Affaires étrangères et Commerce international Canada
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Le 24 février 2009
Ottawa, Ontario
2009/17

Discours du ministre du Commerce international et ministre de la porte d’entrée de l’Asie-Pacifique, l’honorable Stockwell Day, devant le Conseil de commerce canado-arabe à l’occasion de son dîner de gala annuel

D’après une transcription

Il est très intéressant de constater ce qui s’est passé, ne serait-ce qu’au cours des 25 dernières années, dans les pays qui sont représentés ici aujourd’hui, les six nations qui composent le Conseil de coopération du Golfe et, d’une manière plus générale, dans les pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. Leur croissance a été énorme et comme je m’occupe maintenant de commerce, permettez-moi de vous parler de ce sujet pendant quelques instants. Je me réjouis de voir que les six nations élargissent leurs activités et établissent des relations commerciales avec l’Union européenne, les États-Unis et la Chine, et que tous les pays représentés ici aujourd’hui ont intensifié leurs relations avec le Canada. En 2007, le commerce bilatéral entre le Canada et les pays que bon nombre d’entre vous représentez et dans lesquels beaucoup d’entre vous font des affaires, s’est élevé à plus de 21 milliards de dollars, dont 5,6 milliards de dollars qui proviennent du commerce bilatéral avec les six pays membres du Conseil.

Ce sont des chiffres éloquents et encourageants et nous voulons qu’ils continuent de croître. Pensons aux entreprises qui font des affaires dans les pays qui sont représentés ici — bien sûr, nous connaissons tous l’importance du secteur énergétique — pensons à des entreprises comme Talisman [Energy inc.] et Nexen [inc.] et d’autres entreprises semblables qui œuvrent dans ce secteur. Dans un contexte plus vaste, pensons aux immenses possibilités qui se présentent ne serait-ce que dans le secteur du développement des infrastructures, pensons à des entreprises comme Bombardier [inc.] et [Le Groupe] SNC-Lavalin et d’autres encore, et nous verrons à quel point les possibilités d’approfondir ces relations commerciales sont immenses et à quel point il est important de les renforcer, surtout en cette période de ralentissement économique. Ces chiffres sont encourageants et, croyez-le ou non, ils sont même plus élevés que ceux de nos projections de croissance.

C’est aussi récemment qu’en 2007 que le roi Abdallah [II] de Jordanie est venu au Canada en visite officielle et a mis en branle le processus qui a abouti à la signature d’un accord de libre-échange entre les deux pays. Comme vous le savez, les questions politiques ne sont pas toujours les plus difficiles à régler. L’accord en est maintenant à l’étape de la vérification juridique, c’est-à-dire le moment où les avocats passent au peigne fin le texte qui exprime la volonté politique des deux pays. Je suis en train d’apprendre ce que comporte ce processus. Je ne ressens aucune animosité à l’égard des personnes qui effectuent ce travail, mais j’ai le sentiment que le compteur tourne, et comme on me demande depuis quelques jours comment progresse cette vérification, j’ai dit à mes fonctionnaires : « Écoutez, le processus est en marche depuis un certain temps. Je ne blâme personne, mais j’aimerais connaître les noms des avocats qui participent au processus pour pouvoir m’entretenir avec eux et prendre connaissance des détails de ce processus afin de pouvoir l’accélérer. »

Mais c’est quand même réjouissant de penser à cet accord de libre-échange. Nous espérons réussir à conclure un accord semblable avec le Maroc. Nous avons aussi signé des accords sur la protection des investissements étrangers avec plusieurs pays, avec l’Arabie saoudite, le Qatar, Bahreïn et la Tunisie. Ces accords font progresser les choses. Ils produiront des résultats bénéfiques pour les citoyens des pays concernés et c’est avec une grande confiance et beaucoup d’enthousiasme que nous anticipons l’obtention de résultats encore meilleurs.

Vous savez sans doute que nous poursuivons la négociation d’accords « Ciel ouvert » et d’accords de transport aérien ou, si vous voulez des accords « Ciel bleu ». Je sais qu’il y a un cas où on souhaite ardemment faire passer le nombre de vols à plus de trois par semaine. Je suis favorable à ça. Nous disons : « Allons de l’avant dans ce domaine». Si nous en avons trois et que toutes les préoccupations et les questions soulevées sont résolues, nous pourrons élargir nos activités et aller encore plus loin. Bien entendu, il y a beaucoup de choses dont il faut tenir compte, mais les difficultés ne sont pas insurmontables.

C’est aussi un honneur pour moi que mon collègue le ministre de la Citoyenneté, de l’Immigration et du Multiculturalisme, M. Jason Kenney, soit ici ce soir. Il sait à quel point les politiques en matière d’immigration et de visas peuvent jouer un rôle concret dans l’expansion du commerce. Je suis heureux de voir la priorité qu’il accorde à cette question et la vigueur avec laquelle il va de l’avant à ce chapitre.

Nous traversons une période où chaque pays s’inquiète pour son économie, ce qui donne tendance à céder à des tentations protectionnistes.

Une montée possible de mesures protectionnistes un peu partout dans le monde nous inquiète, le premier ministre, moi-même, et le gouvernement du Canada. Par les temps qui courent, ce genre de mesure n’est pas désirable. Si nous voulons protéger nos propres industries et nos travailleurs, il est important ne pas dresser d’obstacles, mais au contraire,d’ouvrir des portes.

Le premier ministre s’est exprimé clairement sur cette question. Vous avez vu les échanges diplomatiques qui ont eu lieu au cours des dernières semaines lorsque nous avons constaté que les États-Unis envisageaient l’adoption de dispositions législatives « Buy American ». Le premier ministre Harper a été le premier dirigeant étranger à s’élever contre cette mesure et à dire qu’il s’attendait à ce que les États-Unis respectent leurs obligations commerciales internationales. Les effets de sa déclaration se sont répercutés partout dans le monde. Dans les jours qui ont suivi, d’autres dirigeants ont affirmé qu’il était important que les États-Unis honorent leurs obligations internationales. Il a été très encourageant d’entendre, quelques jours plus tard, le président [Barack] Obama affirmer clairement que, nonobstant les dispositions de la « Buy America Act » — il a employé pratiquement les mêmes mots que ceux qu’avait utilisés le premier ministre — les États-Unis doivent respecter leurs obligations commerciales.

Cela s’est ensuite traduit par un amendement au projet de loi. À mon avis, nous avons réussi là un coup de maître en diplomatie : nous avons fait clairement connaître nos préoccupations, pas de manière offensive, mais avec respect et fermeté. Il a produit son effet et influé sur le projet de loi. Cette déclaration de notre premier ministre était beaucoup plus qu’une déclaration. Elle reflétait en fait une réalité au Canada et dans l’histoire de ce pays. Nous connaissons la prospérité parce que nous avons compris la nécessité de l’ouverture commerciale et du libre-échange.

Au cours de notre histoire, nous avons posé les fondements de la démocratie et de la primauté du droit, du droit à la propriété privée, du droit de passer des contrats, de faire des affaires et d’exploiter une entreprise privée. Nous en avons tiré des enseignements et, même en période économique difficile, nous ne voulons pas faire marche arrière et revenir au protectionnisme. C’est l’une des pires choses qui pourraient arriver en ce moment.

Lorsque nous pensons aux florissantes activités commerciales — que nous considérons comme des partenariats — qui ont cours entre le Canada et les pays qui sont représentés ici aujourd’hui, nous espérons que vous êtes nombreux à reconnaître les avantages qu’il y a à faire des affaires au Canada et nous espérons aussi que vous en parlerez dans vos pays, tandis que nous encourageons les entreprises canadiennes à faire des affaires chez vous.

J’espère que vous transmettrez le message aux investisseurs potentiels qui s’intéressent au Canada, tout comme nous portons à l’attention de nos homologues l’importance et les possibilités d’investir dans vos pays. Cela fait plaisir d’apprendre que des observateurs externes qui évaluent les économies de la planète – je suis certain que monsieur Dodge vous donnera plus d’information à ce sujet —disent sans ambages que le système bancaire du Canada est le plus stable du monde. Il ne s’agit pas seulement d’un beau compliment, mais c’est une déclaration élogieuse que nous ne manquons pas de faire connaître partout dans le monde. D’énormes capitaux sont disponibles et n’attendent que un endroit propice aux affaires. Il y en a beaucoup qui se rendent dans bon nombre des pays que vous représentez. Les gens cherchent des placements sûrs, et je sais que lorsque vous vanterez les mérites de vos pays respectifs, vous parlerez également des avantages qu’il y a à investir au Canada.

La structure fiscale du Canada a aussi été qualifiée de très compétitive et nous sommes en passe de la rendre la moins onéreuse et la plus compétitive de toutes celles des pays membres de l’OCDE [Organisation de coopération et de développement économiques] d’ici 2011. Nous sommes déjà en tête dans de nombreux secteurs. Dans notre récent énoncé économique global— ce que nous appelions autrefois un budget – nous avons démontré clairement qu’il y a des avantages à faire des affaires au Canada, comme, par exemple, le fait que nous nous sommes dotés de codes du travail il y a longtemps et que les capitaux et les investissements arrivent ici d’une manière assez prévisible. Il y a de grandes possibilités dans le secteur de l’infrastructure. Nous y avons investi les sommes les plus substantielles jamais consacrées à ce domaine de toute notre histoire afin de contribuer à atténuer les effets du ralentissement économique actuel.

Voilà quelques-uns des avantages dont nous parlons avec fierté et nous espérons que vous en parlerez également avec fierté, alors que nous poursuivons la négociation d’accords commerciaux exhaustifs les plus complets possible avec chacun des pays qui sont représentés ici aujourd’hui,.

Lorsque j’ai l’occasion de prendre la parole devant des étudiants, que ce soit au niveau secondaire ou universitaire, ils sont parfois étonnés lorsque je leur demande ce qu’ils veulent le plus au monde, parce que nous voulons tous la paix dans le monde, surtout les jeunes. La réponse, c’est toujours la paix dans le monde, et c’est ce que nous voulons. Et lorsqu’on parle de paix, tout au long de l’histoire, on constate que les bonnes relations commerciales constituent un moyen d’établir cette paix et d’entretenir des relations pacifiques. Si vous entretenez de bonnes relations commerciales avec vos voisins, il est beaucoup moins probable que vous entriez en conflit avec eux.

Il a été dit tout au long de l’histoire que si les marchandises ne traversent pas les frontières, ce sont les soldats qui la traverseront. Les idées, les principes, les amitiés et les liens sociaux qui accompagnent les produits et les services servent littéralement à promouvoir les aspirations de paix et de prospérité, non seulement dans nos pays, mais partout dans le monde.

Je voudrais vous remercier non seulement de m’avoir donné l’occasion de prendre la parole devant vous ce soir, mais également de l’engagement incontestable que vous démontrez par votre présence ici et par le fait que vous souhaitez la croissance et la prospérité soutenues et le bonheur durable de vos propres pays et du nôtre. C’est quelque chose de fantastique que nous avons en commun. Aujourd’hui, dans le monde de l’économie, tout est mesuré de façon implacable en terme de chiffres et de faits indéniables. Par contre, il existe un petit pays — et je ne vous dis pas que je souscris nécessairement à toutes ses politiques parce que je ne les connais pas toutes, alors je ne m’avance pas trop — mais un petit pays, donc, avec lequel je me suis récemment familiarisé lorsque je suis allé en Inde : le Bhoutan.

Il arrive des choses extraordinaires au Bhoutan depuis quelques années. Le roi a renoncé à certains de ses pouvoirs royaux. C’est là chose rare dans quelque contexte politique que ce soit. Il a reconnu la valeur de la démocratie et il a commencé à se dépouiller de certains de ses pouvoirs et pour amorcer un cheminement vers la démocratie. Je vous parle du Bhoutan parce que ce n’est pas au PIB qu’’il a recours pour mesurer le sentiment de bien-être. On y utilise plutôt ce qu’on appelle un indicateur de bonheur.

Je ne suis pas assez utopique pour suggérer que nous devrions faire de même, mais nous devrions déterminer les facteurs qui constituent une source de bonheur dans nos pays respectifs et qui peuvent contribuer au bien-être d’autres peuples. Je crois que la liberté et l’ouverture en matière de commerce doivent faire partie de ces facteurs pour que notre indicateur commun de bonheur enregistre une croissance positive.

Je vous remercie de votre attention ce soir, de l’honneur que vous m’avez fait de m’inviter et de votre compréhension.

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Date de modification :
2009-07-16