Discours de la secrétaire parlementaire Lois Brown — L’éducation en marge : Rejoindre les enfants dans des États fragiles et en situation de conflit

Le 27 février 2014 - Ottawa, Ontario

Sous réserve de modifications

Merci pour cette aimable présentation. Bon après-midi, Mesdames et Messieurs.

J’ai le plaisir d’être ici aujourd’hui au nom du ministre Paradis qui regrette de ne pouvoir se joindre à nous. Je tiens à souligner la présence de Diane Jacovella, sous-ministre adjointe du Secteur des enjeux mondiaux et du développement, qui dirigera les discussions d’aujourd’hui.

J’aimerais aussi remercier tout particulièrement la Fondation Aga Khan Canada et le Partenariat mondial pour l’éducation, deux de nos plus importants partenaires en matière d’éducation qui sont aussi coprésentateurs de cette activité.

Les pays en développement ont fait de grands progrès vers l’atteinte de l’objectif d’assurer l’éducation primaire pour tous. Toutefois, à cet effet, les États fragiles en situation de conflit sont loin derrière les autres pays et ce sont leurs enfants qui en subissent les conséquences.

Assurer l’avenir des enfants et des jeunes est l’une de nos priorités en matière de développement. Pour le Canada, l’éducation est un moyen de favoriser la paix et la sécurité ainsi que d’aider à stimuler la croissance économique et à réduire la pauvreté.

Le besoin d’éducation dans les États fragile est le plus grand qui soit. L’éducation des enfants est fondamentale et nous ne pouvons l’ignorer.

Le Canada a un engagement de longue date à l’égard des Objectifs du Millénaire pour le développement qui visent à s’assurer que, d’ici 2015, les garçons et les filles seront en mesure de terminer leur éducation primaire. Les programmes de développement sont axés sur le soutien à l’accès à une éducation de base de qualité, et à des écoles sécuritaires.

Nous souhaitons aussi nous assurer que les enfants et les jeunes aux prises avec des situations d’urgence en raison de catastrophes et de conflits ont accès aux services dont ils ont besoin, y compris l’éducation.

Voilà pourquoi le Canada appuie l’éducation dans les États fragiles par l’intermédiaire du Réseau inter-agences pour l'éducation en situation d'urgence, le principal réseau international dans ce domaine.

Un des buts de ce réseau est de rassembler des intervenants clés pour aider les pays à passer de l’aide humanitaire à l’aide au développement relativement à l’éducation.

Il permet aussi à des partenaires de longue date de comparer leurs expériences, de définir de nouvelles méthodes de collaboration, et de tirer profit de leurs pratiques exemplaires et novatrices respectives.

Plus tôt aujourd’hui, Son Altesse l’Aga Khan nous a fait l’honneur de s’adresser au Parlement. Le premier ministre Harper et Son Altesse ont signé un protocole d’entente qui les engage tous deux à tenir régulièrement des consultations de haut niveau sur un éventail d’enjeux régionaux et mondiaux.

Ce protocole renforce notre collaboration ainsi que la coopération par l’intermédiaire du ministère des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement et de la Fondation Aga Khan Canada.

Nous sommes très emballés par le potentiel de cette entente relativement à divers enjeux mondiaux incluant la possibilité d’obtenir de meilleurs résultats en matière d’éducation des enfants et des jeunes. 

Nous collaborons déjà évidemment à plusieurs projets éducatifs dans d’autres pays. Par exemple, en Afghanistan notre programme d’éducation pour les filles comprend toutes les étapes du processus d’éducation, des programmes de développement de la petite enfance à ceux visant le soutien des femmes dans les établissements de formation en enseignement.

Le Canada figure parmi les principaux donateurs en Afghanistan et l’éducation demeure un des plus importants secteurs d’investissement du Canada, représentant 25 % de son budget de développement.

Nos efforts sur place ont porté des fruits. L’investissement que nous avons fait dans l’enseignement a entraîné une augmentation formidable du nombre de jeunes filles inscrites dans les écoles dans tout le pays.

En 2001, moins d’un million d’enfants étaient inscrits dans les écoles officielles — et c’était tous des garçons.

En 2013, 9,7 millions d’enfants étaient inscrits dans les écoles — et 40 % de ces enfants étaient des filles!

En considérant le sujet d’aujourd’hui, L’éducation en marge : Rejoindre les enfants dans des États fragiles et en situation de conflit — il est évident pour moi que notre réussite tient au fait que nous travaillons avec des partenaires qui ont de l’expérience et de solides connaissances, comme ceux qui sont présents aujourd’hui.

En outre, le Canada est fier de s’être associé au Partenariat mondial pour l’éducation, qui œuvre dans 28 États fragiles en développement.

Le Partenariat mondial pour l’éducation aide à mettre en place des plans d’éducation provisoires dans les États fragiles. Il s’agit d’une étape clé pour offrir aux enfants qu’il est très difficile d’atteindre l’occasion d’apprendre et de s’épanouir.

Travaillant avec des partenaires locaux, le Partenariat mondial pour l’éducation est en train de transformer l’est de la République démocratique du Congo, qui a préparé récemment le premier plan d’éducation provisoire depuis plus d’une génération.

Le Partenariat mondial pour l’éducation aide aussi à accélérer le financement de l’enseignement vers des pays considérés comme extrêmement fragiles, tels que la Somalie et la République centrafricaine, où ses subventions assistent les enseignants, les enfants et les conseils scolaires.

Le Canada a beaucoup appris des progrès réalisés grâce à des mesures comme l’Initiative du G8 de Muskoka sur la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants, qui se trouve être la priorité absolue du gouvernement en matière de développement. Nous sommes efficaces quand le monde adopte une idée — en l’occurrence, sauver la vie de femmes et d’enfants et améliorer leur santé.

Nous avons maintenant l’occasion de concentrer notre attention sur les enfants réfugiés et déplacés de Syrie.

Le 7 janvier, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, Aide à l’enfance, Vision Mondiale et d’autres organisations non gouvernementales partenaires ont lancé l’initiative « Non à une génération perdue ». On y demande aux gouvernements, aux organismes d’aide, et au grand public de défendre la cause des enfants syriens.

Depuis que le conflit a débuté en Syrie en mars 2011, on estime que 140 000 personnes ont été tuées, et que plus de huit millions de Syriens, la moitié étant des enfants, ont dû quitter leur foyer.

Je suis très touchée par l’objectif de cette initiative, qui est de fournir aux enfants syriens, où qu’ils soient, la protection et l’enseignement dont ils ont besoin pour pouvoir retrouver leur enfance.

La grande majorité d’entre eux, un million en fait, vivent dans les pays avoisinants, à savoir le Liban, la Jordanie, la Turquie, l’Égypte et l’Iraq.

Près de 8 000 enfants ont été séparés de leurs proches.

La situation est encore plus désespérée pour plus de trois millions d’enfants déplacés qui vivent encore en Syrie.

Le 24 janvier, le premier ministre a annoncé le versement de 50 millions de dollars supplémentaires en aide financière humanitaire destinée aux activités d’enseignement et de protection des enfants qui appuient l’initiative « Non à une génération perdue ».

Nous prévoyons, par l’intermédiaire de nos partenaires, pouvoir redonner espoir à 660 000 enfants en les protégeant et en leur donnant une éducation.

Le ministère des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement collabore étroitement avec l’UNICEF et les ONG partenaires pour qu’il y ait une coordination entre les activités humanitaires et les activités de développement à l’appui d’un système d’enseignement d’urgence au Liban et en Jordanie.

Je crois comprendre que le groupe réuni aujourd’hui va explorer comment les engagements pris par la société civile, les gouvernements et les institutions multilatérales peuvent vraiment aider les enfants dans les États fragiles et en situation de conflit.

Je suis persuadée que l’on parlera du rôle du Canada en ce qui concerne l’appui à l’initiative « Non à une génération perdue » dans cette conversation, alors que nous envisageons de nouvelles façons d’harmoniser nos efforts.

Je vous souhaite une discussion fructueuse et je suis impatience de connaître les idées qui en émergeront.

Merci.