Affaires étrangères et Commerce international Canada
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Le 10 juillet 2009
Penticton (Colombie-Britannique)
2009/43

D’après une transcription

Discours du ministre du Commerce international et ministre de la porte d’entrée de l’Asie-Pacifique, l’honorable Stockwell Day, à l’Economic Club de Penticton

Autour de cette table, je vois beaucoup de personnes que je connais, certaines assez bien, d’autres un peu et quelques-unes à peine. Vous composez un échantillon étonnant de la collectivité. Les choses que vous faites et la valeur, l’expérience et les idées que vous apportez à la table sont proprement stupéfiants. C’est pourquoi je crois fermement à l’utilité des groupements locaux, des clubs locaux comme celui-ci, chambres de commerce, sociétés philanthropiques ou autres, où l’on peut se faire une idée relativement juste de ce qui se passe dans la rue, dans les foyers, dans les entreprises. Je vous encourage à poser vos questions et à donner vos conseils sans détour durant la période de question, pour que je puisse en prendre note et en discuter avec mes collègues.

Savez-vous que j’arrive directement du festival de musique de Merritt Mountain, qui a fini assez tard la nuit dernière? Combien d’entre vous y êtes déjà allés? Bon, il y a quelques connaisseurs. C’est un des plus gros en son genre au Canada.

Je suis rentré récemment d’une mission commerciale en Russie. Nous sommes allés à Moscou et à Sotchi, où auront lieu les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2014. Les représentants de 33 entreprises canadiennes m’accompagnaient, dont plusieurs ont signé des marchés, surtout à Sotchi. Les jeux de Sotchi ressembleront un peu à nos jeux de 2010 parce que, comme Vancouver, Sotchi est une belle localité côtière, où il ne neige même pas en hiver, mais d’où les routes de montagne mènent à des sites assez extraordinaires. Or, une entreprise canadienne est en train de percer un tunnel par lequel on pourra monter directement au sommet. Une autre assure l’intégration des systèmes ferroviaire et routier. Une autre encore met en œuvre tout l’appareil logistique. C’est vraiment formidable pour les entreprises canadiennes en ce moment.

Je suis allé ensuite à Paris pour assister à des réunions de l’OCDE [Organisation de coopération et de développement économiques] portant sur le commerce. Comme Val m’accompagnait, nous avons pris une semaine de vacances, ce qui ne m’arrive pas assez souvent, comme elle se plaît à me le rappeler. Nous avons loué une voiture pour faire notre tour de France. Pour parcourir 2 000 km en sept jours, nous abordions la plupart des lieux historiques à 80 km/h, nous y jetions un coup d’œil et nous passions au suivant.

Nous venons d’achever une session parlementaire très productive, ayant adopté une vingtaine de projets de loi importants. La coopération a été assez bonne, même avec les partis de l’opposition. Nous avons fait avancer plusieurs mesures législatives, y compris celles qui concernent l’environnement et la souveraineté arctique, et le plus gros projet, à part certains de nos projets de loi sur le climat, a été le Plan d’action économique — le Budget. C’est à cela que je voudrais consacrer une partie de mon propos, pour vous parler de ce qui me paraît être les défis, et vous rapporter ce que j’entends dire aux niveaux local, national et international.

Sur les plans national et mondial, nous sommes probablement au milieu des plus grandes difficultés économiques qui soient apparues depuis 1929, depuis la grande dépression. Nous avons réagi en mettant sur pied le plus important programme de relance jamais vu dans l’histoire du Canada, pour contrer les effets de cette crise. Il en est résulté un déficit budgétaire à court terme, ce à quoi les Canadiens ne sont pas habitués parce que nous n’aimons pas les déficits. Comme vous le savez, la plupart des pays du monde sont maintenant en déficit parce qu’ils ont pris la décision difficile d’appliquer un programme de relance en cette période de ralentissement économique.

Ce que je trouve assez gratifiant, c’est notre programme économique. En fait, ce qui est le plus gratifiant, ce sont les commentaires que j’entends dans les conférences qui portent sur le commerce. Invariablement, que ce soit en Chine, en Inde ou ailleurs, à presque toutes les réunions auxquelles j’assiste, mon homologue, le premier ministre, ou le roi — comme en Jordanie, où nous venons de signer un accord de libre-échange — engage la conversation en disant : « Alors, il paraît que le Canada a le système bancaire le plus stable du monde. » Je n’ai même pas besoin de les convaincre.

Comme vous le savez, on en parle au Forum économique mondial, au Fonds monétaire international et dans les autres assemblées d’observateurs internationaux. C’est une façon agréable d’amorcer une réunion. Nos banques, notre système financier sont réglementés comme peu d’autres le sont. On peut certainement faire des comparaisons valables, souligner les différences avec le système américain. Nos prescriptions minimales en matière de fonds propres, nos règlements régissant les institutions financières sont beaucoup plus rigoureux que ceux de la plupart des autres pays. On taxait autrefois le système bancaire canadien d’ennuyeux, et nous essayons de faire comprendre maintenant qu’il est enthousiasmant. Et nous en sommes tout à fait emballés.

Nous n’avons pas de plans de sauvetage financier, de plans de sauvetage bancaire; nous n’avons pas de problème d’hypothèques à risque parce que les règlements que nous appliquons nous ont empêchés d’en arriver là.

L’autre partie de notre plan économique concerne les impôts. Nous continuons d’offrir les avantages fiscaux les plus compétitifs des pays du G7. Nos projections fiscales vont jusqu’en 2012, parce que nous croyons que les gens d’affaires et les investisseurs doivent savoir à quoi s’en tenir. Nous avons un programme de résorption du déficit sur cinq ans qui est basé sur les meilleurs projections.

Quand nous faisons des projections à long terme au sujet du PIB et de la croissance annuelle, nous consultons le secteur privé. Nous faisons appel à une trentaine de prévisionnistes financiers reconnus du secteur privé. Nous ne nous contentons pas de nous enfermer dans notre salle de conférence et de conclure que tout va bien aller; nous examinons un éventail de projections.

Notre programme de relance, qui se chiffre dans les milliards de dollars, est basé sur le fait que nous sommes en période de ralentissement et qu’il faut stimuler l’économie. On entend partout : « Le projet est prêt à mettre en chantier », au point que c’est devenu une expression figée. Pour 80 p. 100 des projets d’infrastructure inscrits dans le grand Plan d’action économique, les fonds sont débloqués, l’équipement est sur le chantier. Les choses bougent et cela a une influence sur notre PIB, une influence positive.

On me demande parfois ce que je pense de cette récession. Sommes-nous au milieu? Sommes-nous en train d’en sortir? Il y a des bourgeons, des signes de reprise ici et là, et on essaie de déterminer s’ils sont temporaires ou si c’est une tendance qui se maintiendra. Et j’ai une réponse très savante à cela : je ne sais pas.

Il y a certainement des embellies dans des secteurs importants, mais je ne me risque pas à dire qu’elles sont durables ou que les observateurs internationaux s’accordent à penser que nous sommes au fin creux de la crise, que nous sommes sur un plateau, que la descente n’est pas aussi vertigineuse qu’elle pourrait l’être. Mais vous êtes mieux placés que moi pour en juger. Si ça peut vous consoler, quand je rencontre des groupes semblables à l’étranger, comme au Forum économique de Davos, en Suisse, en février, c’est un peu troublant. À Davos, je suis allé à une séance plénière, où l’assistance n’était pas beaucoup plus nombreuse qu’ici, des chefs d’État, des rois, des représentants de la Banque mondiale et des chefs d’entreprise. Ils ont tous avoué qu’ils n’avaient pas vu venir la récession l’an dernier.

Voilà les plus grands experts du monde qui n’avaient pas prévu la crise. Et cette année, il n’y a pas eu consensus sur sa durée probable. Alors, que faire dans ce cas-là ? On s’en tient aux principes fondamentaux.

J’ai été quelque peu encouragé par ce que j’ai entendu en septembre à Vancouver à une conférence sur le secteur extractif, sur le secteur minier canadien. C’est Bill Clinton qui était le conférencier principal. Mais avant son allocution sur la responsabilité sociale des entreprises dans le secteur minier, il a déclaré : « J’ai quelque chose à dire au sujet du gouvernement du Canada. Je voudrais que M. Day transmette un message au premier ministre Harper. » J’étais un peu inquiet, parce qu’il y avait plus d’un millier de personnes dans la salle qui me regardaient. Il a dit : « Le gouvernement canadien est sur la bonne voie. »

Il a ajouté : « Le gouvernement canadien, à mon point de vue, maîtrise bien les principes fondamentaux : maintenir le fardeau fiscal à un niveau peu élevé, tenir la dette en bride, avoir un plan de remboursement et se concentrer sur les choses qui sont de son ressort. »

Dans un message de 30 à 60 secondes, le président Clinton a résumé ce à quoi nous croyons. Il y a certains principes fondamentaux auxquels il faut s’en tenir. Quand les gouvernements les oublient, spécialement en période de vaches grasses, les choses risquent de se gâter lorsque le cycle économique entrera inévitablement dans une phase descendante. Et c’est ce qui s’est passé aux États-Unis, d’où le mal s’est répandu dans le monde entier, occasionnant les problèmes que nous éprouvons maintenant.

Nous croyons, comme l’Economist Intelligence Unit l’a signalé il y a un mois ou deux, que le Canada est le pays développé le mieux préparé pour affronter cette récession, et qu’il sera le mieux placé lorsqu’elle finira. Avons-nous des problèmes? Bien sûr. Des défis à relever? Absolument. Mais comme toujours, j’estime qu’il vaut mieux être au Canada que n’importe où ailleurs, non seulement pour des raisons évidentes, mais aussi pour des raisons économiques.

Permettez-moi de passer rapidement à quelques dossiers difficiles de mon portefeuille. Le grand sujet dont on entend constamment parler et qui nous inquiète au plus haut point, c’est l’activité protectionniste qui s’observe dans le monde, malgré ce qu’on déclaré les dirigeants du G20 avec énergie. Et nous en entendons encore parler aux assises du G8 qui ont lieu en Italie en ce moment même. Le protectionnisme est comme un virus que nous ne voulons pas laisser se propager. Si vous voulez ouvrir des débouchés pour les travailleurs, les affaires, l’industrie, il ne faut pas fermer les portes, il faut les ouvrir. Il faut ouvrir des débouchés commerciaux dans le monde entier.

Nous entretenons d’énormes préoccupations au sujet de la loi « Buy America », qui est entrée en vigueur aux États-Unis et qui contient des passages très protectionnistes. Nous avons un différend avec les États-Unis au sujet de cette loi en particulier. Nous prenons diverses mesures pour essayer d’avancer, pour persuader les législateurs de l’abroger parce qu’ils excluent un grand nombre d’entreprises canadiennes des marchés publics aux États-Unis. Nous avons un accord de libre-échange avec les États-Unis. Nous disons que cette législation est irrégulière et cela nous inquiète.

Et c’est pourquoi nous sommes si actifs sur le front du libre-échange. Le Canada est prospère parce qu’il est et a toujours été un pays commerçant. Nous produisons plus que nous ne consommons. Pour conserver une certaine prospérité, nous devons pouvoir continuer à vendre nos produits, nos services, notre expertise. Jusqu’à la prorogation du Parlement en décembre, j’étais le ministre parrain de la moitié des projets de loi qui avaient été déposés. En ce moment, nous n’avons que deux projets sur la table, mais un des deux concerne le commerce, alors, c’est encore la moitié, n’est-ce pas?

Mais nous avons signé depuis un accord de libre-échange avec le Pérou. Nous sommes sur le point d’en conclure un avec la Colombie. Nous avons signé un accord avec l’Islande, la Norvège, la Suisse et le Liechtenstein — l’Association européenne de libre-échange. Il y a deux mois, j’étais avec le premier ministre Harper à Prague, où il a signé l’ouverture officielle des négociations sur un accord de libre-échange avec l’Union européenne [UE], qui comprend 27 pays. L’UE veut conclure l’entente en moins de deux ans, ce qui est une occasion extraordinaire pour nous. Selon les chiffres que nous avons obtenus à ce sujet, si nous avions un accord de libre-échange avec l’UE en ce moment, nos échanges réciproques augmenteraient de 38 milliards de dollars.

Nous avons signé un accord de libre-échange avec la Jordanie il y a deux semaines à peine. Un autre avec le Panama est presque réglé. Quand nous ne pouvons pas conclure un accord de libre-échange proprement dit, nous cherchons à développer les arrangements économiques que nous avons. Par exemple, en Inde, nous avons divers protocoles d’entente; nous développons nos relations commerciales avec l’Inde. Au cours d’une visite d’une semaine en Chine, il y a environ trois mois, j’ai annoncé que nous y ouvririons six nouveaux bureaux commerciaux. Nous avons conclu six nouveaux accords de science et technologie — des coentreprises — avec différents pays. Nous nous concentrons sur les pays avec lesquels nous n’avons pas d’accords de libre-échange en bonne et due forme. Nous commençons par les échanges en science et technologie entre les universités et le secteur privé, et pour cela il faut d’abord mettre en œuvre un accord de promotion et de protection de l’investissement étranger. Alors, si vous investissez en Chine, vous savez qu’il y a des lois en vigueur qui vous protègent de l’expropriation, par exemple. Ces accords initiaux mènent à des accords plus larges. Nous sommes très entreprenants dans ce domaine; nous avons signé plusieurs accords « ciel ouvert » avec d’autres pays, pour donner plus de choix aux consommateurs d’un pays à l’autre, à partir du Canada et d’autres pays du monde entier.

Nous sommes aussi actifs que possible dans la promotion du Canada et de ses avantages. La Porte d’entrée de l’Asie-Pacifique nous est profitable à ce sujet. Nous sommes très actifs en Asie, où nous rappelons aux entreprises exportatrices, que ce soient Canadian Tire, les constructeurs automobiles ou d’autres, l’avantage qu’elles ont à expédier leurs marchandises d’Asie vers Vancouver ou Prince Rupert. Selon le lieu où elles se trouvent en Asie, elles gagnent de trois à cinq jours de navigation par rapport au trajet vers les États-Unis. La plupart des gens ne savent pas que Shanghai est à 1 000 km de moins de Vancouver que de Los Angeles. Nous avons investi plus de 2 milliards de dollars en infrastructures à Vancouver et à Prince Rupert. Nous avons intégré les ports aux réseaux routier et ferroviaire, de sorte que les conteneurs qui arrivent passent moins de 24 heures dans les ports et moins de 100 heures en transit vers les grands centres d’expédition, tels que Chicago, Atlanta et Omaha.

Alors nous faisons valoir l’avantage canadien partout et, bien entendu, les Jeux olympiques de 2010 sont un atout sérieux. Et c’est une partie de mes activités ces temps-ci : ouvrir des portes, essayer de les tenir ouvertes et de créer des débouchés. À notre avis, ce n’est pas à nous, le gouvernement, de vous dire, à vous les gens d’affaires, où investir. Mais c’est à nous de faire en sorte que les règles du jeu soient les plus équitables possible et les fardeaux réglementaires et fiscaux les plus légers possible. Et nous devons continuer à travailler fort pour conclure des accords de libre-échange.

Je vous remercie.

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Date de modification :
2009-09-17