No 2010/50 – Kampala (Ouganda) – Le 24 juillet 2010
Sous réserve de modifications
Tout d'abord, je souhaite offrir au gouvernement et au peuple ougandais les plus sincères condoléances du Canada au lendemain des attaques terroristes à la bombe qui ont secoué Kampala plus tôt ce mois-ci.
Ces attaques portent gravement atteinte à l'esprit de fraternité et à l'éthos de diversité de l'Afrique.
Solidaire des peuples de tout le continent, le Canada se joint à eux ainsi qu'à la population du monde entier pour condamner ces actes terroristes.
Nous appuierons aussi l’Ouganda dans ses efforts de collaboration avec ses partenaires régionaux pour combattre cette menace et, ce faisant, protéger la démocratie, les droits de la personne et la primauté du droit.
Le Canada tient également à présenter ses condoléances pour le décès, en Somalie, de deux soldats de la paix de l'Union africaine ougandais, et est reconnaissant de l'importante contribution de l'Union africaine dans ce pays.
Mesdames et Messieurs, c’est un grand plaisir pour moi de prendre la parole devant vous aujourd'hui, au nom du premier ministre du Canada, l'honorable Stephen Harper.
J’ai eu le privilège d'apprendre à bien connaître votre continent unique au cours des années que j'y ai passées en tant que journaliste.
Vers la fin des années 1970, j'ai été envoyé à Johannesburg par la Canadian Broadcasting Corporation pour y établir son premier bureau africain.
J’ai beaucoup voyagé dans l’ensemble du continent à cette époque et j’ai effectué des reportages sur des événements clés comme le renversement d’Idi Amin, la transition de la Rhodésie au Zimbabwe grâce aux accords Lancaster House, ainsi que la fin de l’Apartheid et la naissance d’une nation pluraliste sous l’impulsion de Nelson Mandela.
Personnellement, j’ai vécu une importante expérience transformatrice en Afrique, car c’est ici même que j’ai rencontré, puis épousé ma femme Cilla.
Votre continent a eu un effet profond sur moi, tant au niveau personnel que professionnel, et je vous suis reconnaissant de votre invitation.
En janvier dernier, mon collègue l'honorable Lawrence Cannon, ministre des Affaires étrangères du Canada, a prononcé une allocution devant ce Comité d'orientation des chefs d'État et de gouvernement, à Addis-Abeba, et a présenté les plans du Canada en vue de sa présidence du G-8.
J’aimerais profiter de cette occasion pour vous résumer ce qui a été accompli à Muskoka et vous donner un aperçu de l'évolution de la situation depuis.
En plus des membres du G-8, le Canada a accueilli au Sommet les dirigeants du Malawi, président de l’Union africaine, de l’Éthiopie, président de ce Comité, de l’Algérie, du Nigéria, du Sénégal et de l’Afrique du Sud, ainsi que le président de la Commission de l’Union africaine, M. Jean Ping.
La présence d’un contingent africain aussi solide lors des discussions à Muskoka a été essentielle pour assurer l’élaboration des meilleures politiques possible pour l’ensemble de la communauté internationale.
En ce qui concerne un sujet en particulier - le taux élevé de mortalité maternelle lors de l’accouchement, et la mortalité des enfants de moins de cinq ans - il aurait été impossible de faire des progrès sans la participation des dirigeants africains.
Comme l’a noté ma collègue, l’honorable Beverly Oda, ministre de la Coopération internationale, ces chiffres représentent non seulement des tragédies personnelles, mais la tragédie de possibilités à jamais perdues.
Afin de répondre aux dures réalités des quatrième et cinquième Objectifs du millénaire pour le développement, notre gouvernement, sous la direction du premier ministre Stephen Harper, a décidé de mettre l’accent sur la santé maternelle et infantile lors du Sommet du G-8.
L’initiative de Muskoka sur la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants a été adoptée par les pays membres du G-8, et accueillie favorablement par les dirigeants africains et d'autres partenaires, et a constitué l'initiative phare du Sommet.
Je suis heureux d'annoncer que les ressources déployées dans le cadre de cette initiative par les pays membres du G-8, les pays non membres du G-8 et des fondations dépassent les 7,3 milliards de dollars, et que nous anticipons que cette initiative génèrera un montant nettement supérieur à 10milliards de dollars durant la période de 2010 à 2015.
L'engagement du Canada dans le cadre de cette initiative consiste en un nouveau financement à hauteur de 1,1 milliard de dollars, dont 80 p. 100 sera versé aux pays de l'Afrique subsaharienne.
Nous estimons que cette initiative jouera un rôle considérable dans le plan d’action commun pour la santé des femmes et des enfants du Secrétaire général des Nations Unies qui sera présenté à l’occasion de la réunion de haut niveau des Nations Unies sur les Objectifs du Millénaire pour le développement qui aura lieu en septembre 2010, et qu'elle contribuera également à la campagne de l'Union africaine pour la réduction accélérée de la mortalité maternelle.
En tant que principale institution régionale du continent, l'Union africaine fait preuve d’un leadership inestimable à cet égard.
L'appui de l'Union africaine aux mesures du G-8 visant la réalisation des quatrième et cinquième Objectifs du Millénaire pour le développement servirait à leur conférer une plus grande importance.
En collaborant, Mesdames et Messieurs, nous pourrons réaliser des progrès en vue de notre objectif ultime - garantir qu'aucune femme ne mourra en accouchant et que nul nouveau-né ni enfant ne perdra la vie en raison de l'absence de mesures relativement simples et peu coûteuses.
J'aimerais également mentionner brièvement deux autres sujets abordés par les dirigeants à Muskoka, soit la sécurité et la responsabilisation.
Dans notre monde de plus en plus mondialisé, des difficultés liées à la sécurité régionale peuvent rapidement se transformer en une menace internationale.
La discussion sur la paix et la sécurité a commencé avec un échange sur les menaces auxquelles fait face l'Afrique, y compris l’incidence des armes légères et de petit calibre.
Un deuxième entretien, auquel ont également participé les dirigeants de la Colombie, de la Jamaïque et d'Haïti, a porté sur la menace que représentent les liens grandissants entre les terroristes et la criminalité organisée, en particulier les trafiquants de drogue.
Cet échange fructueux a poussé les dirigeants à charger leurs ministres de tenir des consultations avec leurs partenaires en Afrique, dans les Amériques et ailleurs au sujet des mesures additionnelles qui pourraient être prises.
J’aimerais féliciter l’Union africaine de son Plan d’action pour le contrôle de la drogue et la prévention de la criminalité, adopté en janvier 2008, et réaffirmer l'engagement du gouvernement du Canada à collaborer avec tous ses partenaires intéressés afin de lutter contre ce problème mondial.
Sur la question de la responsabilisation, les dirigeants se sont mis d’accord qu’un régime transparent, qui mesure à la fois les succès et les échecs, est nécessaire au progrès.
Le Compte rendu des activités du G-8, qui a été présenté à nos partenaires de l'Union africaine avant le Sommet de Muskoka, dresse un franc bilan du respect des engagements dans de nombreux secteurs, notamment l'aide et l'efficacité de l'aide, le développement économique, la santé, l'eau et l'assainissement, la sécurité alimentaire, l'éducation, la gouvernance, la paix et la sécurité, ainsi que l'environnement et l'énergie.
Plusieurs membres du G-8 ont déjà atteint ou dépassé leur engagement de doubler leur aide à l'Afrique, et ceux qui n'y sont pas encore parvenus demeurent déterminés à réaliser cet objectif.
Le Canada est fier d'avoir honoré son engagement de doubler l'aide à l'Afrique et poursuit ses efforts en vue de concrétiser son engagement de mettre en œuvre l’accord de L’Aquila sur la sécurité alimentaire, dans le cadre duquel il a injecté 600 millions de dollars supplémentaires.
J'ai le plaisir de vous informer de l'intention du G-8 de présenter régulièrement des rapports sur ses engagements collectifs.
En 2011, notre rapport portera principalement sur la santé et la sécurité alimentaire.
Les partenaires du G-8 ont hâte de voir le rapport de l'Afrique, qui a été demandé lors du dernier Sommet de l'Union africaine et traite de la mise en œuvre des engagements de l'Afrique.
Nous sommes convaincus que ces initiatives complémentaires constitueront ensemble une base solide pour les discussions futures entre les dirigeants du G‑8 et ceux de l'Afrique, fondées sur notre pilier de la responsabilité mutuelle.
L'économie et les changements climatiques, tous deux des sujets qui intéressent et qui préoccupent aussi bien le G-8 que l'Afrique, ont fait l’objet de discussions OK au Sommet du G-20 à Toronto.
Comme aucune discussion sur la croissance et la reprise économiques mondiales ne devrait avoir lieu sans une présence africaine, le Canada a été heureux d'accueillir à Toronto outre les dirigeants de l'Afrique du Sud, ceux du Malawi, en tant que président de l'Union africaine, et ceux de l'Éthiopie, en tant que président de ce Comité.
Récemment, lors de la réunion des sherpas à Séoul les 21 et 22 juillet, le Canada a plaidé en faveur de la proposition, comme prochaine étape, d'inviter l'Union africaine et le NEPAD à participer à un nouveau groupe de travail du G‑20 pour le développement chargé d'élaborer, d'ici le Sommet du G-20 de novembre, une approche novatrice de collaboration avec les pays en développement.
Malgré le fait que la réunion n'a généré que des progrès mitigés, en raison de la réticence de certains intervenants, le Canada continuera d'œuvrer en vue d'une plus grande inclusion de l'Afrique dans le G-20.
Lors du Sommet du G-20 à Toronto, des questions revêtant une grande importance pour l'Afrique ont été abordées, notamment le renflouement de la Banque multilatérale de développement, grâce à l'injection de 350 milliards de dollars en capital, conformément à l'engagement pris au Sommet du G-20 à Pittsburgh.
Il est à noter qu'en septembre 2009, le Canada a annoncé qu'il mettrait 2,8 milliards de dollars en capital temporaire exigible à la disposition de la Banque africaine de développement.
Bien que le G-20 joue un rôle capital en ce qui concerne l'économie mondiale, il faut retenir que le G-8 joue un rôle tout aussi important.
L'engagement de longue date du G-8 envers l'Afrique ne peut pas simplement être transféré au G-20. Depuis le Sommet du G-8 de 2001 à Gênes, le G-8 entretient une relation spéciale avec l'Afrique.
Compte tenu de sa composition élargie, il est difficile d'envisager pour le G-20 d'établir un partenariat privilégié avec une région particulière.
L'Afrique a tout à gagner de la collaboration continue entre un G-8 fort et un G‑20 tout aussi fort.
Mesdames et Messieurs, nous vivons actuellement des moments prometteurs pour l'Afrique.
Nous assistons à la naissance d'une « nouvelle Afrique », un continent qui progresse continuellement en ce qui a trait à l'amélioration des niveaux de vie à l'intérieur de ses frontières et qui brille de plus en plus sur la scène internationale grâce à sa confiance croissante.
Dans l'ensemble du continent, de jeunes entrepreneurs et une classe moyenne en pleine expansion cherchent à transformer leurs économies.
Les gouvernements entreprennent des réformes plus favorables envers les entreprises.
Et elles suscitent l'intérêt de toute la communauté internationale.
Les investisseurs étrangers affluent vers le continent.
L'an dernier, il y a eu deux fois plus d'investissement étranger en Afrique que l’aide étrangère.
La Banque africaine de développement prévoit une croissance de 4,5 p. 100 cette année et plus de 5 p. 100 l'an prochain pour les pays africains.
En effet, nos relations avec l'Afrique reposent sur bien plus que l'aide.
Il s'agit d'un partenariat fondé sur des intérêts communs et une prospérité partagée.
Témoignant de notre optimisme à l'égard de l'avenir de l'Afrique, le gouvernement du Canada a récemment annoncé une importante contribution à l'initiative « À la recherche du prochain Einstein », qui créera un réseau de 15 centres d'excellence en matière d'enseignement à l'échelle de l'Afrique dans les domaines de la science et de la technologie.
Mesdames et Messieurs,
Nos espoirs pour le continent sont parfaitement résumés par M. Neil Turok, fondateur de l'initiative « À la recherche du prochain Einstein » :
« Imaginez ce qui arriverait si l'Afrique apportait à la science et à la technologie ce qu'elle a apporté à la musique, à la littérature et aux arts. Ce ne sera pas seulement l'Afrique qui en sera transformée, mais le monde entier » [traduction].
Je vous remercie.