Discours de la ministre Kellie Leitch, au nom du ministre Paradis, lors de la 20e Conférence canadienne sur la santé mondiale

Bonjour et merci de votre accueil chaleureux.

Je suis ravie d'être ici et de voir un aussi grand nombre d'experts canadiens et de partenaires mondiaux. Un coup d'œil autour de la salle suffit pour comprendre les raisons pour lesquelles le Canada est si respecté à l'échelle mondiale dans le domaine de la santé.

Dans cet ordre d'idées, je tiens à féliciter la Société canadienne de santé internationale de l'organisation de cette 20e conférence annuelle. Ces rencontres enrichissent véritablement le domaine de la santé mondiale.

Le thème de cette année qui porte sur l'impact que nous avons sur la santé mondiale est tout à fait pertinent. Il soulève des questions fondamentales : comment savons-nous que nous réalisons des progrès et que reste-t-il à faire?

En septembre 2000, le Canada, de même que 189 pays, a adopté la Déclaration du Millénaire des Nations Unies. Ce faisant, le Canada s'est engagé à améliorer la vie de milliards de personnes partout dans le monde.

La Déclaration a donné lieu à l'établissement de huit objectifs visant à favoriser la réalisation de progrès dans des domaines clés : la réduction de la pauvreté, l'égalité des sexes, l'éducation, la santé et l'environnement. Ces objectifs correspondent aussi aux valeurs et aux priorités du Canada.

Il y a 13 ans, les Objectifs du Millénaire pour le développement ont été établis comme étalons de mesure des activités de développement à l'échelle mondiale, et le moment est venu de faire le point.

Nous savons que des progrès importants ont été réalisés.

De 1990 à 2012, le taux de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans a chuté de plus de 40 %.

Le taux de mortalité maternelle a diminué de près de moitié.

Les décès liés au paludisme ont baissé de 30 % et la tuberculose a fléchi de 41 %.

Aujourd'hui, 72 % des enfants de l'Afrique subsaharienne sont couramment immunisés et plus de cinq millions de personnes dans des pays en développement reçoivent un traitement contre le VIH.

Malgré ces réalisations, il y a encore trop de personnes qui souffrent de malnutrition.

Il y a trop d'enfants, surtout des filles, qui ne peuvent fréquenter l'école.

Et beaucoup trop de femmes et d'enfants meurent de maladies souvent évitables, comme la pneumonie, la diarrhée et le paludisme.

Le Canada, sous le leadership du premier ministre Harper, joue un rôle de premier plan dans la lutte contre les problèmes touchant la santé des femmes, des nouveau-nés et des enfants à l'échelle mondiale. Le mois dernier, à New York, le premier ministre a renouvelé cet engagement lorsqu'il a déclaré qu'il ne fallait pas renoncer à atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement.

En fait, il importe plus que jamais d'atteindre ces objectifs, faute de quoi ce seront des milliers de vies qui seront perdues.

Engagement et réalisations du Canada

Lorsque le premier ministre a lancé l'Initiative de Muskoka sur la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants, il a contribué de manière importante à l'atteinte des Objectifs du Millénaire pour le développement qui accusent le plus de retard, c'est-à-dire ceux liés à la réduction de la mortalité infantile et à l'amélioration de la santé maternelle.

Cette initiative a permis d'obtenir des engagements internationaux représentant 7,3 milliards de dollars américains en nouveau financement sur cinq ans, dont 1,1 milliard de dollars du Canada.

Dans le cadre de cette initiative, on a aussi pris des mesures pour prévenir 64 000 décès de mères et 1,3 million de décès d'enfants de moins de cinq ans en renforçant les systèmes de santé, en réduisant le fardeau des maladies qui tuent les mères et les enfants et en améliorant la nutrition.

Les deux tiers de son engagement financier ayant été distribués, le Canada devrait respecter les promesses faites à Muskoka d'ici 2015.

Je suis fière que nos partenaires internationaux puissent compter sur le Canada pour verser les sommes promises.

Dans le cadre du Programme de partenariat de l'Initiative de Muskoka, on a accordé un financement à 28 projets qui viennent en aide aux mères et aux enfants.

Au titre de ce programme, Aide médicale internationale à l'enfance améliore les services de santé offerts à 150 femmes enceintes et allaitantes séropositives au Burundi, afin qu'elles aient une grossesse plus sûre et puissent prévenir la transmission du VIH à leurs enfants.

Le Réseau canadien pour la chirurgie internationale assure la formation de plus d'un millier de directeurs cliniciens, de médecins adjoints et de sages-femmes pour offrir des soins obstétricaux dans les milieux ruraux de la Tanzanie. Les médecins adjoints apprendront à effectuer des césariennes et, en même temps que les sages-femmes, s'initieront aux soins obstétricaux d'urgence.

Travaillant avec des partenaires multilatéraux et mondiaux, tels que l'Initiative pour les micronutriments, l'UNICEF et Helen Keller International, le Canada fournit la majorité des suppléments de vitamine A distribués à l'échelle mondiale depuis 1997, contribuant ainsi à réduire considérablement la mortalité chez les enfants.

Nous avons aussi joué un rôle de chef de file dans le Mouvement pour le renforcement de la nutrition, coordonnant nos efforts avec les donateurs et les autres intervenants afin de mieux appuyer les mesures prises par les pays pour améliorer la nutrition et surveiller les progrès réalisés.

Dans le cadre de l'Initiative catalytique pour sauver un million de vies, l'aide consentie par le Canada a permis à l'UNICEF de distribuer 37 millions de sachets de solution orale de réhydratation et 27 millions de comprimés de zinc à des enfants en Afrique, une innovation canadienne qui permet de traiter efficacement les cas non compliqués de diarrhée, sauvant ainsi la vie de nombreux enfants.

En investissant 1,5 milliard de dollars dans le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme depuis sa création, le Canada a aidé à obtenir des résultats considérables. On estime que plus de 100 000 vies sont sauvées tous les mois grâce aux programmes du Fonds.

Le Canada participe aussi activement aux programmes d'immunisation mondiaux en vue d'éradiquer des maladies. En avril 2013, le Canada a engagé 250 millions de dollars dans le cadre de l'Initiative mondiale pour l'éradication de la poliomyélite.

Notre appui à l'Alliance GAVI, organisation mondiale chef de file qui oriente ses activités sur l'accès à l'immunisation dans les pays pauvres, a aidé à prévenir le décès de plus de 500 000 enfants au cours des dix dernières années.

La contribution du Canada à ces programmes de santé, et à de nombreux autres de concert avec des pays partenaires, des organisations multilatérales et des organisations non gouvernementales canadiennes, explique en partie pourquoi le drapeau canadien est un symbole d'espoir et de générosité partout dans le monde.

Après 2015

Nous savons que bon nombre de cibles ne seront pas atteintes avant l'échéance de 2015 fixée pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement. Le programme établi pour l'après-2015 doit permettre de poursuivre ces efforts à l'avenir.

Il faut mettre à profit les nombreuses leçons apprises depuis l'adoption de la Déclaration du Millénaire, en particulier l'importance de la reddition de comptes, des partenariats et de l'innovation.

Nous savons que la santé des femmes et des enfants devra demeurer un élément essentiel de ce programme. Même si la Stratégie mondiale du secrétaire général de l'ONU pour la santé des femmes et des enfants a attiré une attention sans précédent sur ce problème, nous sommes encore loin du but.

C'est pourquoi le premier ministre a fait de la santé des femmes et des enfants l'une des grandes priorités de l'engagement international du Canada.

Lorsqu'ils établissent le prochain programme, les pays ne doivent pas perdre de vue ce problème, car nous savons qu'il est étroitement lié à la question plus vaste de l'équité, non seulement pour les femmes et les enfants, mais aussi pour toutes les personnes vulnérables.

Tout nouvel ensemble d'objectifs de développement doit mettre les gens les plus pauvres et vulnérables au cœur des efforts mondiaux, afin qu'ils puissent avoir enfin accès aux services et aux ressources dont ils ont grandement besoin.

Nous devons créer un monde où les gens ne font pas que survivre, mais où ils s'épanouissent — un monde où les familles, les collectivités et des pays tout entiers peuvent prospérer et croître.

À cette fin, nous devons pouvoir mesurer les progrès, déterminer les pratiques exemplaires, tirer parti des leçons et comprendre les raisons pour lesquelles ces problèmes et ces écarts persistent.

Le Canada a, encore une fois, été un chef de file en matière de reddition de comptes. L'an dernier, le premier ministre Harper a coprésidé la Commission d'information et de redevabilité pour la santé de la femme et de l'enfant des Nations Unies avec le président Kikwete de Tanzanie.

Nous savons que les plans de développement doivent être fondés sur un cadre de reddition de comptes simple et axé sur les résultats et de solides systèmes d'information nationaux.

La création de systèmes nationaux plus rigoureux pour l'enregistrement civil signifiera que nous pourrons mieux nous assurer que chaque nouveau-né a une identité, sur laquelle est fondée l'accès aux services de santé, à l'éducation et aux droits fonciers, ainsi que les droits de la personne.

Grâce à ces importantes statistiques, nous pourrons plus facilement déterminer combien de personnes meurent chaque jour et quelles sont les causes de leur décès.

Les pays en développement seront en meilleure position pour suivre et mesurer leurs progrès.

Enfin, de meilleurs renseignements permettront aux citoyens de demander des comptes à leur gouvernement en ce qui concerne les engagements pris.

L'innovation représentera un élément important de nos activités, à mesure qu'évolue le programme de développement et que nous trouvons de nouvelles façons d'assurer les services et les approvisionnements essentiels.

Les nouvelles technologies, la prolifération des technologies mobiles et la participation d'experts et de chercheurs de pointe comme vous, ouvrent de nouvelles possibilités.

En tirant parti du savoir-faire et des ressources du secteur privé lors de la mise au point de solutions, nous avons la possibilité d'établir des objectifs ambitieux et de les atteindre.

Nous pouvons miser sur les partenariats existants pour stimuler l'innovation. Ainsi, nous avons établi un partenariat stratégique avec Grands Défis Canada pour appuyer des solutions novatrices aux problèmes de santé à l'échelle mondiale, en particulier ceux liés aux décès de mères et d'enfants attribuables à des causes évitables.

Les nouveaux partenariats avec le secteur privé et la société civile aident les pays à accroître le recours à des interventions éprouvées en matière de nutrition. Un bon exemple de cela est le partenariat public-privé novateur entre le Canada, Teck Resources, une société internationale d'exploitation minière basée au Canada, et l'Initiative pour les micronutriments, un chef de file mondial en matière de programmes de nutrition basé à Ottawa.

Ce partenariat permet de réduire la mortalité infantile en exécutant des programmes de traitement à grande échelle pour lutter contre la diarrhée infantile, ce qui a entraîné une baisse considérable des décès d'enfants. Déjà établis au Sénégal, en Éthiopie, au Burkina Faso et en Inde, ces programmes ont permis de traiter plus de cinq millions d'enfants de manière efficace et économique en 2012.

L'innovation peut donner aux populations vulnérables l'accès à des médicaments abordables. Ainsi, le Canada a contribué au Mécanisme de garantie de marchés pour le vaccin antipneumococcique, lequel encourage le secteur privé à investir dans de nouveaux vaccins et à les mettre à la disposition des pays en développement. Ces vaccins sont maintenant distribués dans 30 pays en développement.

Conclusion

En tant que chirurgienne orthopédiste en pédiatrie et intervenante en faveur des enfants et des jeunes, je suis fière de la portée et de la variété des mesures prises par le Canada pour améliorer la santé mondiale. Je sais aussi que bon nombre des personnes ayant participé à ses efforts se trouvent dans la salle aujourd'hui, et je tiens à les remercier.

D'ici l'échéance des Objectifs du Millénaire pour le développement en 2015, notre défi consiste à trouver de nouvelles façons d'accélérer les progrès. Lors de l'établissement des objectifs après-2015, nous devons mettre à profit les leçons apprises en matière de reddition de comptes et d'efficacité de l'aide au cours des 13 dernières années.

En tant qu'ancienne présidente du Centre Ivey pour l'innovation et le leadership, je suis très heureuse de voir que les participants à la conférence examineront le rôle des mesures et la mise en place de systèmes adéquats, ainsi que le regroupement de partenaires appropriés pour réussir.

Les mères, les enfants et les personnes vulnérables ont besoin de notre ingéniosité et de notre détermination à leur ouvrir les portes d'une meilleure santé, afin qu'ils puissent bâtir un avenir pour eux-mêmes et leurs familles.

Sur ce, j'espère que ces trois jours seront productifs et fructueux.

Merci.