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Allocution du ministre Day devant l’Association des universités et collèges du Canada

No 2009/53 - Ottawa (Ontario) – Le 28 octobre 2009

D’après une transcription

Mesdames et messieurs, je ne sais pourquoi on vous décrit comme étant difficiles, parce que lorsque je prends la parole à la Chambre des communes, je ne vois qu’une foule de gens en colère et au visage maussade et je n’entends que des sarcasmes et du chahut. Et ceux-là sont mes propres collègues! À part eux, il y a l’opposition, qui est pire! C’est donc un réel plaisir de m’adresser à vous aujourd’hui.

Je suis heureux de reconnaître certains visages de la Colombie‑Britannique et d’institutions admirables que je suis fier de pouvoir représenter, tout particulièrement à titre de ministre chargé des dossiers visant la Colombie‑Britannique au niveau fédéral. Je suis ravi de constater la présence du président de l’Université Dalhousie. L’un de mes fils est un ancien étudiant diplômé de Dalhousie et il en est devenu un véritable porte-parole.

Nous apprécions infiniment le travail réalisé par chacun d’entre vous. On peut véritablement parler de rayonnement international, ce qui représente un volet essentiel de la mission du ministère des Affaires étrangères et du Commerce international. Comme tout le monde, nous sommes conscients que la mondialisation et ses multiples avantages ont notamment permis à des économies d’émerger et de se développer partout dans le monde.

Et pendant le développement de ces économies, les gens qui participent à cet essor cherchent bien sûr des possibilités d’accès à l’éducation dans diverses disciplines. Et tandis que leurs propres établissements d’enseignement connaissent une croissance de capacité, ce qui est une très bonne chose, l’intérêt pour trouver d’autres perspectives et d’autres possibilités se demeure très réel, non seulement dans les pays émergents et dans les pays en développement mais également dans d’autres pays.

Nous voulons nous assurer que les activités que nous menons pour mettre à profit cette évolution— et j’emploie cette expression à bon escient — débouchent sur des résultats. Nous voulons savoir ce qui fonctionne.

J’ignore si vous avez examiné le document que nous vous avons remis aujourd’hui. Ce sont assurément de bonnes nouvelles. Cela étant, il faut faire attention aux bonnes nouvelles car les gens finissent par s’y habituer lorsqu’elles sont trop nombreuses. Voilà pourquoi nous ne les diffusons qu’au compte-gouttes. Nous voulons que les bonnes nouvelles arrivent les unes après les autres.

Nous avons demandé un rapport qui a été rendu public aujourd’hui. Vous en obtiendrez des exemplaires. Dans ce rapport, on s’est efforcé de mesurer le travail accompli et les retombées économiques de la politique de mondialisation de la promotion de notre éducation. Tout cela passe par le ministère des Affaires étrangères et du Commerce international. Pouvons-nous constater des résultats? Quelles sont les activités qui fonctionnent et dans quels secteurs pouvons-nous mieux faire? Nous examinons sérieusement la situation dans son ensemble.

Ces dix dernières années, le nombre d’étudiants étrangers au Canada a nettement augmenté. En effet, leur nombre a plus que doublé depuis 1998, passant à 178 000. C’est une augmentation très importante.

Pour évaluer tout cela, nous faisons appel à des modèles économétriques. Nous établissons des moyennes en ce qui a trait aux dépenses des étudiants étrangers en frais de scolarité, en achats de biens, en frais de logement, et tout le reste. Les politiciens ne peuvent pas se passer de sondages pendant très longtemps. Quel montant pensez-vous que ces 180 000 étudiants étrangers dépensent au Canada en une année? Quelques chiffres approximatifs? Il semble bien que vous soyez plus indécis que les étudiants qui fréquentent vos merveilleux établissements! Est-ce que quelqu’un a une idée?

Les dépenses des étudiants étrangers s’élèvent à environ 6,5 milliards de dollars par an. Soulignons au passage que ce montant est supérieur à la valeur des exportations de bois d’œuvre résineux et à celle des exportations de charbon, lesquelles sont à la baisse, bien entendu, parce que nous progressons sur le plan de l’environnement. Mais, vous savez, si l’on juxtapose ces chiffres à d’autres données, on commence à comprendre que l’éducation internationale représente un véritable un investissement. Nous parlons d’élargir notre portée en passant par le ministère des Affaires étrangères et du Commerce international et par d’autres moyens, et d’investir pour rejoindre et attirer des étudiants. Cela représente une valeur que l’on peut vraiment quantifier.

Le rapport que vous recevrez présente une estimation de l’impact de la présence des étudiants étrangers, des biens qu’ils achètent et des services dont ils ont besoin, qui génèrent environ 83 000 emplois directs. Et il y a des recettes substantielles pour les différents paliers de gouvernement, grâce aux taxes sur les biens achetés par les étudiants étrangers, qui représentent environ 280 millions de dollars.

L’investissement consacré à divers niveaux peut donc se justifier en termes purement économiques, mais nous savons bien sûr que les effets et les retombées de la présence des étudiants étrangers vont bien au-delà de ces bénéfices strictement financiers. Il n’en demeure pas moins que ces considérations économiques ont une importance et qu’on ne doit pas les perdre de vue.

Cette augmentation n’est pas le fait du hasard. Dans le budget 2007, nous avons lancé l’initiative « Édu-Canada », le plus gros investissement fédéral depuis plus d’une décennie pour la commercialisation de l’enseignement. Nous sommes convaincus qu’il est essentiel d’investir dans l’éducation. Nous avons foi en notre économie, en notre diversité et en la réputation de notre pays. Il est très, très important de continuer dans cette voie, de poursuivre ce processus.

Comme vous le savez, en 2007, après la campagne « L’Éducation au Canada », nous avons établit le lien, au palier provincial, avec des collèges et des universités, dans le cadre de la campagne « Imagine ». Nous en exploitons les thèmes dans ce que nous appelons des marchés témoins, mais ce sont des marchés réels où nous avons relié les thèmes de l’éducation à diverses activités relatives au commerce et à l’éducation. Nous l’avons fait en Chine, au Brésil, en Inde, et partout, nous avons obtenu des résultats tous aussi positifs.

Il faut préciser que parmi tous les étudiants étrangers qui viennent au Canada, le plus grand nombre provient des pays suivants, des 10 en tête de liste : la Chine, l’Inde, les États-Unis bien sûr, la France et le Japon. Ces pays représentent les dix principaux marchés représentés, qui offrent des perspectives fantastiques du point de vue du commerce et de l’éducation. Et nous voulons que cela continue.

Or, au fil des investissements dans ces domaines particuliers, nous avons tenu compte de ce que vous nous avez dit ces dernières années, à savoir que nous devions concentrer nos efforts en vue de simplifier les formalités d’immigration et d’obtention d’un visa. À ce propos, je tiens à souligner que l’organisation à laquelle vous appartenez a joué un rôle déterminant depuis … en fait depuis qu’elle existe, c'est-à-dire environ un siècle. Personne parmi vous n’était là il y a un siècle, enfin, que je sache, mais votre organisation a eu une influence considérable sur la politique gouvernementale.

Vous demandez-vous parfois si vos efforts portent fruits? C’est pourtant le cas. Et vos recommandations à l’égard de certains aspects des politiques que nous élaborons ont bel et bien donné des résultats, comme il est souligné dans le rapport.

Vous avez demandé que l’on facilite davantage les formalités d’immigration et d’obtention de visas. Ces deux dernières années, nous avons ajouté 22 millions de dollars aux ressources allouées pour accélérer le programme de délivrance des visas. Vous avez probablement constaté qu’il est maintenant possible de présenter une demande en ligne.

En plus d’étendre nos services en vue de faciliter la venue des étudiants étrangers, nous avons voulu nous assurer, via le ministère du Travail, qu’une fois ici, ils puissent participer à des programmes ou avoir des possibilités de travail. Nous avons donc créé le « Programme de permis de travail hors campus » qui permet aux étudiants étrangers de travailler à temps partiel tout en étudiant, et de travailler à plein temps l’été ou lorsqu’ils ne sont pas aux études. Nous travaillons donc activement à l’appui de cet objectif.

Il faut également mentionner l’encouragement par les bourses d’études. Vous connaissez les bourses Vanier et celles du Programme des futurs leaders dans les Amériques; nous collaborons avec les commissions chargées d’attribuer les bourses. Environ 800 bourses ont servi à faire venir des étudiants de qualité. C’est ce qu’on recherche de nos jours : des gens hautement qualifiés. Ils constituent notre marché cible.

À ce sujet, il faut savoir que nous ne sommes pas le seul pays à convoiter le marché de l’éducation internationale. Nous avons comparé la part de marché que nous détenons à celle des autres pays : elle est d’environ 3 p. 100. Nous sommes parfois critiqués par des gens qui nous disent : « Vous savez, l’Australie est bien plus dynamique, elle détient 7 p. 100 cent du marché ». Je ne cherche pas d’excuses, mais il faut admettre que si l’on regarde quel segment de cette clientèle est attirée par l’Australie, on se rend compte que la distance est clairement un facteur. L’Australie est bien plus proche de certains des marchés très densément peuplés, vers lesquels une large proportion de ses voyages internationaux s’effectue. C’est un peu comme si l’on critiquait UBC parce qu’elle occupe une plus petite part du marché du Canada Atlantique que Dalhousie. Ce qui veut dire qu’on est parfois en butte à des réalités géographiques.

Nous avons donc 3 p. 100 du marché. Ce n’est pas mal comparativement à tous les autres pays qui sont dans la course, mais nous pensons que nous pouvons faire mieux. C’est pourquoi nous allons continuer à solliciter vos avis et votre contribution à cet égard.

Enfin, en ce qui concerne, de façon plus générale, l’avantage dont jouit le Canada, nous poursuivons activement, par l’entremise du ministère du Commerce international, la conclusion d’accords en matière de science et de technologie avec d’autres pays, et ce, pour deux raisons. D’abord, s’y rattache un volet éducatif très important. Les partenariats entre universités, surtout ceux qui s’avèrent très intéressants sur le plan commercial, ont des effets durables et évidents. Dans des pays qui ne sont parfois guère ouverts à des accords de libre-échange en bonne et due forme, les accords en matière de science et de technologie peuvent servir de leviers très puissants pour ouvrir la porte aux échanges, aux occasions d’affaires et aux discussions.

C’est pourquoi l’une de mes premières missions en tant que ministre du Commerce international a consisté à me rendre au Brésil. Nous avons accompli certains progrès là-bas, notamment en concluant des accords en matière de science et de technologie. Et nous avons fait la même chose dans d’autres pays. Lorsque j’étais en Chine, nous avons annoncé la signature de six de ces accords, qui concernent divers types de projets, notamment des projets de pointe visant le traitement de l’eau dans les municipalités.

Un projet en particulier est tout à fait fascinant. Mon homologue, le ministre du Commerce [Chen Deming] de la Chine m’a invité et m’a accompagné en excursion pour observer ce projet qui concerne le développement des productions végétales et les effets des changements climatiques sur les pâturages au Tibet. Les accords en matière de science et de technologie sont donc de grande portée et débouchent toujours sur des avantages intéressants pour les deux parties, et ils ont toujours des retombées positives dans le domaine de l’éducation.

Nous croyons que les étudiants qui viennent au Canada, qui sont attirés ici en raison de politiques précises, de conditions intéressantes et de notre réputation, non seulement pour la qualité de notre système d’éducation mais également pour notre diversité culturelle, deviennent ensuite des ambassadeurs du Canada dans le monde et, comme vous le savez, de vos propres établissements.

Mesdames et messieurs, voilà donc certaines des mesures que nous avons prises pour développer ce volet particulier. Nous avons relevé et répertorié les résultats et les retombées, et nous sommes à l’écoute en ce qui concerne les secteurs où nous pouvons être encore plus dynamiques. Je tiens à remercier votre organisation de la contribution importante réalisée grâce à vous tous, notamment en nous communiquant de l’information ou en nous incitant parfois à la trouver, et en nous indiquant vers où nous tourner pour renforcer nos capacités dans ce domaine.

Une fois de plus, je vous remercie.

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Date de modification :
2009-11-30