Discours du ministre Paradis lors de la 29e session de la Conférence ministérielle de la Francophonie

Le 7 novembre 2013

Paris, France

Je remercie le secrétaire général [de la Francophonie, M. Abdou Diouf] pour cette mise à jour complète et succincte des questions politiques, diplomatiques et économiques au sein de notre organisation.

Ces propos illustrent bien à quel point la Francophonie est devenue un acteur incontournable des relations internationales.

Le Canada salue le travail accompli par le secrétaire général au cours de la dernière année.

Le Canada est fier de faire partie d'une organisation plus structurée, transparente et vigoureuse dans l'application de ses principes fondamentaux.

Une entité multilatérale qui assume pleinement son rôle d'acteur incontournable dans la conduite des relations internationales et qui soutient le renforcement des principes démocratiques, la bonne gouvernance et le respect des droits de la personne, ce qui comprend l'égalité entre les hommes et les femmes ainsi que la protection de la liberté de religion et de conscience.

Toutes ces valeurs sont chères aux Canadiens.

Le Canada croit fortement que le développement économique, les échanges commerciaux et la saine gouvernance sont des moteurs importants du renforcement des principes démocratiques au sein de la Francophonie.

Nous nous réjouissons des efforts déployés pour donner à la Francophonie une dimension économique solide.

Le Canada compte particulièrement se pencher sur la question du développement économique durable et l'élargissement des perspectives économiques pour les pays en développement, en plus de poursuivre l'atteinte de résultats concrets qui pourront aider un plus grand nombre de personnes à vaincre la pauvreté.

Cela demandera de l'innovation et une ouverture aux projets ralliant divers partenaires, dont le secteur privé.

Le Canada fait d'ailleurs sa part pour renforcer la Francophonie économique, en négociant des accords de libre-échange et de promotion et de protection des investissements étrangers.

Nous aspirons à élargir le cercle des pays francophones avec qui nous pouvons harmoniser nos politiques en matière de commerce et d'investissement.

Dans la prochaine année, nous aurons l'énorme tâche de mettre en œuvre la stratégie économique sur laquelle nos pays collaborent en ce moment.

Nous devrons tous être engagés dans ce mandat sans précédent confié à la Francophonie.

La concertation ministérielle qui s'est tenue en marge de la dernière Assemblée générale des Nations Unies a été l'un des moments forts de notre organisation cette année.

Ce fut l'occasion de faire le point sur les situations de sortie de crise, de consolidation de la paix et de transition politique dans l'espace francophone.

Dans cet esprit, permettez-moi de féliciter le Mali pour ses importants progrès et de saluer son retour au sein de notre organisation.

Nous avons bon espoir que les autorités maliennes saisiront  cette occasion pour mettre en œuvre les valeurs qui nous unissent au sein de la Francophonie.

Je profite de cette occasion pour condamner l'assassinat de deux journalistes français plus tôt cette semaine au Mali et offrir, au nom du Canada, nos sincères condoléances aux familles et amis des victimes. Nous tenons également à exprimer toute notre solidarité aux Français ainsi qu'à leur gouvernement. Ces assassinats odieux démontrent le défi auquel fait face le gouvernement du Mali et la nécessité pour la communauté internationale de s'unir dans la lutte contre le terrorisme.

Nous exhortons le gouvernement du Mali à poursuivre les efforts qu'il déploie en vue d'endiguer le fléau du terrorisme dans la région, et ce, en collaboration avec les Nations Unies et ses partenaires internationaux.

Des progrès importants ont également été réalisés à Madagascar où le peuple malgache a pu exercer son droit démocratique sans incident à l'occasion du premier tour des élections présidentielles le 25 octobre.

Malgré des progrès d'envergure réalisés au sein de la Francophonie, le Canada demeure vivement inquiet de la situation dans certains pays membres ou suspendus de l'Organisation.

Par exemple, le Canada est très inquiet de l'évolution de la crise humanitaire et sécuritaire qui sévit en République centrafricaine.

Nous ne pouvons fermer les yeux sur les effets dévastateurs qu'elle entraîne, principalement sur les conditions de vie de sa population civile et de celle des autres pays de la région.

Nous sommes surtout inquiets des signalements de violences contre les femmes, les enfants et les travailleurs humanitaires ainsi que d'utilisation d'enfants-soldats.

Nous encourageons le respect des engagements pris pour stabiliser le pays et mettre en place des institutions démocratiques.

Le Canada juge aussi que la tenue d'élections présidentielles et législatives, libres et transparentes, est essentielle pour consolider la transition vers la démocratie en Guinée-Bissau.

Le Canada avait approuvé la décision de suspendre la Guinée-Bissau de l'Organisation à la suite du coup d'État militaire, mais il pourra envisager son retour une fois que la transition démocratique aura été achevée.

Nous demeurons profondément préoccupés par la situation en Égypte, et nous croyons fermement à la nécessité de mettre en œuvre un système démocratique transparent qui respectera la volonté de tous les Égyptiens.

La situation à l'est de la République démocratique du Congo demeure précaire, et nous exhortons l'ensemble des pays signataires de l'Accord-cadre d'Addis-Abeba à établir un plan d'action concret visant à mettre en œuvre une coopération régionale durable.

De plus, le Canada continue de réaffirmer son soutien pour une plus grande transparence de la gouvernance du secteur extractif dans l'ensemble des États de la Francophonie.

Cela comprend l'approvisionnement responsable dans le secteur minier artisanal et la lutte contre les minerais de guerre.

Les efforts de certification et de promotion des pratiques responsables dans la région des Grands Lacs, auxquels le Canada contribue, sont encourageants et doivent se poursuivre.

Ces engagements reflètent notamment les priorités mises de l'avant par la Francophonie dans la résolution de Kinshasa à ce sujet.

Dans ce contexte, nous nous réjouissons du projet d'ajouter une dimension économique à la Francophonie au Sommet de Dakar.

Je suis convaincu que cette nouvelle stratégie permettra de consolider les acquis de la Francophonie en matière de bonne gestion des ressources, tout en ayant un effet direct sur :

  • le bien-être de nos populations,
  • le développement de nouveaux marchés,
  • la création d'emplois,
  • la coopération économique entre nos États.

Le Canada continuera de soutenir la modernisation et les réformes de l'Organisation afin de la rendre encore plus efficace et orientée vers les résultats.

Nous croyons que l'arrivée à terme du Cadre stratégique décennal en 2014 offre une excellente occasion de réfléchir ensemble à la raison d'être de l'Organisation.

Nous avons une base solide sur laquelle pourront reposer le prochain cadre stratégique et la nouvelle programmation.

Le Canada entend jouer un rôle actif dans l'élaboration de ces documents.

En terminant, permettez-moi, au nom du premier ministre Stephen Harper, de saluer le leadership du Sénégal dans l'organisation du Sommet de Dakar.

Le travail de nos collègues sénégalais effectué en vue de ce sommet est déjà bien avancé, et je les en félicite.

Il me tarde d'ailleurs de me rendre à Dakar dans quelques jours pour affirmer aux Sénégalais mon soutien et celui du Canada dans la réalisation de cet événement d'envergure.

En effet, le Sommet de Dakar sera l'occasion idéale de discuter de l'avenir important de notre organisation.

Je vous remercie.

Christian Paradis
Ministre du Développement international et ministre de la Francophonie