Discours de la ministre Aglukkaq au Collège du Yukon

Le 21 octobre 2013 - Whitehorse (Yukon)

Sous réserve de modifications

Bonjour à tous et à toutes.

Je suis ravie d’être avec vous aujourd’hui pour vous parler d’un sujet qui me tient beaucoup à cœur et qui revêt aussi une très grande importance pour notre gouvernement : l’Arctique canadien.

En tant que native du Nord canadien, lieu où j’ai grandi et que j’appelle encore fièrement mon « chez-moi », je suis heureuse de faire partie d’un gouvernement qui accorde tant d’importance au Nord et à l’affirmation de la souveraineté du Canada sur ce territoire, qui représente 40 p. 100 de la masse terrestre du pays.

Le Nord est un élément essentiel du patrimoine collectif du Canada et de son avenir. C’est pourquoi, en 2007, notre gouvernement a lancé la Stratégie pour le nord du Canada.

Cette Stratégie porte sur quatre domaines prioritaires :

  • promouvoir le développement social et économique;
  • protéger notre patrimoine naturel;
  • améliorer la gouvernance dans le Nord et y transférer des responsabilités;
  • exercer notre souveraineté dans l’Arctique.

Nous intervenons dans ces quatre domaines clés pour défendre les intérêts du Canada tant à l’intérieur de nos frontières que sur l’échiquier mondial. Les mesures que nous prenons se fondent sur nos droits et nos responsabilités à titre de nation arctique et de puissance arctique.

En août 2012, j’ai eu l’honneur d’être nommée par le premier ministre Stephen Harper au poste de ministre du Conseil de l’Arctique pour le Canada. Comme il est fait mention dans la vidéo que vous venez de voir, le Conseil est le principal forum de coopération internationale pour les questions qui touchent l’Arctique.

C’est un grand honneur de servir le Canada, peu importe à quel titre, mais il y a deux grandes raisons pour lesquelles ma nomination en tant que ministre du Conseil de l’Arctique revêt une importance capitale à mes yeux.

D’abord, c’est la première fois que le Canada nomme un ministre spécialement chargé du Conseil de l’Arctique. Cela témoigne de l’importance que le gouvernement attache au Nord, au Conseil et à notre mandat à la présidence pour les deux prochaines années.

Ensuite, le fait qu’une personne née et ayant grandi dans l’Arctique soit nommée à ce poste reflète l’importance accordée à l’expérience et au savoir particuliers que les gens du Nord peuvent mettre à contribution.

La présidence du Conseil de l’Arctique et la collaboration avec des partenaires internationaux permet au Canada de soutenir la façon dont nous exécutons la Stratégie pour le Nord et l’Énoncé de la politique étrangère pour l’Arctique de notre gouvernement.

Au fil des consultations que j’ai menées auprès des habitants du Nord depuis ma nomination, j’ai entendu un message clair : le bien-être et la prospérité des gens qui vivent dans le Nord doivent figurer en tête des priorités du Conseil de l’Arctique.

Le Nord a connu d’énormes transformations depuis que je suis née. Ce sont ces transformations qui m’ont incitée, il y a bien des années, à me porter candidate aux élections. Je voulais exercer une influence sur le cours du changement, afin de m’assurer que les Inuits et les habitants du Nord en bénéficient directement. La même inspiration me guide encore aujourd’hui, et c’est pourquoi la présidence du Canada sera axée sur les gens.

Au cours des deux prochaines années, le thème principal de notre présidence sera « Le développement au service de la population du Nord ». En bref, cela signifie que nous voulons donner la priorité aux intérêts des habitants de l’Arctique.

Avec l’aide de nos partenaires au Conseil de l’Arctique, nous nous emploierons avant tout à favoriser la croissance économique, l’épanouissement durable des collectivités nordiques et le maintien d’écosystèmes sains. Sous la présidence du Canada, le Conseil mettra l’accent sur trois thèmes secondaires qui orienteront son travail.

Le premier est « L’exploitation responsable des ressources dans l’Arctique ».

La mise en valeur des ressources naturelles est importante pour l’avenir économique de l’Arctique et la prospérité à long terme de ses populations.

Le Canada est déterminé à faire en sorte que les collectivités nordiques tirent profit de l’essor économique que connaît la région. Le développement doit toutefois se faire de façon responsable et viable sur le plan écologique, afin qu’il n’y ait pas de répercussions négatives sur les sols, l’eau et la faune, dont bon nombre d’habitants du Nord dépendent toujours.

Nous croyons que le Conseil a un rôle important à jouer pour assurer l’atteinte de cet objectif.

Le Canada travaillera avec ses partenaires au Conseil de l’Arctique pour que les milieux d’affaires aient davantage l’occasion de collaborer avec celui-ci, afin de mettre en commun les meilleures pratiques et les enseignements tirés dans la région circumpolaire.

Le deuxième thème secondaire est « La navigation sécuritaire dans l’Arctique ».

Le Canada poursuivra le travail du Conseil en ce qui concerne la prévention des déversements d’hydrocarbures dans l’Arctique. Cela est essentiel.

Un déversement d’hydrocarbures par l’un des nombreux navires qui sillonneront bientôt les voies navigables de l’Arctique, à mesure que s’allongera la saison de navigation, pourrait avoir de graves répercussions sur l’environnement et les modes de subsistance des populations du Nord.

Le Canada envisage d’élaborer des directives sur le tourisme dans l’Arctique, notamment à l’intention des croisiéristes. Ces efforts s’inscriront dans le prolongement du nouvel accord sur la recherche et sauvetage dans l’Arctique signé par tous les pays du Conseil de l’Arctique, au Groenland, en 2011.

Le troisième et dernier thème secondaire est « Des collectivités circumpolaires durables ».

En raison des changements climatiques, ma famille, mes amis et tous les habitants du Nord sont confrontés à de nouveaux défis.

Il est essentiel que le Conseil aide les populations à s’adapter à ces changements, y compris par la mise en commun des pratiques exemplaires. Nous devons aussi examiner ensemble le meilleur moyen de faire progresser le travail sur les agents de forçage climatique de courte durée, comme le noir de carbone. Ces polluants proviennent de centres industriels situés loin des collectivités nordiques, mais ils ont des répercussions non négligeables sur les conditions de vie dans le Nord.

Nous devons nous assurer que les travaux scientifiques et de recherche qui découlent de nos thèmes et nos initiatives sont directement liés aux besoins des habitants du Nord et qu’ils leur profiteront.

À titre d’exemple, je sais combien il est important, pour les Inuits du Canada, que la recherche scientifique et les processus décisionnels tiennent compte du quayimayatuqangit, c’est-à-dire le savoir traditionnel inuit.

Nous devons combiner le savoir des peuples qui vivent dans le Nord depuis des générations et les précieux enseignements qu’ils en ont tirés avec ce que nous avons appris grâce à nos recherches scientifiques et à la technologie.

C’est pourquoi, durant la présidence du Canada, le Conseil formulera des recommandations en vue de mieux intégrer les connaissances locales et traditionnelles à son travail.

À mesure que le Nord continuera de se développer, des défis et des possibilités se présenteront à nous : certains seront positifs, d’autres, peut-être pas.

Toutefois, pour que nos efforts à l’égard de l’avenir de l’Arctique soient couronnés de succès, nous devons jeter des ponts entre les connaissances traditionnelles des peuples qui y vivent et les nouvelles réalités du monde d’aujourd’hui.

Pour jeter ces ponts, nous comptons sur vous qui êtes ici aujourd’hui, vous qui êtes la prochaine génération de chercheurs de l’Arctique. Il est essentiel pour nous de mobiliser les jeunes à l’heure où la région circumpolaire se prépare pour l’avenir.

Je vais donc débuter avec vous si vous le voulez bien. J’aimerais connaître votre opinion au sujet du travail du Conseil de l’Arctique sous la présidence du Canada. Que pensez-vous des thèmes et des initiatives dont je viens de parler?

Je vous invite à venir au microphone pour nous faire part de vos idées et de vos commentaires — ne soyez pas timides!

Je vous remercie. Qujanamiik.