Discours du ministre Fast devant l’Economic Club of Canada

Le 27 novembre 2013 - Ottawa (Ontario)

Sous réserve de modifications

Je suis très honoré de prendre la parole devant un auditoire aussi prestigieux. Au cours de ses dix années d’existence, l’Economic Club s’est imposé comme l’une des tribunes les plus respectées et les plus influentes du Canada où sont débattues les questions d’actualité brûlante.

Et, contrairement à ce que certaines personnes dans les médias pourraient prétendre, il n’y a pas d’enjeu plus pressant dans l’esprit des Canadiens ni plus important pour notre prospérité à long terme que notre économie.

Les Canadiens sont des gens avisés. Ils reconnaissent que leur sécurité financière est fortement tributaire des changements importants qui se produisent sur le marché mondial; ils savent que ce qui se passe au-delà de nos frontières a une incidence directe sur les emplois, les prix à la consommation et le niveau de vie ici au Canada.

Nous l’avons constaté après l’éclatement de la bulle immobilière aux États-Unis, qui a déclenché la pire récession mondiale qu’ait connue la présente génération. Cette récession était tellement grave qu’on l’évoque aujourd’hui en parlant de la Grande récession.

Alors que des pays aux quatre coins du monde — le Canada y compris — adoptaient des programmes nationaux de relance pour redynamiser leur économie, je me suis souvenu, à juste titre, du plus ancien outil de stimulation entre tous : le commerce entre les nations.

À cette époque, je désignais le commerce international comme étant la « nouvelle » mesure de relance. Évidemment, le commerce en tant qu’outil de stimulation économique est loin d’être un nouveau concept. C’est tout simplement que beaucoup ont oublié à quel point le commerce et les investissements sont importants pour stimuler la croissance sur le marché mondial.

Quand les nations du monde ont commencé à réduire et à éliminer leurs programmes de relance économique temporaires, comme elles se devaient de le faire, certaines ont redécouvert ce qui est incontestablement l’outil le plus efficace et le plus durable pour soutenir la reprise économique.

Il s’agit, évidemment, d’un commerce plus libre et plus ouvert à l’échelle du monde.

L’histoire nous a appris que des échanges et des investissements accrus étaient les deux moteurs de la création d’emplois et de la prospérité.

Qui plus est, pour les économies en développement et moins avancées, des possibilités accrues de commerce international représentent le meilleur moyen d’accroître la classe moyenne, d’élever les niveaux de vie et de sortir un plus grand nombre de personnes de la pauvreté.

De toute évidence, le commerce a toujours été l’outil de stimulation économique par excellence, peu importe l’époque.

Au Canada, il y a longtemps que nous avons reconnu ce fait.

Nous sommes l’une des plus grandes nations commerçantes du monde. Après tout, pour être en mesure de soutenir la 11e économie du monde avec une population qui ne se classe qu’au 36e rang mondial, il faut commercer.

Dans le passé, le commerce a alimenté notre prospérité. Et il stimulera notre croissance économique et notre développement futurs.

Un cadre commercial robuste est l’héritage que nous léguerons à nos enfants. Cela fait autant partie de l’identité canadienne que notre sport national, le hockey.

La stratégie commerciale mondiale de 2007

Afin d’accroître au maximum les retombées du commerce international et d’en générer les nombreux avantages, notre gouvernement a pris d’importantes mesures, et l’une des premières a consisté à adopter un plan pour orienter ses efforts en vue d’ouvrir de nouveaux marchés et d’accroître les exportations canadiennes.

Nous savions que nous devions adopter une approche hautement stratégique dans le choix de nos partenaires. Si nous ne l’avions pas fait, les gains économiques réalisés dans le cadre de l’ALENA [Accord de libre-échange nord-américain] n’auraient pas été possibles.

C’est pourquoi nous avons lancé en 2007 notre stratégie commerciale mondiale, un plan détaillé et, surtout, stratégique qui visait à élargir le réseau commercial du Canada, à renforcer sa capacité à soutenir la concurrence sur ses marchés traditionnels et à l’aider à percer de nouveaux marchés émergents.

L’objectif consistait à trouver des moyens de renforcer nos partenariats déjà bien établis, par exemple ceux nous liant aux É.-U. et à l’Union européenne, tout en cherchant de nouvelles régions d’importance stratégique offrant des possibilités de croissance et des débouchés.

Je suis heureux de déclarer que la Stratégie commerciale mondiale a été couronnée de succès.

Depuis sa mise en œuvre, nous avons conclu des négociations de libre-échange avec 37 pays — soit sept fois plus. Lorsqu’ils seront en vigueur, ces accords donneront au Canada accès à plus de la moitié de l’ensemble du marché mondial.

Nous avons conclu ou mis en vigueur des traités bilatéraux en matière d’investissement avec 20 pays, y compris la Chine, et nous poursuivons des négociations avec de nombreux autres pays, dont l’Inde.

Nous avons mis en place de nouveaux accords ou élargis des accords existants sur les transports aériens avec près de 80 pays, améliorant la connectivité du Canada avec nos plus importants partenaires commerciaux partout dans le monde.

Et, de manière avisée, nous avons investi et établi des partenariats avec les provinces, les municipalités et le secteur privé afin que les liaisons canadiennes en matière de transport deviennent des passerelles de prédilection vers l’Amérique du Nord ou en partance de celle-ci.

Les exportations canadiennes vers l’Asie ont atteint des niveaux record grâce en partie à notre initiative de la Porte et du Corridor de l’Asie-Pacifique, et grâce à notre Porte d’entrée de l’Atlantique, nos exportateurs et nos investisseurs se trouvent dans une position idéale pour tirer parti de l’accès préférentiel à l’Union européenne et à ses 500 millions de consommateurs.

Nous y reviendrons dans un moment.

Ce ne sont toutefois pas uniquement des pactes commerciaux et des accords sur les investissements qui sous-tendent nos ambitieux efforts d’expansion commerciale. Nous avons également assuré un appui personnalisé sur le terrain à des entreprises canadiennes, appui qui leur a permis de s’implanter fermement sur les marchés étrangers.

À titre d’exemple, notre gouvernement a mené d’innombrables missions commerciales dans des pays ciblés par la Stratégie commerciale mondiale.

Nous avons réalisé ces missions avec des centaines de sociétés canadiennes, dont bon nombre étaient des petites et moyennes entreprises, qui appartenaient toutes à des secteurs revêtant une importance stratégique pour les pays visités.

De cette façon, nous veillons à ce que les atouts du Canada soient utilisés au mieux sur les bons marchés.

Ces missions ont invariablement permis à nos entreprises d’établir des liens et des réseaux qu’elles ont fait fructifier pour en tirer des réussites commerciales.

Et, évidemment, je m’en voudrais de ne pas mentionner la très compétente équipe de délégués commerciaux qui jouent un rôle indispensable sur le terrain en communiquant gratuitement de précieux renseignements et conseils aux Canadiens désireux de prendre de l’essor à l’étranger et à l’affût de partenaires de confiance.

Ce soutien donne immanquablement de bons résultats.

Les entreprises qui reçoivent l’aide du Service des délégués commerciaux du Canada réalisent des exportations dont la valeur moyenne dépasse de 18 p. 100 celle d’entreprises comparables n’ayant pas eu recours au Service. Et elles atteignent un plus grand nombre de marchés, environ 36 p. 100 de plus.

Dans le passé, je qualifiais le Service des délégués commerciaux de secret le mieux gardé du Canada, mais à vrai dire, il est absolument essentiel que nous fassions connaître ce service inestimable à nos PME.

Afin d’appuyer le travail du Service des délégués commerciaux, notre gouvernement a ouvert 15 nouveaux bureaux commerciaux et déployé 50 nouveaux délégués commerciaux dans des marchés cibles partout dans le monde.

Vous pouvez d’ailleurs vous attendre à d’autres annonces du genre très bientôt.

Toutefois, la plus grande réussite de la Stratégie commerciale mondiale est sans aucun doute l’accord commercial de principe entre l’Union européenne et le Canada annoncé récemment.

La portée de cette entente historique est sans précédent. C’est de loin la plus ambitieuse initiative commerciale du Canada, et elle compte parmi les plus exhaustives jamais vues dans le monde.

Grâce à cette entente, le Canada a incontestablement renforcé son statut de champion du commerce mondial.

Quand l’accord entrera en vigueur, le Canada sera le seul pays développé à bénéficier d’un accès préférentiel aux deux plus grandes économies du monde, soit l’Union européenne et les États-Unis.

L’accès à plus de 800 millions de consommateurs sur ces deux marchés procurera aux entreprises canadiennes l’occasion extraordinaire et unique d’accroître leurs exportations en exploitant au maximum la plate-forme de production nord-américaine.

Cet accès préférentiel à l’Union européenne nous conférera en outre un avantage par rapport aux États Unis, qui n’ont pas encore conclu d’accord commercial avec l’Union européenne. Cela fait de nous une destination encore plus attrayante pour les investisseurs et les fabricants étrangers, créant ainsi d’autres emplois et ouvrant de nouvelles occasions pour les Canadiens.

Mesdames et messieurs, en concluant cet accord commercial, nous avons fixé le nouvel étalon que tous les autres pays commerçants voudront atteindre.

Le marché mondial en évolution

Quiconque fixe la norme en devient le chef de file.

Pour cela, il faut être souple et s’adapter au changement. C’est sans doute Wayne Gretzky qui a exprimé le mieux cette réalité quand il a expliqué qu’il devait son succès à cette simple règle d’or : « patiner là où la rondelle s’en va, non là où elle était ».

En fait, notre gouvernement s’attache tout particulièrement à prévoir où le Canada doit se trouver dans le contexte économique en constante évolution et hautement compétitif d’aujourd’hui. En termes simples, nous serons présents là où nous estimons qu’il y aura une forte croissance économique.

La majeure partie de cette croissance se fera sur les marchés non traditionnels, autrement dit les marchés émergents dont le nombre continue d’augmenter chaque année. L’Amérique latine, l’Asie du Sud-Est ou le Moyen-Orient sont toutes des régions du monde qui attireront le Canada.

Ajoutons à cela un marché mondial dans lequel la libre circulation des marchandises et des services — tout comme la prolifération des chaînes de valeur mondiales — prédomine, et vous arriverez à la conclusion que la conduite des affaires se déroule maintenant selon un paradigme entièrement nouveau.

Nous vivons dans un monde de plus en plus dynamique, cela ne fait aucun doute.

Le Canada a donc tout intérêt, à titre de champion mondial du commerce, à anticiper les prochains changements; il doit évoluer et s’adapter.

Pour poursuivre l’analogie avec le hockey, envisagez le nouveau contexte commercial sous l’angle du style de jeu à deux différentes époques, celle d’hier illustrée par l’idole de mon enfance, Gordie Howe, et celle d’aujourd’hui avec Sidney Crosby; l’ancienne façon de jouer s’opposant à la nouvelle.

Lorsque Gordie Howe a commencé à jouer au hockey, on jouait avec un bâton droit en bois. Les patinoires étaient plus petites, le jeu plus lent. Les lancers frappés n’existaient pas et évidemment aucun gardien de but ne portait de masque.

Aujourd’hui, à l’époque de Sidney Crosby, les joueurs sont équipés de matériel de protection à la fine pointe de la technologie et munis de bâtons de hockey courbés en composite, capables de décocher de puissants lancers frappés dans le coin supérieur du filet.

Les joueurs sont plus costauds et plus rapides aussi. Nous décidons même de l’issue des parties nulles en recourant à des tirs de barrage.

Ce que j’essaie de faire comprendre, c’est qu’aujourd’hui, la manière de jouer au hockey est totalement différente, tout comme la manière de faire du commerce international a changé du tout au tout.

Pour demeurer compétitifs, nous devons nous conformer à des règles qui évoluent, relever des défis auxquels nos prédécesseurs n’ont jamais été confrontés et parfaire continuellement nos compétences afin de conserver notre avantage concurrentiel.

Alors, comment parfaire nos compétences tout en demeurant concurrentiels? En nous isolant? En ne jouant que contre les pires équipes de la ligue? En prétendant que nous pouvons encore réussir en demeurant attachés aux anciennes règles?

Bien au contraire. Ce qui rend un joueur plus performant c’est de jouer contre les meilleurs. La compétition féroce fait de vous un patineur plus rapide, un lanceur plus précis, un joueur de plus en plus habile à manier le bâton et un équipier plus discipliné sur la glace.

De façon semblable, la concurrence internationale contribue au renforcement des entreprises canadiennes — en les rendant plus productives, plus novatrices et plus sensibles aux besoins de leurs clients.

Nous estimons que nos entreprises, nos entrepreneurs et nos travailleurs — à l’aide de leurs compétences, connaissances et expériences — peuvent rivaliser avec les meilleurs et les surpasser. Et ils l’ont prouvé à maintes reprises.

Cependant, dans une économie mondiale farouchement compétitive, le Canada doit demeurer souple et alerte. Il doit constamment se lancer des défis.

Pour ce faire, notre gouvernement s’est engagé, dans le Plan d’action économique de 2012, à s’appuyer sur la réussite de la Stratégie commerciale mondiale pour tenir de vastes consultations avec les milieux d’affaires canadiens afin de repérer de nouveaux marchés et dénicher de nouvelles forces et occasions d’affaires.

Ces consultations pancanadiennes ont notamment visé les PME, qui constituent le pivot de notre économie. Nous avons bénéficié des importantes contributions et de l’expertise d’un comité consultatif formé d’éminents dirigeants d’entreprises et chefs de file de l’industrie. Ils provenaient d’associations nationales comme le Conseil canadien des chefs d’entreprise, l’Alliance canadienne du commerce agroalimentaire, la Chambre de commerce du Canada, la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante et les Manufacturiers et Exportateurs du Canada.

En fait, deux de nos principaux conseillers, John Manley et Kathleen Sullivan, sont ici avec nous aujourd’hui.

Le résultat en est le nouveau Plan d’action sur les marchés mondiaux. Il s’agit de la nouvelle stratégie du Canada pour créer des emplois et des occasions pour les Canadiens grâce au commerce international et à l’investissement.

Dans le cadre du Plan d’action sur les marchés mondiaux, le gouvernement du Canada concentrera ses efforts sur les marchés offrant le meilleur potentiel pour les entreprises canadiennes. Pour cela, il mènera de vigoureuses campagnes de promotion du commerce et appliquera une politique commerciale efficace.

Surtout, il mettra l’accent sur des objectifs clés fixés pour chacun de ces marchés. Bref, le gouvernement axera le Plan sur les points forts du Canada et veillera à ce que toutes ses ressources diplomatiques soient mises à contribution pour soutenir la réussite commerciale des entreprises et des investisseurs canadiens.

Nous sommes parfaitement conscients que la réussite à l’étranger des entreprises canadiennes rejaillit sur toute la population du pays, qui profite alors des emplois et des occasions créés chez nous.

En se concentrant sur l’atteinte d’objectifs clés dans nos marchés prioritaires, le Plan d’action sur les marchés mondiaux intégrera aussi le concept de la diplomatie économique comme force motrice des activités de promotion commerciale du gouvernement du Canada dans l’ensemble de son réseau diplomatique international.

Cette nouvelle orientation représente un changement radical dans la façon dont les ressources diplomatiques du Canada sont déployées dans le monde. Nous sommes résolus à mieux harmoniser les intérêts du Canada en matière de développement et de commerce afin de veiller à ce que nos investissements à l’étranger produisent un rendement maximum, tant pour nos partenaires en matière de développement que pour nos investisseurs et commerçants canadiens.

Ainsi, nous faisons en sorte que la prospérité économique du Canada à long terme devienne l’un des objectifs fondamentaux de notre politique étrangère.

Le Plan d’action sur les marchés mondiaux marque l’évolution des priorités du Canada au chapitre du commerce international. Il haussera d’un cran notre plan de stimulation du commerce axé sur la création d’emplois et la croissance, et ce, de deux grandes façons :

  • d’abord, en cernant des possibilités commerciales stratégiques à ouvrir grâce à la négociation d’accords-cadres en matière de commerce et d’investissement avec d’autres pays;
  • ensuite, en aidant un plus grand nombre d’entreprises canadiennes — en particulier nos PME — à commencer à exporter ou à accroître leurs exportations sur ces marchés stratégiques.

Le plan d’action ciblera trois catégories distinctes de marchés :

  • les marchés émergents présentant des intérêts de nature générale pour le Canada;
  • les marchés émergents offrant des débouchés particuliers aux entreprises canadiennes;
  • les marchés établis dans lesquels le Canada maintiendra son avantage concurrentiel.

En élaborant cette stratégie commerciale, je peux vous assurer que nous avons analysé en détail la conjoncture.

Outre les vastes consultations menées avec des dirigeants des milieux d’affaires et de l’industrie comme John et Kathleen, nous avons reçu les propositions d’associations commerciales, de milieux universitaires, des provinces et des territoires et de représentants de diverses collectivités du Canada, y compris nos partenaires clés de la Fédération canadienne des municipalités.

En fait, alors que certains de mes amis de la Fédération sont présents ici aujourd’hui, d’autres sont actuellement à l’œuvre en Europe afin d’attirer de nouveaux investissements au Canada.

Pour choisir nos marchés prioritaires, nous avons dressé des modèles économiques qui nous ont permis de repérer les marchés ayant un fort potentiel de croissance et correspondant le mieux aux capacités industrielles et aux avantages concurrentiels du Canada.

Nous avons examiné de près ce que les entreprises canadiennes peuvent offrir à différentes parties du monde, en veillant à ce que notre pays soit connu le plus avantageusement possible sur les marchés offrant les meilleurs débouchés, compte tenu de nos compétences et de notre savoir-faire.

Un appel à l’action

Il y a toutefois des limites à ce que le gouvernement peut faire. Nous pouvons offrir à nos exportateurs, à nos importateurs et à nos investisseurs les outils de pointe dont ils ont besoin pour réussir sur les marchés internationaux extrêmement concurrentiels.

Mais, en fin de compte, ce sont les entreprises canadiennes, plus particulièrement nos PME, qui doivent faire l’effort de saisir les nouvelles occasions qui s’offriront à elles.

Comme le disait Wayne Gretzky, « on rate la totalité des lancers que l’on ne fait pas ».

Et c’est bien vrai. Nous avons décoché de bons lancers et nous les avons convertis en objectifs et en réussites, mais nous devons en effectuer plus et nous assurer qu’ils marquent des buts.

C’est pourquoi nous avons mené des consultations approfondies auprès des PME. Nous sommes d’ailleurs reconnaissants que certains groupes, comme la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, aient appuyé nos efforts visant à accroître le nombre de PME qui cherchent à élargir la portée de leurs activités sur les marchés étrangers.

Cela dit, on peut certainement faire mieux. Dans un pays comptant plus de 1 million de PME, seulement 1 sur 30 exporte. En outre, la grande majorité des entreprises exportatrices se limitent à notre plus proche voisin géographique au sud de notre frontière.

C’est pourquoi, dans le Plan d’action sur les marchés mondiaux, nous fixons des objectifs clairs pour accroître la présence des PME canadiennes sur les marchés émergents.

Le vice-président et économiste en chef d’Exportation et développement Canada, Peter Hall, ici présent, a produit les statistiques sur lesquelles repose notre nouveau plan.

Maintenant que le volume des échanges internationaux retrouve son niveau d’avant la récession, nous croyons que les PME sont bien placées pour accroître sensiblement leur présence sur les marchés émergents.

À l’heure actuelle, des PME qui exportent (une sur trente), seulement 29 p. 100 sont présentes sur les marchés émergents.

Nous estimons qu’au cours des cinq prochaines années, nous pouvons faire passer ce chiffre à 50 p. 100 grâce à notre plan.

Le nombre de PME canadiennes présentes sur les marchés émergents passerait donc de 11 000 à 21 000, soit 10 000 entreprises de plus.

Cela se traduira par la création nette de plus de 40 000 nouveaux emplois au pays.

Ces objectifs sont crédibles et réalisables, et je sais que nos PME se montreront à la hauteur du défi.

Selon certains, le faible nombre de PME canadiennes exportatrices est attribuable au fait que les Canadiens sont, en général, trop prudents. C’est peut-être vrai. Percer de nouveaux marchés étrangers, particulièrement ceux à l’extérieur de l’Amérique du Nord, peut sembler une tâche insurmontable.

Il ne s’agit pas ici de délaisser sa prudence, mais plutôt :

  • d’explorer les nombreuses et fascinantes possibilités d’exportation dans le monde entier;
  • d’évaluer soigneusement les risques;
  • de tirer parti des outils remarquables en matière de commerce que le gouvernement met à votre disposition;
  • d’avoir l’audace de sortir de votre zone de confort. Vous pourriez être surpris du succès qui vous attend.

Je vous rappelle, en guise d’encouragement supplémentaire, que les Canadiens ont prouvé à maintes reprises qu’ils pouvaient rivaliser avec les meilleurs de ce monde et emporter la mise. Et ils le font encore.

D’autres, par contre, croient encore que nous devrions abandonner la notion d’un esprit canadien tourné vers la compétition.

Selon eux, nous devrions éviter les risques, passer la rondelle plutôt que de la lancer, adopter une stratégie axée sur la défensive et jouer seulement contre les équipes les plus faibles.

Tout ça me rappelle la boutade qu’avait lancée l’un de mes prédécesseurs, il y a environ 40 ans : « Les Canadiens n’exportent pas. Ils permettent aux autres d’importer leurs produits. »

Même s’il parlait d’un ton badin, le message était clair : Les sociétés canadiennes pourraient être plus énergiques dans leur démarche pour saisir des débouchés d’exportation.

Voilà le but de cet appel à l’action et, aussi, du Plan d’action sur les marchés mondiaux.

La réussite du Plan d’action sur les marchés mondiaux se mesurera non seulement au nombre de nouvelles entreprises canadiennes qui commenceront à exporter, mais aussi au nombre et à la qualité des emplois que notre plan aidera à créer.

Nous ne pouvons pas revendiquer la victoire si nous n’avons pas compté les points. C’est pourquoi notre plan contient des objectifs précis qui nous permettront de mesurer notre succès.

En conclusion

Pour conclure, je tiens à vous rappeler que, tout au long de l’histoire, l’être humain a démontré qu’il n’y a pas de limite à son ingéniosité ni à sa capacité de progresser.

Notre gouvernement comprend cela et, avec ce nouveau plan commercial, il donne l’exemple en continuant de promouvoir un marché mondial plus libre et plus ouvert.

Le gouvernement sait exactement ce qu’il faut faire pour assurer la prospérité des Canadiens pour les générations à venir. Nous avons mis au point un plan d’attaque équilibré entièrement axé sur l’offensive.

Cependant, le commerce comme le hockey est un jeu d’équipe. Nous ne pouvons gagner que si chaque membre joue son rôle dans l’exécution d’un plan de match qui s’adapte au rythme de la partie. Joignez-vous à notre équipe gagnante et nous remporterons ensemble notre propre Coupe Stanley. Cette aventure pourrait s’avérer la plus fascinante de votre existence.

Je vous remercie de votre attention bienveillante ce matin.