Discours du Ministre Paradis

Le 11 juin 2014 – Montréal, Québec

Sous réserve de modifications

Chers amis et collègues, honorables invités, je suis heureux d’être des vôtres ce soir, alors que des chefs d’État, des dirigeants du secteur privé et des représentants d’organisations internationales et de la société civile se réunissent pour la Conférence de Montréal.

Depuis 20 ans, cette rencontre permet de mieux comprendre et connaître les grands enjeux relatifs à la mondialisation économique.

Les discussions tenues ici au fil des ans ont systématiquement jeté un nouvel éclairage sur les défis que le monde contemporain doit relever. Il ne fait aucun doute pour moi que la 20e édition de la Conférence de Montréal sera tout aussi fructueuse à cet égard.

En ma qualité de ministre du Développement international du Canada, je serai heureux de prendre part à ces échanges.

Plus particulièrement, je souhaite me concentrer ce soir sur le rôle de catalyseur que peut jouer le secteur privé pour favoriser la réussite économique dans les pays en développement et sur la place centrale qu’il doit occuper dans un développement prospère.

Mais je parlerai d’abord brièvement de la relation de plus en plus importante entre la politique étrangère, le développement et le commerce.

Les interactions accrues entre ces trois volets deviennent de plus en plus visibles à l’échelon mondial.

Quand notre gouvernement a procédé à la fusion du ministère des Affaires étrangères et du Commerce international et de l’ACDI, il l’a fait pour tirer pleinement profit du potentiel de ces relations étroitement liées.

En harmonisant nos programmes et nos politiques en matière d’affaires étrangères, de développement et de commerce, nous souhaitons atteindre une plus grande cohérence stratégique.

Nous croyons que cette cohérence donnera plus de poids à nos efforts, et ce, à tous les niveaux.

La fusion nous permet aussi d’optimiser l’efficacité des ressources destinées au développement et à l’aide humanitaire.

En tant que ministre de la Francophonie, je peux maintenant attester que la fusion a eu des effets positifs dans ce domaine.

Par exemple, avec ses partenaires, le Canada dirige actuellement des travaux qui visent à ce que la Francophonie se dote d’une stratégie économique.

La réorganisation du ministère permet au Canada de mettre de l’avant une stratégie qui tient compte des divers niveaux de développement des pays de la Francophonie, tout en faisant en sorte que le commerce et le développement soient sur un pied d’égalité.

Et cela n’a jamais été aussi important.

Comme bon nombre d’entre vous le savent, l’aide internationale n’est plus ce qu’elle était. En fait, beaucoup de choses ont changé depuis que le Canada s’est lancé officiellement dans le développement international, à la fin des années 1960.

Aujourd’hui, les pays en développement sont de plus en plus des moteurs de la croissance mondiale et ils utilisent le développement économique, le commerce et l’investissement pour alimenter leurs propres progrès.

L’aide au développement n’a plus autant d’importance que d’autres ressources, et l’investissement direct étranger est maintenant cinq fois supérieur à l’aide dans les pays en développement.

Par ailleurs, les transferts de fonds représentent à peu près trois fois la valeur de l’aide au développement officielle.

De plus, le nombre des acteurs qui interviennent dans le développement a considérablement augmenté.

Le développement est devenu une entreprise mondiale dans laquelle des partenaires de nombreux secteurs travaillent ensemble pour répondre aux besoins des personnes pauvres à l’échelle planétaire.

C’était auparavant un domaine réservé aux organismes publics d’aide au développement, aux organismes de bienfaisance et aux organisations internationales.

Dans ce contexte, plus de 1,1 milliard de personnes dans le monde vivent encore dans une pauvreté extrême et essaient de survivre avec moins de 1,25 $ par jour.

Aider ces personnes à survivre au jour le jour est une tâche complexe qui nous oblige à redéfinir notre démarche en matière d’aide internationale.

Nous sommes forcés de dépasser les limites de ce que nous appelons traditionnellement le développement.

C’est dans ce contexte que le Canada s’efforce d’aider les pays en développement à progresser vers l’autonomie.

Ainsi, un plus grand nombre de personnes pourront se sortir de la pauvreté et avoir une vie qui leur offre des promesses et des possibilités.

Au centre de nos efforts, il y a la volonté d’établir de nouveaux partenariats et d’innover.

Il s’agit d’un engagement à l’égard d’un développement intelligent qui s’adapte à l’évolution constante du paysage du développement.

Pour cela, il faut travailler autrement.

Il faut trouver de nouveaux partenaires.

Comme le secteur privé.

En effet, le Canada estime que les entreprises du secteur privé ont un rôle essentiel à jouer dans la réalisation des objectifs du développement mondial.

En fait, la question n’est pas de savoir s’il faut mobiliser le secteur privé, mais plutôt comment le mobiliser, c’est-à-dire « Comment nos partenariats avec le secteur privé peuvent produire les meilleurs résultats qui soient pour aider les personnes démunies dans le monde? »

En vérité, peu d’autres secteurs sont aussi bien outillés pour aider à générer la croissance économique durable nécessaire pour aider des populations à passer de la dépendance à l’autonomie.

Des emplois valorisants, l’amélioration de l’éducation et de la formation, une meilleure santé et une meilleure nutrition pour les mères et les enfants : voilà autant d’éléments qui peuvent accroître les chances de vaincre la pauvreté.

Et tous ces buts peuvent être atteints si le secteur privé s’associe davantage aux efforts de développement déployés à l’échelle mondiale.

Ces conclusions ne sont pas nouvelles.

Les pays partenaires en Afrique, par exemple, disent depuis longtemps qu’ils ont besoin de plus que d’une aide au développement.

Ils ont besoin d’un accès aux connaissances et aux compétences qui peuvent les aider à mobiliser leurs propres ressources et leurs propres capacités.

Ils veulent des investissements du secteur privé afin de pouvoir réinvestir les fonds publics dans la santé et le bien-être de leurs propres citoyens.

La croissance impressionnante de l’industrie extractive en Afrique montre combien les investissements du secteur privé peuvent transformer des économies et, par conséquent, améliorer des vies.

Les Amériques possèdent elles aussi d’immenses richesses naturelles et un énorme potentiel de croissance.

Comme il le fait avec les pays d’Afrique, le Canada travaille avec des pays en développement des Amériques pour mettre sur pied une capacité de gouvernance des ressources, promouvoir le développement économique local et permettre aux collectivités de maximiser les retombées du secteur extractif.

Les Amériques sont une priorité de politique étrangère du Canada depuis 2007.

La stratégie pangouvernementale d’engagement du Canada dans les Amériques a été renouvelée en 2012, et sa vision demeure la même : avoir un hémisphère plus stable, plus prospère et plus démocratique.

La stratégie comporte trois objectifs : accroître les débouchés économiques mutuels; renforcer la sécurité et les institutions démocratiques; et favoriser des relations durables.

En appliquant le modèle canadien des partenariats public-privé, notre gouvernement accroît les possibilités de collaboration entre les entreprises du secteur extractif, les collectivités locales et les gouvernements.

Les revenus générés en Afrique, dans les Amériques et ailleurs, grâce à ces partenariats caractérisés par une gestion responsable des ressources, aident les pays à financer des services importants dont bénéficient aussi les personnes les plus pauvres et les plus vulnérables.

Ces services vont d’une éducation et de formations de qualité à un meilleur accès à des services en matière de santé des mères et des enfants – la priorité absolue du Canada en matière de développement.

En fait, je suis fier de dire que le premier ministre Harper a renforcé cette priorité lors du sommet mondial Sauver chaque femme, chaque enfant, qui a eu lieu à Toronto il y a deux semaines.

Lors de cette rencontre, des chefs de gouvernement et des représentants de l’industrie et d’organisations se sont réunis pour trouver un consensus sur les efforts internationaux qui doivent être déployés pour réduire le nombre de décès évitables de mères, de nouveau-nés et d’enfants de moins de cinq ans dans les pays en développement.

À Toronto, le premier ministre a annoncé que le Canada versera 3,5 milliards de dollars sur cinq ans pour la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants.

Cet engagement renforcera la dynamique qui permettra de sauver des millions de bébés, d’enfants et de mères et de les aider à grandir et à s’épanouir.

Le Sommet a permis de confirmer que nous sommes sur la bonne voie.

Que sauver chaque femme et chaque enfant est un objectif à notre portée.

Et qu’il est essentiel que nous redoublions d’efforts si nous voulons atteindre nos objectifs.

Il a aussi permis de confirmer que le dossier doit demeurer au cœur du programme de développement mondial de l’après-2015.

Le Canada sait quel rôle important le secteur privé peut jouer pour nous aider à atteindre cet objectif, mais aussi pour réduire la pauvreté et contribuer à renforcer les marchés du commerce et de l’investissement de demain.

C’est pourquoi le Canada soutient deux nouveaux projets qui créeront des emplois et des possibilités pour les populations les plus vulnérables du monde.

Le premier est le programme Croissance par l’investissement et le commerce en Asie.

Il vise à faciliter l’accès du secteur privé aux marchés et au financement afin que les entreprises prospèrent, créent des emplois et fassent reculer la pauvreté.

Le second est le Fonds d’aide aux services consultatifs pour le climat d’investissement de la Banque mondiale.

L’appui du Canada aidera de nombreux pays en développement à entreprendre des réformes ciblées pour favoriser la création d’un plus grand nombre d’entreprises et pour aider ces dernières à prospérer dans un marché concurrentiel.

Cette aide comprend un soutien rapide à la mise en œuvre du nouvel Accord sur la facilitation des échanges de l’Organisation mondiale du commerce, qui pourrait ajouter un billion de dollars à l’économie mondiale en abaissant le coût des activités commerciales et en augmentant la participation du secteur privé.

Si nous contribuons à ces projets et à d’autres initiatives semblables, c’est parce que nous connaissons le pouvoir véritablement transformateur des investissements du secteur privé dans les pays en développement.

J’ai moi-même pu constater ce pouvoir depuis que je suis ministre du Développement international.

Dans mes déplacements, j’entends souvent parler de la différence que peuvent faire des investissements privés pour les pays en développement et leur population.

En fait, le milieu des affaires est très bien placé pour contribuer à l’atteinte des objectifs du développement international.

Il l’est aussi pour améliorer la vie des gens dans de nombreux marchés qui bénéficient de l’aide internationale et d’investissements étrangers.

En travaillant ensemble, nous pouvons en faire plus pour aider un plus grand nombre de personnes.

Nous pouvons aider ces personnes à surmonter les difficultés auxquelles elles sont confrontées et nous pouvons jouer un rôle clé dans leur passage de la dépendance à l’autonomie.

Merci.