Affaires étrangères et Commerce international Canada
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Discours du ministre Day devant le World Affairs Council de Dallas-Fort Worth

No 2009/50 - Dallas, Texas – Le 16 octobre 2009

D’après une transcription

Je suis enchanté d’être parmi vous aujourd’hui. Mais avant de commencer, j’aimerais souligner le magnifique travail de notre bureau local [le consulat général] ― de nos consuls, de nos délégués commerciaux et de toutes les autres personnes en mission ici.

Je veux également vous dire que je considère le représentant au commerce des États-Unis, M. Ron Kirk, comme un ami. Nous nous sommes rencontrés à plusieurs reprises pour tenter de résoudre des problèmes ― des problèmes complexes ― et nous avons constaté que nous n’étions pas seulement les porte-parole de nos pays respectifs, mais aussi les défenseurs des accords commerciaux. Nous avons donc d’excellentes relations de travail et, comme il s’agit d’un homme remarquable, de très bonnes relations personnelles.

Aujourd’hui, je viens vous parler de l’ALENA, l’Accord de libre-échange nord-américain, mais je tiens à vous dire que je suis impressionné, et que je l’ai toujours été, par le Texas. Il y a déjà plusieurs années, ma femme et moi avons visité votre coin de pays et nous avons observé de nombreuses similitudes entre des régions du Texas et des régions du Canada. Par exemple, les résidants de l’Alberta ont la même attitude gagnante et un esprit de travail qui existent aussi dans bien d’autres parties du Canada. C’est pourquoi nous nous identifions réellement à vous, nos amis ici. Et il se passe des choses fantastiques dans cette ville.

Il y a une récession mondiale, un repli de l’économie. Vous devriez être nerveux et hésitants, mais vous ne l’êtes pas; vous allez droit devant et cela me plaît. Tous les gens qui vous observent ― et nous en sommes ― et qui observent ce que vous faites partout dans le monde sont très impressionnés. Nous aimerions donc discuter avec vous de plein de choses intéressantes, notamment des autobus à hydrogène dont nous avons déjà parlé. Félicitations pour toutes vos réalisations et bonne chance pour l’avenir.

Tout ça pour dire que les politiques font une différence et que des questions comme les impôts sont importantes. Tout comme le fardeau de la réglementation que nous imposons aux entreprises ― aux travailleurs, aux fabricants, aux innovateurs. Les gouvernements doivent faire preuve de prudence. Nous avons besoin des impôts et des règlements pour protéger nos citoyens et nos consommateurs, mais ces impôts et règlements sont parfois excessifs. Du moins selon The Economist, les différents ordres de gouvernement au Texas surveillent la situation de près et leur vision commune donne de bons résultats. Félicitations pour cela aussi!

Nous sommes ravis de parler de quelque chose dont nous aimons nous vanter. Premièrement, votre conseil est connu internationalement pour ses réalisations, pour sa façon de rassembler les gens et d’aborder les enjeux ainsi que pour ses formidables initiatives. Par exemple, le monde entier connaît votre programme d’éducation. Ce programme est tout à votre honneur. J’imagine que c’est grâce à lui que vous attirez des conférenciers aussi remarquables!

Pas question d’être modeste lorsqu’il s’agit de nos incroyables relations. Je dois tout d’abord dire, même si je suis ici pour participer aux discussions trilatérales sur l’Accord de libre-échange nord américain, que les rapports entre le Canada et les États-Unis sont fantastiques et ne se limitent pas aux enjeux commerciaux. Notre amitié de longue date est véritablement exemplaire. Il est vrai que nous avons parfois des différends et que nous devons les régler — mais je pense que nos rapports sont un modèle à suivre pour le reste du monde et montrent comment deux pays, vivant en paix côte à côte, peuvent surmonter autant de difficultés.

Notre dernière escarmouche militaire remonte à 1812; nous avons donc raison de nous vanter de nos bonnes relations. Et nous devons être fiers de l’accord de libre-échange conclu en 1988 entre le Canada et les États-Unis. Cet accord est à l’origine d’échanges commerciaux de près de 2 milliards de dollars par jour de part et d’autre de nos frontières. C’est énorme. Jamais, dans l’histoire économique, deux pays n’ont entretenu de relations commerciales aussi fructueuses, bien que celles-ci comportent parfois des défis.

Le Canada est en fait le principal marché d’exportation de 35 États américains. De 7 à 8 millions d’emplois dépendent directement du seul accord de libre-échange Canada-États-Unis. Cet accord a posé les premiers jalons de l’Accord de libre-échange nord-américain, qui inclut le Mexique; depuis 1994, les échanges commerciaux ont triplé entre nos trois pays. À lui seul, le commerce de marchandises est évalué à plus de 1 billion de dollars, et je crois que la valeur totale du PIB tourne autour de 17 billions de dollars. Saviez-vous que nos trois pays mis ensemble représentent 28 p. 100 du PIB mondial? Nos relations sont solides et dynamiques — ce sont des relations dont nous devons être fiers. Il y a beaucoup de choses à discuter concernant la façon dont certains pays, possédant des forces et des faiblesses différentes, peuvent surmonter leurs problèmes et régler leurs différends.

Depuis l’entrée en vigueur de l’ALENA, nous avons considérablement augmenté nos échanges commerciaux avec le Mexique et, comme vous l’avez aussi fait du côté commercial dans d’autres régions, nous voulons que nos trois pays travaillent ensemble afin de maintenir des possibilités à exploiter pour nos travailleurs, nos entreprises et nos citoyens. Et cela signifie que nous devons régler des différends de temps à autre. À titre de représentants commerciaux de nos pays [le ministre Day, l’ambassadeur Kirk et le secrétaire mexicain de l’Économie, Gerardo Ruiz Mateos], nous allons discuter de ces problèmes à compter de lundi ou peut-être de dimanche en fin de soirée. Des sociétés texanes et canadiennes ont réalisé ensemble d’importants projets de collaboration — pour certains projets, seules des entreprises du nord du Texas ont travaillé de concert avec des entreprises canadiennes. Des entreprises comme Onex, Magna et RIM, le fabricant du BlackBerry. (La décision des services secrets américains de laisser le président [Barack] Obama garder son Blackberry m’a fait plaisir.) Bombardier possède aussi une grande installation ici, un investissement énorme pour l’entretien et les réparations courantes des aéronefs. Ce ne sont là que quelques exemples de relations très fructueuses — sans même parler du secteur du pétrole et du gaz, qui est un secteur très important. Mais je ne vous apprends rien, à vous, les Texans. Je ne pense pas que la majorité des Américains sachent que le Canada est le plus gros fournisseur étranger de pétrole aux États-Unis. Ce n’est pas l’Arabie saoudite; ce ne sont pas d’autres régions du Moyen-Orient, c’est le Canada.

Et ensemble, nous avons mis sur pied de grands projets de collaboration dans les domaines des sciences, de la technologie et de la recherche. Nous venons tout juste d’annoncer un projet de nanotechnologie qui s’intéresse aux produits et aux produits dérivés de nos sables bitumineux — les plus grandes réserves du monde ― qui seront transformés en pétrole. Telles sont les réalités qui nous unissent. Que nous parlions de marchandises, de pétrole et de gaz, d’éducation, de sciences et de technologie et de projets conjoints, notre motivation reste la même; tous ces éléments nous maintiennent en mouvement.

Mais toute relation comporte ses difficultés et l’ALENA ne fait pas exception à la règle. Des questions sont soulevées et nous devons tenter de les régler. L’une des forces de l’ALENA découle de notre habitude de consulter abondamment les chambres de commerce, les fabricants, les organisations et associations exportatrices, et des gens d’affaires comme vous. Et lorsque je rencontre nos gens d’affaires ou que je vais à l’étranger, j’aime bien commencer la conversation en leur demandant : « Y a-t-il des mesures gouvernementales qui font en sorte qu’il est difficile pour vous de faire des affaires? » Je pense alors à des questions autres que les impôts et les règlements qui sont, dans une certaine mesure, nécessaires. Il est important d’engager ce genre de conversation. Surtout à la lumière des réalités mondiales d’aujourd’hui, qui englobent d’immenses marchés et de très gros exportateurs comme la Chine et d’autres pays.

Le gouvernement du Canada doit veiller à ce que sa vision cadre avec sa philosophie économique. Notre démarche pragmatique consiste à dire aux entreprises : « Nous voulons autant que possible alléger votre fardeau fiscal. Nous voulons que le régime de réglementation soit le plus pratique possible. Nous ne voulons pas vous dire où faire du commerce, où faire des affaires, mais quel que soit cet endroit, nous voulons nous assurer que votre fardeau est le plus léger possible de façon à ce que vous puissiez vous concentrer sur les choses à faire, les choses qui vous tiennent le plus à cœur. »

À titre de représentants gouvernementaux, lorsque nous prenons la parole dans les pays étrangers — en passant, je ne vois jamais les États-Unis comme un pays étranger — nous pouvons choisir entre deux comportements. Nous pouvons soit parler de nous-mêmes en utilisant notre propre matériel — mais il s’agit alors de propagande et nous sommes l’un des rares pays à ne pas y avoir recours!— soit, et je trouve cela beaucoup plus efficace, parler de ce que les autres personnes disent de nous, et personne ne peut alors nous accuser d’exagérer quoi que ce soit. Le fait que le Forum économique mondial ait affirmé que le système bancaire canadien était le plus stable au monde a donc son importance. Je m’adresse ici à ceux d’entre vous qui ne sont pas encore engagés dans des projets en collaboration avec le Canada, mais qui songent à le faire. Certains éléments positifs doivent être pris en compte.

Pendant des années, nos lois bancaires ont été qualifiées de « très conservatrices ». Nous croyons que les banques et les autres institutions prêteuses nationales doivent avoir en main un certain niveau d’actifs avant de commencer à consentir des prêts. Nous croyons que de simples précautions doivent être prises, par exemple, il ne devrait pas être permis d’accorder des prêts importants sans disposer des actifs nécessaires pour les soutenir. Notre système bancaire a été pendant longtemps qualifié d’ennuyeux, mais cette année, il est jugé très intéressant. Il semble que ce qui était « ennuyeux » soit devenu « très intéressant ». Le Forum économique mondial a jugé que notre système bancaire et notre système financier étaient très stables.

Le Fonds monétaire international a examiné nos mesures de stimulation ainsi que notre situation au début de ce très malheureux ralentissement économique mondial et a déclaré que, parmi les pays industrialisés, le Canada, membre du G8, était le mieux préparé pour traverser cette récession et est le mieux préparé pour en sortir. Ce sont donc là des indicateurs positifs.

Je salue les mesures de stimulation, ambitieuses mais nécessaires, que votre gouvernement a mises en place aux États-Unis. Ces mesures contribuent grandement à revigorer l’économie en ces temps difficiles, et nous nous en réjouissons. Nous parlons aussi des mesures de stimulation que nous avons instaurées et de la reconnaissance internationale qu’elles ont obtenue. L’OCDE [Organisation pour la coopération et le développement économiques] a dit que la structure fiscale du Canada pour les entreprises était la plus concurrentielle du G8, et nous la conserverons. Nous avons défini cette structure jusqu’en 2014 parce que nous croyons que la fiscalité doit être transparente et prévisible de façon à ce que vous puissiez prendre les décisions qui s’imposent.

De façon générale, notre système fiscal fédéral reçoit de très bonnes cotes. À ces cotes viennent s’ajouter d’excellents programmes liés à la recherche et au développement, à l’innovation et aux ententes en matière de sciences et de technologie, qui tous respectent les règles établies par l’ALENA et par l’Organisation mondiale du commerce. 

Lorsque vous combinez ces caractéristiques à celles observées internationalement dans notre main-d’œuvre — encore aujourd’hui, j’ai entendu des personnes qui avaient investi massivement dans certaines entreprises du Canada parler d’une main-d’œuvre motivée, très instruite et prête à faire tout en son pouvoir pour que votre entreprise soit une réussite — cela vous donne une idée des attributs positifs que les autres utilisent pour décrire notre situation, au Canada.

Bien entendu, bon nombre de ces éléments sont présents ici, au Texas; vous savez, il y a peut-être plus de Canadiens que d’Américains dans l’auditoire, en ce moment même! De nombreux Canadiens ici présents ont perçu le Texas comme un bon endroit pour faire des affaires, pour élever une famille, pour vivre et s’accorder du bon temps. Et l’investissement canadien ici, au Texas, demeure important, nous l’encourageons et nous souhaitons qu’il soit maintenu.

Comme je l’ai dit tout à l’heure, toute relation comporte son lot de difficultés et c’est à ce sujet que je vais tenter de vous mobiliser, à titre d’ambassadeurs bénévoles officieux, parce que vous connaissez l’importance du libre-échange et de quoi il retourne. Et je serai aussi honnête avec vous que je le suis avec l’ambassadeur Kirk : autant nous tenons à l’ALENA, autant nous tenons à l’Organisation mondiale du commerce. Au fil du temps, cette organisation est parvenue à abaisser les tarifs douaniers et à réduire les obstacles réglementaires, mais cela prend du temps. Après tout, l’OMC regroupe 154 pays. Vous qui prenez place autour de la table de votre conseil, vous savez à quel point il est difficile de régler un seul problème fondamental avec un groupe relativement restreint de personnes. Pouvez-vous imaginer 154 pays différents essayant de s’entendre sur des aspects comme les tarifs douaniers, les enjeux sectoriels et les modalités? Je crois que c’est une réussite importante parce que ces choses sont très compliquées.

Donc, nous avons l’OMC à cœur, mais nous admettons qu’elle bouge à la vitesse d’un glacier. Et c’est la raison pour laquelle nous cherchons activement à conclure des accords bilatéraux partout dans le monde. Tout récemment, nous avons signé des accords de libre-échange avec la Jordanie, la Colombie, le Pérou et le Panama. Il y a quelques mois, notre premier ministre se trouvait en République tchèque où il a annoncé le début de négociations avec l’Union européenne. Ce sont 27 pays en tout. Et il y a environ trois semaines, j’étais à Trinité et Tobago où nous avons signé une entente visant à entamer une discussion sur un possible accord de libre-échange avec la Communauté des Caraïbes.

Ça ne me dérange pas de vous dire, qu’en concluant certains de ces accords de libre-échange, nous avons devancé les États-Unis, ce qui est formidable pour nous parce que cela signifie que nos producteurs, nos travailleurs et nos exportateurs ont un petit avantage sur vous, chers amis. Je vous en parle maintenant parce j’ai la conviction que, lorsque des voisins s’engagent à commercer plus librement, tout le monde en profite. Je vous dis où nous avons pris de l’avance sur vous, tout en sachant que, grâce à certaines mesures énergiques adoptées par vos législateurs, vous êtes en avance ailleurs. Cela crée un équilibre.

J’aimerais vous parler de la mise en application de la loi Buy America qui va de pair avec vos mesures de relance évaluées à quelque 790 milliards de dollars. Nous nous habituons à évoquer ces chiffres astronomiques : des « déficits d’environ 1 billion de dollars ». Le problème, c’est que ces chiffres semblent tellement impossibles pour nos électeurs, nos contribuables, que certains n’y portent tout simplement plus attention. Mais nous parlons ici d’argent réel. Il paraît que les fonctionnaires peuvent être ennuyés pour avoir payé 38 dollars pour assister à un déjeuner d’affaires. Mais un déficit de 1 billion de dollars? Les gens se sentent dépassés et laissent faire.

Nous parlons de très gros chiffres — 790 milliards de dollars d’investissement dans vos infrastructures de base, c’est beaucoup. Les dispositions Buy America qui ont été mises en œuvre contenaient finalement quelques mesures protectionnistes qui empêchent des provinces et des municipalités canadiennes de soumissionner pour un assez large éventail de projets aux États-Unis. C’est l’une des principales questions que l’ambassadeur Kirk et moi-même avons abordées lors de nos pourparlers bilatéraux lundi. Notre gouvernement a préparé une proposition à l’intention du gouvernement des États Unis et celle-ci est examinée sérieusement. L’ambassadeur Kirk a demandé à son chef négociateur de travailler sur ce dossier, et j’en ai fait autant de mon côté. Nous espérons en arriver à une solution.

N’hésitez pas à évoquer les joies du libre-échange dans vos échanges avec les législateurs, les personnes qui possèdent une influence diplomatique. À des gens d’affaires comme vous, je n’ai nul besoin de dire que nos économies et nos différentes entreprises sont tellement intégrées verticalement et horizontalement ainsi que sur les plans des chaînes d’approvisionnement que si une entreprise éprouve des difficultés d’un côté de la frontière, une autre éprouvera aussi des difficultés de l’autre côté de la frontière. Lorsque sont érigés des obstacles aux échanges commerciaux, tout le monde se prépare à en souffrir.

Ce sont quelques-unes des questions dont nous discuterons avec vous, nos ambassadeurs bénévoles, et il me fera plaisir de recruter tous ceux d’entre vous qui s’en sentent capables. Lorsque vous avez l’occasion de rappeler l’importance du libre-échange, que vous échangiez des idées, des procédés, des produits ou des technologies, tout le monde en profite à long terme. Telle est l’expérience vécue depuis le début de l’Accord de libre-échange Canada États-Unis, une expérience qui s’est certainement bonifiée grâce à l’ALENA. Ici, au Texas, les gens ont une compréhension unique de cette réalité. Je vous en félicite.

Merci d’être partie prenante d’un partenariat qui garde nos moteurs économiques en marche même en période de récession mondiale. Ce partenariat aide nos travailleurs, nos familles et nos économies. Je salue votre clairvoyance et votre attitude énergique, et j’espère continuer de travailler avec vous.

Je vous remercie.

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Date de modification :
2013-04-24