Affaires étrangères et Commerce international Canada
Symbole du gouvernement du Canada

Affaires étrangères et Commerce international Canada

international.gc.ca

Fil d'Ariane

  1. Accueil

Le 9 février 2009
Ottawa (Ontario)
2009/8

Discours du ministre du Commerce international et ministre de la porte d’entrée de l’Asie-Pacifique, l’honorable Stockwell Day, à l’Institut Fraser

Basé sur une transcription

Je vous remercie de m’avoir invité ici ce soir.

Permettez-moi de vous parler brièvement de politique commerciale. Je ne pense pas avoir à consacrer beaucoup de temps aux fondements philosophiques ou historiques qui font du Canada un partisan du libre-échange, particulièrement devant l’auditoire d’aujourd’hui.

Lorsque je m’entretiens avec des groupes de stagiaires, qui sont affectés ici pour une courte période de temps, ou si je m’adresse à des étudiants dans le cadre d’un cours universitaire, j’aime remonter à mon expérience de cinquième année, dont je me souviens parfaitement parce c’est en cinquième année que j’ai passé les trois plus belles années de ma vie.

Voici ce qu’on nous enseignait à l’école, et je dirais ce que l’on devrait continuer à enseigner. Au sujet des principes élémentaires d’économie et au sujet du gouvernement et du commerce, on nous disait : « Le gouvernement du Canada vend des voitures. Le gouvernement du Canada vend des chaussures. Le Canada vend des produits agricoles. Le Canada vend des articles de sport. » Et nous avions cette longue liste de choses que le Canada vendait à d’autres pays. Et je me disais : « Nous avons un gouvernement très dynamique. Ce gouvernement vend ces choses à des personnes partout dans le monde. Comme je suis fier de mon gouvernement. »

Et ce n’est probablement pas avant que mon épouse et moi ayons nous-mêmes lancé une petite entreprise que nous nous sommes rendu compte en fait que le gouvernement ne vend pas ou ne devrait pas vendre ces choses. Ce sont des personnes, des organisations et des entreprises acharnées ayant le sens de l’entrepreneuriat, l’audace de prendre des risques, l’esprit d’innovation et aucune crainte, qui font tous les efforts nécessaires pour effectuer des études et pour mettre au point, fabriquer et exporter des produits, espérant réaliser un profit. Ce sont eux qui vendent tous ces articles. Et dès notre jeune âge, on nous inculque à titre de futurs citoyens que c’est le gouvernement qui fait tout ce travail pour nous. Il n’est donc pas étonnant que lorsque nous nous lançons nous-mêmes en affaires, nous allions voir le gouvernement en disant : « Bien, vous savez, vous vendez tous ces produits, alors aidez-nous à le faire. »

Le gouvernement du Canada a comme approche, sur une base stratégique, de faire tout en son pouvoir pour créer des conditions permettant à nos entreprises d’être plus concurrentielles, y compris réduire les obstacles au commerce et lutter contre les pratiques injustes. Il le fait au nom des personnes acharnées, braves et courageuses qui ont le sens de l’entrepreneuriat et l’audace de prendre des risques et qui acceptent d’y consacrer du temps, des efforts, de l’argent et de tout risquer pour essayer de commercialiser un produit à l’étranger. Et nous faisons cela de différentes façons, notamment grâce aux accords de libre-échange.

Nous sommes très dynamiques en matière de libre-échange. Mais je n’ai pas à vous vanter les vertus du libre-échange. Nous avons évidemment un accord de libre-échange avec les États-Unis et avec le Mexique. Vous serez peut-être surpris d’apprendre que nous en avons en fait plusieurs autres.

Comme il a été souligné dans un article assez réprobateur que j’ai lu cette fin de semaine, nous n’avons que quelques accords de libre-échange qui ont été élaborés au cours des 15 dernières années. Mais nous en avons entre autres avec la Jordanie, Israël, le Chili et le Costa Rica. Et nous avons déposé à la Chambre des communes un accord de libre-échange avec l’Association européenne de libre-échange — Norvège, Islande, Suisse et Liechtenstein. C’est un bon accord. Un très bon accord. Nous l’utiliserons comme levier pour pénétrer dans l’ensemble de l’UE [Union européenne]. Nous cherchons à établir un accord de libre-échange avec les 27 pays de l’UE. Ce serait formidable.

Comme vous le savez, c’est la République tchèque qui assure la présidence de l’UE pour les six prochains mois. Si vous n’y êtes jamais allés, vous devez vous y rendre. Cela permet de raviver sa foi dans les personnes qui savent ce que c’est de payer le prix, de se battre, que ce soit contre l’invasion de 1968 ou la révolution de velours. Ce sont des gens qui savent ce que veulent dire les mots démocratie et primauté du droit, et qui y croient. Ils vont travailler à l’avancement de notre cause auprès de la Commission européenne. J’ai rencontré le président de la Commission européenne [José Manuel Barroso] pour m’assurer que la Commission comprend la position du Canada sur cette question. Nous insistons fortement pour obtenir le lancement officiel des démarches qui permettraient de conclure un accord de libre-échange avec l’UE.

Nous allons déposer à la Chambre des communes un projet d’accord avec le Pérou et un autre avec la Colombie. Nous aimerions que ces projets soient adoptés au cours de la présente session. Nos principaux concurrents, dont les États-Unis et le Mexique, ont quant à eux mis en place de nombreux accords de libre-échange. Le Chili a conclu ou mis en œuvre 21 accords de libre-échange qui visent 55 pays. Vous voyez donc que si vous essayez de vendre des produits ou des services dans l’un des pays qui ont signé des accords de libre-échange avec d’autres pays, vous serez désavantagés sur le plan de la concurrence.

La course est donc commencée et nous sommes dans la course. Nous rattrapons nos concurrents et nous allons continuer de chercher à établir des accords de libre-échange. Nous allons peut-être rencontrer certaines difficultés en ce qui concerne le projet d’accord avec la Colombie que nous sommes sur le point de déposer. La Colombie a réalisé d’énormes progrès, même sur le plan de la promotion des droits de la personne, de la primauté du droit et de la démocratie telle que nous la connaissons et l’apprécions. L’accord de libre-échange que nous avons signé avec elle, mais qui n’a pas encore été ratifié au Parlement, comporte un volet très solide pour ce qui est du travail et de l’environnement.

Nous tentons aussi d’établir un accord de libre-échange avec l’Inde. J’y suis allé il y a deux semaines et j’ai rencontré le premier ministre [Manmohan] Singh, le ministre du Commerce et de l’Industrie [Kamal] Nath, le conseiller national en matière de sécurité [M.K.] Narayanan, et d’autres membres clés du Cabinet. Nous avons convenu de commencer à établir la portée d’un accord de libre-échange.

L’Inde est sur le point d’achever [l’étude de] son volet de notre accord de coopération nucléaire. Cela permettra à Énergie atomique du Canada limitée, à Cameco de la Saskatchewan et à d’autres représentants de notre industrie nucléaire d’aller de l’avant et d’obtenir une partie du marché qui sera disponible, parce que l’Inde, avec sa croissance, ne désire pas contribuer au changement climatique. L’Inde a donc décidé de construire de 25 à 30 réacteurs nucléaires aux fins de la production d’énergie propre au cours des 10 à 15 prochaines années. Il s’agit d’une occasion extraordinaire pour nous. Nous bénéficions d’une porte ouverte qui permet à notre industrie d’aller de l’avant et [de vendre son expertise nucléaire]. Nous avons donc des projets en cours avec l’Inde, tout comme avec la Chine.

Si nous ne pouvons pas pénétrer un marché avec un accord de libre-échange, nous établissons un accord en matière de science et de technologie. Nous passons un marché avec un autre gouvernement, les deux gouvernements investissent de l’argent dans l’initiative et on fait habituellement appel à la participation d’une université dans les deux pays. On obtient les soumissions d’entreprises ou de chercheurs universitaires sur la façon de dépenser cet argent pour développer de nouvelles sciences et technologies et les activités commerciales qui en découlent.

Nous devons aussi aller de l’avant, et nous avançons avec dynamisme, dans le dossier des accords sur l’ouverture des espaces aériens. Nous avons conclu ce genre d’accord avec 41 pays maintenant. Nous cherchons à en établir d’autres pour élargir le choix des consommateurs en matière de transporteurs aériens et pour accélérer et rendre plus fluide le transit des passagers et des biens à destination et en provenance de ces pays.

Du point de vue fiscal, nous allons continuer à avancer dans la voie que nous avons préparée graduellement — en vue de mettre en place l’impôt sur les revenus des sociétés le moins élevé du G8 d’ici 2012. Nous sommes déterminés à poursuivre ces efforts. Nous avons fait un pas important dans le dernier budget en abolissant la taxe sur les machines et le matériel. Cette mesure aidera grandement les entreprises qui désireront importer des machines et du matériel pour les inscrire à leur actif et accroître leur productivité.

Je suis heureux de faire la promotion du commerce international avec l’aide de mes collègues et d’un important groupe de délégués commerciaux autour du monde. Dans environ 150 villes, nous avons des représentants commerciaux — des délégués commerciaux, qui sont là pour fournir un point d’attache aux entreprises canadiennes à leur arrivée dans une région, certaines connaissances du terrain et du contexte de la région, et mettre à leur dispositions les installations de leurs bureaux. Nous avons mis en place une stratégie commerciale mondiale de 60 millions de dollars pour faire la promotion de nos services. Je peux vraiment affirmer que quand il est question de commerce international le gouvernement est là pour vous aider.

Nous le faisons pour créer les conditions qui rendent la concurrence aussi équitable que possible. Vous devrez prendre le risque. Vous devrez vendre le produit. Mais nous ferons tout notre possible pour que vous soyez le moins gênés possible par l’imposition et la réglementation gouvernementales et par les autres processus à suivre afin que vous puissiez réussir à commercialiser vos produits. Nous avons l’intention de jouer ce rôle. Le Canada peut faire concurrence à n’importe qui au monde avec ses produits et ses services.

Nous venons juste d’adopter une position claire contre les États-Unis pour ce qui est des éléments protectionnistes dont nous avons entendu parler dans leur projet de loi « Buy America ». Nous pensons avoir fait certains progrès. Nous avons obtenu que le président des États-Unis — devant 84 p. 100 des Américains qui déclaraient aimer le projet de loi — ne cède pas aux pressions et déclare que le pays ne désire voir aucune mesure aller à l’encontre de ses obligations en matière de commerce international. Il s’agit d’une concession assez importante qui résulte de la grande quantité de travail abattue par plusieurs personnes, et des nombreuses pressions exercées par différents groupes, dont des groupes d’entreprises.

Je vous remercie beaucoup de votre attention ce soir. Et merci à l’Institut Fraser pour ses efforts stratégiques et les études qu’il effectue sur de nombreux sujets afin de bien orienter le gouvernement et notre remarquable premier ministre. Merci pour votre excellent travail.

Pied de page

Date de modification :
2009-07-16