Discours de la ministre Aglukkaq à l’occasion d’Aurores boréales 2014

Le 29 janvier 2014 - Ottawa (Ontario)

Sous réserve de modifications

C’est un véritable plaisir pour moi d’assister à Aurores boréales 2014 et d’y retrouver tant de visages familiers et de gens venus du Nord. Je suis en outre ravie d’accueillir les délégations internationales du Groenland, de la Finlande, de la Russie et des États-Unis.

L’expo-conférence biennale Aurores boréales nous offre une extraordinaire occasion de mettre en valeur les attractions commerciales et culturelles du Nord. Chaque nouvelle édition d’Aurores boréales dépasse en qualité et en envergure la précédente. Comme le disent si bien les organisateurs :

« Aurores boréales vise à renforcer les partenariats entre les principaux intervenants du secteur commercial et des gouvernements au nord et au sud du Canada. C’est aussi l’endroit idéal pour apprendre à connaître les nombreuses possibilités qu’offrent nos régions nordiques prospères et dynamiques. »

Il se trouve que les objectifs de la conférence concordent en bonne partie avec ceux de la Stratégie pour le Nord du gouvernement du Canada et de notre présidence au Conseil de l’Arctique.

Notre gouvernement a lancé la Stratégie pour le Nord en 2007 parce qu’il voulait reconnaître formellement le rôle essentiel qu’a joué le Nord dans le passé et qu’il continuera de jouer à l’avenir. Cette stratégie porte sur la promotion du développement économique et social, la protection de notre patrimoine environnemental, l’amélioration et la délégation de la gouvernance dans le Nord, et l’exercice de notre souveraineté dans l’Arctique.

Personne ici ne sera surpris d’apprendre qu’à titre de native du Nord, la Stratégie pour le Nord me passionne.

Je m’intéresse aussi vivement au Conseil de l’Arctique.

En août 2012, j’ai eu l’honneur d’être nommée par le premier ministre Stephen Harper au poste de ministre du Conseil de l’Arctique pour le Canada. Le Conseil est l’instance centrale de la coopération internationale dans les affaires arctiques. Il regroupe à la même table les gouvernements et les organisations autochtones ayant qualité de participants permanents. En mai 2013, le Canada a accédé à la présidence du Conseil de l’Arctique pour une période de deux ans.

Peu importe le poste que j’occupe, je suis très fière de servir le Canada. Mais le fait d’être la ministre du Conseil de l’Arctique revêt pour moi une importance toute particulière, pour deux raisons.

Tout d’abord, c’est la première fois que le Canada nomme un ministre spécialement chargé du Conseil de l’Arctique. Cela témoigne de l’importance que notre gouvernement attache au Nord, au Conseil et à notre mandat à la présidence.

En deuxième lieu, le fait qu’une personne qui est née et qui a grandi dans l’Arctique soit nommée à ce poste reflète l’importance accordée par notre gouvernement à l’expérience et au savoir particuliers que les gens du Nord peuvent apporter lors des discussions.

Lors des consultations que j’ai tenues avec les habitants du Nord depuis ma nomination, tous m’ont communiqué le même message : le mieux-être et la prospérité des gens du Nord doivent être au cœur des priorités du Conseil de l’Arctique.

C’est pourquoi, sous la présidence du Canada, le thème principal du Conseil de l’Arctique est Le développement au service de la population du Nord. En clair, les intérêts des habitants de l’Arctique seront mis au premier plan.

Avec le soutien de nos partenaires du Conseil, nous mettons l’accent sur la mise en valeur responsable des ressources, la navigation sécuritaire dans l’Arctique et les collectivités circumpolaires durables.

Nous devons faire en sorte que les projets et les évaluations scientifiques qui sous-tendent ces enjeux concernent directement les habitants du Nord et soient exécutés pour leur bénéfice.

Le savoir traditionnel autochtone (ce que les Inuits appellent Qaujimajatuqangit) est connu de la majorité des habitants du pays de l’ours polaire et respecté par eux, et il faut en tenir compte dans la recherche scientifique et l’élaboration des politiques. Ce savoir nous aide à prendre des décisions plus éclairées en matière de gestion. Nous devons combiner les connaissances des peuples qui ont vécu dans le Nord pendant des générations à ce que nos recherches scientifiques nous ont appris.

C’est pour cette raison que, sous la présidence du Canada, le Groupe de travail sur le développement durable du Conseil de l’Arctique s’attache à formuler des recommandations en vue de mieux intégrer le savoir traditionnel et les connaissances locales aux travaux du Conseil.

J’ai indiqué plus tôt que le Conseil était déterminé à favoriser le mieux-être des habitants du Nord. Pour y parvenir, il faut notamment promouvoir la santé mentale des gens, afin d’améliorer leur capacité d’adaptation aux nombreux changements qui touchent l’Arctique.

Plusieurs approches peuvent être mises de l’avant pour promouvoir le bien-être mental dans la région circumpolaire, certaines étant plus efficaces que d’autres. Par l’entremise de l’initiative Approche axée sur le mieux-être dans le Nord, les États arctiques et les participants permanents mettront en commun leur expertise afin de déterminer les approches les plus efficaces et de formuler des recommandations sur le transfert des meilleures pratiques à d’autres collectivités.

Le Canada est également résolu à faire en sorte que les collectivités nordiques bénéficient de l’essor économique que connaît actuellement la région. Le Canada croit fermement que le développement économique est un élément fondamental de la transformation positive du Nord.

Toutefois, ce développement doit se faire de manière responsable et viable sur le plan de l’environnement, de façon à restreindre les conséquences néfastes pour le sol, l’eau et les animaux dont de nombreuses populations du Nord dépendent encore pour vivre.

Nous croyons que le Conseil a un rôle primordial à jouer dans l’atteinte de cet objectif.

Les entreprises — comme celles représentées ici à la conférence Aurores boréales — jouent un rôle important dans la création d’un avenir durable et dynamique pour le Nord.

Et le Conseil de l’Arctique s’efforce de mettre ce rôle en valeur. En mai dernier, les ministres du Conseil ont constitué un groupe de travail, codirigé par le Canada, la Finlande, l’Islande et la Russie, afin de créer sans tarder un Conseil économique de l’Arctique.

Le groupe de travail s’est réuni régulièrement au cours des sept derniers mois afin de préparer le terrain pour cette entité indépendante, et je suis très heureuse des progrès qui ont été accomplis. Nous espérons que le Conseil économique de l’Arctique permettra aux entreprises de la région de collaborer plus directement avec les États et les participants autochtones permanents du Conseil de l’Arctique.

Un débat avec certains membres du groupe de travail est prévu plus tard aujourd’hui au programme de la conférence. Je crois savoir que les entreprises du Nord circumpolaire appuient avec enthousiasme la création de cette entité; venez en grand nombre assister au débat, afin de prendre connaissance des répercussions très concrètes que le Conseil économique de l’Arctique pourra avoir sur le développement des entreprises.

Le Conseil économique de l’Arctique contribuera à orienter et à renforcer le Conseil de l’Arctique en resserrant la coopération économique dans toute la région circumpolaire et en diffusant des pratiques exemplaires.

Il favorisera les occasions d’affaires, sans pour autant perdre de vue le développement durable de la région. Et il contribuera à établir un contexte commercial stable, prévisible et transparent.

Le Conseil économique de l’Arctique mettra de l’avant des normes élevées pour les opérations commerciales dans l’Arctique. Il fera la promotion des efforts visant à protéger l’environnement, en plus de faciliter le développement économique des Autochtones ainsi que l’essor des petites et moyennes entreprises dans la région. De plus, il cherchera à maximiser les avantages pour les collectivités, l’existence et la culture des Autochtones de l’Arctique.

En d’autres mots, l’entité fera le lien entre le Conseil de l’Arctique et le monde des affaires de la région circumpolaire.

Comme vous le savez, je suis également ministre de l’Agence canadienne de développement économique du Nord. Le travail de l’Agence, communément appelée CanNor, s’harmonise pour une bonne part avec les priorités du Conseil de l’Arctique et de la Stratégie pour le Nord du Canada.

Depuis sa création, en 2009, CanNor a beaucoup accompli dans le cadre de son mandat, qui est de contribuer au développement d’une économie diversifiée, durable et dynamique dans les trois territoires du Canada. Tout comme à Aurores boréales, la réussite de CanNor repose sur ses réseaux et ses partenariats. Qu’elle travaille à des initiatives panterritoriales comme le Programme d’éducation de base des adultes du Nord, qui s’attaque au défi de ce marché du travail particulier, ou qu’elle s’efforce de combler les lacunes en matière de connectivité dans le Nord, l’Agence collabore étroitement avec les gouvernements, les collectivités et les gens du Nord afin de contribuer à un développement durable à long terme.

Plaque tournante du développement économique nordique, CanNor collabore avec des tiers pour trouver de nouvelles façons novatrices de générer des emplois et de la croissance dans le Nord. Les infrastructures demeurent insuffisantes partout dans la région, ce qui entrave la réalisation de son plein potentiel. Nous cherchons actuellement des moyens de jumeler les infrastructures des grands projets de mise en valeur des ressources et les besoins généraux des collectivités.

Nous essayons en outre d’attirer des capitaux dans le Nord afin de soutenir des projets d’envergure, tout en nous assurant que des mécanismes d’investissement sont en place pour appuyer la création d’entreprises et d’emplois à l’échelle locale.

Le Nord, qui forme une économie émergente à l’échelle mondiale, sera au cours des années à venir un des principaux moteurs de l’économie canadienne. Il va sans dire que les gestes en disent plus que les mots, et que les résultats sont plus éloquents encore.

Les programmes de financement de CanNor sont maximisés année après année afin de soutenir l’essor des industries de l’exploitation minière, du tourisme, des pêches et de la culture ainsi que le développement commercial et communautaire. Nos programmes de base ont été simplifiés et ils sont plus orientés que jamais vers les occasions à saisir.

Par exemple, nous sommes sur le point de lancer notre nouveau programme de développement économique des Autochtones, qui fusionne quatre anciens programmes en un avec l’objectif concret de placer les entreprises inuites, métisses et des Premières Nations en position de réussite. Nos investissements dans les programmes ciblent aussi les partenariats. Chaque année, pour chaque dollar fédéral investi, le programme Investissements stratégiques dans le développement économique du Nord arrive à générer près de deux dollars auprès des partenaires. Compte tenu de tout ce qu’il y a à faire et de nos budgets limités, nous ne pouvons pas nous permettre de perdre des occasions de regrouper nos capacités afin d’atteindre nos objectifs communs en matière de développement économique.

Le Bureau de gestion des projets nordiques de CanNor fait la promotion de la mise en valeur responsable des ressources. Il offre à l’industrie et aux collectivités de l’information sur les régimes et les processus réglementaires du Nord. Il veille aussi à coordonner les efforts fédéraux relatifs à l’examen réglementaire des grands projets nordiques, en plus de suivre l’avancement des activités afin d’assurer la transparence, la rapidité d’exécution et l’efficacité du régime de réglementation.

Le Bureau réunit les collectivités et les entreprises afin de discuter des occasions susceptibles de découler des grands projets, en veillant à ce que tous restent à l’affût. Il met l’accent sur son initiative visant l’état de préparation des collectivités pour faire en sorte que la mise en valeur des ressources favorise le bien-être des habitants du Nord et leur apporte la jouissance des retombées des projets.

Il y a 33 grands projets de mise en valeur des ressources qui sont sur le point de démarrer dans les trois territoires. Ces projets pourraient générer des investissements en capital de plus de 27 milliards de dollars et créer plus de 10 000 emplois directs. Le Nord est une région propice aux affaires, et CanNor est prêt à fournir son aide.

Toutes les personnes ici présentes savent que le Nord est au centre des visées du Canada. L’engagement de notre gouvernement à l’égard du Nord et de ses habitants, et en faveur de la création d’un avenir durable pour la région, est à la fois clair et inébranlable.

Participez-y avec nous.

Je vous remercie. Qujanamiik.