Notes pour une allocution du ministre d’État des Affaires étrangères (Amériques), l'honorable Peter Kent, à la 50e assemblée annuelle de la Banque interaméricaine de développement

Le 30 mars 2009
Medellín, Colombie

Sous réserve de modifications

Monsieur [Luis Alberto] Moreno [président de la Banque interaméricaine de développement (BID)], chers collègues gouverneurs, distingués invités, mesdames et messieurs. D’entrée de jeu, je dois remercier de nouveau la Banque de la Colombie et, bien sûr, notre superbe ville-hôte, Medellín. Vous avez placé la barre très haut pour le Canada, qui se réjouit à l’idée d’accueillir la prochaine assemblée annuelle de la BID en 2011.

Ma participation ici aujourd’hui illustre le profond engagement du Canada envers ses partenaires de l’Amérique latine et des Caraïbes. C’est précisément pour souligner la haute priorité accordée à l’engagement dans les Amériques par la politique étrangère du Canada qu’on a créé mon portefeuille, celui de ministre d’État des Affaires étrangères pour les Amériques. D’ailleurs, monsieur le président Moreno, lorsque j’ai eu l’honneur de vous accueillir à Toronto et à Ottawa en novembre dernier, vous étiez le premier visiteur qu’il m’était donné de recevoir officiellement dans le cadre de ces fonctions.

Le Canada reconnaît en la Colombie un pays dynamique, fort d’une longue tradition démocratique. Comme bien d’autres pays de la région, la Colombie est aux prises avec des difficultés économiques et des défis liés à la gouvernance, mais il faut néanmoins féliciter le gouvernement colombien d’avoir réalisé de grands progrès et d’avoir concrétisé une vision positive de l’avenir. Le 21 novembre 2008, le Canada et la Colombie ont signé un accord de libre-échange assorti d’accords de coopération dans les domaines du travail et de l’environnement. Cet accord vient tout juste, la semaine dernière, d’être déposé devant notre Parlement en vue d’être ratifié. Une fois entré en vigueur, l’accord de libre-échange ouvrira de nouvelles perspectives aux entreprises en éliminant les obstacles bilatéraux au commerce et à l’investissement.

Pour que l’économie mondiale puisse être en bonne santé, il nous faut des systèmes financiers robustes, mais il importe tout autant que nous restions ouverts au commerce et à l’investissement. Le Canada connaît de très près les retombées que peut engendrer une économie ouverte. Au moment où la crise économique a commencé à se manifester, on croyait que les économies de l’Amérique latine seraient protégées contre ses effets, mais cette notion n’a pas tardé à se révéler erronée. Nous avons tous pris connaissance des données et du compte rendu réaliste présentés par Santiago Levy [économiste en chef de la BID], dont le pessimisme s’inscrit dans la lignée des sombres prévisions énoncées par le Fonds monétaire international, la Banque mondiale, l’ONU et d’autres. Leurs conclusions sont unanimes : la croissance ralentit dans les pays émergents et les pays en développement.

L’avenir s’annonce particulièrement difficile pour les pays à faible revenu dont la croissance économique dépend du commerce, de l’investissement étranger direct et des envois de fonds des citoyens à l’étranger. Les progrès durement gagnés au chapitre des Objectifs du Millénaire pour le développement sont menacés. Les institutions multilatérales collaborent plus que jamais pour mobiliser les ressources et aider leurs membres à affronter la crise actuelle. Nous devons poursuivre nos efforts pour veiller à ce que toutes ces institutions, y compris la BID, aient les appuis politiques et financiers nécessaires pour réagir efficacement à la crise.

Nous nous félicitons du leadership qu’a démontré la BID en adoptant des mesures contracycliques pour combattre les effets de la crise financière.

La BID assume une responsabilité particulière à cet égard. Elle exerce une vaste influence dans la région et en possède une connaissance intime.

Nous savons que la Banque devra intervenir à court terme pour répondre aux besoins immédiats de ses membres.

Plusieurs de mes collègues ont du reste présenté des témoignages éloquents au sujet des difficultés et des contraintes auxquelles leurs pays font face.

Au-delà du court terme, nous devons toutefois veiller à ce que la Banque dispose des outils nécessaires pour pouvoir continuer de s’acquitter de son mandat essentiel, qui consiste à favoriser le développement.

Je crois comprendre que les gouverneurs étudieront plus tard aujourd’hui une résolution demandant à la direction et au conseil d’administration de la BID de mettre au point un plan d’action. Le Canada a bien hâte de recevoir l’analyse de la Banque au moment où nous poursuivons notre quête de solutions permettant de traverser ces moments difficiles.

En plus des réactions à court terme, le Canada estime que les membres doivent aussi se tourner vers l’avenir. Le Canada et les autres membres du G20 ont réaffirmé leur volonté de veiller à ce que la BID et les autres banques disposent de ressources suffisantes pour continuer d’assumer leur rôle dans les efforts visant à surmonter la crise actuelle.

Monsieur le président, chers collègues, comme je l’ai dit tout à l’heure, le Canada sait que chacun d’entre nous éprouve des difficultés dans son pays, qu’il s’agisse des pertes d’emploi, des entreprises en faillite ou de l’incertitude et de l’inquiétude grandissantes.

Pour surmonter ces obstacles, nous devons continuer de nous concentrer sur des interventions propres à rétablir le fonctionnement normal des marchés financiers, réduire les incertitudes et accélérer la reprise économique.

Le Canada souhaite bonne chance à la Banque dans les travaux qui l’attendent.

Je vous remercie.