Discours du ministre Paradis : Table ronde « Au-delà du partenariat du G8 entre le Canada et la Tanzanie sur la transparence du secteur extractif »

Merci de vos bons mots.

Et bien sûr, merci à toutes et à tous d’être ici aujourd’hui.

Je suis heureux de m’adresser à vous en cette occasion.

La transparence dans le secteur extractif, ainsi que les retombées qu’elle entraîne, est une priorité pour le Canada.

J’ai passé les derniers jours en Afrique du Sud, où j’ai accompagné une délégation canadienne à la conférence annuelle Indaba sur l’industrie minière.

Le message que j’ai transmis lors de cet événement – et je souhaite communiquer le même ici – est que le Canada attache une grande importance au rôle qu’il peut jouer pour aider les pays africains à exploiter l’immense potentiel de leurs ressources naturelles.

Si nous pouvons faire une telle affirmation, c’est que la gestion de nos propres richesses naturelles a été une grande réussite.

Les secteurs canadiens des minéraux, des métaux et de l’énergie nous ont aidés à bâtir une économie nationale durable, diversifiée et sans cesse croissante.

Un grand nombre de nos routes, de nos lignes de chemin de fer et de nos réseaux électriques et de communications sont intrinsèquement liés à notre secteur extractif en plein essor.

Ce secteur a non seulement permis la construction d’infrastructures essentielles.

Mais il a également favorisé l’émergence de technologies novatrices.

Et la création de centaines de milliers d’emplois.

Aujourd’hui, le Canada est reconnu en tant que chef de file mondial en matière de mise en valeur responsable des ressources.

Cette reconnaissance est attribuable au fait que nous avons su exercer une diligence raisonnable et mettre en place des stratégies énergiques qui soutiennent la croissance et la diversification économiques.

Des stratégies qui favorisent une conduite responsable de la part des entreprises.

Qui assurent la viabilité de l’environnement.

Et qui renforcent l’engagement communautaire pour que tous puissent profiter de la croissance du secteur extractif.

Notre expérience du secteur extractif, ainsi que les compétences diversifiées de notre gouvernement, de nos industries et de notre société civile, ont permis de soutenir la croissance économique au Canada.

Et elles contribuent également à stimuler l’activité économique dans d’autres régions du monde.

Comme ici.

Lors du plus récent Sommet du G8 qui s’est tenu en juin dernier à Lough Erne, le premier ministre Harper a annoncé que le Canada allait travailler de concert avec le Pérou et la Tanzanie dans le cadre des partenariats du G8 pour la mise en œuvre accélérée de la transparence dans le secteur extractif.

Le partenariat est particulièrement déterminant ici, étant donné l’importance qu’accordent les entreprises canadiennes à votre pays.

La Tanzanie constitue la quatrième destination des investissements canadiens dans le domaine de l’exploitation minière en Afrique, dont la valeur était estimée à 2,5 milliards de dollars en 2012.

Outre l’industrie minière, la Tanzanie présente un grand nombre d’occasions pour les entreprises canadiennes, y compris dans les domaines du pétrole et du gaz, des transports, de l’infrastructure électrique et de l’éducation.

Étant donné nos liens économiques de plus en plus étroits, le Canada a bien accueilli l’entrée en vigueur, en décembre dernier, de l’Accord sur la promotion et la protection des investissements étrangers entre nos deux pays.

Cet accord marque une étape importante dans les relations entre le Canada et la Tanzanie et ne peut qu’aider à renforcer nos liens économiques.

Pour garantir la vigueur économique d’un pays, il est essentiel de créer un climat propice aux investissements étrangers.

Et cela est particulièrement important dans les pays en développement, où la croissance économique durable est la véritable solution pour réduire la pauvreté.

Pour ce faire, nous devons miser sur les ressources qui font de nous des partenaires commerciaux attirants.

Et nous devons gérer ces ressources de manière responsable pour que tous puissent profiter des bienfaits qu’elles peuvent apporter.

La Tanzanie réalise des progrès considérables à cet égard.

En fait, j’aimerais vous féliciter d’avoir pris l’engagement d’accroître la transparence et la prévisibilité du secteur extractif.

Si elle est gérée de manière responsable, une telle richesse en ressources peut transformer un pays et ses habitants.

Et j’entends par là qu’elle doit être gérée dans l’intérêt de toute la population.

Et dans le respect de l’environnement d’où les ressources naturelles proviennent.

Pour commencer, il est important d’établir des codes miniers et des lois sur le pétrole et le gaz clairs et cohérents, ainsi que des régimes fiscaux équitables et uniformes.

De même, il est absolument primordial de respecter les droits de la personne, de tenir compte des préoccupations des collectivités et de veiller à la viabilité de l’environnement.

On ne peut s’attendre à bénéficier pleinement d’une économie florissante fondée sur les ressources naturelles sans établir un cadre bien clair de gestion des ressources.

En outre, on ne pourra s’attendre à voir l’économie prospérer que si ce cadre est transparent et responsable.

La transparence aide les collectivités à s’assurer que les revenus tirés des mines, du pétrole et du gaz sont dépensés de manière à répondre aux besoins les plus impérieux.

Nous continuerons d’offrir un fort appui à la Tanzanie à cet égard.

Le partenariat pluriannuel du G8 entre le Canada et la Tanzanie, qui fait intervenir de nombreuses parties intéressées, en est un bon exemple.

Grâce à des initiatives pratiques et concrètes élaborées de concert avec vous, nous honorons notre engagement de coopérer avec vous pour renforcer la gouvernance.

À ce jour, notre gouvernement s’est engagé à verser 35,7 millions de dollars à l’appui de programmes tels que l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives en Tanzanie.

Et aussi pour un autre projet qui revêt une grande importance pour la Tanzanie : l’Agence tanzanienne de vérification chargée du secteur minier, un projet annoncé par le premier ministre Stephen Harper lors de la visite au Canada du président Kikwete en 2012.

Au Canada en novembre dernier, au cours de sa mission sur le pétrole et le gaz, le ministre Muhongo a exprimé un ardent désir de mettre à contribution le savoir-faire du Canada dans le secteur extractif.

Grâce au Fonds de bourses d’études du Canada pour les leaders africains de demain, ce sera possible.

Ce nouveau programme de bourses d’études permettra d’offrir une formation de grande qualité aux leaders africains du secteur public de demain et les exposera aux meilleures pratiques canadiennes en matière de gouvernance, de politiques publiques, d’innovation et d’administration.

Nous prévoyons que la première cohorte de boursiers sera en 2015.

Aujourd’hui, j’ai aussi le plaisir d’annoncer trois projets de plus qui viendront compléter les travaux entourant le partenariat du G8.

Le premier est le Projet de renforcement de la capacité du secteur de l’énergie, lequel a pour but d’aider le gouvernement de la Tanzanie à élargir son secteur du gaz naturel et à établir des partenariats public-privé dans le domaine de la production d’énergie.

Le projet prévoit entre autres soutenir la Tanzanian Vocational Education Training Authority pour la formation de professionnels du secteur pétrolier.

Le deuxième est le Projet de perfectionnement de la formation sur les compétences pour l’emploi, lequel permettra à l’Association des collèges communautaires du Canada d’aider 11 établissements de formation et quelque 1 200 Tanzaniens au cours des cinq prochaines années.

Le projet vise à réduire la pauvreté et à contribuer à la croissance économique grâce à l’amélioration des capacités des Tanzaniens et des Tanzaniennes de trouver des emplois rémunérateurs ou de s’en créer dans les secteurs de l’extraction et du tourisme.

Le troisième est le Programme de réforme de la gestion des finances publiques, lequel a pour but d’accroître la transparence des processus budgétaires, d‘augmenter les revenus et d’améliorer la gestion de la trésorerie et de la dette.

Il permettra également de consolider les systèmes de comptabilité et d’établissement de rapports afin qu’ils soient conformes aux normes internationales, et d’améliorer le rendement des organismes de surveillance, y compris les comités parlementaires.

Nous appuyons la Tanzanie de nombreuses façons parce que nous croyons en l’immense potentiel de ce pays.

Bien que j’aie surtout insisté sur l’aspect économique jusqu’ici, il y a un autre aspect encore plus important.

Et c’est l’aspect humain.

Une économie florissante est le moyen de parvenir à des fins.

C’est ce qui permettra à la Tanzanie d’aider ses citoyens à passer de la pauvreté à l’autosuffisance.

Les multinationales qui travaillent dans les pays en développement amènent bel et bien des avantages économiques aux gouvernements.

Mais le pétrole, le gaz, les métaux et les minéraux extraits du sol n’appartiennent pas uniquement aux gouvernements.

Ils appartiennent à tous les citoyens.

Et tous les citoyens doivent en tirer avantage.

Grâce à des emplois, à une éducation et à de la formation.

Grâce à de meilleurs soins de santé pour les mères et les enfants.

Et grâce aux occasions qui se présenteront de contribuer à la croissance économique qui pourrait avoir un effet transformateur pour des millions de gens en Tanzanie, et de tirer parti de cette croissance.

Voilà ce qu’est véritablement le partenariat du G8 entre le Canada et la Tanzanie sur la transparence.

Les gouvernements, la société civile et le secteur privé travailleront tous ensemble pour maximiser le potentiel des ressources naturelles de la Tanzanie.

Et le Canada est heureux de prendre part à ces efforts.

Nous sommes résolus à travailler avec les représentants de la Tanzanie et à appuyer le partenariat du G8 sur la transparence du secteur extractif dans l’atteinte de ces objectifs.

Et, quant à moi, il me tarde de discuter avec vous pour déterminer ce que le Canada peut faire de plus pour aider la Tanzanie à mieux exploiter son riche bassin de ressources naturelles afin de faire avancer ses objectifs de développement.

Je vous remercie.