Discours du ministre Baird à la Chambre de commerce indo-canadienne

Le 8 juin 2013 - Toronto (Ontario)

Sous réserve de modifications

Je suis ravi d’être parmi vous ce soir.

Je me réjouis également que notre haut‑commissaire en Inde, M. Stewart Beck, ait pu se joindre à nous. Stewart réalise un travail tout à fait remarquable pour promouvoir les intérêts du Canada en Inde. Il entretient des liens étroits avec mon cabinet et nous lui sommes reconnaissants du rôle de premier plan qu’il joue en Asie méridionale.

Je suis également heureux que mon secrétaire parlementaire, M. Deepak Obhrai, ait pu lui aussi se joindre à moi.

Vous le savez peut-être, Deepak a été le premier choix du premier ministre pour occuper le poste de secrétaire parlementaire. Et moi, je suis le cinquième ministre des Affaires étrangères nommé par le premier ministre. Vous pouvez deviner sans difficulté lequel de nous deux compte vraiment!

Mais soyons sérieux : Deepak joue un rôle crucial dans l’approfondissement des liens d’amitié entre le Canada et l’Inde.

Or, cette amitié se fonde sur un attachement commun à la démocratie, au pluralisme, au fédéralisme et au respect des droits de la personne.

C’est aussi une amitié qu’un million de Canadiens d’origine indienne contribuent à renforcer.

Et c’est cette même amitié qui s’est épanouie, de façon non négligeable, en raison des efforts du Centre communautaire indo-canadien pour jeter des ponts entre les entreprises de nos deux pays.

Toutefois, nous n’avons pas encore réalisé tout le potentiel de cette amitié entre l’Inde et le Canada. Tous les ingrédients sont réunis pour en faire l’un des partenariats les plus fructueux à l’avantage des deux pays.

Aujourd’hui, j’aimerais parler de ce que notre gouvernement fait pour approfondir ces relations, des domaines dans lesquels elles pourraient s’épanouir davantage, et des promesses que recèlent pour notre avenir collectif les liens historiques qui unissent nos deux pays.

Voyons d’abord ce que notre gouvernement a fait, et continue de faire, pour accroître les échanges commerciaux entre le Canada et l’Inde.

Comme vous le savez, la toute première priorité de notre gouvernement est de concentrer nos efforts sur l’emploi, la croissance et la prospérité économique.

Notre plan d’action ambitieux pour le commerce vise à ouvrir de nouveaux marchés et à créer des débouchés pour les entreprises canadiennes. Toutefois, pour vraiment ouvrir de nouveaux marchés, nous devons établir des liens plus étroits avec l’Inde.

Le Canada et l’Inde ont tant à offrir au reste du monde.

Nous avons aussi tant à nous offrir mutuellement.

Et si la dernière année est garante de l’avenir, celui‑ci s’avère extrêmement prometteur.

Il y a six mois, le premier ministre [Stephen] Harper a effectué une deuxième visite en Inde. Pour dire combien l’Inde est importante pour le Canada, le premier ministre a passé plus de temps dans ce pays que dans tout autre pays. En effet, il s’agissait de sa plus longue visite officielle depuis qu’il occupe le poste de premier ministre. C’est également la visite qui s’est avérée la plus fructueuse.

Il n’y a là rien d’étonnant. Nous avons ce dont l’Inde a besoin pour alimenter sa croissance rapide, que ce soit dans le domaine de l’énergie, de l’agriculture, de l’infrastructure ou de l’enseignement supérieur.

Sous la direction du premier ministre, nous commençons à réaliser des progrès dans ces domaines.

Qu’on pense à l’Accord de coopération nucléaire. Lorsque le premier ministre a annoncé que les deux pays étaient parvenus d’accord sur les ententes administratives, il a mis fin à près de 40 années de tiraillements dans le domaine nucléaire. D’abord et avant tout, cet accord a pour effet d’accroître le commerce nucléaire entre nos deux pays. À l’heure où le Canada fait de plus en plus figure de superpuissance énergétique, nous attachons beaucoup d’importance aux investissements indiens dans les secteurs des ressources naturelles et de l’énergie.

Au cours de cette même visite, les premiers ministres Harper et [Manmohan] Singh ont demandé à leurs hauts fonctionnaires de mettre au point un plan d’action destiné à réaliser trois objectifs : promouvoir la recherche, faciliter les échanges universitaires et sectoriels, accélérer la commercialisation de la technologie. J’y reviendrai un peu plus loin.

Ce plan d’action s’inscrira en complément d’un protocole d’entente qui établit des partenariats d’affaires dans le secteur de la technologie de l’information.

De même, les deux premiers ministres ont conclu l’Accord sur la sécurité sociale Canada‑Inde. De cette façon, ceux qui ont vécu ou travaillé dans l’un ou l’autre de nos pays pourront recevoir les prestations auxquelles ils ont droit.

Et ce n’est pas tout : le premier ministre a annoncé que notre bureau commercial à Bangalore deviendra un consulat. Grâce à la présence de huit bureaux en Inde, le réseau commercial du Canada dans ce pays est le troisième en importance dans le monde. Il s’agit aussi du deuxième réseau en importance d’un pays étranger en Inde.

Et je n’ai même pas encore  parlé des contrats d’une valeur de 2,5 milliards de dollars conclus l’an dernier entre des entreprises canadiennes et indiennes.

Ces contrats créeront encore plus de débouchés pour nos exportateurs.

Ils favoriseront la croissance économique…

Ils créeront des emplois dans nos deux pays...

Mesdames et messieurs, nul doute que l’avenir s’annonce prometteur.

Mais comme je l’ai dit au début, il est encore possible d’approfondir les relations quoi nous unissent : nous pouvons accroître les échanges commerciaux encore davantage, élargir notre collaboration dans le domaine de la sécurité et positionner le Canada de façon à devenir un leader mondial dans le domaine de l’éducation internationale.

Les premiers ministres Harper et Singh ont donné pour mission à leurs hauts fonctionnaires de tripler la valeur des échanges bilatéraux entre l’Inde et le Canada d’ici 2015 afin qu’elle atteigne 15 milliards de dollars. Jusqu’à présent, nos efforts portent fruit. Le nombre d’entreprises canadiennes présentes en Inde a fait un bond, passant de 250 à plus de 600. Même si la valeur de nos échanges commerciaux se situe actuellement à 5,2 milliards de dollars, nous ne pouvons nous reposer sur nos lauriers, et nous n’avons aucune intention de le faire.

Deux accords permettant à nos relations commerciales de franchir un nouveau cap sont en voie d’élaboration.

Nous négocions actuellement un Accord de partenariat économique global (APEG). Nous nous attendons à ce que ces pourparlers s’accélèrent et prévoyons de conclure un accord de grande qualité d’ici la fin de cette année. L’APEG pourra engendrer des revenus supplémentaires d’au moins 6 milliards de dollars pour chacune de nos économies.

En effet, pour favoriser l’épanouissement de nos échanges bilatéraux, il importe de conclure un accord commercial. C’est pourquoi nous nous réjouissons à la perspective de conclure l’Accord sur la promotion et la protection des investissements étrangers, qui facilitera les activités des entreprises canadiennes présentes en Inde et leur assurera un climat plus prévisible. Cet accord permettra à nos relations commerciales de se développer pleinement, et il s’avérera bénéfique pour les entreprises, les travailleurs et les familles de nos deux pays.

Tout en poursuivant la négociation de ces accords économiques, nous sommes éminemment conscients que, sans un environnement régional et international plus sûr, nous ne pourrons réaliser tout notre potentiel économique.

Or, même si nos relations de défense avec l’Inde ont été modestes dans le passé, nous nous employons actuellement à intensifier la coopération dans ce domaine.

Cela veut dire que nous devons collaborer plus efficacement à relever les défis que pose la sécurité régionale. Ces défis englobent, par exemple, la gouvernance et la lutte contre le terrorisme en Afghanistan ou la préparation en cas d’urgence et les efforts pour mettre fin aux guerres civiles en Birmanie. Ce sont des problèmes qui menacent la stabilité dont ont besoin nos entreprises et la société civile pour contribuer pleinement à nos sociétés.

Le temps ne s’est pas arrêté dans les années 1980. Nous sympathisons toujours avec les victimes du terrorisme en Inde, mais nous en connaissons aussi l’origine, c’est-à-dire l’action de ceux qui s’accrochent à une paranoïa qui appartient au passé. L’avenir de l’Inde est tributaire de notre prospérité commune, que nous pourrons réaliser dans un climat de paix et de liberté.

Au moment où l’Iran se donne peu à peu les moyens de se doter d’un arsenal nucléaire, le Canada et l’Inde collaboreront afin de lutter contre la prolifération des armes nucléaires.

En fait, l’Iran pourrait certainement tirer certains enseignements des relations qu’entretiennent nos deux pays. L’Accord de coopération nucléaire garantit l’utilisation civile et pacifique des matières, du matériel et de la technologie nucléaires en provenance du Canada. Nous sommes toujours prêts à collaborer avec des pays pacifiques et attachés à la liberté.

Outre toutes les possibilités qu’offre l’investissement dans le secteur énergétique, nous croyons que le secteur de l’éducation offre d’immenses possibilités.

L’année dernière, plus de 30 000 étudiants indiens étaient inscrits dans des établissements d’enseignement canadiens. L’Inde est d’ailleurs la deuxième source d’étudiants étrangers au Canada. Et si ce nombre continue d’augmenter, c’est en raison du système d’éducation de premier ordre du Canada et parce que celui‑ci comprend des communautés multiculturelles sûres.

Mais ce n’est pas tout : pour tirer pleinement parti de son potentiel de connaissances, l’Inde a besoin d’instruire 550 millions de citoyens de moins de 25 ans.

C’est là un redoutable défi à relever.

Pour atteindre ce but, l’Inde a besoin de 800 universités et 45 000 collèges de plus. Elle ne pourra pas y arriver seule. Elle aura besoin de l’aide des universités et des collèges canadiens, qui comptent parmi les meilleurs au monde.

Divers établissements d’enseignement canadiens et l’Association des collèges communautaires du Canada s’emploient à transmettre à un million de jeunes Indiens qui entrent sur le marché du travail tous les mois les compétences dont ils ont besoin.

Cette jeune génération — le « dividende » démographique qui pourrait facilement se transformer en désastre démographique — est celle qui métamorphosera l’Inde. Or le Canada souhaite, quant à lui, devenir le chef de file mondial de l’éducation internationale au XXIe siècle. Nous jouerons un rôle en aidant la prochaine génération d’Indiens à accéder à la prospérité, à participer à l’évolution de l’Inde jusqu’à ce qu’elle devienne une grande puissance économique.

C’est d’ailleurs pourquoi nous avons signé un protocole d’entente visant à promouvoir les échanges d’étudiants et de professeurs et à jeter des ponts entre les futurs leaders de nos deux pays.

Il va sans dire que l’approfondissement de cette coopération n’aurait pas été possible sans la contribution de la communauté canado-indienne. Vous jouez des rôles de premier plan dans votre profession , que vous soyez médecin, infirmière, enseignant, avocat, chef d’entreprise ou fonctionnaire. Vous avez su allier la réussite et la fierté d’être Canadien.

Les fils et les filles de l’Inde contribuent à tous les aspects de la culture et de la société canadiennes.

Et je ne parle même pas ici de Deepak! Je songe plutôt à Russell Peters, à Deepa Mehta, à Manny Malhotra et à d’autres comme eux.

Beaucoup d’entre vous sont le symbole même de la contribution qu’apportent au Canada les Canadiens d’origine indienne, qui rendent le Canada plus fort et plus novateur, y compris en jouant un rôle de premier plan dans le renforcement de nos liens avec l’Inde.

Ces dernières années, nos deux pays se sont distingués par leur détermination commune. Face à un ralentissement économique qui avait son origine à l’extérieur de leurs frontières respectives, le Canada et l’Inde ont su maintenir le cap, alors que d’autres pays se sont enlisés.

Nos systèmes financiers ne se sont pas effondrés.

Notre prudence budgétaire a préservé la stabilité.

Notre attachement à la promotion du commerce international n’a jamais fléchi.

Aujourd’hui, nos deux pays sont déterminés à devenir des partenaires commerciaux encore plus solides. Il ne fait aucun doute que nos relations profitent à nos deux pays, à un point que nous n’aurions jamais imaginé dans le passé.

Et nous compterons sur vous pour nous aider à tirer parti de toutes les possibilités qu’offre cet approfondissement de notre amitié.

Je vous remercie.