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Discours du ministre d’État Kent à l’Université des Indes occidentales

No 2010/81 - Bridgetown, Barbade - Le 15 septembre 2010

Sous réserve de modifications

Je suis très heureux de revenir à la Barbade, l’un des principaux partenaires du Canada dans les Caraïbes.

Les relations entre nos deux pays reposent sur le respect partagé de la liberté, de la démocratie, des droits de la personne et de la primauté du droit. Grâce à notre héritage britannique, nous possédons une langue, un système juridique et des institutions démocratiques en commun. Nous avons établi des relations commerciales dès le début de la colonisation lorsque des navires chargés de rhum et de sucre de la Barbade croisaient ceux qui transportaient de la morue salée et du bois du Canada.

Nos deux pays ont adopté des moyens pacifiques pour conquérir leur indépendance. Nous sommes tous deux de fiers membres du Commonwealth. Nous sommes tous deux de fermes partisans de la diversité et du pluralisme.

Et bien entendu, des milliers de Canadiens et de Barbadiens ont de la parenté dans les deux pays.

Bref, les liens entre le Canada et la Barbade sont établis depuis longtemps, solides et toujours en croissance.

Avant d’aller plus loin, je désirerai remercier l’Université des Indes occidentales pour son aimable invitation.

Je suis en effet très honoré d’avoir été invité à prononcer un discours à la principale université de la région.

Je voudrais vous donner un aperçu des engagements du Canada dans les Caraïbes et le reste des Amériques.

Le très honorable Stephen Harper, premier ministre du Canada, a décidé en 2007 de resserrer les liens historiques du Canada avec ses partenaires de l’hémisphère, et a fait de cet objectif une des priorités clés de la politique étrangère de notre gouvernement.

L’engagement du premier ministre revêt un intérêt particulier pour les Caraïbes, y compris en ce qui concerne la négociation d’une entente commerciale avec la CARICOM [Communauté des Caraïbes] et l’attribution d’une aide bilatérale au développement à hauteur de 600 millions de dollars, soit deux fois plus qu’auparavant pour la région.

Nous sommes très heureux des progrès réalisés jusqu’à présent dans le cadre de cette entente commerciale.

Notre vision pour les Amériques est fondée sur trois piliers interreliés qui se renforcent mutuellement : consolider et renforcer l'appui à la gouvernance démocratique, bâtir un hémisphère sûr, et accroître la prospérité.

Nous savons que la prospérité ne saurait s’affermir en l’absence de sécurité, ou de libertés et protections juridiques découlant d’une gouvernance démocratique.

De même, la gouvernance démocratique ne peut s’épanouir dans un contexte marqué par une extrême pauvreté et par l’exclusion sociale, ni dans un contexte où la sécurité est fragilisée par la criminalité et la violence.

Cette année, le Canada a célébré le 20e anniversaire de son accession à l’Organisation des États américains en tant que membre à part entière. L’OEA constitue pour nous le principal forum politique pour relever les défis à l’échelle de l’hémisphère.

Le Canada est d’avis que les pays membres de la CARICOM peuvent jouer un rôle important pour renforcer la capacité de l’OEA en matière de soutien à la démocratie.

Les Caraïbes ont des connaissances et une expérience considérables dans ce domaine qui leur seront utiles pour ce rôle, étant donné leur engagement de longue date envers les droits de la personne et la solidité de leurs institutions financières.

De son côté, le Canada, en partenariat avec des pays d’Amérique latine et des Caraïbes ayant des vues similaires, a été l’un des principaux promoteurs de la Charte démocratique interaméricaine.

Nous avons également appuyé les démarches de l’OEA visant à favoriser la démocratie, notamment ses missions d’observation électorale dans divers pays, entre autres Antigua-et-Barbuda, la Dominique, Saint-Kitts-et-Nevis et le Suriname.

Le Canada est également très heureux de la collaboration OEA-CARICOM qui a permis de mettre sur pied une mission d’observation conjointe de longue durée en Haïti, dirigée par le secrétaire général adjoint de la CARICOM, M. Colin Granderson, pour observer les élections nationales du 28 novembre. Il s’agit d’un exemple important de la collaboration OEA-CARICOM.

Il y a deux semaines, des représentants des partis politiques de la région se sont réunis à la Jamaïque sur invitation de l’OEA pour une consultation sur leur renforcement et sur la question parfois litigieuse du financement des campagnes électorales.

Le mois prochain, des représentants de la Barbade, sur invitation de l’OEA et de l’Association des organismes électoraux des Caraïbes, recevront des participants de la CARICOM et d’Élections Canada à un atelier portant sur la délimitation des circonscriptions électorales.

Le Canada fournit également de l’aide aux partenaires régionaux non gouvernementaux. Ce faisant, nous appuyons les mesures prises localement pour encourager la participation citoyenne et pour contribuer au maintien d’une société civile forte et dynamique, de médias libres et ouverts et de réseaux de recherche sur la démocratie dans la région.

En ce qui a trait à la sécurité, le principal objectif du Canada est de renforcer la stabilité régionale en combattant les menaces posées par le trafic de stupéfiants, la criminalité organisée, les pandémies et les catastrophes naturelles.

Nous centrons nos efforts sur l’Amérique centrale et les Caraïbes, deux régions où les activités criminelles ont des répercussions considérables au Canada et où on a constaté une détérioration importante de la sécurité ces dernières années.

Hélas, nous avons tous pu constater des revirements dans la situation de la sécurité publique, même ici à la Barbade, lorsque six personnes ont été victimes d’un incendie provoqué dans le cadre d’un vol qualifié.

Le Canada entretient des liens étroits avec la Barbade dans les domaines de la sécurité publique, de la lutte au narcotrafic et de la défense.

La Gendarmerie royale du Canada, le ministère de la Défense nationale et le Service correctionnel du Canada ont offert un soutien technique à la Barbade; le Canada a d’ailleurs joué un rôle de premier plan dans la réévaluation stratégique du Système de sécurité régionale [SSR] des Caraïbes orientales.

De même, la Barbade a profité du Programme d’instruction et de coopération militaires du Canada depuis son lancement dans les années 1970.

Le chef d’état major actuel des forces de défense de la Barbade et son prédécesseur sont diplômés de collèges militaires bénéficiant de l’appui du Canada.

L’an dernier, nous avons lancé le Programme visant à renforcer les capacités de lutte contre la criminalité, en finançant des projets ciblant les drogues illicites, la corruption, la traite de personnes et les migrations clandestines, le blanchiment d’argent, la réforme du système de sécurité et la prévention du crime, à hauteur de 15 millions de dollars par année.

Les routes de la cocaïne partant du sud des Amériques, dont bon nombre passent par les Caraïbes, ont des conséquences déstabilisantes qui préoccupent de plus en plus le Canada.

Nous sommes également inquiets des alliances éventuelles entre des groupes criminels organisés transnationaux et des organismes terroristes à mesure que le commerce de la drogue prend de l’ampleur en Afrique occidentale et au Sahel.

Les dirigeants de pays africains, de la Colombie, d’Haïti et de la Jamaïque ont partagé avec nous leurs inquiétudes lors d’une séance de consultation élargie au Sommet du G-8 qui s’est tenu au Canada cette année, et ont convenu d’unir leurs forces pour s’attaquer à ces problèmes.

L’un des tout premiers projets mis en œuvre dans le cadre du Programme visant à renforcer les capacités de lutte contre la criminalité répond à la demande du Système de sécurité régionale basé à la Barbade, et est effectué en partenariat avec lui.

Des spécialistes de la formation de la Gendarmerie royale du Canada et du SSR ont fait une tournée des services de police des Caraïbes orientales.

L’objectif est d’élaborer une proposition concernant un programme de formation commun permettant de développer la capacité nécessaire pour relever les défis actuels.

Notre réaction rapide au tremblement de terre survenu en Haïti illustre notre engagement à l’égard de cette région.

Pour faciliter la coordination internationale à la suite de la crise, le Canada a accueilli à Montréal le 25 janvier la Conférence ministérielle préparatoire sur Haïti, où un consensus a été atteint sur les principes directeurs clés des démarches de la communauté internationale.

Au cours de la conférence subséquente pour les annonces de contributions qui a eu lieu à New York, le Canada a confirmé son engagement à long terme à l’égard d’Haïti et a annoncé qu’il versait 400 millions de dollars aux programmes d’aide humanitaire et de reconstruction dans ce pays.

Le Canada s’est engagé à fournir un soutien à long terme à Haïti.

Nous sommes bien informés des démarches effectuées par les pays des Caraïbes et de la Barbade en particulier, à la suite du tremblement de terre en Haïti.

L’engagement durable de la CARICOM et de la communauté internationale en Haïti est essentiel pour la reconstruction à long terme de ce pays dévasté, ainsi que pour la stabilité et la sécurité régionales.

L’Agence canadienne de développement international a contribué financièrement au renforcement de la gestion des catastrophes dans la région, notamment par l’intermédiaire du Programme de gestion des risques liés aux catastrophes et du Mécanisme d’assurance contre les risques liés aux catastrophes dans les Caraïbes.

L’intérêt majeur du Canada pour la prospérité économique de la région et de la Barbade remonte à très loin et ne cesse de grandir.

La présence très visible du Canada dans le secteur des banques et des services financiers atteste de cet intérêt.

En effet, la Barbade est la troisième destination en importance pour les investissements canadiens directs à l’étranger.

Grâce au pilier de la prospérité de sa stratégie pour les Amériques, le Canada a résolument encouragé le libre-échange pendant la crise économique mondiale, et continue de le faire alors que les économies dans le monde s’en relèvent.

Au cinquième Sommet des Amériques, qui a eu lieu à Trinité-et-Tobago, les pays de l’hémisphère ont, de concert, rejeté les propositions de politiques isolationnistes, et réaffirmé leur engagement à l’égard de la libre concurrence.

Une composante clé de l’engagement du Canada dans la région est la volonté de renforcer la libéralisation du commerce.

Au cours des dernières années, nous avons signé des accords de libre-échange avec le Pérou, la Colombie et le Panama.

Nous sommes également en train de négocier des accords commerciaux avec la Communauté des Caraïbes, la République dominicaine et quatre pays d’Amérique centrale, à savoir le Salvador, le Guatemala, le Honduras et le Nicaragua.

Le Canada est heureux du progrès accomplis à ce jour dans les négociations portant sur l’accord commercial Canada-CARICOM.

Il est encourageant de voir que la CARICOM a entrepris des consultations afin d’élaborer des propositions et textes précis concernant les négociations.

Nous comprenons les contraintes de la région sur le plan des capacités, et la vulnérabilité des petits pays insulaires.

Nous tiendrons compte de ces facteurs pendant tout le processus de négociation.

De fait, notre programme d’aide au développement encourage spécifiquement la croissance économique durable. Il vient en appui au renforcement de la gestion des finances publiques afin de permettre aux jeunes d’acquérir les compétences nécessaires à l’emploi, et d’améliorer la compétitivité des petites et moyennes entreprises.

Avant de conclure, j’aimerais dire un mot sur l’éducation qui, comme nous le savons, va de pair avec la prospérité.

Le Canada s’est engagé à promouvoir l’éducation et le leadership dans la région.

C’est pourquoi grâce à deux programmes canadiens de bourses d’études, le Programme de bourses (leadership) Canada-CARICOM et le Programme des futurs leaders dans les Amériques, nous offrons des possibilités à court terme aux étudiants de la CARICOM qui veulent faire des études ou de la recherche dans des collèges et des universités du Canada.

En outre, le Canada a donné suite à sa promesse d’assouplir le programme de bourses d’études dans la CARICOM en offrant une option de deux semestres supplémentaires aux étudiants de premier cycle, une bourse permettant d’étudier dans deux établissements universitaires différents, une université virtuelle destinée aux étudiants qui ne peuvent se rendre au Canada, ainsi qu’un programme-pilote pour le personnel enseignant désireux de mettre à niveau ses diplômes et attestations.

La gamme complète de ces bourses d’études est désormais disponible. Je suis d’ailleurs heureux de noter qu’en 2010-2011 des étudiants et professeurs de la Barbade et de Sainte-Lucie participent à chaque programme, pour un total combiné de 46 bourses d’études pour les deux îles.

Je remarque également avec grand plaisir que nous atteignons à l’heure actuelle nos cibles pour les bourses d’études dans la région et que nous avons octroyé le nombre record de 157 bourses d’études à la CARICOM en 2010-2011, le plus important bénéficiaire étant l’Université des Indes occidentales.

Ces bourses d’études sont conçues pour faciliter le développement des capacités humaines et l’instauration de liens institutionnels, afin que les futurs leaders des Caraïbes et les établissements d’enseignement de la région soient bien positionnés pour contribuer pleinement à la société.

Comme je l'ai dit au départ, la stratégie canadienne pour les Amériques comporte trois piliers interreliés qui se renforcent mutuellement : consolider et augmenter l'appui à la gouvernance démocratique, bâtir un hémisphère sûr et accroître la prospérité des citoyens.

Le Canada se réjouit de poursuivre le travail avec ses partenaires de tout l’hémisphère qui partagent ses valeurs et souhaitent collaborer en vue d’atteindre les mêmes objectifs.

Je pense que les pays des Caraïbes partagent ces valeurs et objectifs.

En adoptant une démarche stratégique avec des partenaires ayant des vues similaires, comme la Barbade, nous pourrons rendre l’hémisphère plus fort, plus sûr, plus démocratique et plus prospère.

Je vous remercie.

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Date de modification :
2011-11-01