Conférence du gouvernement du Canada et du Forum économique mondial : Optimiser l'importance des industries extractives pour le développement

Le 2 mars 2013
Toronto (Ontario)

Introduction

Bonjour mesdames et messieurs, et bienvenue.

Au nom de notre gouvernement et du premier ministre Harper, je suis heureux de vous accueillir à cette conférence dans le cadre de laquelle nous réfléchirons à la façon de mettre l'industrie extractive au service du développement.

Je voudrais d'abord remercier tout particulièrement le Forum économique mondial, qui a organisé cette conférence importante.

Cette conférence n'est que l'une des multiples activités fructueuses que nous avons organisées conjointement avec le Forum économique mondial pour discuter de l'industrie extractive et du développement.

Notre gouvernement est fier de travailler en partenariat avec un organisme qui, comme nous, est résolu à promouvoir une exploitation responsable des ressources.

Un développement soucieux d'exploiter les ressources du sous-sol au profit des gens qui vivent au-dessus du sous-sol, et particulièrement des gens les plus défavorisés.

Il s'agit là d'un domaine où le Canada a de l'expérience. La rencontre d'aujourd'hui est l'occasion parfaite pour parler avec nos amis venus des quatre coins du monde de nos expériences respectives et de nos pratiques exemplaires à ce chapitre.

Je suis heureux de voir dans la salle les visages familiers ou nouveaux de nombreux représentants du gouvernement, de l'industrie et de la société civile.

Bien sûr, votre présence en si grand nombre est en grande partie attribuable à la tenue de cette conférence en marge du Congrès annuel international de l'Association canadienne des prospecteurs et entrepreneurs.

J'aimerais remercier personnellement l'Association minière du Canada, qui organise le déjeuner et la réception, plus tard dans la journée.

Je suis très heureux que vous soyez venus en si grand nombre à Toronto, ce matin, pour parler de votre expérience et du fruit de vos réflexions sur cet enjeu mondial important.

J'espère que les participants qui viennent de l'étranger auront la chance, pendant qu'ils sont ici, de voir quelques-uns des sites magnifiques que le Canada a à offrir.

Même si le chemin qui vous a mené jusqu'à Toronto a peut-être été long, je suis certain que vous conviendrez avec moi que ce n'est rien en regard du chemin que nous avons parcouru pour arriver au point où nous en sommes aujourd'hui, à ce stade de notre discussion sur les façons de mettre l'industrie extractive au service du développement.

L'industrie extractive au service du développement

En novembre dernier, alors que je m'adressais au Club économique du Canada, j'ai indiqué que notre gouvernement entendait mettre davantage l'accent sur la création de partenariats avec le secteur privé dans le cadre du développement international.

Je peux vous assurer que mes propos en ont fait sourciller plus d'un.

Certains ont cru voir dans cette décision l'expression de la volonté de notre gouvernement de s'éloigner de la voie que le Canada a toujours suivie pour venir en aide aux populations des pays en développement.

Bien sur, cela n'est tout simplement pas vrai.

Une des priorités de notre gouvernement est — et a toujours été — de lutter contre la pauvreté et d'apporter des résultats tangibles aux plus démunis du monde.

Mais nous ne voulons pas apporter des solutions temporaires.

Nous sommes résolus à obtenir des résultats significatifs et durables.

Nous voulons sortir des millions de personnes de la pauvreté par une croissance économique durable afin que les familles, les collectivités et, à terme, les pays en développement soient en mesure de répondre aux besoins de base de leurs populations et de prendre le chemin de la prospérité.

Nous demeurons fermement résolus à poursuivre cet objectif.

Et il est de notre devoir d'envisager tous les partenariats et toutes les idées novatrices pour atteindre cet objectif fondamental.

L'émergence d'un secteur privé dynamique qui créé des emplois, qui fournit des biens et des services et qui peut assurer la prestation de services sociaux comme la santé et l'éducation est la clé d'une croissance durable.

En 2011, l'Afrique, l'Asie, l'Amérique centrale et l'Amérique du Sud ont exporté du pétrole et des minéraux pour une valeur totale supérieure à un virgule quatre billion de dollars (1,4 billion de dollars).

Cette somme est plus de dix fois supérieure à la valeur de l'aide internationale au développement qui est apportée chaque année aux pays en développement.

Et ces exportations de pétrole et de minéraux ont permis la création d'emplois et l'amélioration des moyens de subsistance pour des millions de personnes.

En 2010, le secteur minier employait plus de 2 millions de personnes dans le monde en développement, tandis que quelque 25 millions de personnes vivaient d'activités minières informelles et à petite échelle.

Or, tout indique que cette tendance s'accentuera, puisque certains pays en développement devraient devenir de grands consommateurs de ressources au cours des dix prochaines années.

Nous savons qu'une gestion responsable du secteur de l'extraction peut changer bien des choses.

Qu'elle peut favoriser la croissance économique et se traduire par des emplois rémunérateurs et plus de ressources pour les familles et les collectivités.

Or, de nombreux pays riches en ressources n'ont pas les capacités techniques requises ou les capacités nécessaires en matière d'infrastructures et de gouvernance pour tirer parti du plein potentiel de leurs ressources naturelles et pour en faire profiter au maximum leur population.

Nous ne pouvons pas manquer cette chance de bien faire les choses.

Expérience canadienne

Parce qu'il est un exemple de réussite dans le secteur de l'extraction, le Canada est bien placé pour aider les pays en développement à surmonter leurs difficultés et à mettre en œuvre leur vision de ce secteur en constante évolution.

Notre propre économie repose sur une gestion responsable des ressources naturelles. Cela a contribué — et continue à contribuer — de bien des façons à nos nombreux progrès économiques et sociaux.

L'industrie extractive a permis au Canada de bâtir des routes, des lignes de chemin de fer et des réseaux électriques et de communications.

Elle a contribué au développement de technologies énergétiques propres et à la création de centaines de milliers d'emplois bien rémunérés, au pays — y compris dans les communautés autochtones et les collectivités du nord sous-employées — et à l'étranger.

Je ne prétends pas que notre expérience dans le secteur de l'extraction ait été parfaite — mais nous en avons tiré de nombreuses leçons.

Aujourd'hui, le Canada est un leader mondial dans le secteur de l'extraction parce que nous avons fait preuve de diligence.

Nous avons consulté des experts de l'industrie et de la société civile — comme vous — au Canada et à l'étranger.

Nous avons travaillé avec plusieurs d'entre vous pour mettre en œuvre des lois environnementales, établir des conditions de travail sécuritaires et mettre en place des systèmes d'imposition équitables.

Et nous continuons d'écouter tous nos partenaires, au pays et à l'étranger, qui ont eux-mêmes fait du développement du secteur de l'extraction une priorité.

C'est notamment le cas pour l'Éthiopie. Vous aurez d'ailleurs l'occasion d'en savoir un peu plus de la bouche même de la ministre des Mines.

J'ai eu le plaisir de la rencontrer à Addis, il y a quelques semaines, et nous avons eu une conversation très fructueuse. J'entrevois avec plaisir la possibilité de pousser plus avant notre collaboration.

Renforcement des capacités

Permettez-moi de vous dire quelques mots sur ce que le Canada entend faire pour encourager une exploitation responsable des ressources à des fins de développement.

D'abord, nous travaillons pour renforcer les capacités des gouvernements des pays en développement à gérer leurs ressources de façon responsable et durable.

Pour être durable sur les plans économique, social et environnemental, tout secteur des ressources doit reposer sur une telle base.

Cela signifie qu'il est nécessaire d'élaborer des codes miniers, des lois sur le pétrole et le gaz et des régimes fiscaux clairs et cohérents.

Cela signifie aussi qu'il faut élaborer des politiques portant sur divers enjeux et touchant divers secteurs — y compris l'environnement et les droits de la personne — et assurer la coordination de ces politiques.

Finalement, cela signifie qu'il faut renforcer les systèmes d'information afin que les gouvernements puissent produire des données géologiques, pour ensuite les partager et les utiliser en vue de planifier l'exploitation de leurs ressources.

Le travail du Canada avec le Pérou est un exemple parfait à cet égard.

Je suis d'ailleurs extrêmement heureux que le ministre de l'Énergie et des Mines du Pérou, l'honorable Jorge Merino Tafur, ait pu se joindre à nous aujourd'hui.

Le secteur de l'extraction du Pérou est au cœur du boom économique que ce pays a connu au cours des dix dernières années.

Avec le soutien du gouvernement canadien, le gouvernement péruvien a mis en œuvre des réformes dans le secteur minier qui ont contribué au développement rapide de ce secteur.

Ces mêmes réformes aident maintenant les administrations locales péruviennes à assurer une prestation efficace de services (comme des services d'éducation et de soins de santé) qui peuvent transformer des pays et des collectivités et assurer un avenir meilleur à une main-d'œuvre toujours plus nombreuse.

Création d'un climat propice aux affaires

Le gouvernement du Canada cherche également à faciliter la croissance des entreprises et à améliorer le développement économique local.

Au-delà des emplois qu'elles créent dans le secteur de l'extraction, les industries extractives créent aussi des emplois indirects en stimulant la demande pour de l'équipement, de la nourriture, des services d'entretien et d'autres services.

Le Canada aide les petites et moyennes entreprises à prendre leur place dans ces chaînes de valeur en offrant des services directs et indirects aux acteurs du secteur de l'extraction et aux collectivités qui en vivent.

Le Canada aide également les entreprises locales à tirer parti de la nouvelle infrastructure pour développer d'autres secteurs, comme l'agriculture et les industries des services, dans des domaines proches des industries extractives.

La construction de nouvelles routes et les améliorations liées aux activités extractives peuvent aider les agriculteurs à accéder plus rapidement aux marchés et à accroître leurs revenus grâce à la baisse des coûts de distribution.

Maximiser les avantages

Finalement, le Canada aide les collectivités à maximiser les avantages tirés du secteur de l'extraction.

Il ne faut pas perdre de vue que le secteur de l'extraction ne se résume pas à l'exploitation des ressources qui sont dans le sous-sol ou sous le plancher océanique.

Car il y a également des ressources au-dessus du sous-sol : les gens.

De nombreux pays en développement ont une forte demande en travailleurs qualifiés. Or, malgré les grands réservoirs de main-d'œuvre, leur nombre reste insuffisant.

Nous cherchons à combler ce manque en donnant à des femmes, des hommes, des filles et des garçons la possibilité d'acquérir ou de perfectionner des compétences, de façon à accroître leurs chances d'emploi dans le secteur de l'extraction et dans des domaines connexes.

Par exemple, en appuyant un projet de Plan Canada qu'elle finance conjointement avec IAMGOLD, l'ACDI contribue à former dix mille (10 000) jeunes dans plus d'une douzaine de collectivités du Burkina Faso pour qu'ils puissent trouver des emplois mieux rémunérés.

Cela n'est pas simplement de l'altruisme : c'est rentable.

En embauchant localement, les entreprises de l'industrie extractive ont accès une main-d'œuvre locale qualifiée et dévouée et elles sont mieux intégrées au sein des collectivités où elles sont présentes.

Le renforcement de la prise en charge locale contribue à combler les écarts sociaux qui sont beaucoup trop répandus dans les collectivités minières, et ce, aussi bien au Canada qu'à l'étranger.

C'est aussi pourquoi nous encourageons aussi les collectivités à travailler de façon constructive avec les gouvernements et les entreprises du secteur de l'extraction.

Il est absolument indispensable que les collectivités comprennent quels sont leurs droits au chapitre de l'environnement, de l'égalité entre les sexes, du travail des enfants et de la santé et de la sécurité au travail, afin qu'elles puissent exprimer leurs préoccupations de façon constructive.

Quoi que nous fassions — renforcer les capacités en matière de gouvernance, encourager la croissance des entreprises ou permettre aux collectivités de tirer le maximum de l'exploitation des ressources — nous travaillons aussi pour accroître la transparence et la responsabilité de tous les acteurs de la chaîne de valeurs.

Institut pour les industries extractives

Ce travail sera renforcé grâce à la création de l'Institut canadien international pour les industries extractives et le développement, annoncée par le premier ministre Harper en 2011.

En novembre dernier, j'ai annoncé que l'Université de la Colombie Britannique et l'Université Simon Fraser accueilleront ce nouvel organisme.

L'Institut mettra à profit l'expertise canadienne pour aider les pays en développement à renforcer leur gestion financière dans le secteur de l'extraction, de façon à maximiser les avantages liés au développement social à l'échelon des collectivités et des pays.

J'ai d'ailleurs eu le plaisir de visiter la belle province de la Colombie-Britannique, la semaine dernière, et de rencontrer les dirigeants de l'Institut.

Je suis heureux de vous annoncer que l'Institut prend forme rapidement.

Et j'espère que plusieurs d'entre vous, qui êtes présents aujourd'hui, appuieront le travail de cet institut et en profiteront.

La mise sur pied de l'Institut d'est qu'un exemple parmi tant d'autres des efforts que nous déployons pour faciliter le développement par le secteur privé.

Le Canada se met en phase avec le reste du monde par la place centrale que notre gouvernement donne au secteur privé.

En effet, comme vous le savez, le modèle a été utilisé avec succès par des organismes de développement aux États-Unis, en Angleterre, en Australie ainsi que dans de nombreux pays émergents.

Le Canada appuie également le nouveau Centre africain de développement de l'industrie minière, qui sera l'élément moteur de la mise en œuvre de la Vision minière pour l'Afrique entérinée par les ministres africains.

Ce centre offrira un soutien technique aux États africains qui souhaitent mettre le secteur de l'extraction au service du développement et de la transformation sociale.

Le Canada est fier d'être un contributeur de premier plan à ce centre.

Tandis que la mise sur pied de l'Institut canadien international pour les industries extractives et le développement et du Centre africain de développement de l'industrie minière se poursuit, nous souhaitons explorer les possibilités de collaboration et de partage des connaissances entre ces deux organismes.

Parce que dans le domaine du développement international, l'établissement de partenariats solides est fondamental.

Partenariat

Pour mettre à contribution les industries extractives à l'appui du développement, les gouvernements, l'industrie, la société civile et les collectivités doivent travailler main dans la main, en vue d'adopter une approche durable et équitable.

Dans un premier temps, les pays en développement doivent cependant faire preuve du leadership et de la volonté politique nécessaires.

En ce sens, nombre de dirigeants gouvernementaux en Asie, dans les Amériques et en Afrique ouvrent la voie.

Dans un deuxième temps, les entreprises extractives doivent être à la table. D'ailleurs, nous sommes ravis de voir qu'elles sont si bien représentées aujourd'hui.

En effet, vous investissez dans les collectivités dans lesquelles vous travaillez.

Et après tout, du point de vue des affaires, il est tout à fait logique que vous entreteniez de bonnes relations avec les collectivités où vous êtes présentes, si vous voulez que votre investissement vaille la peine.

Dans un troisième temps, les membres de la société civile canadienne et locale aux vues constructives se doivent de jouer un rôle de plus en plus grand dans les collectivités minières des pays en développement.

Car ils sont de précieux partenaires pour les sociétés extractives.

Ils peuvent faire part aux gouvernements et à l'industrie des besoins et préoccupations des collectivités, et combler des lacunes en offrant une formation qui permette l'acquisition de compétences, pour stimuler l'emploi à l'échelle locale.

Conclusion

Ce ne sont pas là des enjeux secondaires, mesdames et messieurs.

Il s'agit de conditions qui sont au cœur du développement à long terme de bien des pays et des collectivités dans le monde, même ici au Canada.

Avant de conclure, je tiens à répéter que c'était un plaisir de vous accueillir aujourd'hui.

J'espère que vous avez trouvé intéressantes les discussions des groupes d'experts organisées à votre intention.

Je suis convaincu que vous partirez tous avec de nouvelles idées sur les pratiques exemplaires qui existent, que vous aurez pu tisser de nouveaux liens et que vous serez animés d'une énergie renouvelée. Vous serez ainsi mieux en mesure de relever les défis qui vous attendent dans les pays en développement, grâce à des partenariats mettant à contribution le secteur privé.

Rappelons nous, toutefois, qu'il ne suffit plus de vaquer à notre travail comme auparavant.

Nous devons aussi améliorer nos communications avec ceux et celles qui, ici même et à l'étranger, ne voient peut être pas les occasions extraordinaires que nos partenariats peuvent représenter pour les familles qui vivent dans la pauvreté.

Je vous encourage donc à parler de vos expériences avec vos collègues ici présents, tout comme à parler de ce que vous aurez appris à cette conférence lorsque vous retournerez dans votre milieu.

Car nous serons tous gagnants si nous parvenons à établir un contexte commercial stable et équitable qui soit propre à :

  • encourager l'investissement,
  • favoriser la transparence et la reddition de comptes,
  • promouvoir le respect des droits de la personne et de l'environnement,
  • faire en sorte que les gens tirent parti de la richesse que recèlent leurs ressources.

Voilà justement ce à quoi le gouvernement s'efforce d'arriver. Dans cette optique, je suis impatient de travailler avec vous pour que l'industrie extractive se taille une plus grande place à titre de catalyseur de changements positifs dans les pays en développement.

Je vous remercie.