Discours du ministre Baird à l’occasion de la deuxième cérémonie annuelle de remise du prix John Diefenbaker pour la défense de la liberté et des droits de la personne

Le 14 mars 2012 - Ottawa (Ontario)

Sous réserve de modifications

Distingués lauréats, éminents invités, Mesdames et Messieurs, ladies and gentlemen,

Je suis heureux de me trouver aujourd’hui en votre compagnie pour décerner le prix John Diefenbaker pour la défense de la liberté et des droits de la personne.

Ce prix, ainsi nommé en l’honneur du 13e premier ministre du Canada, rend hommage aux personnes ou aux groupes ayant fait preuve d’un courage et d’un esprit d’initiative exceptionnels dans la défense de la liberté et des droits de la personne dans leur pays et ailleurs dans le monde.

Il est juste, comme Joy [Smith, députée fédérale] le mentionnait dans sa présentation, que cette cérémonie ait lieu dans un immeuble qui porte le nom de M. Diefenbaker.

Au cours des six années où M. Diefenbaker a été premier ministre, il a consacré beaucoup d’attention et d’énergie à la protection et à la promotion de la liberté et des droits de la personne, non seulement au Canada, mais ailleurs dans le monde.

Nous lui devons la Déclaration canadienne des droits adoptée en 1960, l’un de ses principaux legs. Il a aussi joué un rôle essentiel dans la déclaration de 1961 contre l’apartheid, qui a contribué au retrait de l’Afrique du Sud du Commonwealth.

La protection et la promotion des droits de la personne sont des piliers de la politique étrangère du Canada, sous le leadership du premier ministre Stephen Harper.

Nous ne cherchons pas uniquement à faire ce qui est populaire, ou opportun, afin de nous faciliter les choses. L’honneur est au cœur même de nos relations et nous adhérons à des principes, à ce qui est bien, au nom de la liberté, de la démocratie, des droits de la personne et de la primauté du droit. Ce sont là des valeurs canadiennes qui ne doivent pas être réservées à quelques privilégiés, mais être plutôt le lot de tous et de toutes.

Le Canada appuie les braves défenseurs des droits de la personne dans le monde entier qui s’efforcent courageusement de promouvoir et de protéger les libertés fondamentales, souvent en s’exposant, ou en exposant leur famille, à des risques énormes.

Les lauréats des prix John Diefenbaker d’aujourd’hui ont fait preuve d’un courage et d’un engagement extraordinaires en faveur de la liberté.

M. Shahbaz Bhatti a été élu à l’Assemblée nationale du Pakistan en 2008 et a été nommé ministre fédéral des Minorités. Il a accepté ce poste, a-t-il déclaré, « pour protéger les opprimés et les marginalisés du Pakistan ». M. Bhatti a affirmé qu’il consacrerait sa vie « à la lutte pour l’égalité des êtres humains, pour la justice et la liberté religieuse, et pour inspirer les minorités religieuses et améliorer leur sort ».

Le ministre Bhatti a pris des mesures pour soutenir les minorités religieuses; il a lancé une campagne nationale pour promouvoir l’harmonie interconfessionnelle, il a proposé une loi pour interdire les propos et les écrits haineux, et il a proposé d’intégrer dans les programmes d’études un cours sur les religions comparées.

Le ministre Bhatti n’a pas été réduit au silence par les menaces ouvertes à sa propre sécurité. Il a continué à dénoncer les abus, même après l’assassinat, en janvier 2011, du gouverneur de la province du Panjab, M. Salman Taseer, un collègue défenseur de la tolérance au Pakistan.

Les convictions de M. Bhatti lui ont coûté la vie : le 2 mars 2011, alors qu’il se rendait à son travail à Islamabad, il a été lâchement assassiné. Il n’avait que 42 ans.

À peine un mois plus tôt, M. Bhatti était venu au Canada pour rendre visite à notre premier ministre et à d’autres ministres du gouvernement, en particulier [le ministre de la Citoyenneté, de l’Immigration et du Multiculturalisme] Jason Kenney, qui est parmi nous aujourd’hui.

La nouvelle de la mort de M. Bhatti en a atterré plus d’un. Elle a franchi les océans et touché tous ceux parmi nous qui ont vu un apôtre du bien et de la justice être fauché si tragiquement dans la fleur de l’âge.

Il ne devrait jamais en être ainsi. Chacun de nous doit rejeter cela d’emblée.

[L’ancienne présidente du Pakistan] Benazir Bhutto a dit un jour : « On peut emprisonner un homme, mais pas ses idées. On peut condamner à l’exil un homme, mais pas ses idées. On peut tuer un homme, mais pas ses idées. »

Ces mots demeurent vrais dans le contexte des efforts que nous déployons pour assurer le respect et la progression des libertés fondamentales.

Nous continuons d’exhorter le Pakistan à abroger ses lois qui font du blasphème un crime. Nous continuons à militer en faveur de la liberté de religion chaque fois que nous en avons la chance. Nous le faisons en grande partie en mémoire de Shahbaz Bhatti.

Nous avons l’honneur d’avoir parmi nous sa mère, Martha Bhatti, et son frère, Peter Bhatti, qui accepteront le prix en son nom.

Nous rendons aussi hommage aujourd’hui à Mme Susana Trimarco et à la Fundacíon María de los Ángeles qu’elle a créée.

Mme Trimarco est la mère de Marita Verón qui, en avril 2002, a été enlevée à l’âge de 23 ans par un réseau criminel de trafiquants d’êtres humains.

Afin de retrouver sa fille, Mme Trimarco a amorcé des recherches personnelles qui lui ont fait découvrir un réseau de maisons closes dirigées par des trafiquants partout en Argentine et jusqu’en Espagne. Elle a ainsi découvert de nombreuses femmes et jeunes filles qui avaient été victimes de la traite des personnes.

Bravant diverses menaces proférées contre sa vie, elle a poursuivi ses enquêtes sur le commerce illégal du sexe et a créé la fondation en l’honneur de sa fille pour aider les victimes de la traite des personnes à retrouver leur place dans la société.

La fondation réclame des politiques officielles plus fermes pour combattre la traite des personnes au nom des mères ayant perdu des enfants aux mains des auteurs de ces actes répréhensibles, et elle recourt aux médias et à la formation pour sensibiliser davantage les juges, les procureurs et les forces de l’ordre à ce fléau.

Grâce à son travail, Mme Trimarco a permis de sauver 150 victimes de la traite des personnes et elle les aide depuis de nombreuses années à gagner de nouveau leur vie. Elle a contribué à sensibiliser davantage l’Argentine, toute l’Amérique latine et les Caraïbes à ce grave problème. Je crois comprendre qu’en partie grâce à ses efforts, l’Argentine a adopté sa première loi nationale contre la traite des personnes en 2008.

Madame Trimarco, votre travail mené avec la Fundacíon María de los Ángeles a touché de nombreuses personnes. Je vous invite à tirer force et courage de la conviction intime que vous avez influé et continuez d’influer pour le mieux sur la vie de tous ceux et celles qui vous entourent.

Aux yeux des nombreuses femmes que vous aidez, vous représentez l’espoir et c’est là un cadeau des plus précieux, car l’espoir inspire la passion du possible, comme rien d’autre ne peut le faire.

Mesdames et Messieurs, j’ai l’honneur, au nom du gouvernement du Canada, de reconnaître officiellement la précieuse contribution de M. Shahbaz Bhatti et de Mme Susana Trimarco à la promotion et à la protection de la liberté et des droits de la personne.

Pour paraphraser Robert F. Kennedy :

Peu nombreux sont ceux et celles qui peuvent changer le cours de l’histoire, mais chacun ou chacune de nous, œuvrant pour renforcer la liberté ainsi que la dignité et le respect de la personne humaine, pourra écrire l’histoire de sa génération et jeter les bases du monde à venir.

William Wilberforce [politicien et abolitionniste britannique du XVIIIe siècle] a un jour proclamé devant la Chambre des communes de la Grande-Bretagne :

« On peut choisir de détourner le regard, mais on ne pourra jamais plus prétendre que l’on ne savait rien. »

Mes amis, face à l’injustice, nous ne devons jamais détourner le regard.

Notre engagement ne doit jamais faiblir.

Notre détermination ne doit jamais fléchir.

Ensemble, nos voix peuvent aider à promouvoir la liberté, la démocratie, les droits de la personne et la primauté du droit partout dans le monde.

Je vous remercie des efforts que vous avez déployés sur ce plan et de manifester votre engagement par votre présence ici ce soir.

Merci.

Gracias.