Discours du ministre Paradis : Le Canada à l’avant-garde du développement international

Le 16 mai 2014 – Montréal, Québec

Sous réserve de modifications

Bonjour.

Merci de m’avoir invité.

Je vais profiter de l’occasion pour vous parler du rôle de chef de file que le Canada joue actuellement au sein du développement international.

En fait, connaissant votre mission de favoriser une plus grande connaissance des dossiers internationaux et une coopération plus étroite dans ce domaine, cet endroit est parfait pour livrer ce discours.

Depuis que nous formons le gouvernement, nous avons pris les moyens pour que le Canada soit à l’avant-garde du développement international.

La plus récente décision en ce sens a été de fusionner l’Agence canadienne de développement international (ACDI) avec le ministère des Affaires étrangères et du Commerce international (MAECI).

Nous commençons à en récolter les fruits aujourd’hui.

Et ce succès est de plus en plus reconnu sur la scène internationale, comme en témoigne ma nomination à la présidence d’un comité international sur l’investissement privé dans le développement.

Cette histoire à succès doit être mieux connue au Québec.

J'aimerais que notre politique reçoive les honneurs qu’elle mérite.

Mais, il y a eu de la désinformation qui porte injustement ombrage à la contribution inestimable de nombreux partenaires québécois.

Et bien franchement, il faut dissiper tout climat d'hostilité qui ne sert les intérêts de personne.

Je vous remercie donc de m’offrir aujourd'hui l’occasion de remettre les pendules à l’heure.

J’espère en effet une collaboration constructive avec nos organismes au Québec, ce dont tout le monde bénéficierait.

Mes amis, la refonte du MAECI et de l’ACDI est à mon avis un des meilleurs exemples qui illustrent l’importance que notre gouvernement accorde au développement international.

L'annonce de la refonte a suscité certaines craintes au départ, surtout quant à la place qu’occuperait le développement dans ce nouveau ministère.

Pour notre part, notre engagement envers le développement ne s’est jamais démenti depuis le début du processus.

D’abord, au sein du Ministère, le développement est maintenant au même rang que le commerce et la diplomatie.

En plus de maintenir un poste de ministre distinct, notre gouvernement a enchâssé dans la loi, pour la première fois, le rôle et la responsabilité du ministre en matière de développement et d’aide humanitaire.

Mais surtout, on ne procède pas à des changements aussi importants si l’on ne croit pas profondément qu’ils sont nécessaires et qu’ils produiront des résultats.

Les liens entre les objectifs de politique étrangère, de développement et d’échanges commerciaux s’intensifient.

Cette intensification est constatée de plus en plus á l'échelle mondiale.

Les possibilités de miser sur chacun de ces éléments s’accroissent également.

La refonte nous permet de saisir le plein potentiel de ces occasions.

En harmonisant nos politiques et programmes en matière d’affaires étrangères, de développement et de commerce, nous visons à atteindre une plus grande cohérence stratégique.

Nous croyons que cette cohérence donnera plus de poids à nos efforts, à tous les niveaux.

La refonte nous permet également de maximiser l’efficacité des ressources disponibles en matière de développement et d’aide humanitaire.

En tant que ministre de la Francophonie, je peux aujourd’hui témoigner des avantages de la refonte dans ce dossier précis.

Par exemple, le Canada mène présentement un effort avec ses partenaires pour que la Francophonie se dote d’une stratégie économique.

La refonte du Ministère permet au Canada de pousser pour une stratégie qui tiendra compte des différents degrés de développement des pays de la Francophonie, tout en nous assurant que le commerce et le développement soient sur le même pied d’égalité.

Cet engagement envers un développement international efficace, nous l’avons démontré dès les premiers jours de notre gouvernement.

Dans le budget de 2006, notre gouvernement a réaffirmé l’engagement du Canada à doubler l’aide internationale pour la porter à 5 milliards en 2010-2011.

Il nous est aussi apparu évident que pour donner un nouveau souffle à notre aide internationale, nous devions apporter des changements aux politiques et aux pratiques en place.

L’aide du Canada était alors trop éparpillée dans de trop nombreux pays et de trop nombreuses thématiques.

Cette situation avait d’ailleurs été notée dans un rapport critique de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) sur les politiques d’aide du Canada.

En 2007, nous avons donc adopté un plan d’action pour l’efficacité de l’aide.

Nous avons concentré nos efforts sur les plans géographiques et thématiques.

Nous avons identifié 20 pays ciblés, vers lesquels 80 % de notre aide bilatérale est dirigée.

Nous avons également identifié cinq thèmes prioritaires pour orienter notre travail en assistance internationale.

Ces thèmes répondent aux priorités des pays en développement, tout en misant sur les forces du Canada:

  • la sécurité alimentaire;
  • la santé des mères et des enfants;
  • la croissance économique;
  • la sécurité et la stabilité;
  • faire avancer la démocratie.

Avant que le premier ministre Harper n'attire l'attention de la planète sur cet enjeu déterminant qu'est la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants, nous avions du mal à réduire la mortalité chez les enfants et les décès parmi les mères.

Grâce à l’Initiative de Muskoka, et à l’action mondiale qu’elle suscite, les taux de mortalité maternelle diminuent et le nombre d’enfants qui peuvent célébrer leur cinquième anniversaire s’accroît par millions.

La génération actuelle d'enfants et de jeunes est la plus importante jamais observée de toute l'histoire de l'humanité.

Le monde compte sept milliards d'habitants, dont près de la moitié ont moins de 25 ans.

Parmi eux, plus de 90 % vivent dans des pays en développement.

Dans bon nombre de régions, l'éducation de base n'est même pas envisageable : 67 millions d'enfants, dont une majorité de filles, n'ont pas accès à l'école ou à d'autres possibilités d'apprentissage qui pourraient leur donner l'espoir d'un avenir meilleur.

Nous axons également nos efforts sur l’éducation des jeunes et leur protection.

C’est la suite logique de notre engagement en matière de santé des mères, des nouveau-nés et des enfants.

Le Canada est un chef de file mondial dans le domaine de la sécurité alimentaire et de la nutrition et il s’agit également d’un thème prioritaire pour notre gouvernement.

Plus de 850 millions de personnes souffrent présentement de malnutrition dans le monde.

En plus de nos efforts en matière de nutrition pour les mères et les enfants, nous nous concentrons particulièrement sur le domaine de l’agriculture durable.

Le Canada a été l’un des premiers donateurs à promouvoir le rôle central de la croissance économique durable dans le développement international et il s’agit toujours une priorité.

L'éradication de la pauvreté extrême et la promotion de la prospérité mondiale représentent les deux côtés d'une même médaille.

Je crois que le Canada est particulièrement bien placé pour aider les pays en développement à relever ces défis, tant au niveau institutionnel qu'économique.

Le Canada a résisté à la crise financière mondiale mieux que la majorité de nos partenaires commerciaux parce que le premier ministre Harper avait un plan.

Aujourd’hui, le Canada a le meilleur bilan en matière d’emploi des pays développés, avec près de 1,1 million d’emplois ayant été créés depuis la récession.

L’expérience canadienne peut certainement s’avérer un atout pour plusieurs pays en développement.

La stabilité, la confiance, la responsabilisation et la primauté du droit sont également des conditions essentielles au développement économique et social durable.

Le Canada continuera d’appuyer le maintien de sociétés libres, pluralistes et bien régies, dont les gouvernements respectent les droits de la personne et la primauté du droit, tout en répondant efficacement aux besoins de leurs citoyens.

Finalement, l’approche canadienne à l’égard de la stabilité et la sécurité est d’ailleurs reconnue mondialement et elle est un pilier de la politique étrangère du Canada.

La promotion de ces deux facteurs sert à réduire les menaces à la sécurité et aux valeurs canadiennes, mais aussi à optimiser le potentiel économique des pays ciblés.

Nous croyons que ces thèmes nous permettront de maximiser l’impact de la contribution du Canada, tout en nous plaçant au cœur des plus grands défis de développement que le monde affronte présentement.

En plus d’une plus grande concentration géographique et thématique, notre gouvernement met davantage l'accent sur les résultats de notre programme d’aide.

En 2007, nous avons cessé de financer les frais d’exploitation de nos partenaires.

Nous appuyons désormais des projets durables qui produisent des résultats et dont les objectifs et les résultats attendus sont clairement définis.

Nous tenons à ce que les programmes et les projets en matière de développement international du Canada soient harmonisés avec les priorités et les besoins nationaux définis par le pays partenaire.

Notre gouvernement a également mis beaucoup d'efforts pour accroître la transparence de notre aide.

Le gouvernement du Canada fait rapport aux Canadiens sur ses plans, ses activités et ses résultats tout au long de l'année.

Nous utilisons plusieurs nouveaux mécanismes et accords, dont le site Web de Données ouvertes, le Partenariat pour un gouvernement transparent et l'Initiative internationale pour la transparence de l'aide.

Ces efforts portent leurs fruits.

En 2012, un nouveau rapport de l’OCDE soulignait la nette amélioration du Canada en matière de résultats et de responsabilité.

L’OCDE note en particulier le fait que nous ayons un cadre législatif plus fort avec la Loi sur la responsabilité en matière d'aide au développement officielle, en plus du fait que la Déclaration de Paris soit un pilier de nos politiques de développement.

À l'échelle internationale, le Canada est dorénavant perçu comme un chef de file en matière de données ouvertes, de transparence et de responsabilité dans le contexte de l'aide au développement.

En octobre 2013, l'organisation Publish What You Fund, une organisation non gouvernementale (ONG) de premier plan qui s'emploie à promouvoir la transparence de l'aide, a classé le programme d'aide au développement du Canada comme étant l'un des trois donateurs bilatéraux les plus transparents du monde.

Le Canada fait avancer ses priorités de développement en travaillant étroitement avec une multitude de partenaires.

Il n’existe pas de type de partenaire en mesure de nous permettre de surmonter seuls tous les défis.

Les partenariats efficaces passent donc d’abord par la collaboration avec une diversité d’acteurs pour améliorer le sort des pauvres et des plus vulnérables.

Cette diversification, et plus particulièrement notre désir de collaborer davantage avec le secteur privé, a suscité certaines craintes de la part de nos partenaires traditionnels.

Permettez-moi donc de dissiper les doutes qui pourraient subsister.

Le fait de mobiliser le secteur privé ne veut pas dire que l’on puisse se passer de la contribution de la société civile.

Chaque acteur a sa raison d’être.

Nous savons que la croissance économique durable constitue le moteur de la réduction de la pauvreté et que le secteur privé est le moteur de la croissance économique.

L’établissement de partenariats avec le secteur privé est donc essentiel pour sortir les populations de la pauvreté pour les mettre sur la voie de la prospérité.

Nous pouvons adopter certains changements au ministère qui offriraient un meilleur support au secteur privé.

J’en suis toutefois venu au constat que sans nouveaux outils financiers, le potentiel de croissance de ces partenariats est limité.

C’est une question complexe qui se doit d’être approfondie, mais j’accueille avec beaucoup d’intérêts les suggestions telles que celles formulées par la Chambre de commerce du Canada plus tôt cette semaine.

Cette diversification ne devrait surtout pas s’arrêter au secteur privé.

J’ai en tête beaucoup d’autres partenaires non traditionnels qui peuvent aider le Canada à surmonter le défi du développement.

Par exemple, la communauté scientifique et technologique canadienne constitue l’un de nos plus grands atouts.

Nul doute que l’innovation est essentielle à l’atteinte de résultats de développement.

Comme le Ministère œuvre depuis longtemps dans des pays en développement, il a une perspective assez unique du terrain.

Cependant, nous devons admettre que présentement ses capacités en sciences et technologies ne sont pas suffisantes pour que nous puissions bâtir des partenariats efficaces en ce domaine.

C’est un problème auquel j’entends remédier rapidement.

Il y a aussi l'afflux de migrants internationaux qui a créé des diasporas dont les activités ont des incidences sur le développement.

Avec des transferts de près de 24 milliards en 2012, le Canada est la troisième source en importance d’envois de fonds vers les pays en développement.

Ces envois contribuent à réduire la pauvreté et à répondre aux besoins de base dans plusieurs pays en développement.

Cette importante contribution de la part de nos concitoyens doit être davantage reconnue et nous ne pouvons nous priver de cette précieuse collaboration.

La diversification de nos partenariats est cruciale pour les succès futurs de notre programme d’aide et ce ne sont pas les occasions qui manquent.

Mais la qualité et la force de nos partenariats avec la société civile, nos partenaires de plus longue date, sont tout aussi importantes.

C’est pourquoi que, comme ministre, j’ai mis beaucoup d’efforts à tisser des liens avec la société civile.

J’avais souvent entendu parler de la façon dont nos organisations partenaires représentent avec brio le Canada dans le monde.

Depuis que je suis ministre du Développement, j’ai eu la chance de le constater de mes propres yeux.

Par leurs actions pour aider les populations pauvres et vulnérables, elles véhiculent les valeurs canadiennes à l’échelle internationale.

Je sais qu’en travaillant avec nos partenaires traditionnels de la société civile, nous sommes en mesure d’avoir un grand impact sur le plan du développement.

Plus tôt cette semaine, j’ai lancé un appel de propositions pour trois initiatives :

  • le Programme de stages internationaux pour les jeunes;
  • l’Initiative des Stages internationaux pour les jeunes Autochtones;
  • le Programme de coopération volontaire.

Ces initiatives sont très importantes pour nos partenaires de la société civile.

J’espère que cette annonce témoignera de notre engagement continu envers la société civile.

Je suis tout de même conscient que nos partenaires s’attendent à d’autres appels mais surtout, qu’ils recherchent davantage de prévisibilité de notre part.

Ces attentes sont légitimes et au cours des prochains mois, je travaillerai avec nos partenaires pour trouver des solutions qui respecteront nos objectifs communs d’efficacité et de transparence.

Mon discours, comme vous avez pu le constater est différents de ce qui fait les manchettes dernièrement.

Elles donnaient surtout l’impression que les changements opérés par notre gouvernement laissaient le Québec pour compte.

En réalité, l'an dernier, nous avons travaillé avec une quarantaine d'organismes québécois, qui ont reçu 143 millions de dollars.

Devrait-on vraiment s’étonner du fait que le Québec fasse bonne figure dans ce nouvel environnement, connaissant la force de nos organismes dans les domaines de la santé, de l’éducation, du micro-crédit, de l’agriculture, des coopératives et des droits de la personne, pour ne nommer que ceux-là ? Pas du tout.

Je ne cherche pas non plus à embellir la réalité.

Je sais par exemple que les derniers appels d’offres ont été difficiles pour les organismes du Québec.

J’en ai justement parlé avec monsieur Gervais L’Heureux de l’Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI) avant de venir ici vous rencontrer.

Je peux vous assurer que chaque projet est évalué au mérite.

Il est donc essentiel pour les organismes qui ne se sont pas qualifiés d’aller à l’origine du problème. Je crois que l’AQOCI peut jouer un rôle constructif à ce chapitre.

Je tiens aussi à maintenir une relation franche et constructive avec les organisations de la société civile du Québec.

Je suis donc fier d’annoncer aujourd’hui que nous avons renouvelé notre partenariat avec l’AQOCI pour les cinq prochaines années, à la hauteur de 1,7 million de dollars.

Ce financement s’inscrit dans l’initiative S’engager avec les Canadiens qui regroupe les sept conseils provinciaux et régionaux pour la coopération internationale, ainsi qu’un nouveau partenariat, le Yukon Development Education Centre. Cette initiative vise à mobiliser les Canadiens en faveur du développement international et de renforcer les compétences de centaines d’organisations de la société civile canadienne afin d’accroître leur efficacité.

L’AQOCI a donc un mandat unique en matière de mobilisation du public et de renforcement des capacités de leurs membres.

Je compte sur cette collaboration pour favoriser une plus grande participation du Québec dans notre priorité nationale qu'est la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants.

Et notre gouvernement a l'intention de mobiliser toutes nos ressources et notre expertise, d'un océan à l'autre, afin d’y arriver.

Il ne fait aucun doute dans mon esprit qu'avec nos universités prestigieuses, nos ONG de renom et notre secteur privé engagé, le Québec peut faire une contribution cruciale à cette importante cause.

En unissant nos efforts, nous pouvons prévenir les décès évitables chez les mères, les nouveau-nés et les enfants et sauver les millions de vies qui sont en jeu.

Nous n’avons pas encore atteint notre objectif commun, mais il est à notre portée.

En tant que nation, en tant que peuple, les Canadiennes et les Canadiens sont motivés par la nécessité d’aider ceux qui sont moins fortunés qu’eux.

L’approche de notre gouvernement au chapitre du développement international ne cadre pas seulement avec les valeurs et principes des Canadiens, elle en est le reflet.

Nous ne devons toutefois ne jamais perdre de vue que les citoyens s’attendent à ce que l'aide canadienne livre des résultats concrets.

Or, nous sommes aujourd’hui mieux outillés que jamais pour lutter contre la pauvreté et pour investir nos fonds destinés à l’aide au développement là où ils auront la plus grande incidence.

Le Canada sera un chef de file en mettant l’accent sur l’impact de ses activités.

En développant des solutions innovatrices susceptibles de changer des vies.

L’Initiative de Muskoka sur la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants, est un excellent exemple de ce que nous pouvons réaliser lorsque nous prenons les choses en main et que nous ciblons nos efforts.

Sauver la vie de femmes et d'enfants n'est pas seulement une obligation morale – c'est l'élément fondamental pour établir des collectivités prospères, pour la génération actuelle et celles qui suivront. Ces efforts reflètent les valeurs canadiennes les plus profondes.

Je vous invite donc à partager vos leçons et votre expertise avec le monde lors du Sommet sur la Santé des mères, des nouveau-nés et des enfants du premier ministre qui aura lieu à Toronto, du 28 au 30 mai.

En terminant, j’aimerais vous rappeler à quel point il est important que nous travaillions ensemble pour faire valoir le leadership du Canada en matière de réduction de la pauvreté dans les pays en développement.

Nous devons tous encourager l’engagement des Canadiens et leur communiquer l’importance du travail que nous faisons, et les résultats extraordinaires que nous atteignons ensemble.

Il faut que les Canadiens voient ces résultats si nous voulons obtenir leur soutien.

Ils doivent voir les efforts qui sont déployés, et dont ils peuvent être extrêmement fiers.

Ils doivent savoir que nos efforts sont reconnus et admirés par des partenaires du monde entier.

Alors je vous encourage à travailler avec les Canadiens.

Je vous remercie.