Canada participe à l’effort international que constitue la présente conférence, c’est parce qu’il y voit une promesse de jours meilleurs pour le peuple de la Somalie. Cette perspective rapprochée nous force à concerter nos efforts avec tous ceux qui sont déterminés à faire progresser la gouvernance responsable en Somalie et à fournir des services au peuple somalien.

En particulier, le Canada condamne énergiquement les gestes posés par le groupe terroriste Al Shabaab, y compris les attentats-suicides à la bombe et à la voiture piégée qui ont coûté la vie à de nombreux Somaliens. Il condamne aussi le refus délibéré et ignoble du groupe terroriste d’autoriser l’acheminement de l’aide humanitaire vers les populations somaliennes touchées par la sécheresse dans les zones qu’il contrôle. Le Canada se réjouit cependant des avancées récentes des forces africaines et somaliennes, qui ont réussi à refouler Al Shabaab à l’extérieur de Mogadiscio et des régions occupées du centre-sud de la Somalie.

Il apparaît urgent d’achever ce travail d’ici la fin du mois d’août afin de préserver les gains et de faciliter la mise en place d’un gouvernement représentatif. La rédaction d’une constitution qui énonce un cadre pour la représentation et la responsabilité a progressé. La sélection des représentants chargés de confirmer, par l’intermédiaire de la nouvelle Constitution, les droits, libertés et règles de droit dont jouiront les Somaliens se fait dans le respect de la tradition somalienne.

Il importe de choisir avec soin nos leaders. Des dirigeants compétents, animés par le désir de servir la population, peuvent accomplir beaucoup pour leurs collectivités, et les enjeux sont grands. L’efficacité de ces dirigeants s’avérera cruciale pour l’avenir de la Somalie et le soutien ultérieur de la communauté internationale.

À la fin de l’année dernière, le Canada s’est engagé à verser 1 million de dollars au Fonds d’affectation spéciale des Nations Unies pour la Mission de l’Union africaine en Somalie [AMISOM]. Nous sommes reconnaissants à l’Union africaine et aux pays africains concernés de leur contribution à la lutte contre ceux qui souhaitent répandre la peur et faire obstacle aux efforts visant à distribuer de la nourriture, à améliorer la sécurité alimentaire, à apporter une aide médicale et à vacciner les enfants.

En outre, en collaboration avec les Pays-Bas, le Canada est heureux d’annoncer que le soutien auparavant destiné au déploiement d’une unité de police constituée ougandaise auprès du Darfour sera redirigé pour permettre le déploiement de cette unité en Somalie afin d’appuyer l’AMISOM.

Nous sommes également prêts à examiner d’autres possibilités de coopération avec des gouvernements et la société civile afin de renforcer les partenariats voués à la stabilisation et au redressement et de lutter contre le terrorisme, y compris dans le cadre du Forum mondial de lutte contre le terrorisme.

Les Canadiens eux-mêmes, y compris les quelque 170 000 citoyens canadiens d’origine somalienne, souhaitent l’instauration de la paix en Somalie. Les Canadiens sont venus en aide aux populations somaliennes dans le besoin, en donnant 70,5 millions de dollars à des organismes de bienfaisance enregistrés au Canada qui œuvrent dans la région. Le gouvernement du Canada a versé une aide équivalente à cette contribution par l’intermédiaire du Fonds d’aide aux victimes de la sécheresse en Afrique de l’Est.

Nous souhaitons voir de nouveaux parlementaires, dont bon nombre de femmes, exercer leur autorité au niveau local et œuvrer au bénéfice de tous les Somaliens. Le Canada collaborera activement à cette fin avec ses partenaires.

Je vous remercie.