D’après une transcription
Mesdames, Messieurs, je vous remercie.
L'Organisation mondiale du commerce vient d'émettre une déclaration que nous avons intégrée à notre enquête statistique sur le commerce qui prévoit, pour l'année à venir, une contraction de l'ordre de 9 p. 100 du volume du commerce mondial. Il faut reconnaître que ce chiffre est important en tant que tel.
De son côté, le Fonds monétaire international prévoit, pour cette année, une contraction mondiale du PIB de 1,3 p. 100. Et si l'on considère qu'il s'agit d'une moyenne et qu'un pays comme la Chine aura une croissance positive d'environ 6,5 p. 100 (j'ai passé sept jours en Chine il y a près d'un mois et j'ai pu me rendre compte que, même si sa croissance dépasse les 6 p. 100, les gens là -bas ont l'impression d'être en récession, parce qu'évidemment, ils sont habitués à une croissance à deux chiffres), bien des pays auront une croissance négative et certains, très négative.
Alors, examinons un peu la situation du Canada dans ce contexte. À ce propos, j'aimerais vous décrire brièvement certaines des initiatives que nous prenons pour lutter contre les effets de la récession et nous assurer que le Canada demeure bien positionné, et quelques-unes des mesures stratégiques que nous prenons et que nous continuerons à prendre.
Il a été assez gratifiant, même durant cette crise, de lire ce que les agences de notation et les observateurs économiques internationaux ont à dire du Canada. C'est une chose de publier ses propres documents en tant que gouvernement (nous avons, en effet, de bonnes données statistiques), mais cela aide si c'est une tierce partie indépendante qui effectue l'évaluation.
Et plusieurs de ces évaluations méritent réflexion. Le Fonds monétaire international, le Forum économique mondial et la Banque mondiale ont tous déclaré que le Canada a le système bancaire le plus stable du monde. C’est un fait vérifié et reconnu par une évaluation externe.
Et quand j'effectue des missions commerciales dans le monde entier, je n'ai même pas à le dire à mes interlocuteurs. Je rencontre des investisseurs, des hauts fonctionnaires, des représentants d’entreprises ou d'ONG [organisations non gouvernementales] qui sont tous au courant car l'information circule très bien. Cette stabilité n'est d'ailleurs pas due au hasard. Nous avons mis en place, dans notre système bancaire, des dispositions pour restreindre la manière dont les banques et les institutions financières peuvent accorder des prêts selon le capital de base dont elles disposent. Dans un grand nombre de pays et notamment aux États-Unis, ces limites ou ces restrictions n'existent pas.
Nous ne renflouons pas les banques au Canada. Nous ne renflouons pas les institutions financières. Nous n'avons pas de prêts hypothécaires à risque élevé parce qu'avant que cette crise n'éclate, nous avons pris des mesures pour que des lignes directrices et des restrictions s'appliquent, même dans le cas des hypothèques. C'est ce qui explique que nous avons largement pu éviter le problème. Donc, notre premier avantage, c'est d'avoir le système bancaire le plus stable du monde.
L'OCDE [Organisation de coopération et de développement économiques] et d'autres agences de notation ont examiné le fardeau fiscal de divers pays. Elles ont étudié notre situation fiscale actuelle et nos engagements écrits jusqu'à l'exercice 2012 parce qu'il faut que les investisseurs, les entrepreneurs et les travailleurs puissent savoir ce qui les attend du point de vue fiscal. Selon l'OCDE et d'autres organismes, notre système fiscal, celui des particuliers et celui des entreprises, est le plus concurrentiel de tous les pays de l'OCDE et du G8. C'est une position enviable. Cela a été planifié, c'est en place et c'est efficace pour nous aujourd'hui.
Ce genre d'éléments sont des signaux qui comptent pour les investisseurs et ceux qui sont ici au Canada, ou pour les gens qui envisagent de créer des partenariats avec des entreprises canadiennes ou d'investir au Canada.
Même si nos banques sont les plus stables du monde, toutes les banques, y compris les banques canadiennes s'avèrent actuellement, disons très restrictives à l'égard du crédit. Elles étudient avec soin les dossiers, même ceux des clients de longue date dont la cote de crédit est solide. C'est inévitable dans une période de crise comme celle-ci. Et c'est pourquoi dans notre dernier plan d'action économique global, nous avons habilité Exportation et développement Canada, un organisme indépendant, à élargir ses capacités de crédit.
C'est un véritable atout lorsque j'interviens dans d'autres pays pour présenter une petite entreprise, ou discuter d'une coentreprise ou d'un projet de très grande envergure comme la construction de réacteurs nucléaires, comme je l'ai fait avec des hauts fonctionnaires en Lituanie et en Roumanie, ou dans d'autres pays qui cherchent à accroître leur capacité énergétique mais veulent le faire de manière écologique. Nous constatons actuellement un intérêt croissant en ce qui concerne l'utilisation de réacteurs nucléaires à des fins énergétiques. Ce sont des projets qui représentent des milliards de dollars.
Devant un pays comme la Lituanie ou la Roumanie dont les ressources sont limitées, le fait de pouvoir structurer un accord de crédit avec une entreprise canadienne comme Énergie atomique du Canada qui fabrique les réacteurs CANDU, d'établir un partenariat avec un autre pays et de pouvoir faciliter le crédit et le financement, constitue un avantage colossal que nous devons exploiter à cette échelle.
Cela vous donne une idée de certains des avantages manifestes qui sont les nôtres. L'un des éléments positifs dans ce ciel plutôt sombre, c'est que la récession a forcé tous les autres ordres de gouvernement à examiner leur propre régime réglementaire et à se demander, parmi tous ceux qui existent, quels règlements sont nécessaires, quels règlements se recoupent, quels règlements sont redondants et quels règlements ne sont que des complications, de la paperasserie et de la bureaucratie inutiles.
Nous savons tous que l'impôt est nécessaire à condition qu'il ne soit pas excessif, car l'excès dans ce domaine repousse les investisseurs et a un effet dissuasif. Je l'ai dit, le fardeau fiscal est faible au Canada, mais une accumulation de coûts réglementaires peut créer le même genre de problèmes. Mais cette fois, nous avons rigoureusement analysé notre régime réglementaire. En ce qui a trait aux règlements d'exportation à la frontière uniquement, nous avons réduit l'an dernier de 20 p. 100 le fardeau réglementaire des entreprises et nous avons littéralement liquidé près de 1 600 règlements qui étaient superflus mais se trouvaient là.
En période de prospérité, les gens étaient plus ou moins disposés à les accepter. Mais dans une période plus difficile où la pression est forte, les gens commencent à se demander : « À quoi sert ce règlement? Et celui-là? Pourquoi dois-je appliquer ce règlement fédéral alors qu'il y a le même au palier provincial et au palier municipal? » La récession économique a donc entraîné un véritable resserrement et nous avons pu éliminer du système, non pas tous les règlements mais un grand nombre de ceux qui, d'après nous, étaient redondants ou se recoupaient.
Nous voulons être sûrs que le fardeau qui pèse sur les épaules des entrepreneurs, des investisseurs, des innovateurs et des travailleurs est aussi léger que possible alors qu'ils doivent déjà supporter le poids de cette crise mondiale.
Nous avons pris d'autres initiatives qui revêtaient un caractère d'urgence. Nous avons tout mis en œuvre, et pas seulement verbalement, pour repousser l'élan protectionniste qui, invariablement, saisit les gouvernements, les entreprises et les industries dans une situation de crise. Nous savons pertinemment que le protectionnisme n'est pas la solution. Si le Canada est un pays aussi prospère, c'est parce qu'il exporte et qu'il a toujours exporté. Si l'on ne peut pas exporter, on devient très pauvre. Alors, nous avons toujours préservé notre capacité de lutter vigoureusement pour défendre le libre commerce et avoir un système commercial fondé sur des règles.
Nous savons qu'en 1929, au début de la crise mondiale, les États-Unis pensaient que pour protéger leurs travailleurs, il fallait qu'ils élèvent des murs tout autour d'eux avec des mesures comme la loi Smoot-Hawley sur les droits de douane et d'autres mesures commerciales qui ont freiné la vente de produits ou de services non-américains aux États-Unis.
Naturellement, les autres gouvernements ont commencé à réagir de la même manière, en prenant des mesures de représailles commerciales. Un cercle vicieux s'est installé et a engendré la dépression. Je compare cette situation de guerre de représailles commerciales à un conflit entre des personnes dans une même pièce. Un individu prend une grenade, la dégoupille et reste là. En fin de compte, tout le monde est blessé. Le protectionnisme n'est vraiment pas la voie à suivre. C'est pourquoi nous y résistons avec acharnement.
Vous avez pu vous en rendre compte lorsque la campagne « Buy American » a été lancée. C'est le premier ministre Harper qui a pris les choses en main, parmi les dirigeants mondiaux, en disant aux États-Unis de se montrer à la hauteur de leurs obligations commerciales internationales et de ne pas tomber dans le piège du protectionnisme. Et quelques jours à peine après avoir entendu ce message, le président [Barack] Obama a émis une déclaration pour affirmer que les États-Unis se montreraient à la hauteur de leurs obligations commerciales internationales. Et c'est lui qui a insisté pour qu'une clause à cet effet soit intégrée aux dispositions « Buy American », afin de rappeler justement qu'il fallait empêcher que les réflexes protectionnistes ne prennent le dessus.
Toutefois, la question n'est pas réglée. Le refus du protectionnisme était la vision de la Maison-Blanche ou du gouvernement américain, mais comme vous le savez, il y a le Congrès, c'est-à-dire les membres de la Chambre des représentants et du Sénat. Et nous avons vu se faufiler de nouveau le protectionnisme dans la manière dont ils mettent en œuvre leur programme de relance. Nous sommes très contents de ce programme. Des sommes colossales sont injectées dans l'infrastructure et bien d'autres projets, et cela offre d'excellentes perspectives aux producteurs, aux constructeurs et aux fournisseurs canadiens qui vont pouvoir soumissionner dans toutes ces chaînes d'activités.
Mais ce que nous observons aux États-Unis, parmi les membres du Congrès, c'est qu'ils trouvent des moyens de placer des restrictions sur les sommes octroyées aux municipalités et aux États, et nous commençons à voir des entreprises canadiennes se heurter à des murs lorsqu'elles soumissionnent pour ces divers projets.
Je ne vais pas vous décrire en détail les mesures que nous prenons à cet égard, mais sachez que nous intervenons très vigoureusement à différents niveaux pour qu'ils refoulent ces tendances protectionnistes, parce qu'elles vont nuire au commerce au Canada et dans d'autres pays.
Notre action ne se limite pas à la lutte contre le protectionnisme. Nous avons également été très dynamiques sur le plan commercial. Nous faisons une promotion vigoureuse des accords de libre-échange. Comme vous le savez, il y a 153 pays différents au sein de l'Organisation mondiale du commerce [OMC]. Eh bien, croyez-le ou non, nous essayons de faire accepter la réduction ou la suppression des droits de douane entre tous les pays membres.
Il s'agit d'un excellent processus, mais le Cycle de Doha s'est enlisé. Et nous ne pouvons pas nous permettre d'attendre les bras croisés. C'est pourquoi nous insistons fermement pour qu'on parvienne à une solution. Nous voulons que les choses bougent de ce côté-là à l'OMC. Mais pendant que ce groupe massif de 153 pays s'efforce de trouver des solutions à divers problèmes, nous cherchons à conclure des accords bilatéraux ou dans certains cas, multilatéraux, afin de créer des débouchés pour les travailleurs, les investisseurs et les entrepreneurs canadiens et de stimuler le commerce bilatéral.
Dans les Amériques — et vous l'avez sans doute remarqué lorsque le premier ministre Harper était à la conférence du Sommet des Amériques — le commerce est le thème clé. Nous possédons déjà des accords de libre-échange avec le Chili et le Costa Rica, et des lois de mise en œuvre des accords de libre-échange avec le Pérou et la Colombie se trouvent actuellement à l'étude à la Chambre des communes.
Par ailleurs, nous avons parachevé un accord de libre-échange avec l'Association européenne de libre-échange qui regroupe quatre pays, à savoir l'Islande, la Norvège, la Suisse et le Liechtenstein. Nous voulions en premier lieu établir tous les avantages du libre-échange avec ces quatre pays, mais nous voulions aussi utiliser ces accords comme tremplin pour un projet que le premier ministre a annoncé il y a juste deux semaines avec l'ensemble de l'Union européenne. Celle-ci compte 27 pays. Tout pays qui obtient un accord de libre-échange avec l'Union peut avoir accès à ses 27 pays membres, ce qui lui ouvre des débouchés fantastiques.
Voici comment nous exploitons l'accord avec les quatre pays de l'Association européenne de libre-échange que je viens de citer. Avec ces pays, nous avons éliminé ou beaucoup réduit les droits de douane sur un vaste éventail de produits et de services. Cela signifie que lorsque ces pays feront des affaires avec le Canada, ils auront un avantage concurrentiel sur les 27 autres pays européens. C'est un moyen d'exercer une pression favorable dans les pourparlers entre le Canada et l'Union européenne. Nous avons vécu un grand moment historique à Prague il y a trois semaines, lorsque nous avons rencontré, le premier ministre et moi-même, les dirigeants de la Commission européenne et signé l'entente sur le lancement des négociations visant à conclure un accord de libre-échange avec l'ensemble de l'Union européenne. Nous sommes très enthousiastes.
Mais il arrive que ces accords commerciaux soient longs à négocier à cause du nombre de secteurs et du nombre d'articles figurant sur les centaines de pages sur lesquelles il faut se mettre d'accord en vue de réduire ou d'éliminer les droits de douane. Il a fallu dix ans pour conclure l'accord dont je viens de parler avec les quatre pays européens.
Nous avons pris le taureau par les cornes et finalement, nous sommes parvenus à un accord dont nous sommes très satisfaits. Ce dont je me félicite également, c'est que les commissaires européens ont accepté le délai de deux ans que nous souhaitons pour les pourparlers avec l'Union européenne. Cela serait une vitesse record. Mais nous sommes tous plus ou moins en proie aux problèmes économiques actuels. Et c'est pourquoi les discussions vont se poursuivre.
L'Inde, où je me suis rendu début janvier, est en pleine croissance économique. C'est l'un des pays du monde où l'essor des classes moyennes est le plus rapide. Elle a donc besoin de biens, de services, d'engagement professionnel, de partenariats et de réacteurs nucléaires, puisqu'elle a l'intention d'en construire trente dans les quinze prochaines années. Là encore, ce sont des milliards de dollars de projets.
Nous avons donc nommé des représentants que nous avons chargés d'intervenir — bien que cette intervention ne soit pas tout à fait aussi vigoureuse que dans le cas des pourparlers avec l'UE — et de commencer à procéder à ce que nous appelons l'établissement de la portée d'un accord éventuel, de façon que nous soyons en mesure d'obtenir bientôt, je l'espère, une entente officielle en vue d'engager de vraies négociations pour conclure un accord semblable à celui qui a été conclu avec l'UE et annoncé par le premier ministre à Prague.
Je vous l'ai dit, j'ai effectué une visite d'une semaine complète en Chine et je voudrais vous parler de certaines de nos réalisations dans ce pays. La mission s'est avérée très fructueuse. Au fait : combien de personnes sont allées en Chine... disons au cours du dernier semestre? Êtes-vous d'accord avec moi pour dire que la croissance y est phénoménale? Selon moi, ce qui se passe en Chine est tout simplement incroyable.
Et c'est pourquoi nous tenons à nous assurer que le Canada est bien positionné. Nous avons de toute évidence certains avantages. J'ai parlé de l'impôt, de l'investissement et des banques. Mais nous avons aussi un avantage sur les États-Unis : la porte d'entrée de l'Asie-Pacifique. Aux divers ordres de gouvernement, plus de 2,6 milliards de dollars ont été investis dans les infrastructures afin que les ports de Vancouver et de Prince Rupert, nos routes et nos lignes de chemin de fer soient intégrés. Nous avons bâti un réseau portuaire, routier et ferroviaire tout à fait extraordinaire qui d'ailleurs, n'obtient pas vraiment la couverture qu'il mériterait. Dans le monde entier, des gens parlent de la porte d'entrée de l'Asie-Pacifique, qui permet de transporter les marchandises vers les zones côtières, depuis les provinces de l'Ouest jusqu'à l'intérieur du Canada.
Sur ces projets d'infrastructure de 2,6 milliards de dollars, plus de 90 p. 100 sont terminés ou presque achevés. Alors, lorsque je suis allé au Japon et en Chine cette année, j'y étais accompagné par des représentants de diverses entreprises de la sphère Asie-Pacifique, et il y avait même des concurrents comme CN et CP, par exemple, pour transmettre un message et expliquer aux gens qui prennent les décisions d'expédition en Asie, que la durée de navigation au Canada est un avantage, selon le lieu d'expédition en Asie, avec un délai de quatre jours maximum pour transporter des marchandises jusqu'en Amérique du Nord.
Puis, lorsque ces marchandises arrivent au port de Vancouver ou au port de Prince Rupert, grâce à leur capacité en eau profonde et à leurs opérations simplifiées, le temps d'arrêt des conteneurs n'est que de 24 heures, après quoi ils reprennent la route ou le train en direction des principaux centres de distribution du Canada ou des États-Unis comme Memphis, Atlanta ou Chicago. L'avantage que nous offrons est donc considérable.
En Asie, nous avons réussi à conclure des accords en matière de science et de technologie, dont six avec la Chine. Nous avons également signé un certain nombre de protocoles d'entente relatifs à des activités de collaboration. On peut les comparer à de mini-accords commerciaux, l'un concernant le transport, un autre, l'aviation, et un autre encore, le partage d'activités logistiques, ce qui est très important.
Les représentants de diverses entreprises m'ont accompagné. Dans l'un des lieux que nous avons visités, une entreprise de construction canadienne a organisé un séminaire sur les capacités des entreprises canadiennes du secteur du bâtiment, ce qui s'explique, bien entendu, par le fait que nous avons l'expérience de la construction dans des conditions climatiques extrêmes, qu'il s'agisse de climats froids, chauds, humides ou secs. Nous avons d'ailleurs signé plusieurs contrats tout à fait intéressants avec 12 entreprises.
La Chine manifeste un grand intérêt pour tout ce qui a trait à la réduction des émissions, aux incidences sur l'environnement ou aux économies d'énergie. Elle est très motivée et elle est à la recherche de partenariats dans ces domaines. Nous avons pu en profiter. Pendant mon séjour, une entreprise de Chilliwack spécialisée dans le gaz naturel liquéfié a réussi à conclure un marché de plusieurs millions de dollars avec China Gas. China Gas doit construire 120 stations-service qui ravitailleront les taxis et les bus en gaz naturel liquéfié en provenance de Chilliwack. En Chine, des véhicules pourront ainsi circuler de manière plus économique dans cet environnement concurrentiel et en polluant moins.
Je viens donc de vous décrire certaines de nos réalisations. Mais tant qu'on ne voit pas la croissance phénoménale de la Chine et ce qui s'y passe, on n'y est tout simplement pas préparé. La plupart des Canadiens ne se rendent pas compte que plus de 30 villes chinoises comptent plus de 1 million d'habitants et qu'un bon nombre d'entre elles en ont plus de 10 millions.
Quand j'ai survolé Shenyang, sur la route du centre-ville depuis l'aéroport, j'ai compté 24 grues érigées pour la construction d'appartements et de condominiums dans des tours d'habitation. Vingt-quatre! Dans certaines villes — des villes dont la plupart des Canadiens n'ont jamais entendu parler — on voit des gratte-ciel dont l'architecture peut rivaliser avec les œuvres architecturales les plus élaborées, les plus modernes et les plus admirables du Canada. C'est fabuleux.
À Chengdu, on m'a emmené au sommet d'un gratte-ciel qui, une fois terminé, se classera au dixième rang des bâtiments les plus hauts du monde. L'hôtel Sheraton l'occupera du 60e au 102e étage. Un bâtiment prodigieux. Il a été construit au rythme d'un étage tous les deux jours et il est presque terminé.
Mesdames, Messieurs, je vous assure que la croissance de la Chine est impressionnante. À l'Université Sun Yat-sen où j'ai prononcé une allocution, il y a 60 000 étudiants et 13 000 enseignants. Au Canada, nous avons des universités qui accueillent 13 000 étudiants. Mais à l'Université Sun Yat-sen, c'est d'enseignants dont il s'agit. La Chine est vraiment en train de se transformer. Le chemin de fer circule partout, ce qui crée des possibilités de partenariats extraordinaires avec des sociétés comme SNC Lavalin, Bombardier et d'autres.
La Chine doit construire une ligne de train à grande vitesse entre Shanghai et Beijing. Cela fait environ mille kilomètres, je crois. Les trains rouleront à 340 kilomètres à l’heure. C'est la vitesse de bon nombre des avions à réaction que nous utilisons pour le transport régional. Les travaux n'ont pas encore commencé mais le ruban sera coupé dans deux ans. Cela vous donne une idée de la capacité de la Chine.
J'ai visité la ville de Beichuan. Elle est située dans la province du Sichuan, la région qui a été frappée par le tremblement de terre de [2008]. C'est la ville qui a été la plus dévastée. Et je dois dire que le Canada est le deuxième pays qui a contribué le plus à l'effort de reconstruction en Chine. Nous en sommes très fiers.
À Beichuan, on m'a dit que j'étais le premier ministre étranger à effectuer une visite dans la région depuis le tremblement de terre. J'ai vécu des moments extraordinaires, aussi émouvants qu'édifiants. Une partie de la ville sera conservée intacte pour créer un lieu de souvenir. Il est impossible de la réparer ou de la remplacer. C'est inimaginable, on se croirait dans une zone de guerre.
Nous sommes allés sur le site d'une école secondaire, où un millier d'étudiants ont été tués par le tremblement de terre : un millier! Vous vous souvenez de la tristesse qu'a ressentie le Canada il y a un an lorsque sept étudiants ont trouvé la mort dans un accident de fourgonnette sur la Côte atlantique. Une tragédie qui nous a profondément attristés, bien sûr. Eh bien, à Beichuan, ce n'était pas sept étudiants, mais mille. Il y a des parents qui travaillent au projet et qui ne reverront plus jamais leurs enfants. Car il y a encore des enfants à cet endroit et les parents ne peuvent même pas creuser pour les retrouver.
En un instant, 10 millions de personnes sont devenues des sans-abri. J'ai dit aux journalistes canadiens qui voyageaient avec moi : 10 millions de personnes, c'est la population de Vancouver, de Toronto et de Montréal qui se retrouve du jour au lendemain à la rue. C'est presque impossible à concevoir.
Mais les projets, la reconstruction et la qualité de cette reconstruction sont tout simplement extraordinaires. J'ai eu l'honneur de visiter le centre de santé dont ils ont évidemment toujours besoin dans la région, qui a été construit grâce à des dollars canadiens. Il y aura un centre pour accueillir les parents dont les enfants sont hospitalisés. J'ai également inauguré un projet d'habitation pour les personnes âgées qui sera construit par des Canadiens avec des produits forestiers de la Colombie-Britannique d'une valeur de 8 millions de dollars. C'est fantastique.
J'ai été vraiment frappé par la mobilisation énorme des Chinois et de leur gouvernement pour la reconstruction. Le président Hu Jintao a déclaré il y a un an qu'il voulait que cela soit reconstruit en trois ans. Il faut imaginer le projet : il y a la ville de Beichuan, qui a été dévastée, mais la ligne de faille s'étendait sur 200 kilomètres, en gros, tout le long de l'autoroute, à travers la vallée. Il nous a fallu presque trois heures pour nous rendre à Beichuan en voiture et on pouvait observer partout des bâtiments endommagés. Vous devez essayer d'imaginer le décor.
Mais ce qui est extraordinaire, c'est qu'il n'y a pas une seule étendue de terre, pas un kilomètre où l'on ne puisse pas voir des piles de ponceaux, des briques, des barres d'armature ou d'autres matériaux de construction neufs. Si la Chine voulait entrer dans le Livre Guinness des records, elle le pourrait. Je pense que c'est le plus grand projet de reconstruction en cours dans le monde.
Pendant mon séjour, le président Hu, qui venait de visiter la région, a annoncé que la Chine pourrait réduire d'un an le projet de reconstruction. La Chine va donc tout reconstruire en deux ans au lieu de trois. C'est absolument stupéfiant.
Cela annonce de nouvelles possibilités de partenariats entre la Chine et le Canada. Les débouchés sont excellents. Nous disposons d'un avantage naturel avec une communauté de 1,4 million de personnes d'origine chinoise au Canada. Le patrimoine culturel et les liens commerciaux établis depuis des décennies sont un véritable atout.
La Chine offre d'immenses occasions d'affaires. Mais il faut se rappeler que presque tous les pays sont à la porte de la Chine, eux aussi, et contribuent à sa croissance colossale actuelle.
J'ai l'impression qu'en Chine, les portes sont ouvertes pour les gens, les entreprises, le gouvernement et même les ONG. La Chine ouvre les bras au Canada. Mais nous n'y sommes pas seuls : le reste du monde s'y trouve également. La Chine continuera d'avancer, avec ou sans nous. C'est pourquoi vous faites preuve d'une grande clairvoyance en vous rendant sur place, en évaluant les besoins et en expliquant que nous pouvons collaborer ensemble et créer des possibilités prometteuses pour les deux parties.
Je vous en félicite et je vous félicite également pour l'organisation de ce salon. Je vais vous laisser sur ces quelques remarques, destinées à vous faire comprendre certaines des difficultés qui nous attendent sur la scène mondiale, mais aussi les avantages manifestes que nous avons et que nous avons créés pour les Canadiens de façon à demeurer le véritable Nord, fort et libre. Nous ne ferons pas mentir l'Economist Intelligence Unit de janvier dernier qui indiquait dans ses prévisions que le Canada était le pays le mieux placé avant la crise et sera le mieux placé après celle-ci.
Je vous remercie de contribuer à ce succès.