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Discours du ministre d’État Kent à l’occasion de la réunion de l'Association panaméenne des dirigeants d'entreprise

No 2010/59- Panama - Le 18 août 2010

Sous réserve de modifications

Je suis très heureux d'être ici et je vous remercie de m'avoir invité à m'adresser à vous aujourd’hui, à l'occasion de la réunion mensuelle de l'Association panaméenne des dirigeants d'entreprise.

Je vous parlerai aujourd'hui de l'engagement du Canada dans les Amériques, et plus particulièrement des liens croissants entre le Canada et le Panama.

Le renforcement des relations canado-panaméennes fait partie des efforts déployés par le Canada pour donner un nouvel élan aux liens de longue date qu’il entretient avec ses partenaires de l'hémisphère occidental. Nous sommes conscients que la prospérité économique du Canada, la vigueur de notre démocratie, ainsi que la sécurité de nos citoyens sont intimement liées à celles de nos voisins. C'est pourquoi le premier ministre Stephen Harper a annoncé en 2007 que les Amériques constitueraient l’une des priorités de la politique étrangère du gouvernement du Canada.

Il avait alors déclaré que la vision du Canada pour la région, c'est-à-dire sa stratégie d’engagement renouvelé dans les Amériques, serait fondée sur trois piliers interreliés qui se renforceraient mutuellement : consolider l'appui à la gouvernance démocratique, bâtir un hémisphère sûr et accroître la prospérité des citoyens.

Nous savons tous qu’il est impossible d’obtenir une plus grande prospérité sans la sécurité, les libertés ou la protection judiciaire qu’apporte une gouvernance démocratique. De même, une telle gouvernance ne peut être consolidée lorsque la pauvreté et l'exclusion sociale perdurent ou lorsque la sécurité personnelle des citoyens est menacée par la criminalité et la violence.

Nous en sommes à la troisième année de notre stratégie et nous pouvons constater que la décision du Canada de renforcer son engagement dans les Amériques a été remarquée. Je crois que nos partenaires, dont le Panama, sont de plus en plus conscients de la présence du Canada et de sa détermination à appuyer tous les efforts conjoints de nos pays. Nous entendons poursuivre notre collaboration et aller de l’avant en nous appuyant sur nos réussites.

Sur le plan de la démocratie, le Canada, œuvrant de concert avec des pays d'Amérique latine aux vues similaires, a été un ardent défenseur de la Charte démocratique interaméricaine. Nous avons aussi appuyé les efforts de promotion de la démocratie déployés par l'Organisation des États américains [OEA], notamment en soutenant de façon constante des missions d'observation des élections.

Cette année a marqué le 20e anniversaire de l’adhésion à part entière du Canada à l'OEA, une institution que notre pays considère comme une tribune politique essentielle pour aborder les enjeux communs à l'hémisphère. Le Canada continuera d’ailleurs à travailler d’arrache-pied pour renforcer la capacité de l'OEA à soutenir la démocratie.

Le Canada appuie également des partenaires non gouvernementaux dans la région. Ce faisant, nous soutenons les efforts locaux déployés afin de renforcer la participation des citoyens. Nous aidons à maintenir une société civile forte et dynamique, des médias libres, ainsi que des réseaux de recherche dont les activités se concentrent sur les questions de démocratie dans la région.

De plus, le Canada travaille à renforcer ses capacités diplomatiques dans la région. Cet automne, nous avons créé l’Unité andine pour la gouvernance démocratique à Lima, au Pérou, chargée d'appuyer les efforts régionaux pour améliorer les pratiques démocratiques, la transparence et la bonne gouvernance.

Sur le plan personnel, j'ai été honoré de représenter le Canada au sein du groupe des ministres des Affaires étrangères de l'OEA, qui soutient les efforts déployés par le Honduras afin de régler pacifiquement par la négociation l'impasse politique dans ce pays. J’ai éprouvé un plaisir particulier à travailler en étroite collaboration sur cette question avec le vice-président du Panama, M.[Juan Carlos] Varela.

En ce qui a trait à la sécurité, le Canada s'est donné pour principal objectif d'accroître la stabilité dans la région en luttant contre la menace que constituent le trafic de stupéfiants, le crime organisé, les pandémies et les catastrophes naturelles.

Nous concentrons nos efforts sur l'Amérique centrale et les Caraïbes: deux régions où la sécurité s'est détériorée considérablement au cours des dernières années et où l'activité criminelle a des répercussions importantes sur le Canada. L'an dernier, nous avons lancé le Programme d’aide au renforcement des capacités de lutte contre la criminalité, dans le cadre duquel nous avons fourni jusqu'à 15 millions de dollars par année à des projets de renforcement des capacités pour mieux lutter contre le trafic de stupéfiants, la corruption, le trafic d’êtres humains, la migration clandestine et le blanchiment d'argent, ainsi que pour travailler à la réforme des systèmes de sécurité et à la prévention du crime. Par exemple, le Canada soutient la formation de policiers locaux et l'achat d'équipement pour ces derniers, ainsi que la transmission d’expertise technique et juridique.

Outre ces efforts, nous avons augmenté nos ressources diplomatiques dans la région en établissant ici-même à Panama le Bureau régional pour la paix et la sécurité. Ce bureau offre des analyses stratégiques et des évaluations de haute qualité sur la région ainsi que des conseils sur les questions de sécurité dans les Amériques, en portant un regard particulier sur l'Amérique centrale et les Caraïbes. Grâce à ces contributions au chapitre des politiques, le Bureau fait progresser les efforts du Canada en ce qui a trait aux questions de sécurité publique dans les Amériques.

L’importance que nous accordons à cette région a été mise en évidence par notre rapide intervention de grande envergure lors du tremblement de terre en Haïti. Afin de faciliter la coordination d'une intervention internationale pour gérer cette crise, le Canada a organisé la Conférence ministérielle préparatoire sur Haïti, tenue à Montréal le 25 janvier 2010. Cette Conférence a permis d’établir un consensus sur une série de principes clés qui guideront les efforts internationaux à venir. À l'occasion de la Conférence des donateurs qui a eu lieu à New York par la suite, le Canada a confirmé son engagement à long terme envers Haïti et a annoncé une contribution de 400 millions de dollars aux programmes d'aide humanitaire et de reconstruction destinés à ce pays. Le Canada est déterminé à aider Haïti à long terme. Les efforts de redressement et de reconstruction se poursuivront pendant de nombreuses années et le Canada soutiendra le gouvernement d’Haïti et la population haïtienne afin de les aider à bâtir un pays meilleur.

En ce qui a trait à la prospérité, le Canada n’a pas ménagé ses efforts pour promouvoir le libre-échange tout au long de la crise économique mondiale et continue de le faire alors que les économies du globe se rétablissent. Pour ce faire, nous avons encouragé l'ouverture des marchés à un moment où bien d'autres envisageaient d’adopter des politiques isolationnistes. Le Panama a employé la même stratégie que le Canada, démontrant ainsi que la coopération avec nos voisins et partenaires constitue la meilleure façon de créer des emplois, d'augmenter la prospérité et d'accroître l'espoir pour nos citoyens.

La volonté de libéraliser davantage le commerce constitue un élément clé de l’engagement du Canada dans la région. Au cours des dernières années, nous avons conclu des accords de libre-échange avec le Pérou, la Colombie et, bien sûr, tout récemment avec le Panama. Nous négocions également des accords commerciaux avec la Communauté des Caraïbes, la République dominicaine ainsi que le Groupe des quatre de l'Amérique centrale, soit le Guatemala, le Honduras, le Nicaragua et le Salvador.

Une fois mis en œuvre, l'Accord de libre-échange Canada-Panama profitera à nos deux pays. Il permettra d'éliminer les droits de douane sur la vaste majorité des produits échangés entre nos deux pays et améliorera l'accès pour les fournisseurs de services.

Par ailleurs, il offrira davantage de débouchés aux entreprises des deux pays, en leur permettant de participer aux marchés publics l’un de l’autre. Grâce aux obligations de l’Accord en matière d'investissement, les investisseurs canadiens et panaméens bénéficieront d'une transparence et d'une protection accrues.

De plus, l'Accord de libre-échange donnera à nos partenaires panaméens accès au marché canadien, ainsi qu'à tous les avantages commerciaux qu’il offre:un contexte commercial ouvert, une situation financière solide, un système bancaire sûr et une main-d’œuvre qualifiée, comptant la plus forte proportion de diplômés postsecondaires des pays de l'OCDE [Organisation de coopération et de développement économiques].

Il importe aussi de souligner que, outre l'Accord de libre-échange, nous avons conclu des accords auxiliaires sur la coopération dans le domaine du travail et sur l'environnement. Ces accords engagent nos pays à assurer un haut niveau de protection des droits des travailleurs et de l'environnement, montrant ainsi que le libre-échange peut aller de pair avec ces principes.

En bref, grâce à l'Accord de libre-échange Canada-Panama, nos deux pays unissent leurs forces afin d'accroître les occasions d'affaires et promouvoir la prospérité et la création d'emplois tant au Canada qu'au Panama. De plus, l'Accord tombe à point nommé : les entreprises canadiennes demandent depuis longtemps un resserrement des liens avec le Panama, conscientes de l’immense potentiel que ce marché recèle: le Panama jouit d’une économie dynamique et novatrice.

Nous estimons que le Panama peut tirer profit du marché canadien, et que les entreprises canadiennes peuvent jouer un rôle important en cette période où le Panama continue de développer son économie dans de nombreux domaines clés.

Le Canada est très enthousiaste devant la quantité de possibilités d'affaires qui s'offrent ici. Fort d'un secteur des services en plein essor, de ports modernes, de ses industries de la construction et du tourisme florissantes, sans compter sa fameuse position géographique, le Panama se classe parmi les plus importants centres de fabrication et de distribution de la planète.

Les entreprises canadiennes possèdent une vaste expérience dans ces secteurs et dans plusieurs autres. Le Canada a beaucoup à offrir au Panama alors qu’il poursuit son extraordinaire développement économique.

L'Accord de libre-échange mettra à profit la présence déjà considérable du Canada dans ce pays sur les plans du commerce et de l'investissement. Le Canada est le troisième pays investisseur dans les Amériques, après les États-Unis et l'Espagne. Notre présence en matière d'investissement est particulièrement forte dans les secteurs financiers et extractifs, et au cours des dernières années, les banques canadiennes ont accru leur présence dans toute la région des Amériques.

Nous savons que cette situation est attribuable en partie au fait que le Canada jouit d’une présence bien établie dans la région. Par exemple, la Banque Scotia est active au Panama depuis 1973. Des entreprises d'exploitation minière canadiennes mènent également d’importantes activités dans bon nombre de pays de cette région. Certaines de ces compagnies contribuent déjà de façon considérable aux revenus nationaux des pays hôtes.

Un large éventail d'entreprises et d'institutions canadiennes sont déterminées à entretenir et à développer davantage les liens avec cette région. Outre la Banque Scotia, on note également la présence au Panama de SNC-Lavalin et de Inmet Mining Corporation, entre autres, ainsi que d’institutions canadiennes importantes comme l'Université McGill. On remarque aussi l'utilisation répandue du Blackberry, conçu par Research in Motion, une entreprise canadienne. On note aussi l’utilisation de pièces de monnaie fabriquées au Canada, dont des pièces spécialement frappées en appui à la lutte contre le cancer du sein et des pièces commémoratives pour l'hôpital pour enfants du Panama.

Les relations étroites qu’entretient le Canada avec le Panama se traduisent par de bons résultats en matière de commerce et d'investissement. L'année dernière, les échanges bilatéraux ont atteint 132,1 millions de dollars et les entreprises canadiennes démontrent un intérêt accru à l’égard du Panama en tant que destination pour leurs investissements.

Le resserrement des liens entre nos deux pays peut être bénéfique sur bien d'autres plans. Par exemple, nos investissements dans la région servent de modèles comme pratiques exemplaires en matière de responsabilité sociale des entreprises.

Le gouvernement du Canada encourage toutes les entreprises canadiennes à respecter les lois et les normes internationales applicables, à faire preuve de transparence en collaborant avec le gouvernement et les collectivités locales et à mener leurs activités d'une manière responsable sur les plans social et environnemental.

En retour, les entreprises canadiennes sont devenues des chefs de file sur la scène mondiale, veillant à ce que les bienfaits environnementaux, sociaux et économiques s'accroissent grâce à des pratiques commerciales responsables.

Le Canada peut aider grandement le Panama à développer son capital humain, élément essentiel pour lutter contre la pauvreté et garantir une croissance économique durable. Le Canada est un chef de file mondial dans les domaines de l’éducation, ainsi que dans le perfectionnement de professionnels et de techniciens dans le secteur privé.

Le Canada considère le Panama comme un partenaire important et apprécie cet allié aux vues similaires. Étant donné la forte croissance prévue dans les Amériques, il existe de toute évidence de nombreuses possibilités pour le Canada et le Panama de collaborer et de bénéficier de nos forces et de notre expérience respectives. En fait, nos relations se trouvent à un tournant particulièrement fécond, étant donné les occasions accrues qui devraient découler de la mise en œuvre de notre accord de libre-échange.

Comme je l'ai mentionné au début, la stratégie du Canada pour les Amériques est fondée sur trois piliers interreliés qui se renforcent mutuellement : consolider l'appui à la gouvernance démocratique, bâtir un hémisphère sûr et accroître la prospérité des citoyens. Le Canada se réjouit à l'idée de poursuivre sa collaboration avec des partenaires comme le Panama, et ce, dans tout l'hémisphère. Des partenaires qui partagent nos valeurs et qui s’efforcent de promouvoir activement la démocratie et l’inclusion économique de tous les citoyens.

En collaborant de façon stratégique avec des partenaires aux vues similaires, comme le Panama, nous estimons pouvoir bâtir un hémisphère plus fort, plus sûr, plus démocratique et plus prospère, dont tous pourront bénéficier.

Je vous remercie.

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Date de modification :
2011-11-01