Déclaration du Canada donnée par la ministre Aglukkaq à la huitième réunion des ministres du Conseil de l’Arctique

Le 15 mai 2013 - Kiruna, Suède

Sous réserve de modifications

Il est des plus à propos que nous nous réunissions dans la ville qui héberge le Parlement sami. Hier, j’ai eu le plaisir et l’honneur de visiter le Parlement.

Je suis enchantée de représenter le Canada, et particulièrement les Canadiens du Nord, ici à Kiruna.

L’Arctique revêt une grande importance pour les Canadiens. Cette région est un élément constituant de notre patrimoine et de notre identité nationale.

Avec près de 40 p. 100 de la masse terrestre du Canada et un littoral deux fois long comme les côtes de l’Atlantique et du Pacifique réunies, l’Arctique canadien est une région vaste et diversifiée.

Je suis fière de faire partie des quelque 110 000 personnes qui ont comme patrie cette région du monde d’une beauté inégalée.

Aujourd’hui, le Conseil de l’Arctique vient de boucler la boucle.

La signature de la Déclaration d’Ottawa, en 1996, a marqué le début de plus de 16 années de coopération au sein du Conseil sur des enjeux communs auxquels sont confrontés nos pays et leurs populations autochtones.

Le Conseil de l’Arctique a fait figure de pionnier en attribuant une place aux Autochtones — ce pour quoi le Canada avait milité sans relâche—, car il s’agissait d’une des premières fois où des gouvernements convenaient de siéger au sein d’une même organisation aux côtés d’organisations autochtones, et ce, sur une base permanente.

Le fait d’inclure des peuples autochtones dans la planification et la mise en œuvre de politiques, afin qu’elles soient bien adaptées à leur situation, a été et reste déterminant.

Le Canada est fier du rôle prépondérant qu’a exercé le Conseil de l’Arctique en s’attaquant à des enjeux d’importance pour la population du Nord.

Au moment de sa création, il y a 16 ans, le Conseil s’était donné deux objectifs principaux. Le premier était de promouvoir la protection de l’environnement, dans la foulée des travaux de la Stratégie de protection de l’environnement arctique qui visait à traiter les problèmes environnementaux touchant l’ensemble de la région.

Le deuxième objectif du Conseil de l’Arctique concernait le développement durable et ses liens avec les conditions économiques des peuples autochtones et des autres habitants de l’Arctique.

Je suis heureuse de dire que ces deux objectifs demeurent au cœur des travaux du Conseil.

Ce matin, par exemple, les ministres responsables de l’Arctique vont signer l’Accord sur la coopération en matière de préparation et d’intervention en cas de pollution marine par les hydrocarbures dans l’Arctique.

Un déversement d’hydrocarbures pourrait avoir de graves répercussions sur les moyens de subsistance des habitants du Nord. En agissant ensemble ici au Conseil, nous améliorons notre capacité collective de réagir aux catastrophes.

Au cours de ses 16 premières années d’existence, le Conseil a lancé de grands travaux scientifiques et influencé les orientations internationales sur des enjeux clés, comme la pollution par le mercure.

Sous la présidence de la Suède, des rapports très importants ont été rédigés, y compris sur la biodiversité et l’acidification des océans.

Ces travaux ouvrent de nouvelles perspectives au développement durable des collectivités du Nord. Les recommandations aideront les rédacteurs de politiques à prendre des décisions éclairées au sujet de la région circumpolaire.

Toutefois, je suis fermement convaincue qu’il est temps de veiller à ce que la science soit en prise directe avec les besoins des habitants du Nord et qu’elle leur apporte des bénéfices.

Nous devons nous assurer d’appliquer de manière concrète et pratique les résultats de ces travaux de recherche, pour aider à améliorer le bien-être et la prospérité des gens qui vivent dans l’Arctique.

À titre d’exemple, je sais combien il est important, pour les Inuits du Canada, que les études scientifiques et les processus décisionnels tiennent compte de l’« Inuit Qaujimajatuqangit », c’est-à-dire le savoir traditionnel.

Il nous faut allier le savoir des peuples qui habitent le Nord depuis des générations aux fruits de la recherche scientifique et de la technologie.

Au cours des huit derniers mois, depuis ma nomination comme présidente du Conseil de l’Arctique pour le Canada, j’ai tenu des consultations au pays et à l’étranger et j’y ai reçu un message non équivoque : le bien-être et la prospérité des peuples du Nord doivent figurer en tête des priorités du Canada au Conseil de l’Arctique.

Et j’estime que le Conseil doit veiller, par son action résolue, à l’atteinte de cet objectif. Notre travail doit répondre aux besoins des gens qui vivent dans le Nord. Nous devons également accroître la sensibilisation à l’importance des façons de vivre traditionnelles des peuples autochtones de l’Arctique. Nous pourrions ainsi aider à prévenir les mesures prises par d’autres pays qui menacent directement ou indirectement ces façons de vivre.

Aujourd’hui, l’Arctique fait l’objet d’une attention internationale sans précédent. Nous en avons la preuve évidente lorsque nous examinons la liste croissante des pays et des organisations de l’extérieur de la région circumpolaire qui demandent à obtenir le statut d’observateurs accrédités auprès du Conseil de l’Arctique.

Le Canada appuie la décision que les ministres du Conseil de l’Arctique ont prise par consensus aujourd’hui. Les observateurs apportent une contribution positive au travail du Conseil.

En outre, les observateurs ont la possibilité de mieux comprendre les répercussions de leurs politiques sur la vie des habitants du Nord.

Nous devons nous assurer que les travaux du Conseil demeureront axés sur des questions qui touchent directement les pays de l’Arctique et leurs citoyens.

Nous devons aussi faire en sorte que l’ajout de nombreux observateurs ne vienne d’aucune façon diminuer ou diluer le rôle et la voix des participants permanents du Conseil de l’Arctique.

C’est pourquoi je remercie la Suède d’avoir préparé le nouveau manuel de l’observateur du Conseil de l’Arctique. Définir clairement le rôle des observateurs est une étape très importante en vue d’obtenir une plus grande certitude et de préserver l’intégrité du Conseil du l’Arctique.

Au cours de mon existence, le Nord a subi des transformations profondes. Ce sont ces transformations qui m’ont poussée, il y a plusieurs années, à me porter candidate à des élections. Je voulais exercer une influence sur le cours du changement, pour garantir que les Inuits et les peuples du Nord en bénéficient directement. Ce même objectif me guide encore aujourd’hui.

Le temps est venu de nous rallier à l’Arctique et de comprendre les possibilités extraordinaires que la région peut offrir à nous tous.

Durant sa présidence, le Canada entend faire fond sur certaines réalisations de la Suède. Par exemple, la présidence suédoise a accordé une grande importance au développement durable, au fait de s’adapter au changement et à la mobilisation des entreprises. Le Canada a intégré ces éléments aux différentes initiatives qu’il propose.

Avec l’aide de nos partenaires du Conseil de l’Arctique, nous nous emploierons principalement à favoriser la croissance économique et à créer des collectivités nordiques durables.

Cela dit, il nous faut assurer un développement responsable et durable sur le plan de l’environnement pour que le sol, l’eau et la faune, dont bon nombre d’habitants du Nord sont encore tributaires, n’en subissent pas les contrecoups.

Je suis née et j’ai grandi dans l’Arctique. Plusieurs membres de ma famille et plusieurs de mes amis vivent actuellement dans le Nord. Aussi, je sais à quel point notre bien-être culturel, social et économique repose sur notre milieu sans égal.

Je suis convaincue qu’en travaillant avec nos partenaires du Conseil de l’Arctique, en continuant à relever ensemble nos défis communs et en prenant appui sur l’expérience et les connaissances acquises au cours des 16 dernières années, nous créerons dans la région circumpolaire des collectivités solides, en santé, durables et dynamiques.

Enfin, je félicite le ministre [des Affaires étrangères de la Suède, M. Carl] Bildt et toute son équipe pour une présidence fructueuse. Les deux dernières années ont été des plus productives et des plus efficaces, et nous vous sommes tous reconnaissants de vos efforts.

J’entrevois les deux prochaines années avec beaucoup d’optimisme.

Qujannamiik. Je vous remercie.