Affaires étrangères et Commerce international Canada
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Le 12 mars 2009
Ottawa (Ontario)
2009/18

Discours du ministre du Commerce international et ministre de la porte d’entrée de l’Asie-Pacifique, l’honorable Stockwell Day, à l’occasion de la huitième conférence annuelle de Research Money

D’après une transcription

C’est pour moi un honneur que d’être ici avec vous aujourd’hui. Je suis conscient des efforts que les sociétés comme les vôtres déploient pour mieux faire connaître les entreprises, les débouchés et les initiatives prises dans le domaine de la science et de la technologie. Il est très important que les sociétés comme les vôtres, celles qui exercent leurs activités dans le secteur privé, soient ici aujourd’hui et demain — nous l’espérons — grâce aux efforts que vous faites et, peut-être aussi, grâce à nos efforts.

En ce qui concerne notre stratégie, je dirais qu’il est bien de parler, mais qu’il vaut mieux agir. Dans son dernier budget, le gouvernement a investi un peu plus de 5 milliards de dollars dans une foule de programmes de recherche et d’autres programmes. Il s’agit de fonds pour l’innovation qui sont offerts à tous. Bien entendu, les secteurs dont je m’occupe concernent surtout le commerce. Nous avons un objectif, et nous maintenons le cap, qui consiste à offrir les meilleures déductions fiscales au titre de la R-D, et les plus favorables, de tous les pays du G7; et nous voulons continuer dans cette voie. Nous voulons maintenir un niveau élevé de compétitivité pour pouvoir continuer d’attirer au Canada le genre d’investissement et le genre de recherche et de technologie qui nous permettront de continuer d’accroître les possibilités ici au Canada.

On me dit que les Canadiens produisent 4,4 p. 100 de tous les documents sur la science et la technologie publiés dans le monde. Je ne sais pas qui est l’homme ou la femme qui a passé une nuit entière à lire toutes les publications parues dans le monde pour déterminer que le Canada en a produit 4,4 p. 100, mais il s’agit d’un pourcentage qui est fort louable. Les documents et leur publication sont une bonne chose, mais une fois de plus, il vaut encore mieux agir. C’est pourquoi, sur le plan du commerce, je crois que nous agissons d’une manière très dynamique et très vigoureuse, et nous voulons poursuivre dans cette voie.

Nous avons une foule de programmes axés sur le commerce international et le partenariat à l’échelle mondiale. L’un de ceux-là, Horizon le monde, finance jusqu’à

75 p. 100 des coûts d’une entreprise qui cherche à pénétrer des marchés étrangers, à tenir des rencontres individuelles et à tirer parti des possibilités qui se présentent. Si vous voulez exporter un produit, un procédé ou un service, nous pouvons vous aider. Notre ministère du Commerce dispose d’un programme de 20 millions de dollars pour encourager la conclusion d’accords en matière de science et de technologie avec d’autres pays.

J’ai effectué ma première visite au Brésil à titre de ministre du Commerce, et l’une de mes réalisations a été de signer des accords en matière de science et de technologie pour encourager les activités de recherche et de développement et l’innovation dans les deux pays, toujours dans l’espoir de voir les accords dans les domaines de la recherche-développement et de la science et de la technologie se concrétiser sur le marché. Il peut s’agir d’un produit particulier qui se vend sur un marché ou d’un service qui peut avoir des applications générales dans un ou plusieurs pays.

Du côté de la Chine, l’un des accords en matière de science et de technologie qui ont été signés concerne un projet conjoint avec l’Université McMaster; il vise à examiner et à concevoir des transpondeurs qui peuvent être utilisés dans des applications relatives à la circulation. Je ne sais pas si vous avez conduit à Beijing ou Mumbai dernièrement, mais si vous croyez avoir été coincés dans des embouteillages, ces villes redéfinissent la notion de congestion. S’il est possible de concevoir des applications pour faciliter ces opérations, tout le monde en bénéficie, et il est possible d’en faire profiter un grand nombre de pays.

J’aimerais vous poser une question : quelqu’un a-t-il déjà conduit à Mumbai? Hum — et vous êtes ici pour en témoigner! Eh bien, je suis fasciné par l’un des phénomènes que j’ai observés — pas seulement à Mumbai, mais je l’utilise comme exemple. Il y a plus de voies que l’on peut en compter, mais on ne peut pas réellement les compter parce que personne ne semble s’y conformer. Et la circulation est tellement dense que la plupart des gens ont enlevé les miroirs latéraux de leur véhicule parce qu’ils se heurteraient. Cela démontre la densité de la circulation.

Et dans cette circulation dense, on entend constamment klaxonner. Il m’a fallu un certain temps pour me rendre compte que personne n’est réellement en colère. Le klaxon sert à avertir d’autres personnes qu’on se trouve derrière ou à côté d’elles. Je suis content que cette étude ait lieu, car j’ai été fasciné de constater qu’après plusieurs jours de conduite à cet endroit, je n’ai observé aucun accident de la circulation. Peut-être que les victimes disparaissent immédiatement lorsqu’un accident se produit, je ne sais pas. Mais je vois plus d’accidents de la circulation en une heure dans ma circonscription de Penticton que j’en ai vu à Mumbai, et je le dis très sérieusement.

Pour une raison ou pour une autre, des millions de personnes sont dans le même état d’esprit collectif en même temps, et je suis content que des études visent à en découvrir la cause, car non seulement cela aidera-t-il à améliorer les habitudes de conduite à Mumbai, mais aussi à Penticton, où nous n’avons pas encore résolu la question. Mais cela montre que certaines relations, les projets de recherche et de technologie et les études entreprises peuvent produire, non seulement un produit, mais un service dont peuvent bénéficier un grand nombre de personnes.

Après la signature d’un accord en matière de science et de technologie, un appel de propositions est lancé, et il est très encourageant de voir ce qui résulte de ces propositions. Après la signature de notre accord dans le domaine de la science et de la technologie (S-T) avec la Chine, l’appel de propositions a suscité immédiatement 340 réponses, toutes très bonnes. Quelque 26 ententes différentes ont fait l’objet de contrats, qui ont donné lieu à des travaux de recherche de plus de 18 millions de dollars entrepris par tous les partenaires. Il est difficile de dire combien d’autres ententes, produits et services résulteront de cet accord particulier.

Nos accords en matière de S-T aident aussi à tenir des discussions plus larges sur le commerce. Comme vous le savez, il n’existe pas d’accord de libre-échange entre le Canada et le Brésil. Mais lorsque nous signons un accord en matière de science et de technologie, nous commençons à ouvrir la voie à des débouchés qui mènent ensuite à des discussions élargies sur des domaines particuliers où nous pouvons conclure des accords pour réduire les droits de douane, harmoniser la réglementation, comparer nos régimes fiscaux et examiner les possibilités d’investissement. Ainsi, ces accords en matière de S-T ne servent pas seulement à construire des ponts entre des groupes, des universitaires ou des entreprises : ils donnent généralement lieu à des discussions commerciales beaucoup plus actives et beaucoup plus approfondies dont tout le monde finit par bénéficier à long terme.

Je peux constater d’après votre programme que des conférenciers vous entretiendront aujourd’hui plus en détail de certaines de ces questions. Mark Kershey [président de Spartan Bioscience Inc.] parlera du programme de bioespace ou de bioscience, et je crois que David Fung, directeur d’ISTP Canada, parlera des débouchés dans ce secteur. Vous pourrez donc découvrir des applications très précises dans ce domaine.

Il faut prendre le temps de souligner l’importance de cette façon de faire particulière en période de ralentissement économique mondial, car même si les gens croient qu’une telle période n’est pas la meilleure — sur le plan financier ou économique — il s’agit d’une période propice, car lorsque nos économies connaissent un ralentissement, deux impulsions commencent à entrer en jeu. L’une de celles-ci peut être le protectionnisme, et c’est à ce moment que les industries, tant la direction que les syndicats, se précipitent immédiatement sur le gouvernement en disant : « Protégez-nous, protégez-nous. Les économiesralentissent, les marchés se resserrent; nous devons ériger des barrières commerciales. » Eh bien, c’est la dernière chose à faire. Si nous établissons une barrière commerciale, les économies commencent à ralentir. L’histoire nous l’a appris.

Mais nous ne pouvons pas nous contenter de dire à ces groupes d’entreprises, de syndicats et d’employés que nous ne ferons rien. Nous disons : «Vous savez quoi? Nous allons ouvrir des portes; nous allons accroître les possibilités.»C’est pourquoi nous entreprenons tant d’activités dans le domaine du commerce et des accords de libre-échange maintenant. Nous avons terminé le stade des comités et nous en sommes rendus à la troisième lecture à la Chambre des communes — aujourd’hui, en fait — en ce qui concerne un accord de libre-échange avec l’Islande, leLiechtenstein, la Norvège et la Suisse [les États de l’Association européenne de libre-échange], et cela suscitera une vaste discussion avec l’ensemble du marché de l’Union européenne.

Dans quelques jours — vous êtes les premiers à l’entendre, et je sais qu’il n’y a pas de représentants des médias dans la salle, je peux donc vous révéler le secret; je sais qu’il n’y aura pas de fuite —dans quelques jours, nous déposerons également des accords de libre-échange avec le Pérou et la Colombie. De plus, nous sommes sur le point de conclure les derniers éléments d’un accord avec le Panama. Lorsque j’étais en Inde en novembre, j’ai rencontré le premier ministre de ce pays [M. Manmohan Singh] et le ministre du Commerce et de l’Industrie [M. Kamal Nath]. Nous nous sommes entendus pour entamer des discussions au sujet d’un accord commercial plus global et plus officiel avec l’Inde. Je serai en Chine le mois prochain. Nous annoncerons alors l’ouverture de six nouveaux bureaux commerciaux et nous examinerons les possibilités d’expansion.

Nous faisons donc ce qui peut sembler contre-intuitif; nous faisons précisément le contraire de ce que certains pourraient avoir tendance à faire, c’est-à-dire nous replier sur nous-mêmes. Nous nous tournons vers l’extérieur; nous sommes plus actifs pour ouvrir ces portes. Lorsqu’on y pense, c’est pendant le repli attribuable à la bulle technologique de 2000-2002 que le BlackBerry est apparu et, bien entendu, je n’ai pas besoin de vous parler du succès de cet appareil. Qui aurait cru que ce produit canadien novateur aurait de si nombreuses retombées?

Bien entendu, il a été utile que le président des États-Unis, M. Barack Obama, répète à de nombreuses reprises que les Services secrets voulaient lui enlever son BlackBerry. Il a dit : «Ils vont devoir me l’arracher des mains.»On ne peut pas acheter ce genre de publicité. Mais cela ne s’est pas fait automatiquement. Ce produit canadien est une réussite; il a été conçu et commercialisé pendant une période de ralentissement économique. Des choses peuvent se produire si nous sommes prêts et si les règles du jeu sont aussi claires que possible pour nos entreprises afin qu’elles puissent innover.

Nous menons des activités énergiques dans le domaine de la science, de la technologie, de l’innovation, des partenariats et des accords de libre-échange en nous assurant d’avoir le régime fiscal le plus concurrentiel et en renforçant nos capacités de crédit avec des organismes comme EDC [Exportation et développement Canada] pour faire en sorte que, pendant la période de repli, les entreprises, les responsables de l’innovation et des sciences ainsi que les universités soient encore libres de faire ce qu’ils font de mieux sans que le gouvernement leur mette des bâtons dans les roues. Nous examinons ce que nous pouvons faire par l’entremise du gouvernement pour accroître l’énergie, le pouvoir intellectuel et la force d’innovation dont les Canadiens font preuve si souvent et si éloquemment dans le monde entier.

Je termine en disant qu’au moment où les nouvelles parlent beaucoup des faits négatifs qui se produisent — de toute évidence, je choisis mes mots avec soin ici —je tiens à encourager les médias à songer aux conséquences de la façon dont ils rapportent les nouvelles. Et je veux apporter une précision : il ne s’agit pas d’un contrôle des médias par le gouvernement. Nous croyons dans la liberté de la presse et j’insiste là-dessus. Toutefois, nous devons penser constamment à l’influence des médias. Nous ne recommanderions jamais de ne pas diffuser les nouvelles ou les faits négatifs; bien entendu il faut en parler.

Mais n’oubliez pas qu’en tant qu’innovateurs, investisseurs et créateurs d’idées, de produits et de services, nous vivons à une époque particulière où le public est bombardé impitoyablement, jour et nuit, par les projections les plus sombres et les plus sinistres sur le sort de la civilisation elle-même en raison d’un autre ralentissement régulier du marché. Même si certains ne l’ont pas remarqué, depuis la nuit des temps, les marchés connaissent des hauts et des bas.

J’ai rencontré l’un de mes amis l’autre jour, qui habite dans ma circonscription. Il m’a dit : « J’ai perdu 150 000 $ avec mes investissements.»Je lui ai répondu :« Oh, as-tu vendu des titres?» Il a répondu :« Non, je ne les ai pas vendus, mais j’ai perdu 150 000 $.» J’ai dit :«Non, la valeur de tes investissements a diminué de 150 000 $, mais tu ne les as pas encore vendus. Tu attendras sûrement la reprise inévitable du marché.»Il a maugréé en disant : «D’accord, il y a du vrai dans ce que tu dis.»

En fait, au cours des derniers jours, les marchés ont repris du poil de la bête — en Asie, àNew York et àToronto. Je me plais àobserver le phénomène suivant. Lorsqu’il y a un repli du marché, la manchette est la suivante : «Les marchés s’effondrent.»Lorsqu’il y a une reprise, pendant deux, trois ou même quatre jours, les pages financières font état d’une «hausse possible». Et j’ai entendu la meilleure de la bouche d’un représentant des médias qui a utilisé cette expression parce qu’il y avait deux ou trois hausses très positives dans un certain nombre de marchés. Il a dit : «Nous essayons encore de déterminer s’il s’agit d’une hausse ou d’une feinte du marché.»Une feinte du marché. J’aimerais maintenant que vous imaginiez le marché qui dirait : «Trompons les gens. Faisons comme si nous investissions, mais ne le faisons pas.»

Je voudrais terminer sur les pertes d’emploi qui sont signalées —elles doivent l’être —et nous devons leur prêter attention. Soyons honnêtes. Je n’ai pas vu les manchettes, la une des journaux, mais avez-vous vu àla première page aujourd’hui que Bombardier avait conclu un accord avec Lufthansa? Était-ce àla une aujourd’hui?

Je vous remercie.

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Date de modification :
2009-07-16