Le ministre Fantino prononce un discours à l'occasion de la réunion du conseil d'administration de l'Association minière du Canada

Le 19 juin 2013 - Ottawa

L'allocution prononcée fait foi

Bonjour à tous.

Je vous remercie de m'avoir invité aujourd'hui.

J'aurais aimé me joindre à vous pour le dîner hier soir, mais j'ai eu des affaires à régler au Parlement.

À une certaine époque, la plupart des gens se seraient demandé quel message le ministre de la Coopération internationale pourrait vouloir transmettre à un groupe tel que le vôtre.

La réponse n'a pas toujours été évidente.

Je suis heureux que cette réponse soit maintenant plus claire, et peut-être même plus claire que jamais.

Il existe des liens bien réels entre les efforts que déploie le Canada à l'échelle internationale pour aider les personnes vivant dans la pauvreté et sa collaboration et ses partenariats avec les industries extractives canadiennes.

Pour sa part, le gouvernement du Canada a comme priorité de réduire la pauvreté et d'obtenir des résultats concrets au profit des personnes les plus démunies du monde.

Il demeure fermement résolu à poursuivre cet objectif et explorera tous les partenariats possibles et toutes les idées novatrices qui lui permettront d'y parvenir.

C'est là que votre rôle commence.

La réduction de la pauvreté dépend de la croissance économique durable.

Rares sont ceux qui peuvent mieux stimuler une telle croissance que les entreprises du secteur privé dont les activités et les investissements touchent certains secteurs des pays en développement.

En 2011 (deux mille onze), l'Afrique, l'Asie, l'Amérique centrale et l'Amérique du Sud ont exporté du pétrole et des minéraux pour une valeur totale supérieure à 1,4 (un virgule quatre) billion de dollars.

Cette somme est plus de dix fois supérieure à la valeur de l'aide au développement international qui a été apportée aux pays en développement cette année là.

Et ces exportations de pétrole et de minéraux ont permis la création d'emplois et l'amélioration des moyens de subsistance dont des millions de personnes ont bénéficié.

En 2010, le secteur minier officiel employait plus de deux millions de personnes dans les pays en développement.

Et quelque 25 (vingt-cinq) millions de personnes travaillaient dans le secteur de l'exploitation minière informelle et à petite échelle.

Comme certains pays en développement devraient devenir de grands consommateurs de ressources au cours des dix prochaines années, tout indique que cette tendance s'accentuera.

Ainsi, une gestion responsable du secteur de l'extraction peut changer bien des choses, et dans certains domaines, elle l'a déjà fait.

Elle peut favoriser la croissance économique durable et permettre d'offrir davantage d'emplois rémunérateurs et plus de ressources aux familles et aux collectivités actuellement en difficulté.

De nombreux pays riches en ressources n'ont pas les capacités techniques requises ni les capacités d'infrastructure et de gouvernance nécessaires pour tirer parti du plein potentiel de leurs ressources naturelles.

Il s'agit d'un obstacle que la population doit surmonter pour bénéficier des avantages que procurent ses ressources.

C'est pourquoi le Canada collabore avec les gouvernements de pays en développement pour renforcer leur capacité à gérer leurs ressources naturelles d'une manière durable et responsable.

C'est le seul fondement sur lequel peut s'appuyer un secteur de ressources durables sur le plan économique, social et environnemental pour assurer son avenir.

Le mois dernier, pendant sa visite au Pérou, le premier ministre Stephen Harper a annoncé une série d'investissements canadiens dans des initiatives de développement.

Ces initiatives aideront le pays à profiter pleinement de la richesse de ses ressources naturelles.

Plus précisément, ces investissements permettront de mieux évaluer l'incidence environnementale du secteur de l'extraction au Pérou.

Ces investissements permettront aussi d'améliorer la gestion des ressources naturelles à l'échelle régionale et de diversifier les activités économiques dans les régions qui dépendent du secteur de l'extraction.

Toutes ces initiatives profiteront aux Péruviens qui vivent dans les collectivités minières ou à proximité.

Plus récemment, le premier ministre a également annoncé que le Canada dirigerait le partenariat du G8 avec le Pérou et la Tanzanie.

Son aide servira à accroître la transparence et à renforcer la gouvernance dans les secteurs pétrolier, gazier et minier respectifs de ces pays.

Le Canada collaborera avec des gouvernements, la société civile et des entreprises au Pérou et en Tanzanie pour :

  • améliorer la surveillance de la réglementation;
  • assurer la coordination et la transparence des questions fiscales et des questions de vérification;
  • gérer les redevances que les administrations locales et régionales perçoivent des entreprises d'extraction.

Une divulgation des paiements plus transparente peut accroître la responsabilisation et l'intégrité et réduire la corruption.

À leur tour, ces avantages permettent de mieux garantir les investissements engagés par les entreprises minières du Canada.

Et ils aideront davantage de Péruviens et de Tanzaniens à récolter les fruits d'un accroissement des activités économiques.

La population pourrait ensuite profiter d'une amélioration des services publics, tels que l'éducation, et des soins de santé qui lui font cruellement défaut.

Voilà certaines des nombreuses raisons qui font du Canada l'un des plus grands donateurs à l'Initiative pour la transparence dans les industries extractives.

Cette initiative permet d'améliorer la responsabilisation à l'égard des redevances du secteur de l'extraction que perçoivent les gouvernements.

C'est aussi pour ces raisons que le premier ministre vient d'annoncer de nouvelles mesures relatives à la déclaration de revenus tirés des ressources et à la divulgation de ces revenus.

Le gouvernement comprend l'importance d'être transparent et de créer un climat d'affaires éthique.

Il reconnaît aussi l'importance de bien mettre en évidence les investissements réalisés par les entreprises extractives appuyant le développement social et économique.

Ensemble, ces mesures aident à affermir la réputation du Canada en tant que partenaire international solide.

Elles renforcent notre point de vue, c'est-à-dire que la participation du secteur privé au développement international est un moyen efficace de faire sortir des millions de personnes de la pauvreté.

Comme il est un exemple de réussite dans le secteur de l'extraction, le Canada occupe une place idéale pour aider les pays en développement à surmonter leurs difficultés et à mettre en œuvre leur vision de ce secteur en constante évolution.

Le nouvel Institut canadien international pour les industries extractives et le développement illustre le rôle de chef de file que joue le Canada pour aider les pays en développement à gérer le secteur de l'extraction.

Cet institut réunira les plus grands spécialistes du gouvernement, du secteur privé, du milieu universitaire et de la société civile du Canada sous un seul toit.

L'Institut fournira aux pays en développement l'appui dont ils ont besoin pour gérer leurs ressources naturelles de manière responsable.

Les pays en développement seront donc en mesure de générer les importants revenus dont ils ont besoin pour soutenir leur population.

Je crois que Bern Klein, directeur de l'École de génie minier de l'Université de la Colombie-Britannique et directeur administratif intérimaire de l'Institut, est ici.

Je sais que vous êtes tous impatients de l'entendre.

Compte tenu de son expérience en gestion des ressources naturelles, le Canada est bien placé pour aider les pays en développement à maximiser les avantages qu'ils peuvent tirer du secteur de l'extraction.

Le Canada peut aussi les aider à s'assurer que ces avantages permettent d'améliorer la qualité de vie globale de leurs citoyens.

Le Canada est résolu à atteindre cet objectif avec la collaboration des gouvernements des pays en développement, du secteur privé, de la société civile et de tout autre partenaire concerné.

Dans les pays en développement, la croissance économique durable et les stratégies de développement à long terme sont cruciales afin de s'assurer que les femmes et les hommes ont la possibilité de profiter d'un avenir sans pauvreté.

Étant donné que plus de pays en développement voient le secteur de l'extraction comme un moyen de stimuler la croissance économique, nous avons tous un rôle à jouer pour ouvrir la porte à un monde de possibilités.

C'est pourquoi le Canada se concentre sur l'accroissement des économies de façon plus durable, sur la gestion des ressources plus responsable et sur la collaboration plus étroite avec le secteur privé.

Je crois sincèrement qu'en établissant les bons partenariats et en se concentrant sur la croissance économique durable, le Canada peut, comme il l'a déjà fait, montrer la voie.

Nous pouvons veiller à ce que le secteur de l'extraction contribue à bâtir un monde plus prospère, plus sûr et plus juste.

Merci.