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Le 16 avril 2009
Hong Kong, Chine
2009/27

Discours du ministre du Commerce international et ministre de la porte d’entrée de l’Asie-Pacifique, l’honorable Stockwell Day, devant la Chambre de commerce du Canada à Hong Kong

D’après une transcription

Je suis tellement heureux d’être ici aujourd’hui. C’est ma première visite en Chine, et bien sûr à Hong Kong, et je suis complètement renversé. Les gens que j’ai pu rencontrer à ma table et à la réception confirment la vision que j’ai toujours eue de Hong Kong, c’est-à-dire que c’est un endroit où tout est possible. C’est un endroit où les gens disent tout simplement : allons-y, faisons-le!

Et il est extraordinaire de baigner dans ce bouillon d’énergie. D’être dans un endroit où se côtoient, à une table, une personne qui doit sa notoriété au fait d’avoir importé des aliments biologiques en Chine. Et à l’autre table, quelqu’un dont la célébrité est en fait attribuable aux activités de son épouse, et qui n’hésite pas à en parler.

Bien sûr, je parle de John Crawford, dont l’épouse sera l’une des premières femmes du secteur privé à aller dans l’espace. Je sais déjà ce qui vous vient à l’esprit, mais cela est très passionnant.

Lorsque j’étais à la petite école, je pensais devenir astronaute un jour. John, cela vous intéressera peut-être de l’apprendre. Mon père continuait de dire que j’étais toujours dans la lune, et je croyais bien que je m’y rendrais un jour, mais on sait maintenant que cela n’a pas été le cas.

Quelle occasion a été pour moi cette mission commerciale de neuf jours, que j’ai amorcée au Japon, avant de me rendre en Chine continentale durant six ou sept jours, puis ici à Hong Kong pour quelques jours de plus. J’envisage déjà de revenir dans cette partie du monde car il se passe ici des choses remarquables.

Permettez-moi de vous donner une idée de ce qui se passe au Canada, en particulier en cette période de ralentissement mondial, bien que je commence à me rendre compte qu’encore là, ce terme est relatif quand on parle à des Chinois. J’en ai entendu se plaindre au cours de la dernière semaine du fait que le taux de croissance, dans leur région, a reculé à 8 p. 100 cette année et pourrait même tomber à 7 p. 100.

Je suis conscient du fait que cela a des répercussions, mais on a une vue un peu différente des choses quand on entend ces chiffres alors que d’autres régions du monde sont en pleine dégringolade ou, du moins, enregistrent une décroissance bien plus forte.

Je vais vous exposer brièvement, d’ici à la pause-café à 15 heures, la situation au Canada, et vous parler également de ce qui s’est passé au cours des sept ou huit derniers jours. Nous vivons une époque exceptionnelle. Malgré la contraction de l’économie mondiale, vous avez peut-être appris — et je pose d’ailleurs la question aux gens — ce que les évaluateurs internationaux du secteur bancaire disent à propos du Canada : selon eux, nous avons le système bancaire le plus stable du monde à l’heure actuelle. Nous sommes contents de l’entendre. Nous pensons que c’est vrai.

Notre réglementation bancaire — le régime qui s’applique aux banques, tout ce qui concerne les institutions financières depuis des années — exige que les activités de crédit soient fondées sur une certaine quantité de capitaux propres, ce qui n’a pas été le cas dans d’autres pays, comme les États-Unis, où les établissements ont été autorisés à prêter ou ont pu prêter sans ce garde-fou réglementaire. Pendant bien des années, notre système bancaire a été considéré comme « ennuyeux », mais voilà qu’il est aujourd’hui le plus stable de la planète. Alors, j’annonce ici que « l’ennui » est emballant. Et je dirais que les gens semblent très heureux de cette caractéristique de notre système bancaire.

Nous avons imposé certaines limites qui se sont révélées sages et prudentes. Nous ne renflouons pas les banques et les institutions financières au Canada. Nous ne sommes pas aux prises avec le problème des prêts hypothécaires à risque. Nos institutions financières ont une assise très solide.

Cela dit, comme pour la plupart des institutions financières, le crédit connaît une période de contraction, et c’est pourquoi notre stratégie consiste en partie à redonner accès au crédit par des moyens financiers responsables, par l’entremise de nos diverses agences et sociétés de crédit comme la Corporation commerciale canadienne et EDC [Exportation et développement Canada], des institutions financières, des organismes qui conservent leur autonomie par rapport au gouvernement, mais pour lesquels nous faisons appel au Trésor public pour améliorer un peu leurs capacités de crédit. Voilà une initiative stratégique que nous avons adoptée.

En outre, nous avons été salués par des évaluateurs internationaux. C’est fantastique lorsque, comme gouvernement, vous n’avez pas à faire votre propre propagande; bien sûr, notre gouvernement ne fait pas de propagande; certains en font, mais le nôtre, non. Donc, en janvier dernier, l’Economist Intelligence Unit a produit un rapport sur les pays du G8 dans lequel le Canada a été désigné l’endroit où faire des affaires, en tout cas au cours du redressement des cinq prochaines années.

Vous vous dites sans doute : « Je pensais que vous parliez de faire des affaires à Hong Kong. Ce que vous semblez dire, c’est qu’il faut investir au Canada. » Et c’est ce que nous tentons toujours de faire, mais je veux aussi montrer les liens qui sont disponibles, surtout si vous vous servez du Canada comme tête de pont, comme base de vos activités à l’étranger, compte tenu de la stabilité et de la perception qu’a le reste du monde de la stabilité et des perspectives économiques du Canada.

Nous sommes en bonne voie de devenir, d’ici 2011, le pays de l’OCDE [Organisation de coopération et de développement économiques] qui aura la fiscalité la plus favorable aux entreprises. Nous sommes en bonne voie de devenir le numéro un à cet égard. À notre avis, il faut, en tant que gouvernement, faciliter les choses autant que possible, ne pas créer d’obstacles ni imposer de fardeau inutile aux entreprises, car ceux qui exercent leur sens de l’entrepreneurship et leur sens de l’innovation sont plus enclins à réagir lorsque le fardeau est allégé.

Bien sûr, on ne peut parler en termes absolus : les impôts sont nécessaires jusqu’à un certain point. Il faut des régimes réglementaires, dans une certaine mesure, mais il faut qu’ils soient efficaces et transparents, et il faut qu’on puisse voir les résultats. Et lorsqu’on réfléchit sur ce qui nous a entraînés dans la crise mondiale actuelle, on peut certainement reconnaître l’importance d’une certaine dose de réglementation. Mais dans la mesure du possible, notre point de vue face à l’entreprise, c’est de nous enlever de son chemin, de mettre à sa disposition certains moyens et certains mécanismes, mais d’éviter aussi d’encombrer le paysage : ouvrir des portes, laisser entrer la brise et laisser les gens et les entreprises faire ce qu’ils savent le mieux faire, en leur facilitant la tâche.

L’une des phrases les plus effrayantes qu’il m’ait été donné d’entendre, quand j’étais dans la petite entreprise avant d’entrer en politique, est : « Bonjour, je suis du gouvernement et je suis là pour vous aider ». Cela peut et devrait faire trembler bien des gens, mais le gouvernement a un rôle à jouer et nous nous efforçons d’atteindre ce point d’équilibre nécessaire.

Nous avons lancé récemment un programme économique complet — nous avions coutume d’appeler cela un budget, mais nous parlons aujourd’hui de plan d’action économique global —, et outre les mesures fiscales auxquelles j’ai fait allusion, nous avons aussi accéléré notre programme d’infrastructures. Les projets d’infrastructures qui devaient se concrétiser au cours des sept prochaines années seront désormais réalisés en deux ans pour mieux en retirer des bienfaits à court terme en raison des répercussions économiques évidentes que cela entraînera. Nous avons aussi affirmé très clairement que l’État a un rôle à jouer pour encourager certaines relations qui vont élargir les perspectives économiques.

Par exemple, nous encourageons la conclusion d’accords en science et technologie entre les établissements d’enseignement, les instituts de recherche et le secteur privé d’un pays à un autre, car ils ont des effets positifs et peuvent servir de rampe de lancement pour d’autres initiatives. Nous avons pu annoncer six de ces projets au cours de ma visite en Chine continentale : six projets de science et technologie — des projets très intéressants, dont certains sont axés sur la commercialisation tandis que d’autres visent plutôt à favoriser les percées dans le domaine médical, des projets auxquels participent des universités comme McGill et McMaster en partenariat avec [des institutions comme] l’Académie des sciences [de Chine] à Beijing.

Permettez-moi de citer quelques exemples pour montrer la diversité de ces projets : des procédés pointus de traitement de l’eau, un secteur où la demande est forte en Chine, compte tenu de la croissance si élevée; des recherches de pointe sur le virus de l’immunodéficience humaine; un projet qui analysera les effets des changements climatiques sur les prairies, en comparant notre région des Prairies avec des régions similaires au Tibet; et d’autres projets commerciaux qui découlent des projets précédents.

Lors de mon séjour en Chine continentale, en compagnie de représentants d’entreprises du secteur de la construction, nous avons signé des contrats. Des accords ont été négociés et des contrats ont été signés, car comme vous le savez — ceux d’entre vous qui ont vécu au Canada, ce qui est le cas pour la plupart des personnes ici, ou qui y ont séjourné —, les écarts entre les extrêmes des températures sont très importants au Canada, et je ne parle que de Vancouver. Dans le reste du pays, la situation est tout aussi intéressante. Mais notre climat a entraîné le développement de matériaux de construction et de capacités dans les secteurs résidentiel et commercial, de même que de technologies éconergétiques, qui ont trouvé beaucoup d’adeptes et comblent un immense besoin en Chine. C’est dans ce contexte que des contrats ont été signés.

C’est avec un grand enthousiasme que nous avons, au cours des derniers jours, expliqué ce qui se passe au Canada et parlé des avantages qu’on y trouve ainsi que des programmes en place pour favoriser la concrétisation des possibilités dont j’ai parlé.

En Chine, j’ai rencontré plusieurs ministres de premier plan, mes homologues, de même que des gens d’affaires clés. Au Japon, nous avons fait de même. C’est là, au fond, l’approche que nous adoptons. Qu’il s’agisse d’une rencontre de haut niveau réunissant des décideurs publics clés en Chine, ou d’une réunion comme celle à laquelle j’ai participé voilà environ une heure avec des gens du secteur des appareils médicaux, je suis en courbe d’apprentissage. Je crois que le gouvernement doit toujours rester à l’écoute afin d’apprendre quels moyens il peut prendre pour aider les entreprises à aller de l’avant — ce qui, en dernière analyse, aidera à relever le niveau de prospérité, le niveau de vie et la condition de base de l’être humain. C’est cette démarche que nous avons entreprise.

Je dois avouer que je n’étais pas préparé à l’ampleur de la demande suscitée par la croissance que j’ai constatée depuis mon arrivée en Chine. Bien sûr, nos fonctionnaires nous présentent des exposés, nous rencontrons des gens d’affaires, nous lisons les rapports, mais quand on atterrit dans une ville comme Shenyang où, simplement de l’aéroport au centre-ville, on compte plus de deux douzaines de grues qui construisent d’énormes bâtiments, quand on déambule dans le plus grand hangar aéroportuaire qu’on ait vue dans sa vie, et quand on voit les accords qui se transigent entre les dirigeants de compagnies aérospatiales chinoises et leurs homologues canadiens, on commence à comprendre ce qui se passe, la création de la demande, la croissance et donc, les débouchés qui sont rattachés à cela.

Nous voulons que les entreprises canadiennes soient bien positionnées pour tirer parti de ces possibilités. Nous voulons que se créent les liens qui en faciliteront la concrétisation. Nous voulons que les relations dynamiques qui se sont établies entre le Canada et l’Asie-Pacifique continuent de progresser.

Et les progrès sont là : en 2007, le nombre de touristes chinois au Canada a augmenté de 5,3 p. 100 par rapport à l’année précédente; l’an dernier, la hausse a été encore plus élevée, soit 6,5 p. 100. En 2008, en dépit du ralentissement économique, nos exportations de marchandises en Chine se sont accrues de plus de 9 p. 100 et nos importations en provenance de la Chine ont progressé de plus de 11 p. 100. En ce qui concerne l’investissement direct à l’étranger, l’ensemble des investissements directs de la Chine au Canada s’est accru de plus de 31 p. 100, tandis que les investissements directs canadiens en Chine ont augmenté de plus de 37 p. 100.

Donc, il se passe des choses. Nous savons aussi que le reste de la planète est très conscient du fait que la Chine est en mouvement, que Hong Kong bouge, qu’il y a des débouchés à saisir ici, que les perspectives de croissance sont fantastiques. Nous voulons continuer de tirer profit de cela. Nous disposons au Canada de cette formidable base naturelle qu’est la population, dont 1,2 million de personnes sont d’origine chinoise. Les dialectes chinois sont au troisième rang des langues les plus parlées dans les ménages canadiens. Nous pouvons nous appuyer sur cette excellente base naturelle. Notre esprit d’entreprise et notre créativité ont fait de notre pays ce qu’il est aujourd’hui. Nous sommes prospères parce que nous sommes une nation exportatrice : nous exportons et nous l’avons toujours fait — des produits, des services et des technologies. Et il est bien évident que cela doit se poursuivre.

Voilà pourquoi il a été encourageant pour moi, lors des rencontres avec mes homologues au sein du gouvernement, de les entendre dire très clairement qu’ils veulent eux aussi se joindre au mouvement contre le danger du protectionnisme, surtout en ces temps de récession économique. Il se produit une transformation étonnante lorsque les gens les plus entrepreneurs au monde à un certain moment disent très clairement que l’État ne doit pas mettre les bâtons dans les roues des entreprises. Et souvent, en période de récession, dans bien des cas, ces mêmes entreprises pourraient supplier l’État de les protéger de leurs concurrents ici et de commencer à ériger des entraves au commerce et des barrières protectionnistes.

Et nous savons d’expérience, à une époque aussi lointaine que 1929, ce qui se produit quand on est période de récession et qu’on commence à élever des murs protectionnistes : les économies s’effondrent. Il a également été encourageant de discuter de stratégies précises avec des dignitaires du gouvernement chinois, notamment dans des dossiers comme celui de l’OMC [Organisation mondiale du commerce], le Cycle de Doha — que nous voulons poursuivre — et les négociations commerciales bilatérales, le message étant très clair que le protectionnisme n’est pas la voie que nous voulons emprunter. Si l’on veut protéger une industrie, il faut, c’est évident, lui ouvrir des portes sur des débouchés. Pour créer des possibilités en faveur des travailleurs, il faut ouvrir des filières qui permettront aux produits et aux services de circuler librement, et cela créera les emplois nécessaires pour alimenter cette demande particulière.

C’est la voie que nous entendons suivre et que nous continuerons de suivre, et nous avons besoin de façon constante de vos conseils, de vos idées sur la meilleure façon d’y parvenir. Il faut nous dire si certaines de nos mesures posent des obstacles, et nous dire comment nous pouvons déblayer le sentier pour que vous puissiez continuer de faire ce vous savez faire le mieux : accroître la prospérité pour les citoyens de tous nos pays et améliorer la condition humaine en général.

Je conclurai mon propos en signalant qu’hier, j’ai eu l’honneur de prononcer un discours à l’Université Sun Yat-sen. Les étudiants m’ont d’abord surpris parce que pas un seul n’est tombé endormi après m’avoir écouté pendant 40 minutes; voilà la preuve que les nouvelles boissons énergisantes sont efficaces! Quant aux questions que l’on m’a posées — il s’agissait d’un auditoire d’étudiants en administration des affaires et en sciences politiques —, elles ont montré que ces étudiants conviennent qu’il est important de s’instruire mais, comme le disait Dr Sun Yat-sen, pas simplement pour devenir riche ou puissant, mais en fait, pour relever le degré de prospérité de l’âme, celle des êtres humains et la condition humaine elle-même.

Voilà la ligne de conduite que nous nous sommes tracée. Nous souhaitons que cette prospérité se poursuive à tous les niveaux. Je suis heureux de faire partie de ce grand mouvement et ravi de constater que vous êtes désireux de jouer un rôle dans ce sens.

Je vous remercie de votre écoute attentive.

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Date de modification :
2009-09-17