Discours du ministre Baird à la réunion ministérielle Canada-ANASE

Le 11 juillet 2012 - Phnom Penh, Cambodge

Sous réserve de modifications

Mon objectif aujourd’hui consiste non seulement à faire le point sur nos réalisations au cours de la dernière année — au demeurant fort remarquables — mais aussi à envisager l’avenir pour voir comment nous pourrons ensemble exploiter les relations entre l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est [ANASE] et le Canada à leur plein potentiel.

Le Canada accorde une attention toute particulière à l’ANASE. Cette région, qui présente de nombreuses possibilités de renforcer nos relations avec elle, a quelque chose d’excitant qui soulève notre enthousiasme.

Accroître la présence canadienne par l’action

Il y a quelques années à peine, l’ANASE invitait le Canada à s’impliquer davantage dans la région.

Non seulement avons-nous entendu cet appel, mais nous avons également appuyé notre engagement par des actions concrètes. Ces 12 derniers mois :

  • le gouverneur général du Canada David Johnston a effectué en novembre dernier des visites officielles à Singapour, au Vietnam et en Malaisie, à l’occasion de son premier voyage à l’étranger depuis sa nomination;
  • le premier ministre Stephen Harper a effectué une visite officielle en Thaïlande et en Chine afin de renforcer nos liens avec l’ANASE, visite où il était accompagné du ministre du Commerce international Ed Fast et de moi-même;
  • le ministre Fast a effectué de nombreuses visites dans toute la région, y compris en Indonésie, à Brunéi, en Malaisie et à Singapour;
  • le ministre canadien de la Défense nationale Peter Mackay a participé au Dialogue Shangri-La à Singapour avant de se rendre en Thaïlande;
  • pour ma part, j’ai effectué une visite historique à Naypyidaw et à Rangoon en mars, première visite dans les annales d’un ministre canadien des Affaires étrangères en Birmanie.

Modifications des sanctions contre la Birmanie

Les mesures constructives prises à Naypyidaw en faveur de la démocratisation et du changement méritent une mention toute particulière. Il y a un an, à cette même conférence, j’étais loin d’être aussi optimiste.

Mais comme vous le savez, le Canada a annoncé récemment un allégement de ses sanctions. La plupart des interdictions relatives aux exportations, aux importations, à l’investissement et aux transactions financières ont été levées.

Cette mesure facilitera le renforcement des relations entre nos deux pays et avec la région dans son ensemble.

Nous souhaitons que les avancées réalisées à ce jour se poursuivent et qu’elles conduisent au renforcement de la liberté, de la démocratie, du respect des droits de la personne et de la primauté du droit. Le Canada est d’ailleurs prêt à apporter son soutien à cette transition.

Cela dit, le Canada n’en continue pas moins à exhorter Naypyidaw à redoubler d’efforts pour améliorer la situation des droits de la personne. Pour cela, il faut, entre autres mesures, qu’elle libère tous les prisonniers politiques encore détenus et qu’elle mette fin à tous les affrontements dans les régions regroupant des minorités ethniques.

Collaboration Canada-ANASE : des relations de longue date en plein essor

La collaboration et l’engagement réciproque qui sous-tend les relations entre l’ANASE et le Canada croissent d’année en année.

Outre l’adoption et la mise en œuvre de notre plan d’action ainsi que l’adhésion du Canada au Traité d’amitié et de coopération, certaines avancées notables ont eu lieu au cours de la dernière année.

En octobre dernier, la nouvelle Déclaration conjointe ANASE-Canada sur le commerce et l’investissement a été adoptée. Cette déclaration constitue le tout premier instrument commercial à être conclu entre nous.

Le ministre canadien du Commerce international se réjouit à la perspective de rencontrer, pour la première fois, tous les ministres responsables de l’économie au sein de l’ANASE, à la fin du mois d’août. Le ministre Fast est déterminé à trouver des façons d’élargir les liens commerciaux par un accroissement des possibilités commerciales et d’investissement au bénéfice de nos milieux d’affaires.

Le Canada continue d’apporter une contribution importante à la réalisation des objectifs de l’ANASE en matière de renforcement communautaire. L’aide totale consentie par l’Agence canadienne de développement international [ACDI] au profit de l’Asie du Sud-Est s’est chiffrée à 134 millions de dollars au cours de l’année financière 2010-2011. Les activités de l’ACDI dans la région s’harmonisent avec les objectifs de l’ANASE; un volet important de cette coopération porte donc sur le soutien aux organismes de défense des droits de la personne de l’ANASE et sur la réduction des risques de catastrophe.

Le Canada demeure un fervent partisan de la protection et de la promotion des droits de la personne dans le monde entier. Aussi a-t-il salué la création des nouveaux organismes de défense des droits de la personne de l’ANASE. À cet égard, j’aimerais encourager la grande famille que forme l’ANASE à faire en sorte que sa nouvelle Déclaration des droits de la personne s’inspire de la Déclaration universelle des droits de l’homme des Nations Unies. Je l’invite également à veiller à ce que l’étape finale de sa rédaction se déroule sous le signe de l’ouverture et de la transparence.

Le Canada attache une grande importance à la liberté de religion et à la liberté de professer sa foi sans peur et sans crainte de persécution. J’espère sincèrement que les membres de l’ANASE sauront tenir compte de l’importance que le Canada attache à ce droit fondamental, et qu’ils y accorderont toute l’attention voulue au cours de leurs délibérations futures.

Étant une nation du Pacifique, le Canada s’intéresse de très près à la restructuration en cours dans la région. L’ANASE se trouve désormais au cœur des changements importants apportés à cette structure, avec le Sommet de l’Asie de l’Est [SAE] et la réunion élargie des ministres de la Défense de l’ANASE [ADMM-Plus].

Nous continuons à suivre de très près le SAE et la réunion élargie ainsi que leur orientation future.

Chers collègues, comme signe tangible de l’engagement accru du Canada envers l’ANASE, et à l’occasion du 35e anniversaire de nos relations avec l’Association, je suis très heureux d’annoncer que notre pays s’engage à verser sur trois ans un financement de 10 millions de dollars pour des projets liés à l’ANASE, notamment dans le domaine de la connectivité.

Nous nous réjouissons à la perspective de travailler avec le secrétariat de l’ANASE et certains de ses organes régionaux ainsi qu’avec les États membres pour mettre en œuvre cette promesse de fonds.

Conclusion

Chers collègues, cette rencontre marque la fin du mandat de la Thaïlande en tant que pays coordonnateur pour le Canada à l’ANASE.

Sous la tutelle de la Thaïlande, les relations entre l’ANASE et le Canada ont connu un essor considérable ces trois dernières années. Qu’il s’agisse de l’adoption de notre plan d’action ou de l’adhésion de notre pays au Traité d’amitié et de coopération, l’énergie et l’enthousiasme dont a fait preuve la Thaïlande ont été déterminants, et je lui en suis personnellement reconnaissant.

Des bases solides ayant été ainsi posées, je suis convaincu que les trois prochaines années verront progresser encore plus ces relations avec l’aide de Singapour, le prochain pays coordonnateur pour le Canada.

J’aimerais aussi adresser mes remerciements à notre hôte, le Cambodge, pour l’excellente rencontre qu’il a organisée, et je tiens à lui adresser tous mes vœux de succès pendant les mois où il continuera à exercer la présidence de l’ANASE.

Je vous remercie.