Discours du ministre Paradis lors de la Conférence humanitaire canadienne

Le 30 octobre 2013 — OTTAWA

Bonjour. Je suis heureux d'être ici aujourd'hui.

Il y a quelques mois seulement, au début de juillet précisément, j'ai vécu une expérience pratique d'une intervention humanitaire. Ce n'était pas en Afrique, en Asie ou dans les Amériques, mais bien à Lac-Mégantic, au Québec. Dans ma propre circonscription, à la suite de l'explosion dévastatrice d'un train là-bas.

Lorsque je suis arrivé sur les lieux à 8 heures — quelques heures seulement après l'incident — la Croix-Rouge canadienne était déjà sur place. J'ai été frappé par le professionnalisme de ses membres, leur dévouement et leur compassion. Je sais que les citoyens de Lac-Mégantic ont ressenti la même chose. Et je peux facilement concevoir que des gens, partout dans le monde, partagent ce sentiment.

Aujourd'hui, je suis plein d'admiration lorsque ce même engagement inébranlable est à l'œuvre dans des endroits comme la Syrie, la Somalie, l'Afghanistan et Haïti. Et il est inspirant de savoir que des travailleurs humanitaires canadiens se trouvent là-bas. Jour après jour. Année après année. Ils mettent leur vie en danger pour aider ceux qui ont le plus besoin de leur aide. 

Les actions et les gestes que vous posez à l'endroit de personnes qui souffrent en raison de circonstances indépendantes de leur volonté reflètent les valeurs canadiennes les plus nobles.

Et je suis ravi de vous voir aujourd'hui en si grand nombre ici, travaillant ensemble. Notre gouvernement est à vos côtés.  

Nous nous sommes engagés à fournir une aide efficace qui se traduira par des résultats concrets.

C'est ce qui nous a conduits à fusionner l'Agence canadienne de développement international et le ministère des Affaires étrangères et du Commerce international.

Le nouveau ministère des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement augmentera notre capacité d'intervenir dans des situations de crise. Et il nous permettra de mieux harmoniser nos approches et de travailler de manière plus efficiente.

Il en résultera non seulement de meilleurs résultats pour ceux qui reçoivent notre aide, mais aussi une plus grande responsabilisation pour les Canadiens.

Le Canada continue d'intervenir promptement et efficacement dans des situations de crise humanitaire.

Nulle part ailleurs cela n'est plus manifeste aujourd'hui que dans l'intervention du Canada en réaction au conflit syrien. Comme vous le savez tous, la situation en Syrie est extrêmement complexe. Et pour la communauté humanitaire, cette situation a fait ressortir un certain nombre de défis cruciaux.

D'abord, le Canada croit fermement qu'il faut mieux protéger les civils dans des situations de crise.

En Syrie, comme dans bon nombre d'autres conflits, les civils continuent de subir les plus graves conséquences. Des personnes innocentes sont couramment tuées. Le viol, les mauvais traitements et l'exploitation sont des menaces constantes pour les femmes et les filles.

Nous devons en faire davantage pour protéger les civils en pareilles situations.

D'abord, nous devons continuer de renforcer nos cadres juridiques internationaux.

Ensuite, nous devons créer des milieux plus sûrs lorsque nous apportons l'aide sur le terrain.

De plus, nous devons assurer un meilleur soutien aux personnes touchées par la violence.    

Et enfin, nous devons lever les barrières entre les personnes qui fournissent l'aide et celles qui en ont besoin.

Il est déplorable que l'on bloque intentionnellement l'accès à une aide qui contribue à sauver des vies. Le Canada continuera de plaider ouvertement et fortement en faveur d'un accès complet, sécuritaire et sans entraves aux organisations humanitaires.

Un accès sûr signifie également que les actes de violence à l'endroit des travailleurs humanitaires doivent cesser.

La Syrie nous a brusquement rappelé les risques croissants auxquels les travailleurs humanitaires sont confrontés.

Je suis consterné de voir que ceux dont la mission est d'aider les autres sont souvent délibérément ciblés.  La perte d'un seul travailleur humanitaire est inacceptable. Le Canada continuera de condamner fortement ces actes.

Malheureusement, ces violations du droit humanitaire international ne sont pas propres à la Syrie. Le droit à la protection pour les civils, y compris les travailleurs humanitaires, est souvent violé. Tout comme le droit à l'accès à une aide humanitaire est souvent nié.

Dans les efforts que nous déployons pour protéger cet espace humanitaire, la promotion des principes humanitaires de base est essentielle. C'est pourquoi le Canada continuera d'insister sur l'impartialité, la neutralité et l'indépendance de ses partenaires humanitaires.   

Protéger l'espace humanitaire est manifestement fondamental, mais nous ne pouvons nous arrêter là. Pour améliorer les résultats sur le terrain, nous devons continuer à faire preuve d'une plus grande efficacité et d'une efficience accrue. Nous avons fait beaucoup de progrès au cours des dernières années, mais nous devons faire encore mieux.

Notre réussite future dépendra de notre engagement à aller au‑delà des approches conventionnelles. L'adaptation constante et l'innovation seront des éléments essentiels.

Et les nouvelles technologies doivent aller de pair avec des partenariats plus solides. Nous devons contribuer à stimuler ce changement.

Un exemple en est le projet du Haut Commissariat pour les réfugiés, « À des années-lumière ». Recourant à des lampadaires solaires, ce projet rend les camps de réfugiés plus sécuritaires la nuit. En particulier pour les femmes et les filles. Notre gouvernement appuie également le projet Last Mile Mobile Solutions de Vision Mondiale. Cet organisme recourt à la technologie mobile pour améliorer la rapidité et l'efficience de la distribution de l'aide.

Le secteur privé a la capacité formidable d'accroître notre capacité d'intervention. Ses ressources demeurent toutefois en grande partie inexploitées. 

Il sera aussi important d'obtenir un engagement plus ferme de la part des partenaires nationaux et locaux. À Lac-Mégantic, j'ai été témoin de l'importance et de la valeur d'une intervention locale. Cela faisait toute une différence que la Croix‑Rouge soit sur place. En contribuant à bâtir une capacité de préparation et d'intervention à l'échelle locale, nous pouvons contribuer à renforcer la résilience.

L'intervention la plus efficace est celle qui, dans l'ensemble, permet d'éviter la nécessité d'une aide humanitaire continue. Il est nécessaire de se doter d'approches plus stratégiques pour aider les collectivités à réussir cette transition. Pour les aider à passer d'un état de crise à une voie de développement durable. La communauté humanitaire n'est qu'un élément de cet échiquier complexe. Mais elle jouera un rôle clé en concevant des solutions novatrices.

Enfin, mais non les moindres, la transparence et la responsabilisation doivent être au cœur de tous nos efforts. Nous devons insister davantage sur l'atteinte de résultats.

Y compris une meilleure compréhension de notre impact global.

Une tâche gigantesque nous attend.

Mais en travaillant en plus étroite collaboration, nous serons mieux en mesure de relever ces défis. Tant ceux d'hier que d'aujourd'hui.

La conférence d'aujourd'hui est une occasion de resserrer et d'intensifier notre collaboration. Elle nous offre la possibilité d'établir les fondements scientifiques et probants de l'action humanitaire canadienne.

Le Canada et les Canadiens sont fiers de leurs traditions humanitaires : être toujours là pour les personnes dans le besoin.

Votre participation aujourd'hui me convainc que cela ne changera pas — et pour cette raison, je vous suis reconnaissant.

Merci.

Christian Paradis
Ministre du Développement international et ministre de la Francophonie