Discours de la ministre d’État Ablonczy devant l’Association des gens d’affaires canado-hispanique

Nº 2011/39 - Ottawa (Ontario) - Le 15 novembre 2011

Sous réserve de modifications

Je suis très heureuse d’être ici avec vous ce soir. Nous rendons hommage aux 10 Canadiens d’origine hispanique les plus influents en 2011. Je félicite l’Association des gens d’affaires canado-hispanique de s’attacher à renforcer les liens entre les communautés d’origine hispanique au Canada et à l’étranger. Je remercie aussi le Centre de recherche et d’innovation d’Ottawa pour son appui.

Ce sera pour nous un honneur de rencontrer les lauréats de cette année. Ces femmes et ces hommes se sont distingués en relevant de nombreux défis. Nous avons beaucoup à apprendre d’eux!

La célébration de leurs réalisations est aussi l’occasion d’une réflexion sur la poursuite de l’engagement du Canada dans les Amériques. Notre époque s’avère passionnante pour la grande famille hémisphérique que nous formons. Nous nouons des relations, des partenariats et des amitiés dont les retombées à long terme seront bénéfiques pour l’ensemble de nos populations.

Comme vous le savez, en 2007, le premier ministre Harper a fait connaître les détails de son engagement dans les Amériques, et de sa vision pour la région, qui s’articulent autour de trois thèmes interdépendants : la prospérité, la sécurité et la gouvernance démocratique.

Cette interdépendance ne fait aucun doute : la prospérité ne peut se concevoir sans la sécurité, ni sans le respect des libertés et la protection juridique inhérents à la gouvernance démocratique.

De même, la gouvernance démocratique ne peut s’implanter dans un contexte de pauvreté persistante et d’exclusion sociale, ni lorsque la criminalité et la violence menacent la sécurité des personnes.

L’engagement du Canada dans les Amériques part du principe que les partenariats visant à promouvoir la prospérité à l’échelle de l’hémisphère sont de l’intérêt de tous. Bien que le Canada soit le pays le plus septentrional des Amériques, nous attachons une grande importance à l’ensemble de la région.

L’Amérique latine et les Caraïbes offrent des débouchés importants en matière de commerce et d’investissement. Des échanges et des investissements accrus se traduisent par un plus grand nombre d’emplois et une augmentation des revenus. Les recettes fiscales qui en découlent permettent d’améliorer l’éducation, la santé et la sécurité pour tous.

Le Canada favorise l’ouverture au commerce et aux investissements responsables et fait également la promotion de la responsabilité sociale des entreprises canadiennes. Et l’ouverture des marchés à ceux de nos voisins figure en tête de ses priorités.

Nous assurons l’accroissement de la coopération, du libre-échange et de l’investissement grâce à un nombre grandissant d’accords bilatéraux en matière de libre-échange, de protection des investissements étrangers, de services aériens et de coopération scientifique et technologique. De tels accords favorisent la libéralisation des échanges de marchandises, de services et de ressources humaines.

En fait, le Canada a conclu ou est sur le point de ratifier des accords de libre-échange avec le Mexique, le Chili, le Pérou, le Costa Rica, la Colombie, le Honduras et le Panama. Nous poursuivons aussi des négociations en ce sens avec la CARICOM [Communauté des Caraïbes] et la République dominicaine, à quoi s’ajoutent des pourparlers préliminaires avec le MERCOSUR [Marché commun du cône sud]. De plus, tous nos accords de libre-échange comprennent des accords parallèles sur le travail et l’environnement.

Cette année, nous avons célébré le 10e anniversaire de la Charte démocratique interaméricaine. Une décennie après sa signature, ce document continue de figurer parmi les réalisations collectives les plus remarquables de l’hémisphère, et à servir d’exemple probant de ce que les pays de cet hémisphère peuvent accomplir en œuvrant ensemble à l’atteinte d’un même but. Dans le cas de cette Charte, l’objectif consistait à reconnaître formellement l’importance de la démocratie et à l’ancrer davantage dans l’ensemble de notre région.

Par son travail au sein de l’Organisation des États américains, de même qu’en collaboration directe avec nombre de partenaires régionaux et internationaux, le Canada s’emploie à renforcer la gouvernance démocratique. À titre d’exemple, nous avons proposé d’améliorer la Charte démocratique interaméricaine par la création d’un recueil de pratiques démocratiques exemplaires. En partageant entre nous les leçons tirées de la mise en place d’institutions démocratiques efficaces, nous enracineront davantage les valeurs hémisphériques telles que la liberté, le respect des droits de la personne et la primauté du droit.

Nous saluons les avancées de la gouvernance démocratique dans l’hémisphère au cours des deux dernières décennies. Toutefois, force est de constater que le niveau et la maturité de cette gouvernance démocratique ne sont pas uniformes partout dans la région. La faiblesse des institutions démocratiques, conjuguée à la pauvreté et aux inégalités, nuit au progrès dans certains pays, et même menace la stabilité dans la région. De concert avec d’autres gouvernements et la société civile, le Canada veille donc à rendre toutes nos démocraties plus efficaces, transparentes, responsables et inclusives.

Pour connaître la prospérité économique et la démocratie, il est essentiel de répondre aux besoins de sécurité des citoyens. Malheureusement, l’insécurité s’aggrave dans les Amériques, situation imputable dans une large mesure au trafic illicite de drogues. Des organisations criminelles transnationales menacent le bien-être économique et global des peuples des Amériques, y compris la population de notre pays.

C’est pourquoi le Canada, en collaboration avec ses voisins, travaille à renforcer les institutions responsables de la justice et de la sécurité. Plus spécifiquement, nous voulons accroître la capacité de prévenir et de contrer l’activité criminelle transnationale. Dans ce but, nous apportons un soutien à des programmes tels que le Fonds pour la paix et la sécurité mondiales [FPSM] et le Programme d’aide au renforcement des capacités antiterroristes.

Le FPSM a consacré plusieurs millions de dollars à la promotion de la paix et de la sécurité, des droits de la personne, de la démocratie et de la primauté du droit dans les Amériques. En août dernier, j’ai accompagné le premier ministre Harper lors de sa visite au Brésil, en Colombie, au Costa Rica et au Honduras. Ce voyage a été riche en événements et nous avons été accueillis très chaleureusement là-bas par nos homologues. Au moins 25 initiatives axées sur des résultats ont alors été annoncées, incluant l’affectation de près de 16 millions de dollars à de nouveaux projets de partenariat avec des gouvernements de la région dans la lutte contre la criminalité organisée.

L’éducation joue également un rôle crucial dans la création d’une région plus sûre, plus démocratique et plus prospère.

Le Canada est fermement convaincu de l’utilité de la coopération dans ce domaine, tout particulièrement au niveau de l’enseignement supérieur et de la formation technique. C’est la raison pour laquelle il a lancé en 2009 un important programme de bourses d’études, le Programme des futurs leaders dans les Amériques [PFLA].

Les programmes tels que le PFLA contribuent à l’émergence d’une nouvelle génération de leaders dans l’hémisphère. Ils renforcent également les liens entre les établissements postsecondaires au Canada et les étudiants partout dans les Amériques. Ce genre de programme permet à des jeunes de nouer et d’entretenir des liens d’amitié, qui conduisent souvent à des partenariats d’affaires avec des Canadiens. Tous les ans, plus de 29 000 étudiants de tout l’hémisphère viennent étudier au Canada, et nous pourrions en accueillir beaucoup plus.

Lors de notre visite au Brésil en août, le premier ministre Harper a annoncé une initiative importante au chapitre de l’éducation. Le gouverneur général du Canada, David Johnston – lui-même un professeur éminent – dirigera une délégation de plus de 30 présidents d’université canadienne qui se rendra au Brésil le printemps prochain. Ils y participeront à la deuxième Conférence des Amériques sur l’éducation internationale, qui se tiendra à Rio de Janeiro.

Grâce à nos relations bilatérales solides avec les autres pays de la région, à notre participation à l’Organisation des États américains, aux liens interpersonnels entre nos populations et aux réseaux de nos milieux d’affaires, comme l’Association des gens d’affaires canado-hispanique, nos liens hémisphériques progressent à pas de géant.

L’importante diaspora hispanique du Canada est forte de plus de 300 000 membres, et ce nombre continue d’augmenter. Dans tout le pays, des Canadiens d’origine hispanique enrichissent la société canadienne et contribuent à notre croissance et à notre prospérité.

En tant que Canadiens d’origine hispanique, vous jouez un rôle crucial : vous servez d’intermédiaires entre le Canada et ses voisins hispaniques.

Je tiens à féliciter une fois de plus les 10 Canadiens d’origine hispanique les plus influents pour l’année 2011. Ce sont des Canadiens comme vous, et le travail que vous accomplissez ici même au Canada et ailleurs dans les Amériques, qui aident à créer des réseaux et des partenariats importants entre le Canada et ses voisins. Nous sommes extrêmement heureux d’avoir l’occasion ce soir de reconnaître et de saluer votre contribution.

Je vous remercie.