Discours du ministre Paradis lors de la 37e session de la Conférence générale de l'UNESCO

Le 9 novembre 2013 - Paris, France

Discours tel que prononcé

J'aimerais tout d'abord exprimer ma fierté de représenter le Canada à l'UNESCO [Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture].

Et cela, à la tête d'une délégation qui comprend notre commission nationale ainsi que le Conseil des ministres de l'Éducation représenté par la ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport du Québec, Mme Marie Malavoy.

Voilà maintenant sept ans que le gouvernement du Québec contribue activement aux efforts de la Délégation permanente du Canada. C'est là un témoignage de la diversité et de l'unité qui caractérisent notre pays.

Si l'on porte maintenant notre regard sur l'UNESCO, certes les deux dernières années ont été marquées par de belles réussites. Mais, elles ont également été marquées par de grands défis.

L'UNESCO a subi un dur choc à la suite de la décision d'accueillir la délégation palestinienne en son sein, ce qui a provoqué une crise de trésorerie sans précédent. Et j'aimerais attirer votre attention sur certains points qui revêtent une grande importance pour le Canada. Parmi ceux-ci, je tiens à préciser que le Canada rejette les efforts qui visent à politiser l'UNESCO et croit que l'Organisation est toujours plus forte lorsqu'elle travaille par consensus.

Il serait préférable de se concentrer sur l'exécution de notre mandat et d'éviter les débats qui nous divisent et diminuent notre capacité d'atteindre ces objectifs.

Sur un autre plan, nécessité faisant loi, nous avons remarqué que la crise a poussé l'UNESCO à mieux définir ses priorités, et le Canada est particulièrement encouragé par l'établissement d'un ordre de priorité budgétaire.

Quoique généralement à l'aise avec les résultats de cet exercice, le Canada souhaite souligner l'importance qu'il attache aux valeurs fondamentales que sont les droits de la personne et la liberté d'expression.

Plus spécifiquement, le Canada demeure vigilant face à toute tentative d'érosion des normes internationales en matière de liberté d'expression, notamment dans le cyberespace.

Le Canada croit que le modèle de gouvernance d'Internet engageant de multiples parties a grandement contribué à l'essor de la liberté d'expression, de l'innovation et du commerce à l'échelle mondiale.

Et cela doit être préservé.

Nous félicitons l'UNESCO pour son soutien au modèle ouvert d'Internet engageant de multiples parties prenantes, et nous saluons son travail qui vise à mettre en œuvre les lignes d'action du Sommet mondial sur la société de l'information qui lui ont été confiées, y compris les dimensions éthiques de la société de l'information. Le Canada n'est cependant pas convaincu qu'il y a lieu de lancer un exercice pour élaborer un nouvel instrument normatif.

Par ailleurs, au chapitre de l'examen des programmes, ce dernier n'a pas permis de mettre fin à certaines activités.

Nous le regrettons d'autant plus que cela aura des conséquences négatives sur des programmes phares telles la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles de 2005 et la Commission océanographique intergouvernementale.

Pour ces raisons, nous demeurons dubitatifs face au grand nombre de nouveaux projets à l'ordre du jour de cette conférence générale.

Nous croyons qu'il existe un risque réel de dispersion, particulièrement dans le contexte budgétaire actuel.

Nous abordons actuellement une nouvelle étape qui exigera de resserrer davantage les activités autour d'un nombre plus restreint de priorités et de mettre en œuvre, à l'UNESCO, une budgétisation axée sur les résultats.

La reddition de comptes et l'évaluation périodique des progrès accomplis sont des éléments clés d'une bonne gestion, que ce soit ici à l'UNESCO, dans le système onusien en général, ou dans nos programmes de coopération.

C'est Winston Churchill qui a dit : « Que la stratégie soit belle est un fait, mais n'oubliez pas de regarder le résultat. »

Les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) se veulent un mécanisme simple et efficace, qui mettent l'accent sur la mesure des résultats et le suivi des engagements.

Le Canada a pris des engagements clairs et concrets afin d'aider à leur atteinte. Mais, surtout, il les a respectés.

En effet, comme il s'y était engagé, notre pays a doublé son aide à l'Afrique, qui atteint 2,1 milliards de dollars. Et il a doublé, à hauteur de 5 milliards de dollars, le montant global des ressources qu'il s'engage à consacrer à l'aide au développement.

Nous avons aussi amélioré l'efficacité de chaque dollar versé comme contribution du Canada à l'aide internationale. À titre d'exemple, depuis mars de cette année, nous avons délié l'ensemble de notre aide internationale.

Dernièrement, l'organisme Publish What You Fund a reconnu l'engagement du Canada envers la transparence et l'obligation de rendre compte.

Le Canada estime que, de la même façon, le nouveau programme d'action pour l'après-2015 devra également établir un cadre efficace pour la mesure des résultats et le suivi des engagements.

Notre pays est convaincu que les populations les plus pauvres et les plus vulnérables doivent demeurer au centre des priorités du développement dans l'après-2015.

Cela passe, entre autres, par l'amélioration de la santé maternelle et infantile, un objectif qui n'a pas encore été atteint.

L'amélioration de la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants tout comme la réduction du nombre de décès évitables figurent en tête de nos priorités.

À ce titre, notre pays dirige une initiative internationale — l'Initiative de Muskoka — qui vise à réduire la mortalité infantile et maternelle ainsi qu'à améliorer la santé des mères et des enfants dans les pays les plus pauvres de la planète.

Nous devons offrir aux femmes et aux jeunes filles des possibilités et nous assurer qu'elles participent à part entière dans toutes les sphères d'activités de nos sociétés et dans tous les pays des Nations Unies.

Je conclus en m'adressant à vous, Madame la directrice générale. Le Canada accueille positivement tous les efforts déployés par votre équipe, et tient à vous assurer de son plein soutien et vous féliciter pour la reconduction de votre mandat.

Je vous remercie.