Le 5 juin 2012 - Cochabamba, Bolivie
Sous réserve de modifications
Je suis heureuse d’être ici aujourd’hui pour discuter avec vous de certains débouchés et défis qui se présentent dans la région.
De même, j’ai été ravie que la Bolivie choisisse la sécurité alimentaire comme thème de l’Assemblée générale de cette année.
Accroître l’accès à la nourriture constitue un enjeu mondial de premier plan.
Selon les spécialistes, la production alimentaire devra doubler d’ici 2050 si nous voulons répondre à la demande engendrée par la croissance démographique mondiale.
De plus, les effets prévisibles des changements climatiques et la rareté anticipée de nouvelles terres arables se conjugueront pour poser des défis énormes et complexes.
Le Canada estime que la meilleure façon de relever ces défis passe par des mesures progressistes communes, qui s’appuient sur les trois principes suivants :
Premièrement, favoriser la production agricole durable fondée sur des techniques novatrices, en ayant recours à la biotechnologie pour accroître la productivité et l’adaptabilité, et en réduisant la nécessité de certains intrants non renouvelables, l’eau par exemple.
Deuxièmement, favoriser un commerce agroalimentaire ouvert et prévisible, assujetti à des normes qui s’inspirent de la science. Cela aidera les agriculteurs à percer davantage de marchés et à tirer de meilleurs revenus de leurs activités, tout en contribuant à diminuer la volatilité excessive des prix.
Troisièmement, assurer un meilleur accès à la nourriture et à la nutrition pour les populations vulnérables dans les Amériques, en particulier les enfants de moins de cinq ans. Ce principe vient compléter l’importante initiative internationale visant à améliorer la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants, lancée par le Canada en 2011.
Ces trois principes continueront d’orienter l’action du Canada sur la scène internationale à cet égard. Au cours des trois dernières années seulement, le Canada a investi plus de 1 milliard de dollars pour la sécurité alimentaire dans les pays en développement.
Nous collaborons également avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, l’Institut interaméricain de coopération pour l’agriculture et d’autres organismes multilatéraux.
Notre objectif est de travailler avec nos partenaires à l’élaboration de projets de recherche agricole, à la mise en œuvre de normes fondées sur la science et au soutien des petits exploitants agricoles pour qu’ils puissent accroître leur production.
Nous travaillons également avec nos partenaires pour accroître les débouchés et favoriser l’intensification et l’ouverture du commerce interrégional des produits agricoles.
Le Canada figure aussi parmi les principaux donateurs au Fonds international de développement agricole, au Programme alimentaire mondial, au Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale et au Programme mondial pour l’agriculture et la sécurité alimentaire de la Banque mondiale.
Nous travaillons à promouvoir la sécurité alimentaire, y compris dans les Amériques, au moyen de projets de grande envergure avec l’aide, notamment, de nos partenaires en Haïti et au Honduras.
Nous nous réjouissons à l’idée de travailler ensemble afin de déterminer comment l’Organisation des États américains [OEA] pourrait soutenir et stimuler les efforts déployés actuellement en matière d’accès à la nourriture.
La détermination du Canada à renforcer la sécurité alimentaire dans les Amériques ne représente qu’un volet de son engagement permanent dans cette région qui est aussi la sienne.
En 2007, le premier ministre Stephen Harper a fait des Amériques une priorité de la politique étrangère du Canada, un engagement qu’il a réitéré plus tôt cette année.
Notre vision pour la région demeure la même : collaborer avec nos partenaires dans les Amériques afin de favoriser la prospérité, la sécurité et la démocratie dans l’hémisphère.
Nous honorons cette vision entre autres par notre participation à l’OEA.
C’est pourquoi il est si important pour nous, en tant que membres de l’OEA, de protéger et de renforcer le statut de l’Organisation en tant que plateforme clé de discussion et de collaboration pour s’attaquer aux problèmes auxquels la région fait face.
Le Canada est cependant préoccupé du fait que, beaucoup trop souvent, nous semblons utiliser cette organisation multilatérale et ses réunions pour traiter plutôt d’enjeux bilatéraux et des très rares questions sur lesquelles nous ne nous entendons pas.
Nous aimerions plutôt nous voir retrousser nos manches et nous concentrer sur les enjeux d’intérêt commun.
C’est pourquoi nous souhaitons vivement que tous les membres saisissent l’occasion que présentent l’Organisation et ses assemblées générales de travailler ensemble, plutôt que de se concentrer uniquement sur les différences qui les séparent.
J’aimerais dire un mot sur les grandes priorités du Canada à l’OEA.
La sécurité, la stabilité et la primauté du droit sont bien évidemment des ingrédients essentiels pour assurer la prospérité, la démocratie et le respect des droits de la personne dans la région.
Ce sont là des domaines d’intervention prioritaires du Canada à l’OEA et dans les Amériques.
Le Canada est déterminé à renforcer la coopération et à accroître l’efficacité de la lutte contre la criminalité organisée transnationale et contre toute autre menace pour la sécurité. Pour ce faire, il met notamment en œuvre des mesures pour renforcer les capacités des institutions de justice et de sécurité et pour protéger les droits des groupes vulnérables.
À cette fin, je suis ravie d’annoncer que le gouvernement du Canada versera une somme supplémentaire de 600 000 dollars pour financer les grands projets mis en œuvre par l’OEA pour renforcer la sécurité dans l’hémisphère.
Par la voie d’un projet spécialisé de renforcement des capacités en matière de contrôles frontaliers, l’OEA fournit dans un certain nombre d’États membres de la formation sur les contrôles frontaliers à l’intention des autorités responsables de la détection, de la prévention et de la lutte contre les activités criminelles dans les aéroports, les ports de mer et les points d’entrée terrestres.
Je suis également ravie d’annoncer que le gouvernement du Canada, par l’intermédiaire du Programme visant à renforcer les capacités de lutte contre la criminalité et d’un partenariat avec le Centre d’étude et de coopération internationale, versera 1,5 million de dollars pour offrir une formation spécialisée aux autorités de SICA, le Système d’intégration de l’Amérique centrale.
Les participants seront ainsi formés sur les méthodes de collecte, d’analyse et de diffusion des données sur la criminalité.
Ils pourront également développer des compétences en matière d’enquête sur les incidents de sécurité, ainsi que sur les actes criminels et violents.
Les contributions financières versées à l’OEA démontrent de nouveau la confiance du Canada vis-à-vis l’Organisation et ses efforts pour renforcer la sécurité dans ses États membres.
Lors du plus récent Sommet des Amériques tenu à Cartagena [Colombie], le Canada s’est réjoui de voir les dirigeants confier à l’OEA le soin d’enquêter sur les crimes violents, causes de l’insécurité qui règne dans la région.
Au cours des douze prochains mois, les États membres cerneront diverses pistes pour s’attaquer au problème de la criminalité transnationale organisée.
Il serait bon en premier lieu de mettre en œuvre la Stratégie antidrogue dans l’hémisphère et son Plan d’action. Mais cela ne suffira pas à éliminer les organisations criminelles impliquées dans de nombreux trafics.
Comme vous le savez, les membres de l’Organisation interaméricaine de défense ont élu pour une deuxième année consécutive le lieutenant-général canadien Guy Thibault à la présidence de l’organisme.
Le Canada soutient pleinement ses efforts visant à moderniser l’Organisation et à accroître sa contribution aux mesures multidimensionnelles de renforcement de la sécurité dans la région. J’invite tous les États membres à faire de même.
L’automne dernier, j’ai assisté à la cérémonie de célébration du 10e anniversaire de la Charte démocratique interaméricaine à Valparaiso [Chili].
Pendant mon séjour, j’ai eu la chance d’échanger avec certains d’entre vous sur la façon de raviver les principes de la gouvernance démocratique et du respect des droits de la personne enchâssés dans ce document historique.
Le Canada œuvre au renforcement de la démocratie dans la région, notamment en contribuant à la mission d’observation électorale de l’OEA et aux mesures prises par l’Organisation pour renforcer les capacités des organes régionaux de gestion des scrutins.
Nous aimerions également tirer profit des discussions tenues à Valparaiso pour renforcer la mise en œuvre de la Charte démocratique interaméricaine.
Nous souhaitons toujours que ces discussions jettent les bases d’un compendium régional de pratiques exemplaires.
Le renforcement de la gouvernance démocratique dans la région est donc crucial pour réaliser notre vision dans l’hémisphère, mais l’amélioration de la structure interaméricaine des droits de la personne l’est tout autant.
La Commission interaméricaine des droits de l’homme et la Cour interaméricaine des droits de l’homme sont des institutions phares, dont il importe de protéger et de promouvoir le travail en matière de défense des droits de la personne qu’elles accomplissent dans la région.
Ces institutions doivent être indépendantes et financièrement viables, afin de protéger leur travail et de maintenir leur intégrité et leur crédibilité.
À cette fin, elles peuvent compter sur le soutien continu du Canada.
Le Canada est d’avis, et ce sera mon dernier point, qu’une réforme institutionnelle de l’OEA est essentielle à sa viabilité à long terme.
Nous soutenons fermement les divers processus en cours à cet égard, notamment ceux liés à l’énoncé de vision récemment transmis par le secrétaire général de l’OEA.
Nous espérons que cet énoncé servira à l’élaboration d’un plan stratégique global pour l’Organisation dans les mois à venir.
Par son agence de développement, le Canada a participé à plusieurs initiatives pour améliorer les processus opérationnels de l’Organisation.
Il a également dirigé l’exercice pluriannuel d’examen des programmes et d’établissement des priorités depuis son lancement en 2009.
Nous espérons que ces mesures aideront à renforcer l’OEA en tant qu’organisation axée sur les résultats, qui soit responsable, transparente et efficace.
Il ne fait aucun doute que nous devrons dans le futur prendre des décisions difficiles si nous voulons assurer la longévité et la viabilité financière de l’OEA.
Mais je crois que nous y arriverons si nous adoptons une attitude positive et constructive, et si nous déployons les efforts nécessaires.
Le Canada a donc comme priorité de mettre en œuvre des mesures pour renforcer les institutions de sécurité et de justice, pour veiller au respect de la démocratie et des droits de la personne, et pour accroître l’efficacité de l’Organisation.
Je me réjouis à l’idée de travailler avec le secrétaire général, le secrétariat et nos collègues membres de l’Organisation pour atteindre ces objectifs.
Je vous remercie.