Affaires étrangères et Commerce international Canada
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Le 3 avril 2009
Montréal (Québec)
2009/21

Discours du ministre du Commerce international et ministre de la porte d'entrée de l'Asie-Pacifique, l'honorable Stockwell Day, devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain

D’après une transcription

Merci beaucoup de cette belle présentation.

J'aimerais remercier les membres de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain pour cette occasion qui m'est offerte de parler aux gens d'affaires de la grande région de Montréal aujourd'hui.

Comme vous le savez, l'économie mondiale traverse une période hors du commun. Pour des entreprises comme les vôtres, il y a eu des conséquences importantes. Notre gouvernement partage vos préoccupations. C'est pourquoi nous avons pris les mesures qui s'imposent.

Plan économique

Notre plan d'action économique contient des mesures de relance d'environ 40 milliards de dollars. Ces mesures portent sur cinq éléments clés :

  • soutenir les travailleurs et les contribuables;
  • appuyer le secteur immobilier;
  • investir dans les infrastructures pour créer des emplois;
  • soutenir les entreprises et les collectivités;
  • donner plus d'accès au financement.

Notre plan contribue à créer un meilleur environnement pour nos entreprises. Il s'agit d'établir un équilibre entre l'investissement dans les infrastructures et l'allégement du fardeau fiscal des contribuables.

Du côté du secteur financier, nous sommes restés prudents. Nous possédons le système bancaire le plus solide du monde et nous voulons le conserver ainsi.

Notre prospérité est directement liée à notre succès et à votre succès sur les marchés mondiaux. La capacité du Canada de traverser la crise dépendra en grande partie des partenariats que nous établirons. Il faut regarder au delà de nos frontières et garder la porte ouverte à la coopération internationale.

Sommet du G20 : résister au protectionnisme

Comme vous le savez, le Sommet du G20 s'est conclu hier à Londres. Lors du Sommet de Londres, le Canada a cherché à attirer l'attention de ses partenaires du G20 sur les quatre priorités stratégiques concrètes suivantes :

1) Redresser le système financier (« redresser les banques »)

Les pays doivent passer à l'action en ce qui concerne les actifs du système financier ayant subi une dépréciation et le redressement des banques. Les institutions financières doivent disposer du capital et de l'accès au financement dont elles ont besoin pour soutenir les activités de prêt.

2) Mettre en œuvre une activité de relance coordonnée

Cette activité est essentielle pour sortir de la récession mondiale. Le Canada a fait sa part, et c'est au tour des autres pays de faire la leur. La mise en œuvre accélérée de mesures de relance budgétaire est primordiale pour stimuler l'économie mondiale. Le Canada appuierait un cadre de surveillance dirigé par le FMI [Fonds monétaire international] pour assurer l'efficacité des mesures de relance budgétaire.

3) Éviter les mesures protectionnistes

Le Canada s'efforcera de promouvoir la protection des gains réalisés au cours des cinq dernières décennies grâce à la libéralisation du commerce et prendra des mesures concrètes pour favoriser davantage la libéralisation du commerce mondial.

4) Renforcer la réglementation des marchés financiers

Les membres du G20 doivent corriger les manquements nationaux en matière de réglementation qui ont contribué à la crise. Bien que la réglementation commence chez soi, elle doit comprendre des directives et des principes internationaux et prévoir, si possible, des systèmes de surveillance internationale et de première alerte.

Voilà des mesures que nous favorisons.

Laissez-moi revenir sur un point important : le protectionnisme. Depuis le tout début de la crise, notre gouvernement a été très clair : adopter des mesures protectionnistes rendra la crise encore plus difficile. L'histoire a prouvé que nous avons raison. La Crise de 1929 a servi de leçon au monde entier au sujet des conséquences négatives du protectionnisme. C'est l'une des raisons pour lesquelles notre gouvernement s'est vivement opposé aux dispositions « Buy American » du plan de relance des États Unis.

J'ai été heureux d'apprendre que les Américains ont modifié leur plan pour y ajouter une mention sur le respect des accords internationaux. C'est un pas dans la bonne direction et nous continuons de suivre la situation de très près pour faire en sorte que ces mesures soient implantées sans avoir d'incidence sur nos relations commerciales avec les États-Unis.

Ententes de libre-échange : ouvrir des portes aux entreprises canadiennes

Sur la scène internationale, nous le disons très clairement : il faut résister à la tentation que pourraient avoir certains pays d'adopter des mesures protectionnistes. Cela veut aussi dire qu'il faut travailler pour créer des débouchés pour nos entreprises sur de nouveaux marchés. Dans un contexte d'instabilité économique mondiale, le libre-échange est plus important que jamais.

À titre de ministre du Commerce international, l'ouverture de nouveaux marchés a été l'une de mes principales priorités depuis le début de mon mandat.

Colombie et Pérou

J'ai récemment introduit au Parlement des accords de libre-échange avec la Colombie et le Pérou. Ces accords vont ouvrir plus de portes aux entreprises du Québec. Ils vont aider à élargir leur accès à des secteurs clés comme les pâtes et papiers, l'aérospatiale, l'ingénierie, l'impression, l'information et les communications.

En 2008, les échanges entre le Québec et la Colombie ont totalisé plus de 207 millions de dollars. Les échanges avec le Pérou ont atteint plus de 526 millions de dollars. Grâce aux accords, ces chiffres augmenteront.

États de l'Association européenne de libre-échange

L'Accord de libre-échange entre le Canada et les États de l'Association européenne de libre-échange, c'est à dire l'Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Suisse, a passé l'étape de la Chambre des communes et est maintenant rendu au Sénat.

Il s'agit du premier accord de ce genre entre le Canada et des pays européens. J'espère que le Sénat va faire bouger l'Accord rapidement pour qu'il puisse être mis en œuvre et que nos entreprises puissent étendre leur présence sur ces marchés.

Le Canada exporte déjà pour plus de 5 milliards de dollars par année dans les États de l'Association européenne de libre-échange. C'est un chiffre qui augmentera considérablement dans le cadre de cet accord.

Celui-ci prévoit l'élimination des droits de douane frappant tous les produits non agricoles, notamment l'aluminium et les produits cosmétiques, les bâtiments préfabriqués, les crevettes et les vêtements. Il prévoit également l'élimination ou la réduction des droits de douane sur certains produits agricoles et agroalimentaires, tels que le blé dur, les bleuets surgelés, les frites surgelées et l'huile de canola brute d'origine canadienne.

L'Accord va donc profiter à nos exportateurs et à nos producteurs, en réduisant les obstacles au commerce.

En même temps, les consommateurs canadiens auront accès à une plus grande sélection de produits des États de l'Association européenne de libre-échange, et ce, à un bien meilleur prix.

Union européenne

Notre gouvernement a aussi franchi une nouvelle étape avec l'Union européenne. J'ai annoncé récemment que nous nous étions entendus sur les secteurs qui feront l'objet des négociations d'une éventuelle entente de libre-échange avec l'Union européenne.

Il s'agit de notre deuxième partenaire commercial. Cet accord est donc important pour nous. On estime que cet accord pourrait être à l'origine d'une hausse annuelle du PIB [produit intérieur brut] de 12 milliards de dollars.

Le premier ministre participera au sommet entre le Canada et l'Union européenne en mai prochain à Prague. J'espère que nous serons en mesure de vous ramener d'autres bonnes nouvelles au sujet de cette entente.

Mission commerciale en Inde

Les efforts de notre gouvernement pour créer de bonnes occasions d'affaires pour vous sur les marchés internationaux ne s'arrêtent pas là. En janvier, je suis allé en Inde. J'ai rencontré le ministre du Commerce et de l'Industrie Kamal Nath, le premier ministre Manmohan Singh et de nombreux dirigeants du milieu des affaires indien.

J'ai aussi vu le succès que connaissent en Inde certaines sociétés implantées à Montréal comme Bombardier et SNC Lavalin. Je crois d'ailleurs qu'ils ont des représentants dans la salle ici aujourd'hui.

J'étais accompagné d'une délégation de haut niveau de représentants du secteur nucléaire. J'ai donc eu l'occasion de susciter de l'intérêt pour nos capacités de production d'énergie nucléaire. Dans ce secteur, l'Inde est très intéressée à ce que nous pouvons lui offrir alors que le pays cherche à exploiter des sources d'énergie efficaces et sécuritaires pour l'avenir.

Afin d'aider les entreprises à miser sur ce genre de débouchés, j'ai aussi participé à une cérémonie d'inauguration marquant l'ouverture officielle de nos nouveaux bureaux commerciaux à Hyderabad et à Kolkata.

Cette belle collaboration a pris un nouveau tournant alors que nous travaillons ensemble sur un éventuel partenariat économique global entre nos deux pays.

Autres éléments

Tout cela s'ajoute à d'autres initiatives que notre gouvernement a mis de l'avant comme par exemple :

  • L'ouverture de nouveaux bureaux commerciaux dans des pays comme la Chine, l'Inde et le Brésil, pour continuer à aider les sociétés canadiennes à développer des liens encore plus forts dans ces marchés qui grandissent rapidement.
  • La signature d'accords de coopération scientifique et technologique, comme celui que j'ai récemment signé avec le Brésil. Ces accords contribuent à la mise au point et à la commercialisation des technologies de demain.
  • La signature d'accords sur le transport aérien auxquels nous travaillons avec des partenaires du monde entier afin de créer les « liens humains » nécessaires pour approfondir et entretenir nos relations commerciales à l'avenir.

Prochaine étape : mission commerciale au Japon et en Chine

Comme vous le savez peut-être déjà, je souhaite maintenant développer des occasions d'affaires au Japon et en Chine. Je me rendrai la semaine prochaine au Japon et ensuite en Chine.

Au Japon, ma priorité sera surtout de promouvoir la porte d'entrée de l'Asie-Pacifique comme étant un endroit privilégié pour donner accès au marché nord-américain. J'y ferai également la promotion des avantages compétitifs que présentent les investissements au Canada, comme par exemple sa main-d'œuvre qualifiée.

En Chine, je dirigerai une mission commerciale axée principalement sur le secteur de la construction. La technologie canadienne dans ce secteur est très reconnue là-bas et on y trouve de bons débouchés pour nos entreprises. La Chine est un marché grandissant. C'est pourquoi j'irai également y ouvrir deux de nos six nouveaux bureaux commerciaux. Nos délégués sont très utiles; ils donnent de bons conseils aux gens d'affaires qui veulent percer le marché chinois. Cette mission commerciale sera très productive et mon agenda est rempli à pleine capacité!

Conclusion

Tous ces exemples illustrent la détermination de notre gouvernement à garder la porte grande ouverte pour ce qui est de la coopération commerciale avec ses partenaires. Cela démontre aussi notre engagement envers les entreprises canadiennes en ce qui concerne la création de bonnes occasions d'affaires pour eux.

En vous aidant à développer de nouveaux marchés, nous vous aidons aussi à créer des emplois au pays. Cela vous permet également de donner aux consommateurs des produits à bien meilleur prix.

Le message est clair : nous sommes prêts à donner l'exemple en ces temps difficiles. Nous savons que la capacité du Canada à soutenir la concurrence sur les marchés mondiaux sera un facteur clé pour réussir à surmonter cette conjoncture.

Après tout, l'histoire du Canada, comme celle du Québec, est celle d'un peuple qui perce les marchés internationaux et qui coopère avec des partenaires des quatre coins du monde pour créer des valeurs, de la prospérité et des débouchés.

Les entreprises représentées dans la présente salle contribuent tous largement à notre réussite - des compagnies comme Bombardier, SNC Lavalin, Power Corporation, la Banque de Montréal et bien d'autres encore, qui sont actives sur la scène mondiale.

Nous sommes bien placés pour jouer un rôle de chef de file au sein des affaires internationales grâce :

  • à notre stratégie commerciale dynamique;
  • aux nombreux efforts que nous déployons pour contribuer à des initiatives mondiales destinées à nous sortir de la récession;
  • à notre volonté constante d'ouvrir la porte à nos partenaires commerciaux.

Mesdames et messieurs, le Canada sortira de cette crise plus fort que jamais, grâce à votre aide. Il maintiendra avec fierté ses antécédents de nation commerçante. Il continuera à jouer un rôle clé dans l'économie mondiale.

Je vous remercie de votre attention.

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Date de modification :
2009-07-16