Discours de la secrétaire parlementaire Lois Brown : Adoption par le Canada des Principes régissant les entreprises dans le domaine des droits de l'enfant

Le 13 février 2013 - Toronto (Ontario)
Sous réserve de modifications

Je vous remercie de cette aimable présentation. Bonjour Mesdames et Messieurs.

C'est avec plaisir que je m'adresse à vous au nom du ministre Paradis, qui ne peut malheureusement pas être ici aujourd'hui. J'aimerais souligner la présence de la sous-ministre adjointe aux Enjeux mondiaux et développement, madame Diane Jacovella, qui se joint à nous pour cette importante annonce.

Au nom du gouvernement du Canada, je tiens à souligner la fierté que nous procure l'adoption des Principes aujourd'hui.

Je souhaite remercier Aide à l'enfance, l'UNICEF et le Pacte mondial de l'ONU pour le travail accompli en vue de l'adoption des Principes régissant les entreprises dans le domaine des droits de l'enfant.

Alors que déjà plus de 30 pays dans le monde ont adopté les Principes, vous avez invité les entreprises, les gouvernements et la société civile à se faire des champions des droits de l'enfant et de leur protection.

Aujourd'hui, avec l'adoption des Principes régissant les entreprises dans le domaine des droits de l'enfant au Canada, vous invitez les entreprises canadiennes et notre société civile à emboîter le pas. Vous donnez l'exemple!

La priorité en matière de développement de notre gouvernement est la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants. Par conséquent, nous sommes très fiers d'appuyer cette initiative

Les principes s'accordent parfaitement avec notre priorité d'assurer l'avenir des enfants et des jeunes, de stimuler une croissance économique durable et de promouvoir la participation du secteur privé au développement durable.

Ils reflètent également les valeurs canadiennes comme le respect de la liberté, de la démocratie, des droits de la personne et de la primauté du droit.

Le Canada fait depuis longtemps la promotion des droits des enfants et nous sommes conscients de l'importance d'instaurer des normes internationales pour protéger les enfants contre la violence, l'exploitation et les préjudices.

Ces normes comprennent la Convention relative aux droits de l'enfant dont nous célébrons cette année le 25e anniversaire.

On a dit que les enfants constituaient le tiers de la population mondiale et la totalité de notre avenir.

Ils sont — au sens propre de l'expression — notre ressource la plus précieuse.

Si nous protégeons leurs droits... si nous les protégeons contre les préjudices, dont les pires formes du travail des enfants… si nous les aidons à grandir et à devenir des adultes instruits et en santé et si nous les encourageons à participer à la société, ces enfants pourraient créer de toutes nouvelles industries… trouver des traitements pour des maladies mortelles… et dépasser des limites que nous ne pouvons même pas imaginer pour le moment. 

À titre de gouvernements, d'entreprises, de membres de la société civile, de personnes, nous avons tous un rôle à jouer pour s'assurer que les enfants, en particulier ceux qui vivent dans des pays en développement, aient la possibilité de développer leur plein potentiel aujourd'hui, afin qu'ils aient un meilleur avenir.

Mais pour cela, il faut que les secteurs public et privé travaillent de concert et non l'un contre l'autre.

Comme plusieurs d'entre vous le savent déjà, c'est le professeur canadien et ancien haut fonctionnaire de l'ONU, monsieur John Ruggie, qui a dirigé la démarche novatrice à l'origine des Principes directeurs sur les droits de l'homme et les entreprises, qui a appelé les entreprises à accorder une attention toute particulière à la santé, à la sécurité et au bien-être des enfants.

Les Principes régissant les entreprises dans le domaine des droits de l'enfant sont une réponse directe à cet appel.

Ces dix principes visent à orienter les entreprises sur la façon de respecter et d'appuyer les droits des enfants dans le milieu de travail, dans le commerce et dans la collectivité.

Ces principes nous rappellent également que les filles peuvent être confrontées à des risques différents que ceux auxquels font face les garçons et que les interventions doivent être adaptées en conséquence.

L'adoption de ces principes est volontaire, mais ne vous y trompez pas, ce n'est pas de la poudre aux yeux.

Les entreprises canadiennes comprennent qu'elles ont tout intérêt à adopter des pratiques responsables pour obtenir ou conserver le permis d'exploitation que la société leur décerne.

Le respect des droits des enfants n'est ni un cadeau ni une œuvre de charité.

Les entreprises reconnaissent de plus en plus que ce respect du droit des enfants constitue un élément du rendement à long terme de leur investissement.  

L'analyse de la rentabilité du respect et de l'appui des droits des enfants est évidente.

L'appui à la santé, à l'éducation et à la sécurité des enfants est essentiel pour l'instauration d'un climat entrepreneurial stable et productif.

 Il est essentiel que les entreprises posent des actions positives en faveur des droits des enfants pour établir de solides relations avec les collectivités où elles sont implantées.

Il est également primordial de faire la promotion de la formation professionnelle et de l'emploi des jeunes pour donner à la nouvelle génération les compétences dont les entreprises ont besoin pour prospérer.  

Je trouve particulièrement encourageant d'entendre qu'un grand nombre d'entreprises intègrent ces considérations dans leur mode de fonctionnement.

Des entreprises comme Sherritt International — dont vous entendrez parler dans quelques minutes — accomplissent un travail phénoménal pour protéger les enfants contre l'exploitation, la violence et les mauvais traitements.

IKEA adopte une approche applicable à l'ensemble de l'activité économique pour éliminer le travail des enfants.

Il faut rappeler et encourager ces démarches.

Notre gouvernement est conscient du pouvoir gigantesque dont dispose le secteur privé pour réduire la pauvreté, améliorer la vie des gens et transformer les collectivités.

C'est la raison pour laquelle nous multiplions les possibilités pour le secteur privé, à l'échelle locale, nationale et internationale de mettre leurs compétences au service de l'amélioration des conditions de vie des enfants des pays en développement.

Nous avons un récit en matière de leadership à raconter :

  • Le partenariat de notre gouvernement avec Microsoft, la GRC, l'International Institute for Children's Rights and Development, UNICEF Canada et d'autres, a assuré la protection de milliers d'enfants contre l'exploitation sexuelle en ligne au Brésil et en Thaïlande.
  • Au Ghana, notre gouvernement appuie un projet mis en œuvre par l'Entraide universitaire mondiale du Canada et cofinancé par Rio Tinto Alcan visant à renforcer la capacité de l'administration à fournir un enseignement de qualité à 134 000 personnes touchées par les exploitations minières, en plus d'un accès à de l'eau potable. Ce projet fournit également une formation professionnelle à 325 jeunes pour les aider à diversifier l'économie locale. 
  • Le Canada a également signé des alliances comme l'alliance ZACH (Zinc Alliance for Child Health) avec Teck Resources et avec l'Initiative pour les micronutriments, pour mettre au point et déployer des programmes d'amélioration de la nutrition et contribuer à sauver la vie de millions d'enfants.

J'ai constaté les résultats de cette initiative en Afrique et au Bangladesh. Je vous remercie de faire une différence!

Ce ne sont que quelques exemples, il y en a beaucoup d'autres.

Mesdames et Messieurs, en vous réunissant aujourd'hui, vous témoignez de notre responsabilité mutuelle envers les droits des enfants.

C'est l'essence même d'une saine direction. 

Il est important de rappeler qu'avant que monsieur Ruggie ne dépose les Principes directeurs sur les droits de l'homme et les entreprises, personne n'utilisait l'expression « diligence raisonnable en matière des droits de la personne » dans un contexte entrepreneurial.

Cette expression est dorénavant totalement intégrée au lexique des affaires internationales.

C'est fantastique de constater que les Principes régissant les entreprises dans le domaine des droits de l'enfant font un nouveau pas en avant, offrant aux entreprises des lignes directrices additionnelles sur le respect des droits de la personne et tout particulièrement sur le respect de ceux des enfants.

Aujourd'hui, les entreprises de plus de 30 pays dans le monde, incluant celles du Canada, sont mieux à même d'évaluer leur fonctionnement à la lumière du respect qu'elles témoignent pour le droit des enfants et de prendre des mesures concrètes pour faire une différence significative.

Je vous ai raconté des histoires de leadership, mais j'aimerais vous en raconter une dernière.

Je vais vous raconter l'histoire d'un jeune homme qui a grandi à Kumasi au Ghana.

  • Il s'agit d'un jeune homme appelé Kofi Asante, qui est venu au Canada étudier à l'Université Laurentienne.
  • Il est tombé amoureux d'une Canadienne appelée Shannon.
  • Kofi a terminé son doctorat en génie électrique.
  • Il est retourné au Ghana avec son diplôme et sa nouvelle épouse pour aider le Ghana à prospérer.

Je vais vous dire pourquoi les enjeux du développement me passionnent tant. Parce que Kofi Asante est mon gendre et qu'il contribue au développement et à assurer un meilleur avenir pour les enfants du Ghana.

Merci de protéger les enfants.

Merci d'être une inspiration.

Et merci d'être des chefs de file!