Discours du ministre Baird devant le Conseil canadien des chefs d’entreprise

Le 24 septembre 2012 - Ottawa (Ontario)

Sous réserve de modifications

Je suis honoré de participer à cette importante conférence, qui arrive à point nommé, et de pouvoir vous parler du rôle de plus en plus important de la région de l’Asie-Pacifique dans la politique étrangère du Canada.

Notre gouvernement est emballé par les possibilités qu’offre la région pour la prospérité à long terme de notre pays.

Évidemment, les possibilités économiques sont immenses, mais nous sommes aussi vivement intéressés par la transformation politique et les changements démographiques colossaux qui s’opèrent actuellement dans l’ensemble de la région de l’Asie-Pacifique. De Mumbai à Manille, on peut sentir l’impulsion donnée à une région qui fait l’objet d’un changement profond.

Et le Canada doit être de la partie. Ce n’est pas un choix, c’est un impératif national.

Pour notre gouvernement, la région de l’Asie-Pacifique est importante, car elle abonde en nouvelles occasions d’accroître notre prospérité.

Dans l’esprit du premier ministre Harper et dans le mien, il ne fait aucun doute qu’à mesure que l’Asie continuera de prospérer, les répercussions pour le Canada seront immédiates et profondes.

Mais vous savez déjà tout cela.

Et entre nous, le gouvernement le sait aussi.

Alors, plutôt que de m’étendre sur la raison pour laquelle le gouvernement a fait de la région de l’Asie-Pacifique une priorité de sa politique étrangère, je veux vous parler de nos réalisations dans cette région et de notre engagement à grande échelle, et ce, sur quatre fronts.

Le premier est le commerce.

Tout le monde sait que le gouvernement du Canada mène le programme commercial le plus ambitieux de l’histoire du pays.

Nous prenons des mesures énergiques afin d’assurer la prospérité à long terme des Canadiens, et nous ne nous en excusons pas.

Mais nous avons également appris de dures leçons.

L’incertitude mondiale persistante nous oblige à renforcer nos relations avec les économies asiatiques en croissance et à diversifier nos liens commerciaux.

Nous savons que nous avons beaucoup de pain sur la planche à ce chapitre. Bien que nous ayons conclu neuf accords de libre-échange depuis 2006, aucun n’a encore été mis au point avec un pays de l’Asie.

Cette réalité donne à réfléchir et se veut un rappel constant que cette région ne peut pas être tenue pour acquise. Nous devons demeurer vigilants.

C’est pourquoi nous avons fait de nos relations avec l’Asie une grande priorité de la politique étrangère.

Le premier ministre et ses ministres ont effectué 77 visites en Asie-Pacifique au cours des trois dernières années seulement. L’année dernière, notre gouverneur général a visité pour la première fois le Vietnam, la Malaisie et Singapour.

Sous la direction de mon estimé collègue, le ministre du Commerce international, Ed Fast, le Canada s’efforce de conclure des ententes avec l’Inde, le Japon, la Corée du Sud, Singapour et peut-être aussi avec la Thaïlande.

Nous nous sommes joints aux négociations sur le Partenariat transpacifique avec 10 pays de la région de l’Asie-Pacifique.

Ce partenariat stratégique permettra d’ouvrir de nouveaux marchés et de créer de nouvelles occasions commerciales, favorisant ainsi la création d’emplois, la croissance et la prospérité à long terme pour tous les Canadiens.

Il aura pour effet d’accroître le commerce dans la région de l’Asie-Pacifique et d’offrir de meilleures possibilités économiques aux entreprises canadiennes. J’ai confiance que le Partenariat transpacifique mettra la barre haute, à un niveau que le Cycle de Doha n’a jamais su atteindre.

En outre, nous examinons de près les moyens de renforcer les liens entre le Canada et l’Alliance du Pacifique, un nouveau regroupement de partenaires de l’hémisphère occidental orientés vers les marchés étrangers qui comprend le Chili, le Mexique, le Pérou et la Colombie.

Le premier ministre Harper met l’accent sur ces pays, qui ont des économies ouvertes et avec qui le Canada a déjà conclu des accords de libre-échange. Ces pays sont également déterminés à libéraliser davantage les échanges commerciaux qu’ils font entre eux et à utiliser leur marché collectif comme plateforme afin d’intensifier leurs relations politiques et économiques dans la région de l’Asie-Pacifique.

Grâce à sa détermination, son leadership et son engagement envers la Chine, le premier ministre Harper a signé avec le président de la Chine Hu Jintao, plus tôt ce mois-ci, un Accord de promotion et de protection de l’investissement étranger qui sous-tendra notre important partenariat économique.

La même semaine, j’ai rendu visite à mes homologues de l’Inde pour constater l’énorme potentiel économique que présente le marché indien et pour affirmer notre détermination à conclure des négociations commerciales avec le pays. Nous nous efforçons de conclure des négociations sur un accord de libre-échange avec la Corée du Sud, et nous redoublons d’efforts afin de nouer un partenariat économique global avec le Japon.

Ce week-end-ci, j’ai accueilli mon homologue sud-coréen, afin de hâter la conclusion des négociations. Notre gouvernement cherche à conclure un accord ambitieux avec cette puissance économique, qui créera des emplois et favorisera la croissance et la prospérité tant au Canada qu’en Corée.

Bien que certains aient suggéré que le Canada devrait envisager d’amorcer de nouvelles discussions commerciales de toutes sortes, notre gouvernement est déterminé à conclure les accords qui font déjà l’objet de négociations.

C’était la première chose dont je voulais vous parler — notre engagement à établir un programme commercial ambitieux avec l’Asie-Pacifique.

Le deuxième élément porte sur la sécurité régionale et la gouvernance.

Nous savons tous que la région de l’Asie-Pacifique est essentielle à la création de débouchés économiques élargis pour les Canadiens. Nous savons aussi qu’il est plus facile de créer de tels débouchés sur des marchés stables et sécuritaires situés dans des régions où il n’y a pas de conflit. La sécurité et la prospérité vont de pair.

Le Canada a un rôle à jouer pour aider ses partenaires de la région à établir un plan afin de renforcer leur gouvernance. Nous contribuons de manière importante à favoriser la paix et la sécurité dans la région.

Nous participons activement au Groupe de travail de la Coopération économique Asie-Pacifique sur la lutte contre le terrorisme. En outre, plus tôt cette année, le Canada a coprésidé la réunion du Forum régional de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est [ANASE] sur la lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale.

Nous avons mis au point un mécanisme de consultations régulières avec la Chine et l’Inde sur la lutte contre le terrorisme afin d’intensifier notre coopération dans ce domaine. Nous aidons des États à prévenir le terrorisme et à y répondre, en offrant de la formation et du matériel ainsi qu’une assistance technique et juridique.

L’année dernière, le premier ministre Harper a annoncé, lors de sa visite à Bangkok, une importante contribution pour lutter contre la traite des personnes en Thaïlande et en Asie du Sud-Est.

Cette contribution prévoit du financement pour la fourniture d’équipement de communication et de navigation et la prestation d’une formation spécialisée à l’intention de la police royale thaïlandaise.

Ces mesures contribueront à renforcer les capacités de la Thaïlande et à combattre la criminalité avant qu’elle n’atteigne nos rivages.

Par l’entremise de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, le Canada appuie la création d’unités du renseignement en Indonésie, au Cambodge et en Thaïlande, lesquelles s’attaqueront aux activités de contrebande par voie maritime en Asie du Sud-Est.

Par l’intermédiaire de l’Agence canadienne de développement international, nous travaillons en amont à prévenir les chocs, notamment les crises financières, les catastrophes naturelles et les catastrophes humanitaires. Il est bien moins coûteux de procéder de cette façon que de réagir après coup.

C’est pourquoi, aux Philippines, le Canada contribue à la création d’un système d’alerte précoce axé sur les personnes, qui permettra d’accroître la capacité locale de réduire le risque et de renforcer la résilience de la collectivité face aux effets des catastrophes naturelles.

Au Vietnam, nous participons à l’amélioration des mesures nationales de prévention et d’atténuation des catastrophes et des interventions menées au pays à cet égard.

Et nous contribuons aux efforts déployés par la Banque asiatique de développement pour protéger les pays en développement contre les pires effets de la crise économique mondiale.

Évidemment, le Canada continuera à répondre aux appels à l’aide qui lui seront lancés, comme ce fut le cas au lendemain du séisme au Japon, où nous avons fourni de l’aide pour répondre à l’urgence nucléaire.

Nous demeurons préoccupés par une menace nucléaire bien plus grave : le terrorisme nucléaire. Le terrorisme nucléaire constitue un enjeu important en matière de sécurité internationale. Nous avons donc investi dans des projets de sécurité nucléaire et radiologique dans la région. Et nous collaborons avec les États-Unis dans le cadre d’un projet au Vietnam visant à convertir un réacteur de recherche afin qu’il puisse fonctionner avec des matières nucléaires à usage non militaire. Nous contribuons aussi à assurer la sécurité de ces matières.

Nous effectuons des investissements sans précédent dans la région, et nous interviendrons auprès de nos homologues par rapport à un éventail grandissant d’enjeux régionaux et mondiaux, car nous sommes là, sur place.

Nos diplomates travaillent en ce sens.

Je travaille en ce sens.

Nous forgeons de nouvelles relations dans le but de contribuer davantage à l’architecture de gouvernance de plus en plus importante que l’on observe dans la région.

Afin d’être un joueur efficace au sein de différentes institutions internationales, nous devons resserrer nos liens avec nos partenaires de l’Asie-Pacifique. Pour ce faire, nous devons bien comprendre les questions touchant la région. Nous devons saisir toutes les occasions qui nous seront offertes de protéger et de promouvoir nos intérêts et nos valeurs.

Nous sommes engagés dans la région à long terme et manifestons très concrètement notre intérêt à cet égard.

Nous ne pouvons nous permettre d’être des spectateurs. Nous savons que nous devons contribuer à façonner l’avenir de l’Asie et nous connaissons le rôle que peut y jouer le Canada.

Je suis aussi heureux de confirmer que le Canada a officiellement demandé son adhésion à la réunion élargie des ministres de la Défense de l’ANASE, afin d’approfondir ses partenariats dans la région dans les domaines de la paix et de la sécurité. Ce groupe pourrait devenir le principal forum régional sur la sécurité. Notre adhésion nous permettrait de participer activement au maintien de la stabilité et de l’ordre.

Voilà qui poursuit dans la foulée de notre récente décision de faire passer au niveau ministériel notre participation au Dialogue de Shangri-La et d’accroître notre participation régulière à l’exercice Rim of the Pacific. Le gouvernement attache une très grande importance au renforcement de la coopération entre les forces armées des partenaires et à l’amélioration de l’état de préparation militaire.

Encore une fois, la stabilité et la sécurité sont essentielles à la prospérité de la région et à la prospérité du Canada.

Cela termine ce que j’avais à vous dire au sujet de la sécurité régionale et de la gouvernance.

Le troisième élément porte sur la concrétisation de nos engagements.

Bien que nous ayons réalisé des progrès considérables au cours des dernières années pour élargir et intensifier nos relations avec nos partenaires de l’Asie-Pacifique, nous avons maintenant l’obligation de donner suite à notre engagement, de lui donner un sens. Autrement dit, nous devons le concrétiser.

Notre gouvernement est conscient du fait que le commerce ne peut assurer à lui seul la prospérité à long terme de la population canadienne.

En fait, si le commerce est notre unique priorité, nous risquons d’affaiblir notre capacité à livrer concurrence dans la région.

Nous savons parfaitement que, pour réussir dans la région de l’Asie-Pacifique, le Canada doit être vu comme un joueur plus important — et passer à l’action.

Je suis conscient qu’il fut un temps où l’on estimait que le Canada n’était pas suffisamment sérieux dans ses intentions de nouer des liens à long terme avec cette région.

Je peux vous dire que les choses ont changé et radicalement.

C’est d’ailleurs dans la région que j’ai effectué ma première visite bilatérale importante à titre de ministre des Affaires étrangères. Depuis, j’y suis retourné à cinq reprises et je compte y retourner fréquemment. Il s’agit là bien plus que de visites symboliques. Nous savons qu’un engagement de haut niveau avec la région s’impose.

Nous avons signé des ententes bilatérales et stratégiques avec le Japon, les Philippines, l’Indonésie et la Corée du Sud, faisant passer ces relations à un niveau supérieur, sous-ministériel ou ministériel, comme c’est le cas avec l’Inde.

Lors de ma visite auprès du ministre Krishna en Inde, plus tôt ce mois-ci, nous avons convenu, en principe, de nous rencontrer au niveau ministériel tous les ans, alternant entre l’Inde et le Canada. Cette décision met en relief les relations importantes que nous avons forgées avec un pays avec lequel nous avons beaucoup en commun, notamment nos démocraties parlementaires, nos relations au sein du Commonwealth et un engagement profond et soutenu à l’égard du pluralisme.

Le Canada sait que ses actions ont plus de poids lorsqu’elles sont menées en collaboration avec des alliés de premier plan qui partagent ses valeurs et ses intérêts.

C’est pourquoi établir un partenariat avec les États-Unis pour certains de nos projets en Asie représente une valeur inestimable. Les États-Unis demeurent notre marché principal, et nous demeurons le leur. En collaborant, nous pourrons obtenir des résultats tangibles dans la région.

Je suis donc ravi d’annoncer que la semaine dernière, nos deux gouvernements ont convenu d’amorcer un dialogue stratégique officiel sur l’Asie entre hauts fonctionnaires. Cela va de soi. En ayant une meilleure connaissance de nos priorités respectives dans la région de l’Asie-Pacifique, nous serons plus en mesure de faire avancer nos propres intérêts.

Ce type d’engagement auprès de notre plus important allié viendra compléter et appuyer les discussions du premier ministre Harper avec le président des États-Unis et mes propres discussions avec Hillary Clinton, qui est devenue une amie. Pour réussir dans la région, il nous faut renforcer considérablement la coopération avec l’ANASE dans son ensemble et avec chacun de ses membres.

Jeudi, j’ai rencontré le secrétaire général de l’ANASE, M. Surin Pitsuwan. Pour la première fois, notre ambassade à Jakarta travaille avec le secrétariat de l’ANASE pour définir des projets à l’échelle de l’Association.

Cette collaboration s’inscrit dans la foulée d’un fonds de 10 millions de dollars qui a été attribué à l’ANASE et dont j’ai fait l’annonce plus tôt cet été au Cambodge. Ce fonds permettra de donner suite à la priorité absolue de l’ANASE : faire avancer son programme de connectivité.

Il s’agit là d’un exemple concret de notre engagement à améliorer nos liens avec l’Asie.

Certains ont suggéré que notre engagement dans la région de l’Asie-Pacifique était miné par les efforts que déploie notre gouvernement pour réduire le déficit au pays.

En fait, à l’heure actuelle, nous avons plus de personnel diplomatique en place en Asie que partout ailleurs dans le monde.

Notre gouvernement a plus que doublé le nombre des bureaux du Canada en Chine et en Inde. La proportion des ressources destinées à appuyer nos engagements en Asie-Pacifique est plus importante que jamais. Au cours des mois à venir, nous continuerons de faire le point sur nos relations prioritaires dans la région et nous axerons nos efforts sur les activités qui serviront le mieux les intérêts des Canadiens qui s’y trouvent.

Nous ouvrirons des bureaux commerciaux et des missions diplomatiques en tenant compte de nos besoins actuels et ceux des années à venir.

Notre gouvernement est aussi déterminé à renforcer ses relations avec le milieu des affaires et les établissements d’enseignement. J’ai signalé à mes fonctionnaires que je souhaitais établir une collaboration plus étroite entre les universités du Canada et de l’Asie.

Et je peux vous assurer que notre engagement renouvelé ne représente pas simplement un nouveau chapitre des relations entre le Canada et l’Asie; il s’agit plutôt d’un nouveau livre.

C’était la troisième chose dont je voulais vous parler — mettre nos engagements à exécution.

Le quatrième et dernier volet de notre engagement vise la promotion des valeurs canadiennes et les retombées économiques qu’elles génèrent.

Au moment où nous cherchons de nouvelles possibilités pour favoriser la création d’emploi, la croissance économique et la prospérité à long terme, nous admettons que la mise en œuvre d’une politique étrangère active peut se révéler un véritable tour de force.

D’une part, en cette période d’incertitude économique mondiale dans laquelle nous évoluons, nous devons envisager nos actions sous l’angle de l’économie.

D’autre part, mon travail consiste à promouvoir les valeurs canadiennes : la liberté, la démocratie, les droits de la personne et la primauté du droit. Et comme vous pouvez l’imaginer, cela peut représenter un défi dans plusieurs régions du monde.

C’est une question d’équilibre. Mais lorsque nous faisons bien les choses, les résultats sont absolument remarquables.

Prenons l’exemple de la Birmanie. Les Birmans sont engagés dans une lutte pour revendiquer leurs droits individuels, exprimer leurs points de vue, faire connaître leurs préoccupations et avoir leur mot à dire quant à la façon dont ils sont gouvernés.

Ils veulent avoir la chance de profiter des avantages que procurent les sociétés ouvertes de ce siècle de même que des retombées découlant des immenses richesses naturelles de leur pays.

Ils veulent ce que nous voulons tous : l’espoir, la possibilité et la dignité de vivre en toute liberté. Il s’agit là des fondements mêmes de la stabilité et de la prospérité de toute société.

Et le Canada est prêt à les aider.

Je ne peux croire qu’il y a un an seulement, je rencontrais pour la première fois mon homologue birman et lui demandais que son gouvernement donne suite à sa volonté de réforme par des mesures concrètes.

Lorsque nous nous sommes rencontrés en cette journée de juillet, le Canada imposait toujours les sanctions les plus rigoureuses du monde contre le régime birman.

J’ai été encouragé par le geste des autorités birmanes qui, quelques mois plus tard, libéraient un certain nombre de prisonniers politiques. Il s’agissait d’un signe prometteur, mais nous les avons enjointes à faire davantage.

Ensuite, les autorités birmanes ont permis à l’une des plus grandes championnes du changement en Birmanie, Aung San Suu Kyi, de se présenter à une élection partielle, la libérant ainsi après une détention d’une vingtaine d’années.

Ce geste aussi était un signe encourageant, mais nous sommes demeurés d’un optimisme prudent. Nous attendions de voir si le scrutin se déroulerait sans violence ni intimidation.

Peu avant le jour du scrutin, j’ai effectué une visite en Birmanie et j’ai exhorté les autorités birmanes à garantir la tenue d’élections libres et justes.

J’ai aussi promis l’expertise juridique du Canada en matière de réforme démocratique et de loi constitutionnelle, et je me suis engagé à aider à bâtir un avenir meilleur pour le peuple birman.

Lorsque les élections ont été jugées libres et justes dans l’ensemble, lorsque Aung San Suu Kyi et des membres de son parti ont obtenu des sièges, et qu’elle a été assermentée au Parlement à titre de chef de l’opposition, nous avons été ravis de souligner officiellement la volonté de la Birmanie d’emboîter le pas à la démocratie en levant les sanctions imposées.

Nous sommes tout à fait conscients que ces mesures restent modestes. La Birmanie a une longue route à parcourir vers la démocratisation, mais nous sommes prêts à l’aider sur cette voie.

J’ai annoncé plus tôt cette année notre intention d’ouvrir une ambassade en Birmanie. Le Canada est prêt à aider le gouvernement birman de quelque manière que ce soit à aller de l’avant en s’appuyant sur les fondements démocratiques ainsi que sur les droits et les libertés de ses citoyens, y compris la liberté de religion.

De plus, un délégué commercial offrant tous les services travaillera à l’ambassade, car nous sommes convaincus que les entreprises canadiennes auront un important rôle à y jouer.

Mais il faut éviter que règne la loi de la jungle. On doit agir en toute connaissance de cause, en gardant à l’esprit le passé du pays. Les entreprises canadiennes doivent faire preuve de vigilance et s’assurer qu’elles ne font des affaires qu’avec des parties dignes de confiance, qui ont agi et continueront d’agir avec intégrité.

L’exemple de la Birmanie montre que les valeurs canadiennes et les intérêts canadiens sont étroitement liés.

L’approche du Canada fondée sur des principes a favorisé l’adoption de réformes, ce qui en retour a créé de nouveaux débouchés pour les entreprises canadiennes et la société civile.

Notre engagement à soutenir la Birmanie et ses citoyens dans leur développement démocratique a aussi permis de signaler à nos partenaires de l’Asie-Pacifique que le Canada met en œuvre une approche globale et constructive dans la région.

Nous avons démontré que nous agirons rapidement et de manière résolue pour renforcer nos relations et mettre à contribution des ressources concrètes, s’il y a lieu.

Nous avons montré que nous travaillerons en étroite collaboration avec le secteur privé du Canada pour élargir notre engagement et faire en sorte que le renforcement des relations soit fondé sur les intérêts de toutes les parties.

Il est dans l’intérêt de notre pays d’aider ces gens qui veulent bâtir une société libre, donner une voix aux citoyens qui n’en ont pas et permettre à chaque personne de vivre dans la paix et la sécurité.

L’essentiel, c’est que les débouchés économiques — les nôtres ou ceux d’autres pays — reposent sur des sociétés libres, transparentes et ouvertes.

La politique étrangère du Canada continuera d’appuyer le développement de ces sociétés dans la région de l’Asie-Pacifique et ailleurs. Il y va de notre intérêt commun d’assurer la réussite des efforts de développement.

Au cours de la dernière année, j’ai appris combien les relations personnelles sont importantes pour assurer une diplomatie efficace, et peut-être davantage en Asie qu’ailleurs.

De retour de ma première visite en Asie-Pacifique, j’ai parlé à M. John Manley et lui ai demandé conseil. Il m’a dit : « Retournes-y et retournes-y souvent. »

Vous savez quoi?

C’est ce que j’ai fait.

Et ce que je ferai.

Et ce que feront mes collègues du Cabinet.

On ne parle pas ici d’amasser des points pour grands voyageurs. Il s’agit de reconnaître que les intérêts économiques sont liés à plusieurs autres facteurs qui sont, à maints égards, plus importants qu’une simple opération commerciale.

Si nous voulons disposer d’un engagement à long terme, nous devons nous investir personnellement.

Voilà pourquoi j’ai travaillé directement avec le ministre chinois des Affaires étrangères Yang, en vue de conclure un accord sur la coopération nucléaire.

C’est aussi pourquoi l’an dernier, alors que la Birmanie connaissait une vague de changements, j’ai demandé conseil au ministre des Affaires étrangères de l’Indonésie Marty Natalegawa, un homme qui possède une profonde connaissance de ce pays et de la région.

C’est la raison pour laquelle j’ai tenu des rencontres au niveau des dirigeants en Chine, au Cambodge et aux Philippines : pour indiquer que le Canada était sérieux dans son engagement à long terme.

Nous avons semé les graines de notre prospérité future. Et tout comme le bambou chinois requiert des années de soins avant de jaillir du sol, les graines que nous avons semées dans la région de l’Asie-Pacifique ne germeront que si nous continuons à leur donner l’attention nécessaire.

Notre prospérité économique en est tributaire.

Notre sécurité nationale l’exige.

Notre cause commune le commande.

Soyez assurés que notre gouvernement participera aux efforts à cet égard et à d’autres.

Je vous remercie.

Le texte du discours en chinois : 贝尔德部长对加拿大首席执行官协会的演讲