Affaires étrangères et Commerce international Canada
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Le 9 avril 2009
Tokyo, Japon
2009/26

Discours du ministre du Commerce international et ministre de la porte d'entrée de l'Asie-Pacifique, l'honorable Stockwell Day, à l'occasion d'un déjeuner au Japon

D’après une transcription

Je vous remercie, monsieur l’ambassadeur [Jonathan Fried]. Mesdames et messieurs,

Je suis ravi d’être ici au Japon. Je crois qu’il s’agit de ma troisième ou quatrième visite en quelques années et à chaque fois, je regrette de ne pas pouvoir séjourner plus longtemps dans le pays et profiter davantage de ma visite. C’est vraiment un plaisir pour moi d’être ici.

C’est un très beau temps de l’année et comme les cerises constituent l’une des principales exportations de la région que je représente en Colombie-Britannique, le fait de voir des cerisiers en fleurs me donne l’impression d’être chez moi et l’envie de prolonger mon séjour.

C’est un honneur que de pouvoir tirer parti des connaissances des personnes ici présentes. La diversité des expériences de chacun est un atout très précieux lorsqu’on travaille ensemble.

J’ai l’occasion de m’adresser ici à des experts du domaine de l’automobile et de la fabrication, à des représentants du secteur bancaire et de la Chambre de commerce canadienne et même à un astronaute, [Mamoru Mohri]. Quel plaisir de discuter avec vous, monsieur. Je crois qu’un autre astronaute japonais se rendra bientôt à la Station spatiale internationale où il rencontrera l’un des astronautes canadiens. Un des éléments importants de la Station spatiale est le Canadarm, un bras télémanipulateur polyvalent qui sera d’ailleurs utilisé pour y installer des composants japonais.

Cela illustre encore une fois que si nous, Canadiens et Japonais, travaillons de concert, nous pouvons bâtir un partenariat extraordinaire. Nos relations sont solides et nous avons beaucoup en commun. Nous avons prouvé à nos populations respectives et au reste du monde que des réalisations remarquables se produisent lorsque des entrepreneurs et des investisseurs du Canada et du Japon s’allient.

Nos échanges bilatéraux de biens et de services ont atteint 27,5 milliards de dollars en 2008, et à mon avis, nous pouvons faire encore mieux. Certains de ceux qui m’accompagnent dans ce voyage représentent ce que nous appelons au Canada la porte de l’Asie-Pacifique, plus précisément les ports de Vancouver et de Prince Rupert, en Colombie-Britannique. Au cours des dernières années, le gouvernement fédéral et d’autres niveaux de gouvernement au Canada ont investi plus de 2,5 milliards de dollars dans le secteur de l’infrastructure pour s’assurer que ces ports disposent des installations les plus modernes et les plus efficaces et surtout pour répondre aux besoins des entreprises qui expédient des marchandises à partir de l’Asie.

Un des éléments de la porte de l’Asie-Pacifique est le système intégré de capacités de transport dont ont été dotés le port de Vancouver et celui de Prince Rupert, qui soit dit en passant, est le plus profond et l’un des plus modernes de la côte Ouest. Ces ports vous donnent automatiquement un avantage de deux jours parce que le trajet à partir du Japon est plus court. D’autre part, grâce à nos investissements pour intégrer les transports routiers et ferroviaires, vos produits arrivent à Chicago et à Memphis — les principaux centres de distribution pour le marché nord-américain — plus rapidement que si vous les expédiez vers un autre port.

En outre, le temps de transbordement dans les ports de la porte d’entrée de l’Asie-Pacifique est plus court qu’ailleurs dans les autres ports de la côte Ouest. Vous pouvez gagner en tout de trois à sept jours sur les délais de livraison, ce qui constitue un avantage appréciable.

L’année dernière, plus de 17 millions de tonnes métriques de marchandises ont été expédiées du port de Vancouver vers le Japon, et un peu moins d’un million de tonnes métriques l’ont été dans le sens inverse.

Il s’agit donc bien là d’une véritable porte d’entrée pour ceux d’entre vous qui expédient des marchandises à destination ou en provenance de l’Amérique du Nord, porte d’entrée qui continuera de s’améliorer au cours des années à venir.

Lors des réunions du G8, j’ai constaté que le Canada et le Japon donnent souvent le ton. À bien des égards, nous sommes sur la même longueur d’onde. Je crois que nous avons compris que notre collaboration est bénéfique non seulement pour nos pays, nos entreprises et nos travailleurs respectifs, mais aussi pour d’autres pays.

Juste avant ce déjeuner, un économiste ici présent m’a dit que le monde devrait adhérer de plus près aux principes financiers du Japon. Je peux vous dire que ces principes sont semblables à ceux du Canada de plusieurs façons. J’aimerais parler de certains des avantages qu’offre le Canada dont vous saurez tenir compte, j’espère, lorsque vous prendrez des décisions d’investissement et de production.

Le Canada est le seul pays à disposer de certains types d’usines de produits japonais hors du Japon. Mitsubishi possède par exemple d’importantes installations aérospatiales à Toronto. Le Canada est aussi le seul pays hors du Japon où l’on fabrique la Lexus. Quant à Honda, il s’agit d’une voiture japonaise fabriquée au Canada, dont la production atteint près de 390 000 véhicules par année. Au cours des 40 dernières années, l’investissement de Honda au Canada a dépassé les 2,6 milliards de dollars. Les Canadiens en sont conscients et démontrent leur gratitude dans leur choix de voiture. Pratiquement toutes les marques japonaises sont très prisées.

Le Canada tire profit de la présence du Japon, mais lui offre aussi des avantages. Selon le FMI [Fonds monétaire international], la Banque mondiale, l’OCDE [Organisation de coopération et de développement économiques] et le Forum de Davos [Forum économique mondial], le système bancaire canadien a été le plus stable au monde en cette période de ralentissement économique. Nous n’avons pas à renflouer nos banques, car nos lois les obligent à maintenir un certain niveau de capitaux permanents avant d’accorder un volume important de prêts. La loi fixe des marges très strictes. Par conséquent, nous sommes à l’abri du type de risques qu’ont connu les États-Unis, par exemple.

Le Canada entend se doter d’un régime fiscal parmi les plus concurrentiels qui soit au sein des pays de l’OCDE. Cet objectif est en vue et dans bien des cas, nous avons devancé notre échéancier. À l’instar du Japon, nous disposons d’une main-d’œuvre instruite et très motivée. Nous avons conclu des accords sur la recherche et le développement ainsi que sur les sciences et la technologie pour faire face à tout genre de situations. Le Canada et le Japon se sont d’ailleurs entendus pour partager leurs connaissances.

Contrairement aux États-Unis, le Canada, n’a pas de problème de saisies hypothécaires. Nous n’avons pas permis à nos banques d’accorder massivement des prêts hypothécaires à haut risque, ni à nos institutions financières de recourir à certains instruments dérivés ou aux swaps de crédit qui posent tant de problèmes ailleurs.

Le Canada et le Japon partagent une même inquiétude face à la montée du protectionnisme. L’histoire démontre que le secteur industriel est tenté par le protectionnisme lorsqu’il se sent menacé ou provoqué. Or, nous savons que cette solution est un piège. Il y a 80 ans, la Grande crise a été précipitée en partie par l’adoption aux États-Unis de la Smoot-Hawley Tariff Act, une loi protectionniste qui a entraîné des mesures de représailles dans le monde entier et transformé une mauvaise récession en une dépression.

Dans les parcs d’attractions du Canada, nous avons ce que nous appelons le « jeu des marmottes ». À l’aide d’un maillet en caoutchouc, le joueur doit frapper la tête d’une marmotte-jouet dès qu’elle émerge d’un des trous pratiqués dans une planche. Mais le fait d’assommer une marmotte en fait aussitôt surgir une autre, puis une autre encore.

Le même phénomène se produit lorsqu’un pays dresse un mur protectionniste. Un deuxième l’imitera, puis un troisième, et ainsi de ensuite. Cette stratégie draine notre énergie et nuit à nos économies. Le milieu des affaires au Japon est parfaitement conscient de ce danger.

Tous les élus veulent plaire à leur électorat. Prenons le cas d’une entreprise qui, se sentant menacée par la concurrence d’un autre pays, réclamerait à son représentant élu l’adoption de mesures protectionnistes. La réaction de cet élu pourrait être alors de promouvoir une loi protectionniste. Je vous encourage donc à travailler avec vos homologues du milieu des affaires canadien pour faire en sorte que les élus soient conscients du piège du protectionnisme et y prennent garde.

Au moment même où l’économie ralentit, le Canada cherche activement à conclure des accords de libre-échange et de partenariat économique. Notre Chambre des communes vient de ratifier un accord de libre-échange avec l’Association européenne de libre-échange, qui regroupe la Norvège, l’Islande, la Suisse et le Liechtenstein, et se penchera incessamment sur des accords semblables avec la Colombie et le Pérou. Nous voulons en conclure d’autres, car ils s’avèrent bénéfiques pour notre pays.

Le Japon aussi a besoin d’accords de libre-échange, car sa compétitivité sera diminuée s’il ne conclut pas de tels accords alors que d’autres pays le font.

Nous continuons certes à tenter, par l’intermédiaire de l’OMC [Organisation mondiale du commerce], de réduire les entraves au commerce à l’échelle multilatérale. Cependant, bien que l’OMC soit une organisation très utile, elle procède lentement. C’est pourquoi nous voulons aussi conclure des accords bilatéraux.

Le Canada et le Japon négocient actuellement des accords de partenariat économique. Hier soir, le ministre des Affaires étrangères [Yasuhiro] Nakasone et moi avons parlé de secteurs dans lesquels nous pouvons aller de l’avant, dont l’environnement. Le président [Satoshi Aoki] de la société Honda m’a confié aujourd’hui qu’il serait utile que les règlements sur les normes d’émission soient les mêmes dans toutes les provinces du Canada. Je lui ai fait part de l’annonce récente faite par le Canada de l’uniformisation à l’échelle nationale des normes d’émission, ce qui constitue un réel progrès pour l’environnement et pour les entreprises. Nous tentons en outre d’harmoniser certains règlements canadiens et américains.

Je suis également heureux d’annoncer que le Canada et le Japon ont signé une entente pour élargir la portée d’un accord « Ciel ouvert » entre les transporteurs aériens de nos deux pays. Cette entente permettra non seulement d’augmenter le nombre de vols et de destinations entre le Canada et le Japon, mais aussi d’accroître les services aéroportuaires et de fret aérien. Elle est le fruit des efforts de beaucoup de gens qui sont convaincus que nous pouvons tisser des liens qui bénéficieront à nos deux pays.

Comme le président de Honda l’a mentionné, le Canada est une source sûre d’énergie, de produits agricoles et de bien d’autres choses encore . Nous nous classons au premier rang mondial pour la production d’uranium et de potasse et au deuxième rang pour la production de nickel ainsi que pour nos réserves de pétrole. Appuyée par de bons accords commerciaux entre le Canada et le Japon, la sécurité de l’approvisionnement est synonyme de prospérité pour la population de nos deux pays.

Malgré l’actuel climat financier difficile, j’envisage l’avenir avec optimisme. Les gens d’affaires au Japon savent d’ailleurs que ce qui descend finit toujours par remonter.

Nous connaîtrons des jours meilleurs, tout comme nos indices boursiers. Cela pourra prendre un peu de temps, mais ils remonteront, et plus rapidement encore si les gens d’affaires réclament à leur gouvernement des ententes économiques avec d’autres pays et qu’ils rappellent à leurs élus les dangers du protectionnisme.

Cette année marque le 80e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre le Canada et le Japon. Nos liens sont profonds et remontent à plusieurs générations. Les Canadiens attendent avec impatience la visite prochaine de l’empereur et de l’impératrice. Nous nous réjouissons aussi de la perspective de poursuivre nos relations bilatérales dans l’intérêt des entreprises et des travailleurs des deux pays et de notre prospérité commune.

Je vous remercie.

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Date de modification :
2009-07-16