Le Canada continue de changer les choses en Haïti

Le 11 janvier 2011

Aujourd'hui, à Montréal, l'honorable Beverley J. Oda, ministre de la Coopération internationale, a réaffirmé l'engagement du Canada à l'égard d'Haïti et a annoncé un appui à huit nouvelles initiatives dans ce pays. Ces initiatives permettront d'améliorer les soins de santé, et les mères et les enfants auront un meilleur accès aux soins de santé vitaux. En outre, un plus grand nombre de petits Haïtiens pourront aller à l'école, de nouveaux mécanismes de financement amélioreront le secteur agricole du pays, et la production alimentaire haïtienne s'accroîtra.

« Le Canada remplit sa promesse à l'endroit d'Haïti en changeant les choses dans les secteurs les plus importants pour le peuple haïtien, à savoir la santé, l'éducation et l'agriculture », a affirmé la ministre Oda. « En aidant les Haïtiens à rétablir et à améliorer leur accès aux services de base essentiels, ces projets raviveront le courage, la détermination et l'espoir d'un avenir meilleur qu'ils ont démontrés dans le sillage des événements de la dernière année. »

Grâce à l'appui de l'Agence canadienne de développement international (ACDI), ces nouvelles initiatives permettront d'améliorer les secteurs suivants :

Santé

Les quatre initiatives comprennent notamment :

  • un projet novateur de l'Organisation panaméricaine de la santé (OPS) qui permettra d'offrir gratuitement des services de santé de base à trois millions de personnes, dont des femmes, des nouveau-nés et des enfants de moins de cinq ans.
  • la reconstruction de l'École des sages-femmes d'Haïti et la construction de 10 cliniques de maternité, en collaboration avec un consortium dirigé par le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP). Ces cliniques offriront une gamme complète de services maternels et néonatals, dont des soins obstétricaux et néonatals essentiels d'urgence, des services de planification familiale, des services de prévention et de dépistage du VIH/sida, ainsi que des services destinés aux victimes de violence sexuelle.
  • un meilleur engagement en ce qui concerne les plans originaux de construction d'un hôpital provincial de type II aux Gonaïves (ajout d'une maternité de 30 lits, d'un service de pédiatrie de 35 lits et d'un centre d'hébergement préaccouchement).
  • l'amélioration des services de santé offerts aux mères, aux nouveau-nés et aux enfants dans la province de Haut Artibonite grâce au travail du Centre de coopération internationale en santé et développement (CCISD). Le CCISD remettra en état neuf cliniques de maternité et sept centres de santé communautaires, outillera ces établissements et offrira de la formation à leur personnel.

Le gouvernement du Canada s'est engagé à verser 50 millions de dollars à ces quatre projets, dont 40 millions de dollars s'inscriront dans le montant de 400 millions de dollars que le Canada s'est engagé à verser pour le relèvement et la reconstruction d'Haïti.

Éducation

Une initiative dirigée par la Banque interaméricaine de développement contribuera à la construction de 35 écoles semi-permanentes. En accordant une dispense des frais de scolarité aux familles les plus pauvres, ce projet de retour en classe permettra à 35 000 enfants d'obtenir gratuitement une éducation primaire et à 35 000 autres enfants d'obtenir des fournitures scolaires grandement nécessaires. Le gouvernement du Canada s'est engagé à verser 20 millions de dollars sur deux ans pour ce projet.

Agriculture

Ces trois initiatives comprennent notamment :

  • offrir l'accès à un crédit financier pour les entreprises agricoles viables et encourager les banques commerciales et les caisses populaires à consentir des prêts aux agriculteurs pour les aider à gérer les risques. Ce projet aidera à mettre en place le cadre législatif et réglementaire dont la Bureau de crédit agricole d'Haïti a besoin pour gérer un ensemble de services de crédit, d'assurances et de finances. Ce projet, mis en œuvre par un consortium placé sous la direction de Développement International Desjardins, garantira que le gouvernement d'Haïti, les institutions financières haïtiennes ainsi que les petits et moyens producteurs agricoles pourront adhérer à un système efficace de services de crédit et de finances, qui fera croître l'économie et la capacité agricole d'Haïti. Le gouvernement du Canada s'est engagé à fournir 19,5 millions de dollars sur sept ans pour ce projet. Le financement des deux premières années s'inscrira dans l'engagement de 400 millions de dollars du Canada qui vise le relèvement et la reconstruction d'Haïti.
  • un projet dirigé par Développement et Paix visant à renforcer la sécurité alimentaire pour quelque 20 000 amilles vivant en milieu rural, dont 4 000 sont des familles réfugiées du séisme. Dans le cadre de ce projet, on procédera à la gestion des bassins hydrographiques, à l'amélioration de l'utilisation des terres, au reboisement, à l'accroissement de la production agricole et à la création d'emplois. L'accès à de l'eau saine, aux centres de stockage et aux silos à grains en sera grandement amélioré.
  • le prolongement, en raison du séisme, d'un projet visant à augmenter l'emploi et les revenus des agriculteurs haïtiens. Entrepris par l'Union des producteurs agricoles — développement international (UPA-DI), ce projet profitera à 400 familles d'agriculteurs dans quatre collectivités rurales de Labrousse. La moitié des familles sont dirigées par des femmes. Dans le cadre de ce projet, on offrira de la formation visant à améliorer la production agricole, la prévention de l'érosion des sols, la distribution des semences et la plantation de semis d'arbres et on mettra en place un nouveau moulin pour la transformation du manioc et une ferme école.

L'annonce d'aujourd'hui se chiffre à 93,1 millions de dollars, ce qui signifie que 202,5 millions de dollars des 400 millions de dollars offerts dans le cadre de l'engagement du Canada envers Haïti ont été annoncés. En outre, un total de 88 % du fonds de contrepartie du gouvernement a été alloué. Les initiatives annoncées aujourd'hui sont dans le droit fil des objectifs de la Commission intérimaire de reconstruction d'Haïti et sont conformes au Plan d'action national pour le redressement et le développement d'Haïti.

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Renseignements :

Justin Broekema
Attaché de presse
Cabinet de la ministre de la Coopération internationale
Téléphone : 819-953-6238

Bureau des relations avec les médias
Agence canadienne de développement international (ACDI)
Téléphone : 819-953-6534
Courriel : media@acdi-cida.gc.ca

Fiche d'information


L'Agence canadienne de développement international (ACDI) renforcera les secteurs de la santé, de l'éducation et de l'agriculture en Haïti en mettant en œuvre de nouvelles initiatives qui visent à améliorer les moyens de subsistance des Haïtiens. Cette annonce s'inscrit dans le cadre de l'engagement de 400 millions de dollars du Canada en Haïti. Elle est dans le droit fil des priorités qui ont été définies par le gouvernement haïtien et la Commission intérimaire pour la reconstruction d'Haïti (CIRH).

Secteur de la santé

Le Canada est un donateur d'importance dans le secteur de la santé en Haïti. Les services de santé de base demeurent inabordables et inaccessibles pour nombre de femmes, d'enfants et d'autres personnes vulnérables en Haïti. Seulement 25 % des accouchements sont supervisés par du personnel de la santé compétent, et le pays affiche les taux de mortalité maternelle et infantile les plus élevés dans l'hémisphère. Le séisme a endommagé les installations de santé et accéléré l'érosion des effectifs de la santé, comme les sages-femmes; une sage-femme pour 50 000 Haïtiens assiste aux accouchements dans les régions rurales éloignées. Les interventions du Canada viseront surtout à améliorer la qualité des soins de santé primaires, ainsi que l'accès à ces soins, surtout dans le cadre de programmes peu coûteux et efficaces qui sont axés sur la santé de la mère et de l'enfant.

  • Gratuité des services de santé
    Le Canada participera à un projet national novateur de l'Organisation panaméricaine de la santé (OPS) qui permettra d'offrir gratuitement des services de santé de base à trois millions de personnes, dont des femmes, des nouveau-nés et des enfants de moins de cinq ans, ainsi que des personnes déplacées qui vivent dans des camps, grâce à un réseau de 90 hôpitaux et de 200 cliniques médicales. Ces personnes auront accès à des consultations et à des examens médicaux, et elles n'auront pas à payer pour les frais d'hôpitaux, les tests médicaux et les prescriptions. Le ministère haïtien de la Santé publique et les hôpitaux participants se verront rembourser les coûts des services de santé qu'ils offrent. Ces services seront normalisés à l'échelle du pays. (20 millions de dollars échelonnés sur 18 mois)
  • Services de santé intégrés pour les femmes et les filles haïtiennes
    Un consortium dirigé par le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) entreprendra la reconstruction de l'École nationale des sages-femmes et la construction de 10 cliniques de maternité qui desserviront une population de 60 000 personnes et où auront lieu quelque 50 accouchements par mois. Le projet comportera la formation de sages-femmes professionnelles et de personnel haïtien de gestion et de la santé. Chaque nouvelle clinique de maternité comptera deux sages-femmes qualifiées et offrira des services, entre autres des soins néonatals et d'obstétrique d'urgence, des services de planification familiale, des services de prévention et de dépistage du VIH/sida et des infections transmises sexuellement, ainsi que des services aux victimes de violence sexuelle. Dans le cadre de l'initiative du FNUAP, on estime que quelque 230 000 femmes et filles, dont 25 000 femmes enceintes, qui ont été victimes du séisme auront davantage accès à des services préventifs et d'urgence en matière de néonatalité et d'obstétrique. En outre, quelque 500 femmes victimes de violence fondée sur le sexe dans les camps bénéficieront de soins médicaux et psychologiques. Par ailleurs, 160 000 femmes vivant dans des camps auront accès à des services de planification familiale qui tiendront compte des réalités culturelles. (5 millions de dollars échelonnés sur deux ans)
  • Nouvel hôpital provincial aux Gonaïves comprenant une maternité et des installations pédiatriques
    En avril 2010, la ministre Oda avait annoncé que le Canada construirait aux Gonaïves un hôpital provincial de type II doté de 200 lits, pour remplacer le petit hôpital détruit par des inondations lors de l'ouragan qui a balayé le pays en 2008. Le nouvel établissement servira de modèle pour d'autres hôpitaux provinciaux en Haïti. À l'heure actuelle, un hôpital de fortune aménagé dans un entrepôt aux Gonaïves sert la population au moyen d'équipement et d'infrastructures rudimentaires. Une maternité comptant 30 lits (services néonatals, obstétricaux et gynécologiques), une unité pédiatrique de 35 lits et un centre d'hébergement pré-accouchement s'ajouteront au plan initial de l'hôpital, ce qui permettra aux femmes et aux enfants de la province de l'Artibonite d'avoir plus facilement accès à des services de santé spécialisés de meilleure qualité.(10 millions de dollars échelonnés sur deux ans, qui s'ajoutent aux 20 millions de dollars prévus à l'origine pour la construction de l'hôpital)
  • Amélioration des services de santé maternelle et infantile dans le Haut Artibonite
    Le Centre de coopération internationale en santé et développement (CCISD), situé au Canada, gérera un projet qui vise à améliorer les services en matière de santé des mères, des nouveau-nés et des enfants, projet qui pourrait profiter à 260 000 femmes et à 140 500 enfants dans la province de l'Artibonite. Il s'agit de remettre les infrastructures en état, d'installer de l'équipement et de former du personnel pour neuf cliniques d'obstétrique et sept centres de santé communautaires. Cinq des cliniques d'obstétrique s'occuperont de soins obstétricaux et néonatals d'urgence, tandis que quatre dispenseront des soins plus poussés, y compris des césariennes et des transfusions sanguines. Les cliniques communautaires offriront quant à elles des services de base destinés aux enfants de moins de cinq ans dans les régions rurales isolées, notamment des services de vaccination systématique, de distribution de suppléments de vitamine A, de suivi de la croissance, de réhydratation par voie orale et de déparasitage. En outre, 40 initiatives d'approvisionnement en eau et d'assainissement seront réalisées dans le cadre de ce projet, en vue de prévenir la propagation de maladies comme le choléra et d'améliorer le système d'aiguillage et la coordination entre les services communautaires et les services offerts à l'échelle provinciale. (15 millions de dollars échelonnés sur cinq ans, dont 5 millions font partie des 400 millions de dollars promis par le Canada à l'appui du redressement et de la reconstruction d'Haïti)

Secteur de l'éducation

Haïti affiche les taux d'alphabétisation et d'éducation les plus faibles de tout l'hémisphère occidental, avec plus de trois millions d'Haïtiens illettrés. Environ le tiers des enfants en âge d'aller à l'école primaire ne fréquentent pas l'école en raison du coût élevé des frais de scolarité, des uniformes et des fournitures scolaires. L'accès à l'éducation de base s'est détérioré depuis le séisme de 2010, à cause de la destruction des infrastructures scolaires, de l'incapacité continue de la population de payer les frais de scolarité et de la grave pénurie d'enseignants qualifiés. En 2008, un ouragan avait endommagé ou détruit plus de 964 écoles; en 2010, le séisme en a endommagé 4 500 autres, soit près de 80 % des écoles en Haïti.

  • Augmenter l'accès à l'éducation pour les enfants d'Haïti
    L'ACDI donnera son appui à un projet de deux ans de la Banque interaméricaine de développement (BID). Ce projet permettra d'accorder une dispense des frais de scolarité à 35 000 enfants issus des familles les plus pauvres et fournira des fournitures scolaires (uniformes, sacs d'école, cahiers et crayons) à 35 000 autres enfants. Dans le cadre de ce projet, on construira également 35 écoles semi-permanentes et on enlèvera les débris dans les trois provinces les plus touchées par le séisme. Les écoles seront dotées chacune de 11 salles de classe, de mobilier, d'équipement, d'installations sanitaires, de bureaux administratifs, d'eau courante et d'électricité. Les écoles auront un ratio élèves/enseignants acceptable, et seront construites conformément à des codes de construction rigoureux afin de résister aux ouragans et aux séismes. (20 millions de dollars échelonnés sur deux ans)

Secteur agricole

Le gouvernement d'Haïti et la Commission intérimaire pour la reconstruction d'Haïti on ciblé le secteur agricole comme l'un des six secteurs prioritaires pour les efforts de reconstruction d'Haïti. Ce secteur est souligné dans le Plan d'action national pour la reconstruction et le développement d'Haïti comme l'une des principales forces pour raviver la sécurité alimentaire et la croissance économique du pays.

  • Étendre le système de financement et d'assurance pour les exploitants agricoles haïtiens
    L'ACDI soutiendra un système de financement par le crédit et d'assurances agricoles qui encouragera les banques commerciales et les coopératives de crédit à consentir des prêts aux entreprises agricoles viables et à aider les exploitants agricoles à gérer les risques et l'incertitude. L'appui de l'ACDI aidera aussi le gouvernement haïtien et les institutions financières du pays à adopter les cadres légaux et réglementaires dont le Bureau de crédit agricole d'Haïti a besoin pour gérer un système de services financiers et de crédit agricoles pour les producteurs agricoles de petite et de moyenne taille. Cette initiative novatrice est mise en œuvre par un consortium sous la direction de Développement international Desjardins, et comprend la Financière agricole du Québec (division du développement international) et l'Institut interaméricain de coopération pour l'agriculture. (19,5 millions de dollars échelonnés sur sept ans, dont les deux premières années font partie de l'engagement de 400 millions de dollars du gouvernement du Canada pour le redressement et la reconstruction d'Haïti)
  • Renforcer la sécurité alimentaire en Haïti
    L'organisation canadienne catholique Développement et Paix, en collaboration avec son partenaire local Mouvement Paysan Papaye (MPP), mettra en œuvre un projet dont profiteront jusqu'à 20 000 familles en milieu rural, y compris 4 000 familles qui se sont réfugiées suite au séisme dans la région montagneuse du département du Centre, à la frontière de la République dominicaine. Ce projet comprendra la gestion des bassins versants, l'amélioration de l'utilisation des terres, le reboisement, l'accroissement de la production agricole et la création d'emplois. Il permettra d'offrir aux familles agricoles des semences de qualité, surtout des semences de pois, de maïs, de fèves et d'arachides, et de leur donner des connaissances techniques liées à l'élevage des animaux, à la revitalisation des terres et à la conservation, par exemple des connaissances sur l'importance de la couverture forestière. Selon les estimations, le projet devrait avoir comme résultat un accroissement de 30 % de la production de fruits et de légumes frais, de 20 % de la production de bananes, de 10 % de la production de pommes de terre et de manioc, et de 5 % de la production de viande et d'œufs. En outre, ce projet comprend des efforts pour améliorer l'accès à l'eau potable, grâce à la construction de 20 puits, de 20 points d'eau et de 200 citernes, ainsi que de 6 centres d'entreposage et de silos à grains, pour réduire les pertes d'au moins 30 %. Pour ce faire, on devra donner de la formation à 5 200 familles, planter 3 000 jardins et plus de 400 000 arbres, et réparer ou développer 12 pépinières. (2,1 millions de dollars échelonnés sur deux ans; la Commission intérimaire pour la reconstruction d'Haïti a été consultée au préalable sur l'adoption officielle de ce projet)
  • Accroître l'emploi et les revenus des exploitants agricoles haïtiens
    Cette prolongation nécessaire d'un projet en raison du séisme est mise en œuvre par l'Union des producteurs agricoles — Développement international (UPA-DI) dans quatre collectivités rurales à Labrousse au profit de 400 amilles agricoles, dont 50 % sont dirigées par des femmes. Le projet vise à offrir de la formation en gestion et de la formation technique qui permettront d'augmenter la production et la transformation des produits agricoles, de réduire l'érosion des sols, de remettre en état des pépinières endommagées et de distribuer 20 tonnes de semences de fèves et de 20 000 semis d'arbres. Le projet comprend aussi le don d'un nouveau moulin à manioc qui sera géré par 20 femmes et d'une nouvelle ferme-école. Des terrasses et des structures de lutte contre l'érosion seront construites par 500 personnes déplacées et sans emploi, dans 4 bassins versants, pour une superficie totale de 160 hectares. (1,5 million de dollars échelonné sur six mois; la Commission intérimaire pour la reconstruction d'Haïti a été consultée au préalable sur l'adoption officielle de ce projet)

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