Discours du ministre d’État Valcourt à l’occasion d’un petit-déjeuner avec le Groupe des chefs de missions diplomatiques francophones accrédités à Ottawa

Nº 2011/37 - Ottawa (Ontario) - Le 14 novembre 2011

Sous réserve de modifications

Son Excellence Monsieur l’Ambassadeur Zeller, ambassadeur de France auprès du Canada, Son Excellence Monsieur l’Ambassadeur Wone, ambassadeur de la République du Sénégal, et président du Groupe des chefs de missions diplomatiques francophones accrédités à Ottawa, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, les Hauts-Commissaires et les Chargés d’affaires, distingués invités, bonjour!

Permettez-moi tout d’abord de remercier chaleureusement Son Excellence Monsieur l’Ambassadeur Zeller pour son accueil et Son Excellence Monsieur l’Ambassadeur Wone pour l’invitation à venir vous rencontrer, faire votre connaissance et vous faire part des grandes orientations de ma mission et de mon programme, comme ministre d’État du gouvernement canadien chargé de la Francophonie.

D’entrée de jeu, laissez-moi vous féliciter tous et toutes de cette initiative prise en 2009, qui a eu pour résultat la création de ce Groupe des chefs de missions diplomatiques francophones accrédités à Ottawa, car il permet de renforcer la collaboration entre les États membres de la Francophonie et de tisser des liens solides parmi la communauté diplomatique d’Ottawa.

La rencontre d’aujourd’hui me permet non seulement d’établir un premier contact avec vous, mais aussi de vous faire part de mes intentions quant à la participation canadienne à la Francophonie, dont le premier ministre Stephen Harper m’a confié la responsabilité, et de partager avec vous les priorités du Canada en Francophonie internationale.

C’est d’autant plus à propos étant donné l’imminence d’un rendez-vous important pour l’Organisation internationale de la Francophonie, soit la Conférence ministérielle, les 1er et 2 décembre prochain, à Paris.

À cela s’ajoute le tout premier Forum mondial de la langue française qui aura lieu à Québec quelques mois plus tard, une occasion inédite de célébrer notre langue et la diversité culturelle de tous ces pays ayant en commun l’usage du français par le biais de la participation de la société civile au Forum, notamment de la jeunesse francophone. J’espère que vous y serez en grand nombre.

Cette rencontre aujourd’hui me permet aussi de proclamer à quel point nous sommes fiers, au Canada, d’appartenir à la Francophonie.

Peut-être le savez-vous, je suis originaire du Nouveau-Brunswick et je représente à la Chambre des communes une circonscription de cette province, la seule province canadienne officiellement bilingue. Je suis un produit de l’Acadie des Terres et Forêts du Nouveau-Brunswick, qui sera l’hôte du Congrès mondial acadien en 2014 et auquel d’ailleurs je vous invite tous et toutes à participer.

De fait, peut-être devriez-vous considérer tenir une réunion officielle de votre groupe durant le Congrès.

M. Zeller m’apprenait que vous répondez à une invitation des autorités du Nouveau-Brunswick et que votre groupe se rend à Fredericton demain.

Vous trouverez, à Fredericton, un gouvernement soucieux de respecter les droits de sa minorité francophone et de promouvoir la vitalité sociale, économique et culturelle des Acadiens et des Francophones tout en relevant les défis fiscaux, financiers et démographiques auxquels le Nouveau-Brunswick fait face actuellement.

L’enjeu principal du Nouveau-Brunswick est la création d’emploi et de richesse pour équilibrer son budget en éliminant un déficit qui menace sa capacité d’offrir à la population les services essentiels en matière de santé, d’éducation et de sécurité.

Vous devinez sans doute que les grandes orientations de ma mission et mon programme vont s’inscrire dans le cadre de la politique étrangère de notre gouvernement, mais qu’elles seront inspirées et informées par mon expérience et ma situation de membre d’une communauté linguistique en situation minoritaire.

Au Canada, je le disais plus tôt, nous sommes fiers de notre appartenance à la Francophonie.

De par le travail et l’engagement continu de nos communautés linguistiques, notamment celles en situation minoritaire, nous avons assuré le rayonnement de notre identité francophone partout dans le monde.

Pour conserver sa valeur ajoutée, nous croyons que la Francophonie doit continuellement se renouveler.

Elle doit non seulement demeurer à l’affût des défis contemporains et pouvoir les relever de manière concertée, mais aussi réussir à concrétiser et à exprimer clairement les valeurs communes.

Parmi les enjeux majeurs de notre temps, je pense notamment à l’état de notre économie mondiale.

En effet, l’économie mondiale a connu la pire crise financière et la pire récession depuis les années 1930 : des banques ont été ruinées, des devises ont été secouées, des gouvernements ont été ébranlés.

Au Canada, nous avons pris des mesures rapides et efficaces pour stimuler notre économie, mais il est toujours impératif de créer plus d’occasions pour notre développement économique collectif, particulièrement chez nos partenaires du Sud.

Pour le Canada, le développement et la stabilité économique mondiale passent par l’établissement continuel de nouveaux liens économiques et commerciaux.

Le Canada et l’Union européenne sont en voie de conclure un accord de renforcement du commerce et de l’investissement.

Nous négocions en ce moment des accords sur la promotion et la protection des investissements étrangers avec certains États membres de la Francophonie, dont le Vietnam, le Mali et la Tunisie.

Nous avons amorcé des négociations avec le Maroc en vue d’un accord de libre-échange.

Ce ne sont là que quelques exemples de la volonté du Canada de se rapprocher de ses partenaires de la Francophonie afin de développer le potentiel économique qui découle de ces liens.

Dans la pratique, il y a lieu, je crois, de déterminer la façon dont il est possible d’ajouter, sur le plan intérieur, une dimension économique à notre participation à la Francophonie. Les bénéficiaires pourraient en être les créateurs d’emplois francophones canadiens et également des autres pays membres. J’entends explorer cette optique.

De fait, je remarque l’importance de saisir toutes les occasions pour les communautés francophones du monde de tisser des liens et d’utiliser la Francophonie comme tremplin pour leurs initiatives.

Je pense par exemple à la promotion de leur région en tant que destination touristique ou lieu d’investissement, ou encore pour favoriser leurs exportations de biens et services dans les pays membres.

Quant à moi, il s’agit d’un axe que l’OIF aurait intérêt à promouvoir et que je compte recommander.

La modernisation de l’Organisation est aussi une priorité pour le Canada.

C’est pourquoi nous comptons continuer de travailler avec nos partenaires de la Francophonie à consolider son action politique partout dans le monde, notamment dans les États qui émergent présentement d’une situation de crise, qui sont en période de transition ou qui traversent une étape cruciale de leur évolution démocratique.

Nous allons également engager un dialogue avec nos partenaires de l’Organisation sur la très importante question des libertés religieuses qui sont, entre autres, essentielles à l’épanouissement de sociétés libres et démocratiques.

Nous jugeons d’ailleurs que la tenue du prochain Sommet de la Francophonie à Kinshasa sera une occasion idéale de renforcer le dialogue avec les autorités congolaises sur les efforts qu’elles déploient pour assurer la stabilité politique et la sécurité dans leur pays.

Le gouvernement congolais doit continuer à progresser sur la voie du respect des droits de la personne et s’assurer que les crimes contre les personnes, contre les femmes en particulier, ne restent pas impunis.

Nous allons observer avec beaucoup d’attention le déroulement des élections présidentielles et législatives qui auront lieu au Congo, à la fin du mois.

Comme vous le savez, le premier ministre Stephen Harper et le ministre des Affaires étrangères John Baird étaient présents au Sommet du Commonwealth à Perth, en Australie, en octobre dernier. Lors de ce voyage, le premier ministre Stephen Harper a fait une déclaration qui, à mon avis, décrit clairement la position du Canada.

Il a encouragé le Commonwealth à défendre les valeurs fondamentales, comme les droits de la personne, la démocratie et la primauté du droit.

Le Canada s’est aussi joint à nouveau au Groupe d’action ministériel. Nous avons l’intention d’utiliser notre qualité de membre pour défendre ardemment les valeurs démocratiques.

Le Canada ne se contentera pas d’être accommodant juste pour éviter de faire des vagues. Les positions que nous défendrons seront fondées sur des principes et considérées comme justes, peu importe qu’elles soient ou non populaires, commodes ou opportunes.

Nous pensons que la Francophonie doit continuer à s’inspirer de ces messages pour assurer la prospérité et la stabilité de ses États membres, dans la foulée d’ajouter à sa valeur par son renouvellement.

Je profite de l’occasion d’ailleurs pour féliciter le Secrétaire général de la Francophonie, M. Abdou Diouf, pour ses gestes et ses actions à cet égard.

Mesdames et Messieurs, une fois de plus, je vous félicite de votre travail au sein du Groupe des chefs de missions diplomatiques francophones accrédités à Ottawa. Vous pouvez compter sur mon appui complet, tout comme sur celui de mon équipe, pour votre travail et vos prochaines initiatives.

Je vous remercie.