La ministre Aglukkaq mène une délégation à l’Organisation mondiale du commerce pour défendre la chasse au phoque au Canada

Le 17 mars 2014 - La ministre de l’Environnement, ministre de l’Agence canadienne de développement économique du Nord et ministre du Conseil de l’Arctique, l’honorable Leona Aglukkaq, a fait aujourd’hui la déclaration suivante devant l’Organe d’appel de l’Organisation mondiale du commerce :

« Membres de la Division, au nom du Canada, permettez-moi d’abord de vous remercier, ainsi que le Secrétariat de l’Organe d’appel, des efforts que vous avez consentis pour aider les parties à régler ce différend. Je m’appelle Leona Aglukkaq et je suis ministre de l’Environnement, ministre de l’Agence canadienne de développement économique du Nord et ministre du Conseil de l’Arctique. Je suis née dans le nord du Canada, et j’y vis toujours. La chasse aux phoques fait partie de ma culture et de mon héritage.

« J’aimerais dire quelques mots avant de céder la parole à d’autres membres de la délégation canadienne qui aborderont en détail les aspects légaux de cet appel.

« Ma présence aujourd’hui devant ce groupe spécial fait suite à l’engagement pris par notre gouvernement d’en appeler de toute décision qui permettrait le maintien de cette interdiction déloyale.

« Le commerce doit être régi par des faits et par des preuves, et non par des faussetés et des déclarations arbitraires.

« Permettez-moi d’abord de souligner que les phoques sont chassés partout sur la planète depuis des millénaires, et ce, pour diverses raisons, y compris la subsistance, le commerce et la protection des pêches. Cela s’applique particulièrement au Canada, où la chasse au phoque a joué un rôle essentiel dans le développement et la pérennité des communautés côtières du nord et de l’est du pays. La chasse aux phoques a été au cœur du bien-être économique de ces collectivités, autant avant qu’après l’arrivée des premiers chasseurs de phoque européens sur nos rives. La chasse au phoque fournit non seulement un gagne-pain à nos familles, mais elle permet aussi à nos communautés de préserver leurs traditions et leur mode de vie.

« Comme nous l’avons clairement indiqué au groupe spécial, la chasse au phoque pratiquée au Canada est humaine, durable et bien réglementée.

« Le différend qui vous est soumis concerne l’interdiction discriminatoire d’importer et de vendre dans les pays de l’Union européenne des produits dérivés du phoque en provenance du Canada et d’autres pays. Par son régime applicable aux produits dérivés du phoque, l’Union européenne a déterminé de manière unilatérale que certains produits du phoque sont plus acceptables que d’autres selon les origines du chasseur ou selon le but de la chasse. Le régime de l’UE a pour effet d’exclure les produits dérivés du phoque en provenance de certains pays, tandis que les produits originaires d’autres pays peuvent entrer sur le marché européen. Plus particulièrement, l’UE exclut les produits canadiens dérivés du phoque en se basant sur le fait qu’à son avis, certains phoques de la côte Est ont pu être victimes d’une chasse inhumaine.

« Parallèlement, l’UE permet la commercialisation des produits dérivés du phoque en provenance du Groenland sans se soucier aucunement de la façon dont ces animaux ont été chassés. En d’autres mots, le régime de l’UE applicable aux produits du phoque n’empêche en rien ces produits d’entrer sur le marché européen ou d’être consommés par le public européen. Ce régime remplace tout simplement les produits du phoque qui provenaient auparavant du Canada et de la Norvège par des produits du phoque venant d’endroits comme le Groenland et l’Union européenne. Or, ces produits sont issus de chasses qui compromettent le bien-être d’une proportion très élevée de phoques. Cette hypocrisie flagrante de la part de l’Union européenne constitue, du point de vue du Canada ce qu’il y a de fondamentalement injuste dans cette interdiction à laquelle se heurtent nos chasseurs de phoque sur le marché de l’Union européenne.

« De plus, le Canada conteste la tentative de l’UE de justifier son régime en prétendant que celui-ci répond aux préoccupations morales du public en ce qui concerne le bien-être animal. Du point de vue des communautés de chasseurs de phoque du Canada, l’affirmation selon laquelle nos pratiques millénaires sont moralement inacceptables au point qu’elles justifient une interdiction du commerce est très troublante. Toute loi ou réglementation qui prétend se baser sur la défense de la moralité publique devrait faire l’objet d’un examen judiciaire sérieux. Pour invoquer cette défense, il faut l’accompagner de preuves claires et irréfutables démontrant non seulement pourquoi les mesures choisies sont nécessaires, mais aussi de quelle façon la moralité publique du répondant, dans ce cas l’Union européenne, est remise en question. Ces preuves ne peuvent s’appuyer sur des mythes et de la désinformation.

« Je cède maintenant la parole à mes collègues, qui vous présenteront un aperçu des arguments légaux du Canada dans ce différend. Vous examinerez très attentivement, j’en suis sûre, les arguments de toutes les parties en cause dans cette affaire, et je vous en remercie. »

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