Discours de Lois Brown, secrétaire parlementaire du ministre du Développement international à l'occasion d’une rencontre avec l'Alliance GAVI et le Réseau canadien sur la santé des mères, des nouveau nés et des enfants tenue sous le thème « La santé mondiale et le monde des affaires »

Le 27 mars 2014 - Ottawa

Bonjour Mesdames et Messieurs.

C'est un honneur pour moi d'être ici aujourd'hui.

Je tiens d'abord à remercier tout particulièrement la Fondation Aga Khan Canada et le Réseau canadien sur la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants, qui ont organisé cette activité, conjointement avec l'Alliance GAVI et Results Canada.

Malheureusement, le ministre Paradis ne peut pas être des nôtres, mais je peux vous dire que l'issue de cette rencontre opportune l'intéresse au plus haut point.

Comme vous le savez, le premier ministre a annoncé récemment que le Canada sera l'hôte d'un sommet de haut niveau sur la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants, qui se tiendra à Toronto au mois de mai.

Ce sommet, qui réunira d'éminents spécialistes canadiens de la santé et des chefs de file à l'échelle mondiale, vise à dresser le bilan des progrès que nous avons accomplis et à convenir des mesures qu'il convient maintenant de prendre.

En 2010, alors qu'il tenait les rênes de l'Initiative de Muskoka sur la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants lancée par le G8, le premier ministre Harper a, à juste titre, attiré l'attention de la communauté internationale sur la mortalité chez les mères et les enfants dans les pays en développement.

Par son leadership, le Canada a rallié le soutien d'autres pays du G8, de donateurs, d'organisations internationales, du secteur privé et de fondations.

Collectivement, nous nous sommes engagés à sauver la vie de 64 000 femmes et de 1,3 million d'enfants.

Depuis que l'Initiative de Muskoka a vu le jour, il y a près de quatre ans, les taux de mortalité maternelle ont diminué, tandis que le nombre d'enfants qui peuvent désormais célébrer leur cinquième anniversaire s'est accru par millions.

Or, de tels progrès sont dus en bonne partie à des partenaires comme l'Alliance GAVI et le Réseau canadien sur la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants, de même que la Fondation Aga Khan Canada.

Toutefois, nous savons que malgré ces progrès, nous ne parviendrons probablement pas à atteindre entièrement les Objectifs du Millénaire pour le développement dans ce domaine.

L'an dernier seulement, plus de 6 millions d'enfants de moins de cinq ans ont succombé à des maladies évitables, et près de 300 000 femmes sont mortes pendant la grossesse.

C'est pour cette raison que le Canada profite de cette occasion pour mobiliser à nouveau les chefs de file et les spécialistes de la santé et stimuler le soutien à l'égard de la prochaine étape de nos efforts en matière de santé des mères, des nouveau-nés et des enfants.

Nos objectifs sont à portée de main, mais pour les atteindre, nous devons agir avec plus d'efficacité, mieux cibler notre action et faire davantage preuve d'innovation.

Voilà pourquoi le sommet à venir portera en particulier sur l'importance d'élargir nos partenariats avec le secteur privé et de recourir à des mécanismes de financement novateurs, afin de réduire le nombre de décès évitables parmi les femmes et les enfants des pays en développement.

Car la résolution des problèmes à cet égard passe par une action collective.

Désormais, nous devons inciter le secteur privé à investir des capitaux additionnels et tirer davantage parti de ses innovations et de son savoir-faire technique.

Les partenariats que nous tissons avec des entreprises canadiennes de premier plan, la société civile et nos principaux partenaires mondiaux peuvent s'avérer beaucoup plus efficaces que si chacun faisait cavalier seul.

Nous le savons pertinemment puisque nous avons pu constater que les partenariats public‑privé et les mécanismes de financement novateurs permettent de sauver la vie de femmes et d'enfants.

Selon moi, il n'y a pas de plus bel exemple que le soutien octroyé par le Canada à l'Alliance GAVI, organisation qui est un chef de file mondial dans le domaine de l'immunisation.

L'Alliance a toutes les caractéristiques d'un partenariat public-privé fructueux.

Elle réunit l'expertise technique de la communauté du développement et le savoir-faire du secteur privé.

Elle met à profit l'expertise technique de l'industrie pharmaceutique pour assurer le développement de nouveaux vaccins.

Elle travaille avec les donateurs afin de veiller à ce que la santé soit au nombre des priorités des programmes d'aide.

En outre, elle cherche à renforcer les systèmes de santé des pays et à mobiliser les organisations de la société civile — dont celles qui sont représentées ici —, afin que les vaccins parviennent aux collectivités les plus pauvres et les plus vulnérables de la planète.

Pour leur part, les entreprises investissent dans le travail de l'Alliance GAVI parce qu'elles savent que l'immunisation est l'un des moyens les plus économiques d'améliorer la santé dans le monde.

Les vaccins constituent un investissement très rentable. Et les entreprises comprennent que, lorsque les femmes et les enfants se portent bien, l'économie se porte bien.

Quant aux donateurs, comme le Canada, ils appuient l'Alliance en raison des résultats impressionnants qu'elle a obtenus dans le passé.

En effet, depuis l'an 2000, l'Alliance a contribué à l'immunisation de 440 millions d'enfants, ce qui a contribué à sauver 6 millions de vies.

C'est ce qui a amené le Canada à soutenir dès le départ le Mécanisme de garantie de marchés pour le vaccin antipneumococcique, que l'Alliance administre.

Vous êtes nombreux à le savoir, la pneumonie est l'une des principales causes de décès chez les enfants de moins de cinq ans dans les pays en développement.

Mais il faut habituellement entre 10 et 15 ans avant de pouvoir distribuer un nouveau vaccin complexe dans ces pays.

Grâce à cette initiative, les donateurs collaborent avec l'industrie pharmaceutique et les autorités locales en vue d'accélérer le développement du vaccin antipneumococcique pour le mettre plus rapidement à la disposition des pays les plus pauvres, mais aussi en vue de réduire les coûts.

Quatre ans après la création du Mécanisme de garantie de marchés, le prix de ce vaccin vital a diminué de 95 % dans les pays en développement les plus pauvres. De plus, trente pays vont maintenant profiter du vaccin.

Voilà un modèle opérationnel novateur auquel le gouvernement du Canada souscrit et apporte son soutien financier.

Comme je l'ai évoqué précédemment, le ministre Paradis et moi-même tiendrons compte de l'issue de cette rencontre au moment d'aider le premier ministre à se préparer au sommet qui aura lieu en mai.

Je suis impatiente de connaître votre avis sur le rôle du monde des affaires dans le financement de la santé dans le monde.

Encore une fois, je vous remercie de m'avoir invitée.

J'ai maintenant le plaisir de vous présenter Seth Berkley, président-directeur général de l'Alliance GAVI, qui nous en dira plus sur le travail de ce partenaire novateur qui obtient des résultats concluants.