Discours du ministre Baird à l’Assemblée générale de l’Organisation des États américains

Le 4 juin 2014 - Asunción, Paraguay

Sous réserve de modifications

Je suis heureux d’être ici avec vous aujourd’hui.

Il y a quelques années, je me souviens qu’une enquête de Gallup avait révélé que le Paraguay était le pays où les habitants se disaient les plus heureux. Depuis mon arrivée, je peux vous assurer que j’ai senti cette chaleur chez les gens. Espérons que cet entrain et cet optimisme déteindront sur nous aujourd’hui.

Il s’agit de ma première allocution devant les membres de l’Organisation des États américains [OEA]. Toutefois, c’est loin d’être la première fois que le Canada participe aux travaux de cette organisation. De fait, le Canada a participé à sa première assemblée générale de l’OEA il y a près de 25 ans, ici même à Asunción.

En 2007, peu après son élection, le premier ministre Stephen Harper a été très clair : les Amériques constituent l’une des priorités de la politique étrangère du Canada. Il l’a réaffirmé récemment. Et il est sérieux.

Depuis, nos échanges bilatéraux avec l’Amérique latine et les Caraïbes ont augmenté de plus du tiers. Nous avons investi près de 5 milliards de dollars en aide internationale au profit de la région, et j’ai annoncé plusieurs autres projets plus tôt aujourd’hui.

Ces deux dernières années seulement, plus de 80 délégations canadiennes de haut niveau s’y sont rendues. Et nous avons affecté certains de nos ambassadeurs les plus compétents ici

Si nous nous tournons vers l’avenir, selon moi, cet engagement ne peut que s’intensifier, et pas seulement dans les domaines de la politique et des affaires gouvernementales.

Dans le domaine du sport, c’est bien entendu avec fierté que Toronto sera l’hôte, l’année prochaine, des Jeux panaméricains et parapanaméricains. Ces jeux devraient attirer un quart de million de visiteurs de tout l’hémisphère, et j’espère que certains d’entre vous ici dans cette salle en feront partie.

Du côté des affaires, nous continuerons à offrir une expertise inégalée en ce qui concerne des industries extractives efficaces et durables.

Et au chapitre de l’éducation, le Canada est en mesure d’offrir de nombreuses possibilités, de nature spécialisée et mutuellement avantageuses, dans le domaine universitaire.

Alors, je crois qu’il est clair que les Amériques constituent une priorité pour nous.

Le Canada estime que l’OEA est l’institution multilatérale la plus importante au niveau hémisphérique; aussi, notre engagement au sein de l’Organisation est tout naturellement une priorité. C’est pourquoi nous continuons de lui apporter l’une des contributions les plus importantes.

Et tout juste le mois dernier, c’est avec un immense plaisir que j’ai accueilli le secrétaire général de l’OEA [José Miguel Insulza], à Ottawa pour des discussions extrêmement constructives.

Ici, à Asunción, nous aurons l’occasion de discuter de nombreuses questions pendant ces deux jours. C’est avec plaisir que j’ai déjà participé à un certain nombre de rencontres bilatérales constructives et chaleureuses.

Toutefois, pour moi, ce n’est pas seulement comme prétexte pour débattre entre nous des derniers enjeux bilatéraux que l’OEA s’avère le plus efficace. Elle excelle avant tout quand elle nous sert d’enceinte où nous pouvons ensemble promouvoir des questions régionales et des valeurs communes.

Les valeurs communes, c’est ce qui nous unit, tout autant que la géographie de notre hémisphère.

J’aimerais prendre quelques instants pour réfléchir sur ces valeurs.

La formule suivante les résume bien : « La démocratie pour la paix, la sécurité et le développement ».

Il est certes facile de prononcer ces mots.

Nous voulons tous la paix.

Nous voulons tous la sécurité.

Et nous voulons tous que nos pays — notre hémisphère — se développent sur les plans social et économique.

Mais comment la démocratie peut-elle contribuer à l’atteinte de cet objectif?

Les principes fondateurs de cette organisation expriment très clairement notre attachement commun à « l’exercice efficace de la démocratie représentative ». Et je pense que la plupart des États membres adhèrent volontiers à ce principe.

Dans une démocratie représentative, les citoyens doivent avoir leur mot à dire dans les processus décisionnels de leur pays. C’est seulement s’il est fort de la confiance de ses citoyens qu’un pays peut parvenir à un développement économique et social durable.

Mais pour obtenir et maintenir cette confiance dans une démocratie représentative, il faut un processus continu. Voilà un objectif à atteindre.

Elle devrait être vue comme un verbe — une action continue — et non un simple nom ou un simple titre.

Autrement dit : « la foi sans les œuvres est morte ».

Mes amis, la démocratie ne se résume pas à compter des bouts de papier dans une boîte. Certes, les élections sont le symbole de la démocratie, mais la démocratie ne se résume pas uniquement aux élections. La démocratie, c’est tellement plus que cela.

C’est la liberté.

La liberté d’expression, la liberté d’association, la liberté de réunion.

C’est voter en fonction de ses principes.

C’est une citoyenneté active.

Une société civile dynamique.

Un pouvoir judiciaire indépendant.

Des médias libres et indéfectibles.

La liberté d’expression sur Internet.

Une opposition politique efficace.

La tolérance à l’égard de la différence.

Les gouvernements démocratiques ont une responsabilité envers leurs citoyens.

La responsabilité d’assurer leur sécurité, de protéger leurs droits et de tenir compte de leurs préoccupations.

Bref, la démocratie est un cheminement et non une fin en soi.

Il n’y a pas une seule finalité.

Chaque démocratie présentera un profil particulier, compte tenu d’expériences distinctes et d’un cheminement différent.

Mais ce sont là les étapes que nous devons tous franchir si nous voulons parvenir à notre but.

Le grand défi mondial et régional de la dernière génération était la sécurité, en particulier la menace émanant de l’Union soviétique communiste.

Bien entendu, la sécurité nous préoccupe toujours, et les défis qu’elle pose prennent différentes formes. Nous l’avons constaté dernièrement en Europe de l’Est.

Le Canada est prêt à collaborer avec les États membres en vue de renforcer leur sécurité. Mais pour nous qui sommes membres de l’OEA, plusieurs des défis — et des occasions — se trouvent souvent autant à l’intérieur qu’à l’extérieur de nos frontières.

La démocratie a fait de grandes avancées à la fin du XXe siècle. Or, au début du XXIe siècle, les progrès de la démocratie dans le monde entier, et dans notre hémisphère, ont paru par moments plus incertains.

Dans certains endroits, les manifestations pacifiques et les préoccupations légitimes ont été réprimées d’une main de fer alors qu’il aurait fallu tendre la main.

Ailleurs encore, des constitutions ont été traitées comme des documents sans valeur et modifiées à la suite d’élections — au lieu d’être traitées comme des écrits renfermant des principes fondamentaux durables qui guideront les générations futures.

À d’autres endroits, on a présenté à tort le développement économique comme un exemple de développement démocratique.

Et la popularité éphémère a parfois remplacé les institutions permanentes en tant que symbole officiel de la démocratie.

Il n’y a pas de raison pour qu’il en soit ainsi dans les Amériques. Je crois que nous pouvons faire mieux que cela. En fait, j’en suis persuadé.

Comme je l’ai mentionné, nous, États membres de l’OEA, sommes liés par des valeurs communes. Nous défendons la liberté, la démocratie, les droits de la personne et la primauté du droit de manière intrinsèque.

Le Canada se réjouit à l’idée de continuer sur le chemin qui le guidera vers la concrétisation de ces principes.

Et il me tarde d’en discuter avec vous plus longuement au cours de la journée.

Je vous remercie.

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