Déclaration du ministre Paradis : Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes

Le 25 novembre 2013

Qu’elles soient chefs de file, enseignantes, employées ou pourvoyeuses de soins, les femmes jouent un rôle essentiel pour le maintien de la santé et du bien-être de leurs enfants, de leurs familles et de leurs collectivités. L’expérience nous a démontré que les investissements au profit des femmes et des filles génèrent des résultats positifs et durables dans tous les aspects du développement : ils permettent en effet d’améliorer la santé des enfants et des familles et d’accroître la richesse de l’économie et l’épanouissement de la société. Mais pour ce faire, les femmes et les filles doivent pouvoir vivre dans des milieux exempts de violence.

À l’échelon mondial, une femme sur trois sera battue, violée ou brutalisée par un partenaire intime au cours de sa vie. En fait, les femmes âgées de 15 à 44 ans sont plus susceptibles d’être victimes de viol ou de violence conjugale que du cancer, d’un accident de voiture, de la guerre ou du paludisme, selon les données de la Banque mondiale.

La violence à l’égard des femmes comprend aussi le viol comme tactique de guerre pendant ou après les conflits armés. Lors du génocide de 1994 au Rwanda, entre 250 000 et 500 000 femmes ont été violées. Au début des années 1990, entre 20 000 et 50 000 femmes ont été violées pendant la durée du conflit en Bosnie. Nous avons pu constater les mêmes situations récemment en Syrie.

La violence envers les femmes trouve ses racines dans l’inégalité entre les sexes et la discrimination constante. Il s’agit d’un cercle vicieux. Les femmes et les filles qui sont marginalisées ou qui vivent dans la pauvreté sont plus à risque d'être victimes de violence. Du même coup, la violence exacerbe la discrimination fondée sur le sexe, ce qui empêche les femmes et les filles de participer pleinement à la société et les pousse encore plus loin dans la pauvreté.

Le gouvernement du Canada a placé la promotion des droits fondamentaux des femmes et des filles et l'égalité entre les femmes et les hommes au cœur de ses politiques nationale et étrangère. Depuis plus de 30 ans, Affaires étrangères, Commerce et Développement Canada tient compte de l’égalité entre les sexes dans ses programmes de développement et veille à ce que chaque projet favorise l’autonomisation des femmes et des filles.

Par exemple, en République démocratique du Congo, où la prévalence des actes de violence sexuelle est parmi les plus élevées dans le monde, le Canada a offert un soutien à long terme à des personnes ayant survécu à la violence sexuelle afin de prévenir de tels crimes et d’aider à traduire en justice les auteurs des crimes. Depuis 2006, des milliers de survivants ont eu accès à des soins de santé et à des soins psychosociaux, ont reçu du soutien juridique et ont acquis de nouvelles habiletés rémunératrices leur permettant de devenir autonomes.

Le Canada appuie également un programme de justice pénale au Guatemala, au Salvador, au Honduras et en Éthiopie auquel contribuent de nombreux pays et qui vise à renforcer la primauté du droit et à améliorer la capacité du système juridique à réagir aux crimes violents graves, dont la violence envers les femmes. Nous constatons déjà des résultats considérables. En Éthiopie, par exemple, 18 policières et procureures qui travaillent auprès de femmes victimes de violence ont reçu une formation, au cours de la dernière année, afin de reconnaître les dossiers de cette nature et de les préparer en vue des poursuites.

À cela s’ajoutent le soutien continu et les mesures d’application du Canada concernant les résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies sur les femmes, la paix et la sécurité. Le Canada a aussi appuyé la création d’ONU Femmes, organisation qui met en lumière les enjeux féminins aux Nations Unies et dans les pays qui en sont membres, et qui contribue à aplanir les difficultés auxquelles les femmes se heurtent.

En cette journée, j’invite les Canadiennes et les Canadiens à lutter contre la violence faite aux femmes et aux filles et à prendre conscience du fait qu’il est impératif de permettre à ces dernières d’exercer leurs droits si nous voulons édifier un monde juste et sûr où règne la paix.

Christian Paradis
Ministre du Développement international et ministre de la Francophonie