Allocution du secrétaire parlementaire Obhrai à l’occasion du Forum mondial de lutte contre le terrorisme

Le 27 septembre 2013 – New York

Sous réserve de modifications

Au nom du ministre des Affaires étrangères du Canada, l’honorable John Baird, je tiens à remercier les États-Unis et la Turquie de continuer à diriger les efforts du Forum.

J’aimerais saisir cette occasion pour adresser nos plus sincères condoléances aux citoyens du Kenya et du Pakistan ainsi qu’aux membres du Forum ayant perdu un proche lors des attaques du week‑end dernier dans un centre commercial de Nairobi et contre une église à Peshawar.

Le Canada condamne sans réserve ces actes de violence insensés. Il y avait deux Canadiens parmi les victimes à Nairobi, y compris une diplomate rattachée à notre haut-commissariat au Kenya.

De plus, le Canada croit fermement que l’attaque contre une église au Pakistan constitue un acte de violence lâche et cruel à l’encontre de pratiquants innocents. Nous estimons que toutes les communautés religieuses doivent pouvoir pratiquer leur foi librement et sans crainte, dans la paix et la sécurité.

Le Canada condamne aussi avec la plus grande fermeté les actes terroristes commis récemment au Jammu-et-Cachemire, et dans l’ensemble de la région au cours de la dernière décennie.

Il est évident que les zones de non-droit et les frontières contestées sont des sanctuaires pour les terroristes.

Le comportement des extrémistes radicaux, qui ne respectent aucune règle, et des États qui parrainent le terrorisme, considéré comme le prolongement de leurs politiques, ne répond à aucune définition de la légitimité internationale. Nous condamnons, avec la plus grande fermeté, la notion que le terrorisme puisse être apaisé et toléré à notre époque. Comme le ministre Baird l’a souvent déclaré, la lutte contre le terrorisme constitue le plus grand défi de notre génération. Il s’agit d’un combat acharné, qui met à l’épreuve notre volonté : en opposant la liberté à la peur, l’ordre constitutionnel et démocratique à l’ancienne tyrannie, laquelle prend de nouvelles formes à chaque génération.

Nous espérons que les responsables de ces attaques terroristes seront traduits en justice. Au moment où nous pleurons les disparus, ces actes nous rappellent que le terrorisme est un phénomène international. À moins de faire cause commune, nous sommes tous vulnérables aux menaces, dans nos pays et à l’étranger.

Depuis sa création, il y a deux ans, le Forum mondial de lutte contre le terrorisme a réussi à rallier l’ensemble de ses 30 membres afin de cerner les lacunes et de mobiliser les ressources visant à renforcer les capacités antiterroristes dans les zones les plus vulnérables de la planète.

L’élaboration de documents sur les bonnes pratiques nous a fourni des outils qui guideront la mise en œuvre de nos projets actuels et futurs.

À cet égard, le Canada salue l’adoption de trois nouvelles pratiques par le Forum, dont deux sur la lutte contre l’extrémisme violent, qui proposent une approche pratique de la lutte contre cette menace.

Nous convenons qu’il est essentiel d’aider les personnes touchées par des actes terroristes et nous accueillons avec satisfaction le Mémorandum de Madrid sur les bonnes pratiques de l’aide aux victimes du terrorisme immédiatement après l’attentat et durant les procédures criminelles.

Le Canada est sensible au sort des victimes du terrorisme, et il leur donne les moyens d’obtenir justice.

En 2012, le pays a adopté la Loi sur la justice pour les victimes d’actes de terrorisme, qui leur permet d’engager des poursuites contre les responsables d’actes terroristes et ceux qui les soutiennent.

Le Canada est très heureux de continuer, pendant deux autres années, à coprésider, avec l’Algérie, un groupe de travail sur le renforcement des capacités de la lutte antiterroriste dans la région du Sahel.

Je souhaite remercier tous les membres et les partenaires pour leur participation aux travaux de ce groupe de travail, en particulier ceux qui ont présidé ou organisé des rencontres, y compris : les États-Unis et le Niger, sur la sécurité frontalière; le Danemark et le Burkina Faso, sur la mobilisation au niveau des collectivités, afin de contrer la radicalisation; la Suisse, le Nigéria et le GIABA [Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest], sur la lutte contre le financement du terrorisme; l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime [ONUDC] et le programme de coopération régionale en matière pénale contre le terrorisme du Maroc.

Je pense que tous les participants conviendront que ces rencontres ont créé un réseau où notre collaboration contribue à solutionner d’importants problèmes auxquels est confronté le Sahel.

Le Canada réaffirme son attachement à l’approche coordonnée, et centrée sur l’action et les résultats, du Forum pour lutter contre le terrorisme. Depuis 2011, le Programme d’aide au renforcement des capacités antiterroristes du Canada a versé près de 38 millions de dollars pour renforcer les capacités antiterroristes dans le monde. Cela englobe de la formation à l’intention des responsables de l’application des lois ainsi que le renforcement de la sécurité aux frontières dans 10 pays. À cela s’ajoute le renforcement des régimes juridiques au Sahel, dans la Corne de l’Afrique et en Asie du Sud-Est ainsi que des projets dans les domaines de la justice pénale et de la primauté du droit.

Le Canada a aussi versé 24 millions de dollars pour l’exécution de programmes au profit du Sahel. De plus, le ministre Baird a annoncé récemment une nouvelle contribution de 1,2 million de dollars pour des initiatives visant à renforcer la sécurité aux frontières et les systèmes judiciaires dans la région. Les pays bénéficiaires comprennent le Burkina Faso, le Tchad, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal et la Tunisie.

Pour renforcer les systèmes judiciaires, le Canada financera un projet de l’ONUDC visant à mettre en place des cadres juridiques pour la lutte contre le terrorisme dans la région du Sahel, ce qui permettra, dans les faits, de traduire en justice les terroristes présumés.

Pour accroître la sécurité aux frontières, le Canada apportera son concours financier à l’Organisation de l’aviation civile internationale – qui, faut-il le souligner, a son siège à Montréal. L’objectif est de lui permettre de donner de la formation qui comblera certaines lacunes en ce qui concerne la délivrance et la vérification des documents de voyage, la gestion de l’identité ainsi que la sécurité frontalière.

Par ailleurs, une formation spécialisée se concentrera sur l’application de normes plus strictes pour les documents de voyage et la sécurité frontalière, de façon à lutter contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière dans la région.

Le Canada sera heureux de continuer à collaborer avec tous les membres du Forum et de faire en sorte que celui-ci entame la prochaine phase de ses efforts en restant centré sur l’action et ouvert à tous.

Dans cette optique, nous souhaitons que des pays non membres participent à tous les groupes de travail, notamment lorsque leur expérience s’avère pertinente et bénéfique pour le Forum.

La participation de non-membres permet de bénéficier d’un point de vue et de renseignements utiles par rapport aux menaces, aux lacunes et aux solutions recommandées.

Pour que notre coopération et le renforcement des capacités antiterroristes soient fructueux, la participation et un rôle d’initiative de tous les experts compétents, en particulier ceux des pays dans les régions confrontés quotidiennement aux enjeux du terrorisme, s’avèrent nécessaires.

Il convient d’apporter des solutions internationales aux problèmes internationaux, et le Canada se réjouit de continuer à coordonner ses efforts dans le cadre du Forum. Je sais que nous faisons preuve d’une volonté plus forte, et plus soutenue, que ceux qui nous cherchent du mal.

Je vous remercie.

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