Discours du ministre Paradis aux assemblées annuelles du groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international

(activité tenue par le Centre de Toronto)

Washington, D.C.
Le 11 octobre 2013

Merci Tiff, pour la présentation et pour l'invitation.

C'est un plaisir d'être ici pour discuter du rôle du secteur financier dans le développement, particulièrement dans les domaines de la réglementation et de la supervision du secteur financier, domaines dans lesquels le Canada possède une expérience considérable qu'il peut transmettre.

Il est intéressant de constater que de nombreuses économies de pays en développement se sont mieux débrouillées pendant la crise financière mondiale que leurs homologues des pays industrialisés.

Certaines connaissent un taux de croissance annuel de 5 ou 6 %.

En fait, on prévoit que l'investissement mondial dans les pays en développement triplera d'ici 2030.

Les institutions financières seront des acteurs essentiels pour propulser et maintenir cette remontée.

Elles y parviendront en favorisant la stabilité financière et en répondant aux besoins des personnes, des ménages et des entreprises qui stimulent la croissance économique.

Je ne peux compter le nombre de fois que j'ai fait cette déclaration en tant que ministre de l'Industrie.

Ce sont les gens qui créent des emplois, stimulent la croissance et renforcent l'économie, pas les gouvernements.

C'est pourquoi il est particulièrement préoccupant de constater qu'à l'heure actuelle, 59 % des adultes dans les pays en développement n'ont pas de compte bancaire.

Ce n'est pas uniquement à cause de la pauvreté.

C'est à cause du coût, de la distance pour se rendre à une institution financière et des lourdeurs administratives.

Ces personnes représentent une quantité immense de capital inexploité. Du capital qui pourrait servir à stimuler la croissance économique et à contribuer à accroître la prospérité.

Parallèlement, nous savons que de nombreux pays en développement n'ont pas les structures financières de base d'une économie moderne.

Compte tenu de la mondialisation croissante du système financier, nous devons nous assurer que ces pays possèdent un régime de réglementation solide.

Cela est essentiel à l'obtention d'investissements directs de sources locales et étrangères, dont ces pays ont tant besoin, ce qui leur permet en plus de se protéger des crises financières.

Les institutions financières ont également besoin de règlements et de politiques judicieux pour fonctionner efficacement.

Cela comprend répondre aux besoins des pauvres et des gens sans services bancaires.

Il ne s'agit pas seulement d'un argument économique, mais d'un argument en faveur du développement.

Nous savons que la croissance économique dirigée par le secteur privé joue un rôle fondamental pour rompre le cycle de la pauvreté et de la dépendance.

C'est exactement le type d'inclusion financière qui est essentiel à la croissance dans l'avenir.

C'est pourquoi la croissance économique durable, en tant qu'outil pour éliminer la pauvreté, est une de nos principales priorités de développement.

La création d'un environnement favorable à l'investissement dans les pays en développement est la pierre angulaire de la croissance sous toutes ses formes.

Le Canada travaille directement avec les pays en développement pour bâtir l'environnement économique stable et prévisible nécessaire pour :

  • attirer l'investissement;
  • stimuler la croissance.

Il ne s'agit pas seulement d'ouvrir les pays à l'investissement et au commerce extérieur.

Il s'agit d'habiliter les pays pour qu'ils agissent à titre de partenaires commerciaux en étant dotés de marchés stables.

Il s'agit de s'assurer qu'ils possèdent une infrastructure financière suffisante pour recevoir des investissements.

Il s'agit de faire en sorte que les gouvernements puissent réglementer et encadrer efficacement leur secteur financier.

Et il s'agit de les aider à bâtir une économie dynamique pour qu'ils puissent fournir le soutien et les services dont leurs citoyens ont besoin.

Nous sommes tous conscients de la grande quantité de connaissances et de compétences spécialisées que la réglementation et la supervision du secteur financier exigent.

Je crois que le Canada est particulièrement bien placé pour aider les pays en développement à relever ce défi.

Bien que l'économie du Canada ne soit pas la plus importante au monde ni celle qui connaît la plus grande croissance, nous avons néanmoins résisté à la crise financière mondiale mieux que la majorité de nos partenaires commerciaux.

Aujourd'hui, nous nous trouvons à la tête des pays du G7 en ce qui a trait à la création d'emplois, à la croissance économique et au ratio de la dette au PIB.

Nous faisons partie des quelques nations qui possèdent une note de crédit triple A.

Nos titres sont parmi les investissements les plus recherchés au monde.

Cela signifie que les investisseurs ont confiance en notre capacité de gérer l'économie maintenant et à l'avenir.

Le Centre de Toronto s'est donné comme mission :

  • de renforcer les capacités du secteur financier dans les pays à faible revenu et les marchés émergents;
  • de diminuer le coût des opérations financières tout en améliorant les perspectives de croissance du secteur privé.

Ce sont les principales mesures pour favoriser la stabilité financière mondiale.

Notre gouvernement est fier d'être un des membres fondateurs du Centre et les résultats qu'il obtient sont encourageants.

Depuis sa fondation en 1998, il a formé plus de 5 500 gestionnaires d'organismes de réglementation et de surveillance financière dans plus de 170 pays.

C'est pourquoi je suis heureux d'annoncer que notre gouvernement versera des fonds supplémentaires au Centre de Toronto pour :

  • renforcer la supervision et la réglementation du secteur financier;
  • approfondir sa collaboration avec certains pays;
  • continuer de fournir des conseils spécialisés essentiels aux marchés des pays en développement.

Mesdames et Messieurs, cinq années ont passé depuis la crise financière mondiale, et l'économie mondiale est toujours en cours de rétablissement.

Nous devons poursuivre nos efforts pour trouver des solutions novatrices aux défis financiers, à la fois dans les pays industrialisés et les pays en développement.

L'éradication de la pauvreté extrême et la promotion de la prospérité mondiale représentent les deux côtés d'une même médaille.

Et en appuyant les pays en développement dans la surveillance financière et l'inclusion financière, nous pouvons réaliser les deux.

Je vous remercie.