D’après une transcription
C’est un honneur et un privilège pour moi d’être ici aujourd’hui. Je veux vous entretenir des raisons pour lesquelles notre gouvernement fait simultanément appel à la diplomatie, à la réalité et au pragmatisme pour établir le bien-fondé du libre exercice du commerce. Certains prétendent que nous agissons ainsi pour des motifs idéologiques ou philosophiques. Je serais porté à croire que l’appui du gouvernement au libre exercice du commerce possède un certain fondement idéologique, c’est-à-dire une perception particulière de la nature humaine voulant que nos résultats soient meilleurs lorsque de plus nombreuses possibilités s’offrent à nous et qu’il existe un certain élément de compétition, et que les monopoles sont habituellement à l’origine de pratiques non efficaces. Nous pourrions invoquer de multiples arguments philosophiques de ce genre, mais je crois que le climat financier et environnemental dans lequel nous vivons en ce moment établit pour nous le bien-fondé de notre position.
Il nous fournit aussi une occasion de voir la motivation humaine à l’œuvre, à l’échelle nationale ou internationale. J’aimerais vous livrer quelques réflexions sur ce sujet, vous présenter un exemple récent, tiré de la vie réelle, puis revenir un peu sur le passé et parler de nouveau de l’avenir et des mesures que nous prenons en ce moment. Je terminerai en vous demandant de nous aider à améliorer le monde dans lequel nous vivons grâce aux échanges commerciaux. Car selon moi, c’est exactement ce qui pourrait arriver.
Il y a environ trois semaines, nous avons vu le premier ministre envoyer très publiquement — et le plus diplomatiquement possible, mais aussi avec le plus de fermeté possible — un message à notre plus important partenaire commercial, les États-Unis. Il a déclaré que nous nous attendions à ce que les États-Unis respectent leurs obligations commerciales. Il s’agissait là d’une déclaration publique très ferme à l’endroit de notre voisin, surtout à la veille de la première visite de courtoisie du nouveau président américain. Mais elle tombait à point et se voulait le premier jalon important d’une stratégie diplomatique générale en réaction à ce qui nous apparaissait, et à ce qui apparaissait au monde entier, comme une solution protectionniste à une crise financière.
Lorsque nous avons pris connaissance des éléments du projet de loi présenté à la Chambre des représentants puis au Sénat, nous nous sommes vivement inquiétés de la place prépondérante qu’y tenaient les dispositions privilégiant l’achat de biens américains, notamment des produits de l’acier et du fer. Au moment de sa présentation au Sénat, le projet de loi avait connu des modifications de onzième heure prévoyant l’ajout de tous les produits manufacturés nécessaires à la réalisation des projets d’infrastructure. Vous savez, dans un contexte historique, nous comprenons que les dispositions « Buy American » et ses fondements sont en place depuis 1933. Et nous savons qu’elles ont été renforcées en 1982. Ce que nous avons demandé, c’est tout simplement le maintien du « statu quo » mentionné dans la Déclaration de Washington du G20 de novembre 2008. Lors de cette conférence, le premier ministre avait encore une fois joué un rôle de chef de file en se prononçant sur ce qui ressemblait à un effritement du cycle de négociations de Doha, à l’Organisation mondiale du commerce, et en déclarant que nous devions mettre fin immédiatement au mouvement protectionniste. En matière de commerce, il est compréhensible et très humain de devenir isolationniste face à la montée de la menace.
C’est pourquoi le G20 y est allé d’une déclaration très ferme qui a trouvé écho auprès de ceux d’entre nous qui se sont rencontrés tout de suite après, au Pérou, à la Réunion des ministres de la Coopération économique Asie-Pacifique. Les personnes présentes à la table des négociations ont vraiment eu l’impression que le cycle de Doha allait échouer; il fallait donc se demander sérieusement si cela pouvait se produire à Genève en décembre, ce qui n’a pas été le cas comme nous le savons, ou se produire après l’arrivée au pouvoir du président Obama en 2009. Il fallait aussi que le mouvement antiprotectionniste soit continu; et l’érection d’une muraille commerciale était bien la dernière chose dont nous avions besoin en période de contraction financière.
Pourtant, il est difficile de résister à cette tendance et l’histoire nous apprend — et le président Obama a assurément étudié l’histoire — qu’il y a eu une période mondiale de repli en 1929 et qu’en 1930, ce sont aussi les États-Unis — les champions de la libre entreprise, de l’entrepreneuriat, de la réduction des interventions gouvernementales et d’une intensification de l’innovation et d’une approche axée sur les affaires — qui ont proposé des mesures législatives très protectionnistes. Et nous le savons tous fort bien.
Comme vous le savez, la réaction à ces mesures, au Canada et partout dans le monde, a été la décision d’ériger aussi des murailles commerciales. Et tout le monde s’est affairé à bâtir de telles murailles et à s’isoler, ce qui a prouvé une fois de plus, de manière tragique et saisissante, que lorsque des murailles commerciales sont érigées, les économies s’effondrent. La American Smoot-Hawley Tariff Act et les autres lois promulguées ailleurs dans le monde ont contribué grandement à ce qui est devenu la grande dépression.
Nous espérions avoir tiré une leçon de cette catastrophe, comme en témoigne la Déclaration de Washington. C’est pourquoi nous étions si inquiets de voir ce nouveau projet de loi américain mis de l’avant.
Nous devrions avoir appris une leçon. Et nous espérions prouver que Winston Churchill avait tort de dire que la seule chose que nous apprenons de l’histoire est que nous n’apprenons pas de l’histoire. Nous espérions pouvoir le contredire, mais c’était pourtant en train de se matérialiser. Les gens pourraient se demander comment cela se produit. Tout le monde est plus avisé, mais voilà qu’un groupe imposant d’hommes et de femmes intelligents de toutes allégeances veut ériger ces murailles protectionnistes aux États-Unis.
Et bien, c’est la démocratie elle-même qui en est la cause, parce que, en période de crise, les personnes qui sont touchées, nos électeurs et électrices, viennent nous dire : « Vous devez faire quelque chose, vous devez nous protéger ». Et c’est à ce moment-là que l’élu doit dire : « Quelle sera la meilleure approche à long terme dans ce cas? ». Trop souvent en politique, parce que nous avons constamment les yeux rivés sur le prochain sondage d’opinion, nous nous laissons guidés par la tyrannie de l’urgence plutôt que par ce qui est réellement prioritaire. Nous devons alors prendre du recul et trouver le temps d’expliquer à ces groupes d’électeurs les effets à long terme de la politique qui peut en fait leur faire du tort et, à long terme, faire du tort à tous les autres.
Je reconnais que notre dernier budget semblait tendre vers le modèle keynésien (ce n’était pas le cas, mais nous en avons emprunté quelques éléments). Interrogé sur l’effet à long terme des déficits structurels permanents et du financement des déficits, Keynes avait répondu qu’à long terme, nous serons tous morts.
Cependant, ce ne sera pas le cas pour mes enfants ou mes petits-enfants. Voilà pourquoi, en cette période de crise financière, nous devons penser à long terme. Et voilà pourquoi il est essentiel que des personnes comme le premier ministre prennent les devants, comme il l’a fait. En adoptant cette position, il n’a pas fait que suggérer quelque chose aux Américains; il a saisi l’occasion pour partager quelque chose avec les Canadiens. Nous continuons de répéter ce message : lorsque vous voulez protéger des emplois et protéger les secteurs, vous faites tout en votre pouvoir en tant que gouvernement pour leur offrir un monde de possibilités. Vous ne bloquez pas l’accès à ces possibilités. C’est la raison pour laquelle nous passons par les médias pour diffuser le message et collaborons avec des groupes sectoriels au Canada et aux États-Unis afin de faire pression sur le gouvernement pour que ces groupes soient consultés sur cette question.
Nous avons constaté que des groupes de premier plan aux États-Unis ont indiqué à leur gouvernement que le projet de loi s’avérait intéressant pour eux pour le moment, mais allait leur nuire dans tout ce qu’ils feraient dans le monde. Nous avons compris que notre message portait lorsque le chef de la majorité démocrate à la Chambre a déclaré publiquement qu’il avait pris connaissance des inquiétudes des Canadiens et que celles-ci lui semblaient justifiées. C’était plutôt réconfortant d’entendre cela. Trois jours plus tard, nous avons entendu le président Obama utiliser pratiquement les mots dont s’était servi le premier ministre pour expliquer, à la Chambre des communes, que la politique des États-Unis se devait de respecter les obligations contractées par le pays dans le cadre de traités internationaux. Ces propos étaient également très réconfortants.
Je pourrais ajouter qu’il a prononcé ces mots alors même que lui étaient présentés des résultats de sondages, qui indiquaient que plus de 85 p. 100 des Américains étaient favorables à des dispositions législatives privilégiant l’achat de produits américains. Il s’agissait donc de paroles lourdes de sens dans la bouche d’une personne élue. Nous savons cependant comment fonctionnent les sondages. Si vous recevez, à titre de citoyens, un appel téléphonique au cours duquel quelqu’un vous demande : « Est-ce une bonne chose que nous vous protégions avec la Buy America Act? », combien d’entre vous vont répondre non? Mais nous devons être capables de cerner la vraie question et de nous projeter parfois même au-delà du sondage. C’est la position qu’a prise le président et, juste avant sa venue ici au Canada, une modification ayant priorité sur toutes les autres dispositions a été adoptée, disant qu’aucune disposition de cette loi ne pouvait contrevenir aux obligations découlant des traités.
Voilà un exemple de diplomatie et de leadership — diplomatie de notre part et leadership de la part du premier ministre — et d’un leadership correspondant aux États-Unis, tout d’abord en la personne du leader à la Chambre des représentants, puis celle du président lui-même, pour rappeler que nous devons envisager la meilleure solution à long terme et demeurer vigilants. Cette question n’est pas réglée, car des groupes d’électeurs, à bon droit, continuent de nous rencontrer pour nous faire part de leurs préoccupations, et nous essayons de travailler avec eux pour tenter de déterminer ce qui sera le mieux à la longue.
Voilà donc une situation où la diplomatie a été utilisée, non pas en raison d’une position idéologique aveugle, mais en raison d’une compréhension historique des incidences des échanges commerciaux. Les Canadiens ne devraient pas s’étonner que notre gouvernement attache beaucoup d’importance au programme commercial. Nous affirmons en quelque sort être des spécialistes des accords commerciaux. Nous poursuivons cet objectif avec vigueur. La Chambre des communes est justement en train d’étudier celui que nous avons conclu avec l’Association européenne de libre-échange. Les pays signataires sont l’Islande, la Norvège, la Suisse et le Liechtenstein. Le projet progresse et nous croyons qu’il sera adopté. Il aura des retombées très bénéfiques pour les exportateurs, les manufacturiers et les producteurs du Canada et de tous ces pays. De même, il pourra servir de levier au sein de la communauté élargie de l’Union européenne.
Nous avons fait valoir nos arguments devant la présidence de l’Union européenne, qui est assurée par la République tchèque pour les six prochains mois. Je me suis rendu à Prague pour y plaider notre cause. La Commission de l’Union européenne est donc en train d’examiner notre demande. Nous voulons réaliser ce qui s’appelle un exercice d’établissement de la portée des incidences, pour ensuite être en mesure, du moins nous l’espérons, d’annoncer officiellement le lancement de négociations formelles de libre-échange. Tel est notre objectif et nous estimons être en train de nous en rapprocher. Les provinces et les territoires sont mobilisés. Actuellement, il y aurait une province qui réfléchit à la meilleure façon de faire connaître sa position et la Commission européenne est au courant de cette démarche. Nous sommes convaincus que les provinces attachent une grande importance à cette question.
Dans le cas précis de cette négociation particulière avec l’Union européenne, notre collaboration avec les provinces et les territoires est sans précédent. Nous nous préparons à la négociation en disant aux provinces et aux territoires que nous souhaitons leur présence à nos côtés dans la salle des négociations. Il n’y aura bien sûr qu’un seul microphone, mais nous ne comptons pas nous y présenter avant d’avoir convenu avec les provinces et les territoires d’aller de l’avant et que l’analyse secteur par secteur aura démontré que cela va profiter à tout le monde à long terme.
Lorsque je suis allé en Inde il y a quelques semaines à peine, c’était avec cette même intention, soit celle de conclure un accord commercial plus vaste et plus étendu avec, il faut bien le reconnaître, l’une des plus grandes économies mondiales dont la classe moyenne affichait, avant le recul des derniers mois, la croissance la plus rapide du monde. Il se passe des choses étonnantes dans ce pays. Nous entretenons d’excellentes relations avec l’Inde, non seulement grâce à notre propre population et à la diaspora indienne, une source d’influences naturelles, mais parce que nous avons des possibilités fort intéressantes d’en tirer des avantages mutuels pour nos citoyens. Et nous y travaillons avec ardeur.
En ce qui concerne la Chine, depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement Harper, il y a eu pas moins de 13 visites ministérielles dans ce pays. J’y serai en avril. Nous y annoncerons l’ouverture de six autres bureaux commerciaux. Nous investissons 2,5 milliards de dollars dans ce qu’il est convenu d’appeler notre corridor de l’Asie-Pacifique, de façon à faire valoir l’argument des voies de transport les plus efficaces depuis la Chine et d’autres parties de l’Asie jusqu’à Vancouver ou Prince Rupert, puis des lignes ferroviaires vers l’intérieur du continent et en direction de zones de transport pivots comme celles de Memphis, Dallas et bien d’autres. Nous cherchons donc à consolider cette relation.
Nous sommes également sur le point de conclure une entente avec Panama. Nous déposerons sous peu les résultats de nos négociations commerciales avec la Colombie et le Pérou. Nous avons terminé nos négociations avec la Jordanie et nous en sommes à l’étape de l’examen du texte définitif par les avocats.
Nous croyons que la croissance des échanges commerciaux et la création de ce genre de débouchés, qui représentent un de nos principales orientations, seront des facteurs qui nous aideront à passer à travers cette période de repli financier, à la condition que d’autres pays soient disposés également à saisir ces occasions.
En retraçant l’histoire du commerce et du libre exercice du commerce, nous constatons que ceux qui s’opposent au libre exercice du commerce pour des motifs idéologiques ne semblent pas avoir, du moins à mon avis, une parfaite compréhension de l’histoire. Parce qu’aucun système n’est parfait et parce qu’aucun système démocratique n’est parfait.
Nous devons toujours étudier les enjeux en nous demandant quelle serait la meilleure politique dans son ensemble, et le libre exercice du commerce est préférable à l’absence de liberté en ce domaine. Rappelez-vous que Voltaire a eu un jour le choix entre la prison ou l’exil en Angleterre. Il a réfléchi. Il avait déjà fait de la prison, il savait donc à quoi s’attendre. Il a choisi l’exil en Angleterre où il a été très impressionné par le mouvement en faveur de la tolérance religieuse. Sa visite à ce qui était à l’époque l’embryon de la Bourse de Londres, un café dans Exchange Street, l’avait fasciné tout particulièrement. D’ailleurs, il a évoqué cette visite dans ses écrits. Il a décrit son étonnement en constatant que les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans, qui semblaient toujours à couteaux tirés ailleurs dans le monde, faisaient des affaires entre eux, paisiblement et en toute confiance. Cela montre que lorsque vous êtes de bonne foi et que vous respectez les intérêts de chacun, vous faites tout en votre pouvoir pour vous assurer que ces intérêts ne seront pas détruits, par exemple par la guerre. Quelqu’un a dit que lorsque les produits ne franchissent pas les frontières, ce sont les soldats qui le font à leur place.
Alors, je me sers des réflexions de Voltaire, de ce qu’il a trouvé plutôt surprenant, comme un autre élément de notre interprétation des échanges commerciaux, à savoir qu’ils profitent non seulement à nos économies, mais qu’ils peuvent enrichir nos vies de manière encore plus grande en raison du désir de voir progresser nos intérêts respectifs. Nos progrès sont liés à ceux de nos voisins. Nous comprenons tous cela. C’est pourquoi nous allons continuer de promouvoir le libre exercice du commerce avec le plus grand nombre de pays possible. Et je n’éprouve aucune gêne à vous demander de nous appuyer dans cette démarche, auprès de vos relations partout dans le monde, lorsque les gens vous demanderont de leur donner quelques bonnes raisons de faire des échanges avec le Canada.
Nous nous employons notamment à faire connaître les résultats de l’évaluation réalisée par des analystes financiers de différents pays, indiquant que le Canada possède le système bancaire le plus stable au monde. D’autres systèmes bancaires font relativement bien et certains autres sont en difficulté. Mais au Canada, les banques ne s’effondrent pas. Au Canada, nous n’avons pas ce problème galopant de forclusion, qui découle d’une mauvaise politique sur les prêts hypothécaires et d’un manque de transparence au sujet des bouquets de produits dérivés rendus accessibles, à grande échelle, à des gens qui avaient l’impression que la bulle immobilière ne crèverait jamais.
Notre politique fiscale pourrait fort bien devenir l’une des plus concurrentielles de tous les pays de l’Organisation pour la coopération et le développement économiques, un objectif que nous comptons atteindre en 2011. Nous sommes indéniablement sur la bonne voie. Nous pensons que si nos banques sont réticentes à accorder des prêts, et le resserrement du crédit que nous observons est visiblement le résultat d’une certaine réticence, nous avons la capacité, à titre de gouvernement, de rendre le crédit plus accessible. De plus, nous avons une population active très instruite et très motivée.
Nous cherchons à conclure des accords de libre-échange, qui sont bien sûr importants, mais nous nous intéressons également aux accords scientifiques et technologiques, à l’investissement dans la recherche et le développement et aux accords dits de ciel ouvert. Nous faisons circuler le message à tous les échelons.
Nous jugeons très important d’obtenir votre collaboration, si cela est possible, pour transmettre notre message. C’est un message qui tombe à point nommé, c’est un message d’espoir. Nous disons que ceux qui souhaitent investir au Canada auront du succès. Ils auront la possibilité de tirer un rendement positif de leurs investissements. Et devant la richesse de l’expérience rassemblée dans cette salle, j’ai bon espoir que nous puissions partager la mission de véhiculer notre message.
Les bureaux commerciaux que nous possédons dans quelque 150 villes partout dans le monde font également circuler le message. Ils constituent un lieu où se poser, une plate-forme que les gens d’affaires canadiens peuvent utiliser pour élargir leurs activités économiques. Quel que soit le pays où ils se situent, ces bureaux sont aussi des endroits où nous pouvons communiquer l’information nécessaire, et c’est là un bon point. Mesdames et Messieurs, notre message est un message positif, mais nous n’en sommes pas moins en période de repli financier. Ce n’est pas le moment de nous isoler et de devenir des insulaires. C’est le temps de nous ouvrir davantage au reste du monde.
Oui, il s’agit d’un message intéressé, mais compte tenu de tous les capitaux disponibles à l’extérieur qui attendent d’être investis quelque part, nous croyons que lorsque les gens entendent parler de tout ce que le Canada a à offrir — sans compter que ce message est repris de plus en plus souvent au Canada et dans d’autres pays — les conseillers économiques sont à l’écoute. Plus l’investissement au Canada augmente, par exemple dans nos banques, plus elles sont en mesure d’accroître leur crédit. Et lorsque les investissements dans nos entreprises augmentent, les Canadiens découvrent les possibilités qui s’offrent à eux dans les autres pays. En fait, nous pensons que les politiques du Canada et l’exemple qu’il a donné dans le passé ne sont peut-être pas seulement qu’un des facteurs qui l’aideront à traverser cette période très difficile, mais qu’ils peuvent contribuer aussi à sortir le monde de ce ralentissement économique.
J’aimerais terminer en rappelant que tous les cycles économiques ont des hauts et des bas. À entendre les gens parler, vous pourriez penser que c’est la fin du monde, que le cycle n’aura plus de phase ascendante. Il y a une vingtaine d’années, alors que le cycle était à la hausse, Francis Fukuyama a signé un essai célèbre dans lequel il annonçait la fin de l’histoire, la disparition du cycle économique. Des millions de personnes ont cru que le bon temps ne finirait jamais. À l’époque, il aurait fallu tempérer ce message.
Nous traversons une période inverse et il nous faut aussi tempérer le message. Ce n’est pas la fin du monde. Les temps sont difficiles, surtout pour les personnes qui perdent leur emploi et dont les entreprises ferment leurs portes. Mais dans une logique mondiale et même dans une logique nationale, tout ce qui descend remonte. Nous allons surmonter la crise grâce aux politiques que nous avons en place. Nous vous invitons à vous joindre à nous pour porter ce message. Avec de bonnes politiques, de bons principes et une bonne compréhension de l’histoire, nous allons passer à travers cette période et nous en sortirons meilleurs et plus sages, grâce à ce que nous aurons appris en cours de route.
Je vous remercie.