Discours du ministre Paradis : Table ronde sur l’amélioration de la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants en Tanzanie

Merci de votre aimable présentation.

Bonjour, mabibi na ma bwana (Mesdames et Messieurs), et distingués invités.

J’aimerais saluer tout particulièrement le nouveau ministre de la Santé et de la Sécurité sociale.

Je tiens aussi à remercier son gouvernement, ainsi que le Réseau Aga Khan de développement, d’avoir organisé cette table ronde.

Je suis très heureux de voir autant :

  • de représentants du gouvernement de la Tanzanie;
  • de partenaires du développement;
  • de donateurs;
  • d’organisations de la société civile;
  • de représentants du secteur privé.

La présence d’acteurs de différents secteurs est essentielle pour que toutes les femmes et tous les enfants de Tanzanie aient accès à des services de santé et à des médicaments.

Comme vous le savez, améliorer la santé des femmes et des enfants partout dans le monde est la priorité absolue du Canada au chapitre du développement.

Et la Tanzanie est un partenaire clé dans ces efforts.

C’est ce qui a été souligné en 2010, alors que le premier ministre Stephen Harper et le président Jakaya Kikwete coprésidaient la Commission de l’information et de la responsabilisation pour la santé de la femme et de l’enfant des Nations Unies.

Au cours des quatre dernières années, le gouvernement du Canada a travaillé en étroite collaboration avec le gouvernement de la Tanzanie afin de réduire la mortalité maternelle et infantile dans ce pays.

Nous avons fait des progrès fabuleux.

La Tanzanie a déjà dépassé sa cible associée au quatrième Objectif du Millénaire pour le développement, ou OMD, en réduisant desdeux tiersla mortalité infantile et juvénile.

C’est un véritable exploit!

Un exploit crucial et essentiel pour de nombreuses familles.

La Tanzanie est aussi en voie d’atteindre l’OMD 6, soit ramener la prévalence du VIH/sida à moins de 5,5 pour 100.

C’est une victoire incroyable pour tous les Tanzaniens.

Or, cela n’aurait pas été possible sans le leadership du gouvernement de la Tanzanie et l’appui de ses nombreux partenaires.

Je suis convaincu que nous pouvons tous juger de la coordination et des efforts considérables qu’il a fallu déployer pour y parvenir.

Alors que nous approchons de l’échéancier de 2015 pour l’atteinte des OMD, nous devons maintenir nos efforts et nos investissements dans ces secteurs.

Et nous devons redoubler nos efforts dans les domaines qui restent à la traîne.

Comme la mortalité des nouveau-nés et des mères.

Les taux de mortalité des nouveau-nés et des mères en Tanzanie restent encore élevés.

Et ce, malgré tous les efforts déployés pour les réduire.

Les besoins en soins de santé périnatale et en soins obstétricaux d’urgence sont immenses.

Nous faisons des progrès, c’est certain.

Mais nous devons maintenir la cadence.

Nous devons continuer à sauver des vies.

Nous devons réfléchir aux mesures supplémentaires que nous pouvons adopter.

Et nous devons explorer les possibilités d’innovation.

Je tiens à féliciter le gouvernement de la Tanzanie pour sa volonté d’accroître la collaboration avec le secteur privé.

Vous avez opté pour des solutions novatrices pour répondre aux besoins en matière de santé.

Le Canada est fier d’appuyer le partenariat public-privé entre votre gouvernement et l’organisation Comprehensive Community Based Rehabilitation in Tanzania.

Que l’on appelle communément la CCBRT.

La CCBRT travaille entre autres avec le ministère de la Santé et de la Sécurité sociale afin d’améliorer l’offre de soins de santé maternelle dans les établissements existants.

De tels partenariats sauvent des milliers de vies.

Et rendent aux Tanzaniennes leur dignité, partout au pays.

Par exemple, avec l’appui de la Vodafone Foundation et d’autres partenaires, la CCBRT a pu doubler sa capacité d’offrir des interventions chirurgicales gratuites aux femmes les plus pauvres du pays souffrant de fistule obstétricale.

Azam travaille avec le gouvernement de la Tanzanie à un programme d’enrichissement alimentaire afin de lutter contre la malnutrition.

De plus, la Banque Barclays de Tanzanie a donné à la CCBRT et à l’AMREF les moyens :

  • d’améliorer des laboratoires;
  • d’acheter de l’équipement médical;
  • de former des sages-femmes;
  • d’offrir de l’éducation en santé maternelle et périnatale aux femmes de toutes les régions du pays.

Par ailleurs, Tigo a contribué à offrir aux sages-femmes une formation de base essentielle en soins obstétricaux et néonatals d’urgence.

Tigo a aussi développé, en collaboration avec l’Unicef et la Registration, Insolvency and Trusteeship Agency, une application mobile novatrice pour l’enregistrement des naissances.

Grâce à cette application, l’enregistrement des naissances s’est grandement amélioré partout au pays.

Je suis impatient d’en savoir plus sur cet outil, car l’enregistrement des naissances et les statistiques de l’état civil sont des domaines qui présentent un grand intérêt pour le Canada.

Nous entendrons aussi parler de nos partenaires canadiens, qui ont mis en place des partenariats stimulants.

Le Réseau Aga Khan de développement, avec l’appui du gouvernement du Canada, est en train de mettre sur pied des partenariats novateurs entre ses cliniques de santé privées et les établissements de santé publics du voisinage.

Ensemble, ils forment des travailleurs de la santé, améliorent les normes de qualité et mettent en place des pratiques novatrices, comme les cybersoins.

De plus, le Réseau Aga Khan de développement a aidé deux établissements de santé publics à obtenir la certification ISO 9000.

Ce sont les deux premiers établissements de santé publics à l’obtenir en Tanzanie.

Mesdames et Messieurs, voilà le genre de partenariats intersectoriels dont nous avons besoin pour améliorer la santé des mères et des nouveau-nés en Tanzanie.

Aucun pays, aucun organisme, aucune entreprise ni aucun secteur d’activités ne possède toutes les ressources et l’expertise nécessaires pour répondre à lui seul à ces besoins.

Pour que des initiatives soient couronnées de succès, elles nécessitent souvent la participation de partenaires de plusieurs secteurs et industries.

En travaillant ensemble, nous pouvons contribuer à la création d’un système de santé plus efficace et mieux adapté aux besoins.

Un système de santé répondant aux besoins de tous les Tanzaniens.

L’objectif de cette table ronde est de faire connaître notre expérience et d’apprendre les uns des autres.

En tant que partenaires du développement, nous n’échangerons jamais assez à cet égard.

C’est pourquoi le Canada continue à jouer un rôle prépondérant dans l’avancement des enjeux liés à la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants, comme l’enregistrement des naissances et les statistiques de l’état civil.

Comme nous l’avons dit en 2010 lors du lancement de l’Initiative de Muskoka sur la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants, une initiative du G8 dirigée par le Canada, il faudra l’intervention de tous les acteurs pour atteindre nos objectifs.

Mais, comme nous pouvons le constater ici même, en Tanzanie, c’est en travaillant tous ensemble que nous pouvons accomplir de grandes choses.

Je vous remercie.